Albanais (peuple)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Albanais (homonymie).
Albanais
Description de cette image, également commentée ci-après

Rita Ora

Populations significatives par région
Drapeau de la Turquie Turquie + de 3 500 000
Drapeau de l'Albanie Albanie + de 2 800 000
Drapeau du Kosovo Kosovo + de 1 700 000
Drapeau de la Macédoine Macédoine 500 000
Drapeau de l'Italie Italie 500 000 (y compris Arbëresh)
Population totale 9 400 000
Autres
Langues Albanais (dialectes tosque et guègue).
Religions majorité musulmane, minorité orthodoxe et catholique.

Le terme Albanais (en albanais Shqiptarët) peut désigner :

  • sur le plan politique, l'ensemble des citoyens de l'Albanie, quelles que soient leurs origines, langues et cultures ;
  • sur le plan culturel, un groupe ethnique qui partage une culture albanaise commune, parle l'albanais comme langue familiale et est d'ascendance albanaise. La tradition populaire albanaise, issue du protochronisme d'état de l'époque d'Enver Hoxha, enseigné depuis dans toutes les écoles, fait descendre le peuple albanais directement des Illyriens qui habitaient la partie ouest de la péninsule balkanique. Cette tradition laisse sceptique la communauté scientifique qui, pour sa part, relie l'albanais à l'ensemble thraco-dace parmi les langues thraco-illyriennes[1].
  • Au niveau génétique, les Albanais sont membres en majorité du Haplogroupe E[2], Le Kosovo est la région d'Europe ou il y a la plus grande concentration du Haplogroupe E jusqu'à une fréquence de 50 %[2].

Répartition[modifier | modifier le code]

Environ 55% des Albanophones actuels vivent en Albanie, 25% au Kosovo, 10% en Macédoine et 10% dans la diaspora, souvent ancienne, répartie sur de nombreux autres pays, notamment dans les pays voisins de l'Albanie : l'Italie, la Turquie et la Grèce ; mais si l'on compte comme « Albanais » tous les Italiens (« Arberèches »), les Grecs (« Arvanites ») et les Turcs d'origine albanaise passés respectivement à l'italien, au grec et au turc, les proportions changent et il y a dans ce cas plus d'Albanais dans la diaspora qu'en Albanie, Kosovo et Macédoine.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selojn Eqrem Çabej, Eric Hamp, Georgiev, Kortlandt, Walter Porzig, Sergent et d'autres linguistes, l'albanais est une langue d'origine thraco-dace parmi les langues indo-européennes. Dans une perspective paléolinguistique, le proto-albanais du VIe siècle serait apparu à l'intérieur des terres, dans le Kosovo et la Serbie actuelle, où il a subi un début de romanisation encore sensible dans la langue moderne : les emprunts les plus anciens de l'albanais aux langues romanes proviennent du diasystème roman oriental et non de l'illyro-roman, langue romane de l'Illyrie issue de la romanisation de l'illyrien, à la manière dont le gallo-roman est issu du celtique romanisé en Gaule. De plus l'albanais a emprunté tout son vocabulaire maritime au latin et au grec, tandis que les toponymes albanais ayant ont conservé leur nom antique, ont évolué selon des lois phonétiques propres aux langues slaves. C'est pourquoi ces auteurs affirment que les ancêtres des Albanais ont vécu à l'est de l'actuelle Albanie, et que les régions côtières de ce pays (thème du Dyrrhacheion) étaient initialement gréco-latines. De nos jours, l'existence en albanais de mots empruntés au roman oriental balkanique et en roumain de mots de substrat apparentés à des mots albanais, corrobore cette manière de voir.
  2. a et b « Haplogroupe E1b1b (ADN-Y) », Eupedia

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Doja, Naître et grandir chez les Albanais : la construction culturelle de la personne, L'Harmattan, Paris, Montréal, 2000, 322 p. (ISBN 2-7384-8879-X)
  • (en) Edwin E. Jacques, The Albanians : an ethnic history from prehistoric times to the present, McFarland, Jefferson, N.C., 2009, 2 vol., 730 p. (ISBN 978-0-7864-4238-6)
  • Michel Roux, Les Albanais en Yougoslavie : minorité nationale, territoire et développement, Ed. de la Maison des sciences de l'homme, Paris, 1992, 546 p. (texte remanié d'une thèse)
  • Pierre Sintès, « Les Albanais en Grèce. Le rôle des réseaux préexistants », in Balkanologie, vol. VII, no 1, juin 2003, p. 111-133

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :