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Albanais (peuple)

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Albanais
Description de cette image, également commentée ci-après
Populations significatives par région
Autres
Langues Albanais (dialectes tosque et guègue).
Religions majoritairement musulmane, orthodoxe et catholique.

Le terme Albanais (en albanais Shqiptarët) peut désigner :

  • sur le plan politique, l'ensemble des citoyens de l'Albanie, quelles que soient leurs origines, langues et cultures ;
  • sur le plan culturel, un groupe ethnique qui partage une culture albanaise commune, parle l'albanais comme langue familiale et est d'ascendance illyrienne. La tradition populaire albanaise, s'est assez fermement attaché à ses origines illyriennes. L'histoire de l'Illyrie est scrupuleusement enseigné dans les écoles et dans la culture albanaises. Les habits traditionnels illyriens (que l'on connaît bien grâce aux différents tableaux datant de l'époque romaine) ont été assez fortement portés en Albanie jusqu'à l'avènement du régime communiste en 1946[1].
  • Au niveau génétique, les Albanais sont membres en majorité de l'haplogroupe E[2],[2].

Langue illyrienne et langue albanaise

L'illyrien appartient, avec un certain degré de certitude, au même groupe de langues indo-européennes que l'albanais, l'albanais étant classé comme étant un groupe de langues indo-européennes à lui seul dans les langues indo-européennes encore parlée aujourd'hui, il est fort probable de dire que l'albanais est le descendant direct de l'illyrien[3].

Le rapprochement entre l'albanais et l'illyrien a été fait dès 1709 par Leibniz, qui appelle l'albanais « la langue des anciens Illyriens ». Plus tard, le linguiste Gustav Meyer (1850-1900) déclara « Appeler les Albanais les nouveaux Illyriens est aussi juste que d'appeler les Grecs actuels "Grecs modernes". » La langue albanaise constituait pour lui l'étape la plus récente de l'un des dialectes illyriens. Les indo-européanistes modernes, par contre, ne souscrivent guère à l'hypothèse d'une filiation immédiate[4].

La plupart des linguistes actuels soutiennent que l'albanais descend de l'illyrien[5],[6]

La parenté directe entre les deux langues est également admise dans des ouvrages historiques[7]. On avance même parfois l'hypothèse que la frontière linguistique entre les dialectes guègue et tosque trouverait son origine dans la limite entre les domaines des dialectes épirote et « illyrien proprement dit » de l'illyrien[8]. À l'appui de ces théories, on mentionne que quelques anthroponymes albanais actuels sembleraient également avoir leur correspondant illyrien : c'est ainsi qu'à l'albanais Dash (« bélier ») correspondrait l'illyrien Dassius, Dassus, de même l'albanais Bardhi (« blanc ») correspondrait à Bardus, Bardullis, Bardyllis.[réf. nécessaire] [9],[10] Quelques ethnonymes de tribus illyriennes sembleraient aussi avoir leur correspondant albanais : c'est ainsi que le nom des Dalmates correspondrait à l'albanais Delmë (« brebis ») ; de même le nom des Dardaniens correspondrait à l'albanais Dardhë (« poire, poirier »)[11]. Mais l'argument principal en faveur de cette thèse est géographique : les zones où est parlé l'albanais correspondent à une extrémité du domaine « illyrien »[12].

En 2012 une étude du New York Times classa l'Albanais comme l'une des plus anciennes langues d'Europe apparu au même moment que le grec et l'arménien[13].

Cela conduit à conclure que les langues albanaise et illyrienne, sont de toute évidence parentes, et sont issues directement l'une de l'autre. De plus, l'appartenance de l'albanais au groupe linguistique centum alors que l'illyrien appartient au même groupe constitue une preuve supplémentaire à cette hypothèse[9].

Personnalités

Répartition

Environ 55% des Albanophones actuels vivent en Albanie, 25% au Kosovo, 10% en Macédoine et 10% dans la diaspora, souvent ancienne, répartie sur de nombreux autres pays, notamment dans les pays voisins de l'Albanie : l'Italie, la Turquie et la Grèce ; mais si l'on compte comme « Albanais » tous les Italiens (« Arberèches »), les Grecs (« Arvanites ») et les Turcs d'origine albanaise passés respectivement à l'italien, au grec et au turc, les proportions changent et il y a dans ce cas plus d'Albanais dans la diaspora qu'en Albanie, Kosovo et Macédoine.

En Turquie, estimer le nombre d'Albanais est une question délicate : le chiffre de 7 500 000 descendants d'Albanais en Turquie est souvent avancé. Cette population est de nos jours totalement assimilée aux autres Turcs, et ces Albanais sont Musulmans, et parlent le Turc. Seuls une faible minorité parle l'Albanais. On reconnait souvent un descendant d'Albanais à son nom, ou patronyme, ou à ses traits, plutôt Européens Balkaniques. La Turquie, pour des raisons historiques, reste le premier pays de la diaspora Albanaise. Ils sont localisés surtout à Istanbul, en Thrace orientale, et sur la côte nord et ouest de la Turquie. Ils sont moins présents en Cappadoce, et dans l'intérieur des terres.

Notes

  1. https://books.google.al/books?id=65jtGE10NiAC&pg=PA72&lpg=PA72&dq=illyrie&source=bl&ots=XkBaXir_0v&sig=mv109qoAkOAb7xrV2zR7l7PpNPQ&hl=fr&sa=X&ved=0CDAQ6AEwBjgKahUKEwi_1fum9JzHAhWG1iwKHTeKCGM#v=onepage&q=illyrie&f=false
  2. a et b « Haplogroupe E1b1b (ADN-Y) », Eupedia
  3. http://www.cosmovisions.com/histIllyrie.htm
  4. Voir Eric Hamp, ; Bernard Sergent, Les Indo-Européens, Paris, Payot, , p. 95. Bernard Sergent cite Vladimir Georgiev, Heinz Kronasser, Eric Hamp, Frederik Kortlandt et Mircea Rădulescu. Voir aussi Iaroslav Lebedynsky, , p. 24-25.
  5. Bernard Sergent, , p. 94.
  6. http://www.info-grece.com/forums/l-albanie-notre-plus-vieux-voisin 0931.
  7. Par exemple, Serge Métais écrit : « [...] il ne fait guère de doute qu'il y a continuité entre la langue [que les tribus illyriennes] parlaient et l'albanais moderne. » (Serge Métais, Histoire des Albanais : des Illyriens à l'indépendance du Kosovo, Fayard, , p. 98).
  8. Serge Métais, , p. 97-97.
  9. a et b John Wilkes (1992). The Peoples of Europe: The Illyrians. Oxford: Blackwell Publishers, p. 73-85.
  10. http://antikforever.com/Grece/Divers/illyrie_epidamne.htm
  11. Serge Métais, , p. 100-101.
  12. Iaroslav Lebedynsky, , p. 24.
  13. https://www.nytimes.com/interactive/2012/08/24/science/0824-origins.html?_r=0

Annexes

Bibliographie

  • Albert Doja, Naître et grandir chez les Albanais : la construction culturelle de la personne, L'Harmattan, Paris, Montréal, 2000, 322 p. (ISBN 2-7384-8879-X)
  • (en) Edwin E. Jacques, The Albanians : an ethnic history from prehistoric times to the present, McFarland, Jefferson, N.C., 2009, 2 vol., 730 p. (ISBN 978-0-7864-4238-6)
  • Michel Roux, Les Albanais en Yougoslavie : minorité nationale, territoire et développement, Ed. de la Maison des sciences de l'homme, Paris, 1992, 546 p. (texte remanié d'une thèse)
  • Pierre Sintès, « Les Albanais en Grèce. Le rôle des réseaux préexistants », in Balkanologie, vol. VII, no 1, juin 2003, p. 111-133

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