Réincarnation

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Représentation de la réincarnation dans l'hindouisme

La réincarnation (retour dans la chair) désigne un processus de survivance après la mort par lequel un certain principe immatériel et individuel (« âme », « substance vitale », « conscience individuelle », « énergie », voire « esprit ») accomplirait des passages de vies successives dans différents corps (humains, animaux ou végétaux, selon les théories). À la mort du corps physique, l'« âme » quitte ce dernier pour habiter, après une nouvelle naissance, un autre corps.

Elle a été assimilée à travers la littérature à la transmigration des âmes, aux concepts de métempsycose, métensomatose, palingénésie, et à l'Éternel retour.

On la retrouve dans diverses religions et philosophies depuis l'antiquité, sans qu'elle ne rencontre, dans aucune d'elles, une unanimité théologique ou dogmatique. Dès la fin du XIXe siècle, la réincarnation a été popularisée en Occident par divers courants ésotériques et spirites.

Le psychiatre canadien Ian Stevenson est « internationalement connu » pour avoir tenté de prouver scientifiquement la réincarnation, bien que les résultats de ses recherches soient contestés[1].

Origines antiques[modifier | modifier le code]

Il existe des descriptions de la réincarnation à différentes époques et dans différentes civilisations, notamment dans la pensée grecque chez Pythagore et Platon, dans l'Égypte antique, l'Afrique subsaharienne et en Extrême-Orient, où elle est au cœur de l'hindouisme, du jaïnisme, du bouddhisme, du sikhisme et du yézidisme. Un certain nombre de livres sacrés y font référence, elle est récusée par les courants majoritaires de deux religions abrahamiques que sont l'islam et le christianisme (mais le judaïsme[2], le catharisme, les druzes et le rastafarisme adhèrent à la doctrine des réincarnations des âmes), pour lesquelles la notion de retour dans la chair apparaît dans la croyance au Jugement dernier et à la résurrection (le judaïsme, par exemple, conçoit ces doctrines différemment, laissant la place aux « réincarnations » – gilgoulim[3]). Si pour certains auteurs [Lesquels ?] la réincarnation est une expérience suprasensible probablement admise par plus d'un milliard d'êtres humains (les hindous, les bouddhistes, les jaïns, les sikhs, les adeptes des religions tribales africaines auxquels s'ajoutent différents groupes spiritualistes) ; pour d'autres, moins nombreux, elle n'est qu'une erreur d'interprétation occidentale de concepts traditionnels mal assimilés[4].

Selon Jean Herbert, plusieurs auteurs faisant autorité en Inde, tels que J. C. Chatterji et Kunhan Râja, affirment que la transmigration des âmes est un concept ancien qu'on trouve par exemple dans la littérature védique. Pour Basanta Kumar Chatterji, « il y a des allusions claires à la doctrine de la transmigration dans les strophes IV, 2, 18 ; IV, 26 ; IV, 27, 1 ; X, 16, 3 du Rig-Véda. »[5]

En Inde[modifier | modifier le code]

L'idée de la réincarnation n'est pas issue de la période védique (mais de la Préhistoire indienne, selon la chronologie de l'hindouisme), et existait déjà auparavant, au sein de l'Inde aborigène, c'est-à-dire d'avant les invasions des tribus originaires de l'actuel Iran et à qui l'on doit le védisme, et où des dieux comme Shiva et Vishnou, ou la Déesse (Durga) (tous originaires de l'Inde aborigène), n'ont pas beaucoup d'importance dans le ritualisme des Véda, contrairement à Indra, Agni, Varuna, Vayuetc.[6].

Mais avec le temps, les notions aborigènes pénètrent la société des conquérants d'origine iranienne, et les brahmanes cessèrent peu à peu de considérer comme supérieurs les dieux comme Indra, Varuna, etc., au profit de Shiva, Vishnou, etc. (seul Agni a conservé une place honorable)[6], et amplifièrent leur théorie sur la réincarnation, croyance déjà établie dans le monde dravidien[6]. Le jaïnisme et les premières Upanishads sont révélateurs de ces développements. Cette idée de la réincarnation dominait donc la vie spirituelle à l'époque dravidienne (c'est-à-dire de l'Inde aborigène, d'avant les invasions des tribus originaires de l'actuel Iran), puis se dissipa quelque temps au sein de l'aristocratie, pour réapparaître ensuite[7].

Un théoricien de la réincarnation, et maître très respecté en Inde, vivant autour du VIe siècle av. J.-C., est Yājñavalkya ; il apparaît dans plusieurs dialogues de la Brihad-âranyaka-Upanishad et du Shatapatha Brahmana (en) :

« Yajnavalkya, poursuivit Artabhaga, lorsque l'organe de la parole du mourant se fond dans le feu, son souffle dans l'air, sa vue dans la lumière solaire, son mental dans la lumière lunaire, son ouïe dans les directions de l'espace, son corps physique dans la terre, l'Akasha de son cœur dans l'Akasha de l'espace externe, les poils de son corps dans le tapis végétal de la terre et ses cheveux dans les arbres, son sang et sa semence dans l'eau, où donc se trouve alors cet homme ? » « Tends-moi la main, cher Artabhaga, répliqua Yajnavalkya, et nous irons décider de cela entre nous, ce qui est impossible au milieu d'une telle foule. » Ils se mirent à l'écart et débattirent longuement la question ; ce dont ils parlèrent fut essentiellement le karma, le domaine de l'action, et ce qu'ils déterminèrent comme louable fut aussi le karma. Car c'est par l'action juste que l'on devient bon, et par l'action erronée que l'on devient mauvais. Finalement, Artabhaga, de la lignée de Jaratkaru, demeura silencieux. »

— Brihad-âranyaka-Upanishad, III.2.13[8]

Cela laisse entendre plusieurs idées :

  1. Le karma joue dans la vie présente comme dans la vie future.
  2. La notion de karma comme "acte moral et résultat de l'acte" entre ici en jeu.
  3. Puis la notion de rétribution des âmes intervient. Selon le Shatapatha-Brâhmana, ceux qui n'accomplissent pas correctement les rites renaissent après la mort et deviennent "toujours à nouveau la nourriture de la mort" ; l'immortalité acquise par les rites est de durée limitée ; la crémation produit une nouvelle naissance. La grâce divine est admise dans le sikhisme; le jnana yoga ou le raja yoga sont des voies de libérations dans l'hindouisme[9].
  4. Puis arrive la notion de renaissance.

Ainsi, l'être humain se dissout à la mort, mais son karma est cause d'une naissance nouvelle qui héritera des actes bons ou mauvais de l'existence antérieure[10].

Dans la Bhagavad-Gita — texte qui occupe une place importante dans toute la pensée indienne puisque « sauf dans certains milieux shivaïtes, tous les courants religieux brahmaniques l'ont acceptée comme un livre saint à l'égal des Veda et des upanishad[11] »Krishna expose à Arjuna la réincarnation lors de son enseignement : « L’âme incarnée rejette les vieux corps et en revêt de nouveaux, comme un homme échange un vêtement usé contre un neuf[12]. »

En Afrique subsaharienne[modifier | modifier le code]

La métaphysique liée à la réincarnation où une âme impersonnelle, indivisible et éternelle, quitte le corps et l'intellect à leur mort, pour retrouver un autre état d'être, une autre forme, en tant que végétal ou animal/humain, fait partie intégrante de la spiritualité originelle des religions traditionnelles africaines.

Dans l'Égypte antique[modifier | modifier le code]

Le savant grec Hérodote, donnait une origine égyptienne à la croyance en la métempsycose[13].

Mais de nos jours, la recherche contemporaine est assez catégorique, expliquant que l'Égypte pharaonique ignorait cette perspective[14] : les Égyptiens parlent de transformations des morts - surtout en oiseaux - ou de pérégrination des âmes - qui voguent avant le Jugement des morts - mais n'affirment ni réincarnation, ni la transmigration des âmes[15]. « Il y a la vie, mort et reviviscence d'abord pour celui qui résume en lui toute l'Égypte, le souverain »[16] un privilège qui s'étend au fil des siècles pour chaque citoyen du pays comme en témoigne la multiplication des Livres des morts à partir du XVIe siècle av. J.-C., des bréviaires qui permettent aux morts de récupérer l'essentiel de leurs facultés dans l'eau-delà puis de parcourir comme ils l'entendent le monde qu'ils ont connu[14].

Les premiers éléments du concept de réincarnation n'apparaissent en Égypte que lors de la période ptolémaïque quand des éléments orphiques grecs connaissent un certain succès dans les milieux gnostiques égyptiens[17]. Il faut attendre les alentours du IVe siècle, dans une Égypte largement hellénisée et ouverte à l'influence des philosophes étrangers, pour trouver un traité gnostique rédigé en copte qui fait mention de la transmigration de l'âme, la Pistis Sophia[14].

Néanmoins, certains courants ésotéristes, particulièrement les théosophes modernes, tentent de relier la réincarnation à l'Égypte pré-hellénique, essayant par exemple d'y rattacher le dieu-scarabée Khepri qui est pourtant une divinité figurant la résurrection[18] et non la réincarnation[17]. Ces courants utilisent d'ailleurs des appellations cultuelles issues de l'occultisme du XIXe siècle - nom et numéro des pharaons, nom d'une ville comme Thèbes, ... - qui n'ont aucune réalité avec les usages antiques réels tels que l'égyptologie moderne les a restitués[17].

Chez les Grecs[modifier | modifier le code]

Pythagore.

C'est principalement dans le monde grec que fleurit la doctrine de la réincarnation et de la métempsycose. En grec, métempsycose signifie « transmigration des âmes ». Dans cette doctrine, l'âme poursuit son évolution d'existence en existence humaine (réincarnation), et peut éventuellement s'incarner dans un animal ou un végétal (métempsycose).

C'est vers le VIe siècle av. J.-C. que cette croyance apparaît dans le monde grec. Son origine n'est pas connue avec certitude. On n'en trouve pas trace chez Homère ou Hésiode, il est donc peu probable qu'elle provienne du passé mythique grec. Pour l'historien grec Hérodote, la croyance en la métempsycose serait d'origine égyptienne[13]. Il est possible que la croyance en la réincarnation ait été inspirée par l'hindouisme. Les contacts entre la Grèce et l'Inde ont cependant été longtemps compliqués par le fait que la Perse, ennemi héréditaire des Grecs, se trouvait entre les deux civilisations (c'est tard, avec les conquêtes d'Alexandre le Grand, en 326 av. J.-C., que le monde grec et le monde indien ont été en contact soutenu).

  • L'orphisme, attesté dès 560 av. J.-C., soutient que "les âmes passent d'une vie en l'autre selon certaines révolutions et souvent entrent dans des corps humains"[19]. Poème : "Quand l'âme des bêtes et des oiseaux ailés a jailli hors du corps et que leur durée de vie les a quittés, cette âme... voltige... jusqu'à ce qu'un autre animal la ravisse, mêlée au souffle de l'air." Il s'agit donc de palingénésie, d'un retour diversifié à la vie, plus que de réincarnation ou de métempsycose (il y a dans ces derniers cas passage d'une âme dans un corps).
  • Phérécyde de Syros, qui était actif vers 540 av. J.-C., est le premier à soutenir que l'âme est immortelle et qu'elle retourne successivement s'incarner sur terre.
  • Pythagore (vers 530 av. J.-C.) se souvient de ses existences antérieures (Diogène Laërce, VIII, 4-5). Xénophane raconte qu'il arrêta le bras d'un homme en train de bastonner un chien en lui disant : "C'est l'âme d'un de mes amis. En entendant sa voix, j'ai reconnu cette âme." L'âme transmigre parce qu'elle est immortelle et qu'elle est mouvement ; d'autre part, tous les êtres vivants sont frères, congénères (ce qui entraîne aussi le végétarisme). N'importe quelle âme, semblable à la poussière en suspension dans l'air, peut entrer dans n'importe quel corps (Aristote, De l'âme, 404a, 407 b). Pythagore ne donne pas d'explication morale.
  • La doctrine de la réincarnation influencera ensuite le poète Pindare. "Et vous dont les âmes habitèrent successivement trois fois le séjour de la lumière et trois fois celui des Enfers sans jamais connaître l'injustice, bientôt vous aurez parcouru la route que traça Jupiter, bientôt vous parviendrez au royaume de Saturne, dans ces îles fortunées que les zéphyrs de l'océan rafraîchissent de leur douce haleine" (Olympiques, II).
  • Chez Platon, on trouve des discussions sur la réincarnation ou des allusions à celle-ci dans le Phédon (70c, 81b, 107d), le Phèdre (248d), le Gorgias (525c), et tout particulièrement dans le mythe d'Er de La République (X, 614 ss.). Pour Platon, 1000 ans s'écoulent entre une naissance et une re-naissance : existence de 100 ans suivie d'une purgation de 900 ans (Phèdre, 248-249 ; La République, X, 615). La punition n'a donc pas lieu sur Terre lors de l'incarnation mais sous terre (Phédon, 111e). Selon la loi qui veut que "chaque espèce d'âme verra son lieu de destination déterminé par similitude avec son occupation ordinaire", ceux chez qui domine les appétits grossiers du corps subissent la réincarnation ou plutôt la métempsycose en animaux libidineux, comme les ânes ; ceux chez qui domine la colère, la tyrannie, se réincarnent en bêtes de proie, loups, faucons, milans ; ceux chez qui domine la raison se réincarnent en animaux grégaires, abeilles, guêpes, fourmis (Phédon, 81-82). Platon lie donc transmigration des âmes et rétribution des âmes et immortalité.
  • Parmi les néoplatoniciens, la transmigration est acceptée par Plotin (il admet même la métempsycose, Ennéades, III.4.2), Porphyre, mais pas par Jamblique[20].

Chez les Romains[modifier | modifier le code]

La religion romaine était multiforme et en constante évolution, influencée notamment par les croyances religieuses des territoires conquis (en particulier les divinités de l'Orient méditerranéen).

Cependant, des courants d'inspiration orphique et pythagoricienne ont toujours existé à Rome, en particulier parmi les classes aisées, les philosophes et les artistes - et donc la croyance en la métempsycose. On trouve par exemple des allusions à la transmigration des âmes dans l'Énéide de Virgile (VI, 713 et ss).

Chez les gnostiques[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de mouvements gnostiques, chrétiens et non-chrétiens, ont accepté la doctrine de la réincarnation[21]. Ils utilisent un système de pensée qui regroupe des doctrines variées du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient qui se caractérisent généralement par l'affirmation que les êtres humains sont des âmes divines emprisonnées dans un monde matériel créé par un démiurge mauvais ou imparfait[22]. Le gnosticisme a connu son apogée au cours du IIe siècle[23], et a influencé d'autres courants religieux tels que l'elkasaïsme qui a lui même donné naissance au manichéisme.

Seule la gnose (du grec gnôsis, connaissance) peut permettre à l'âme de se libérer de cet emprisonnement dans la matière et des renaissances multiples ; selon André Couture, « les vestiges qui nous sont parvenus de leurs écrits montrent qu'ils avaient tendance à accepter les existences multiples [...]. Plutôt que de voir dans ces renaissances autant d'étapes positives à l'intérieur d'un projet de salut, ils imaginaient le corps humain et le monde créé à la façon d'une prison gouvernée par des puissances mauvaises[24] »

Carpocrate, philosophe gnostique du IIe siècle, était un défenseur de la réincarnation[25]. D'après le théologien Tertullien, il semblerait que les carpocratiens furent parmi les premiers à vouloir démontrer que le Nouveau Testament reconnaissait la réincarnation, et ce à partir de passages d'Évangiles[26] dans lesquels il est dit que Jean le Baptiste a l'esprit d'Élie[27].

Chez les elkasaïtes, mouvement religieux judéo-chrétien syncrétique de tendance gnostique, le Christ a transmigré de corps en corps et, en dernier lieu, dans celui du Christ[28],[29]. Simon Claude Mimouni fait remarquer que « ce thème de la métempsychose du Christ venu à plusieurs reprises au monde avec un corps différent s'apparente à celui du « Vrai Prophète » que l'on rencontre fréquemment dans la littérature pseudo-clémentine ébionite[29]. Ils croient ainsi que le Fils, qu'ils appellent « le Grand Roi[30] » peut bénéficier de plusieurs incarnations et apparitions, à commencer par Adam et en se terminant par Jésus[29]. »

Chez les manichéens, les « auditeurs » doivent passer après leur mort par des cycles de réincarnations, de « transvasements » (métaggismoï)[31].

Religions[modifier | modifier le code]

Dans l'hindouisme[modifier | modifier le code]

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La réincarnation est une des croyances centrales de l'hindouisme. Selon toute vraisemblance, c'est dans cette religion (ou culture composée de différents courants religieux : vaishnava, shivaïsme, shaktisme, etc., eux-mêmes subdivisés) que s'est établi un consensus théorique et philosophique sur la question (grâce notamment à la Bhagavad Gita (un livre du Mahabharata), qui n'est pas un ouvrage sectaire, mais une référence partagée pour tous les hindous, de même que le Ramayana[32]).

Cependant selon l'anthropologue Robert Deliège, cette croyance est loin d'être uniformément ancrée en Inde, il y a plusieurs régimes de croyance qui varient selon les populations, les milieux sociaux, les régions[33]. Pour certains hindous, la réincarnation est une certitude, pour d'autres, une possibilité, pour d'autres encore, une interrogation. Certains, comme Ramana Maharshi, demandent, non pas à ne point croire en la réincarnation (puisque tous les courants hindous cherchent la délivrance du cycle des réincarnations), mais de ne pas croire qu'un ego individuel quelconque puisse renaître après la mort (l'âme n'étant pas le moi, la personnalité, le mental, etc.)[34]. Et parfois, la croyance en la réincarnation coexiste aussi avec d'autres notions, qui la contredisent.

Selon le maître Yâgnyâvalkya (630-583 av. J.-C.), toutes les créatures, dont l'homme, subissent à leur mort une dissolution : le sang retourne à l'eau, le corps retourne à la terre, le souffle au vent, la vue au soleil et l'intellect (ou esprit) retourne à la lune ; mais les « actions non rémunérées » se réunissent pour s'incarner à nouveau dans un corps, sous une forme ou une autre (végétale, animale...)[35].

Selon la Bhagavad-Gîtâ, « L'âme incarnée rejette les vieux corps et en revêt de nouveaux, comme un homme échange un vêtement usé contre un neuf »[36]. L'âme transmigre donc de vie en vie : « Car certaine la mort pour celui qui est né, et certaine la naissance pour qui est mort »[37].

Le mécanisme de la réincarnation dans l'hindouisme[modifier | modifier le code]

Pour les hindous, le corps et l'esprit (mental, intellect, buddhi) ne sont que des enveloppes temporaires. Lorsque survient le moment de quitter l'incarnation physique temporaire, l'âme incarnée ou jivātman, s'attribue une nouvelle naissance ou peut enfin atteindre la libération ou mokshā (existence vraie, éternelle,) si elle dénoue les liens qui l'attachent à l'existence temporelle, transitoire. Si le karman accumulé apporte le fruit de trop d'actes négatifs (les mauvaises actions), l'ātman s'incarne dans un nouveau corps sur une planète comme la Terre (ou inférieure qui compose l'enfer), afin d'y subir le poids et la rétribution de ses mauvaises actions. Si son karman est positif, il ira vivre comme un dieu ou deva, sur l'une des planètes célestes (supérieures à la terre, ou paradis). Une fois épuisé son karman, l'âme retournera sur terre dans un autre corps au sein des êtres vivants sur la Terre (cette conception des choses est à l'origine de la caste). Ce cycle est appelé samsâra. Pour briser ce cycle perpétuel, l'hindou doit vivre de manière à ce que son karman ne soit ni négatif, ni positif, mais désintéressé, selon ce verset de la Bhagavad-Gîtâ :

« Celui qui, fondant en Brahman tous les actes, agit en plein détachement, le péché ne s'attache pas à lui pas plus que l'eau à la feuille du lotus. Le corps, le manas (organe central de perception qui se superpose aux cinq sens), l'esprit, les sens mêmes ainsi parfaitement dégagés, les yogins, agissant en dehors de tout attachement, travaillent à la purification intérieure. Celui qui pratique le yoga s'affranchit du fruit des actes et atteint la paix immuable ; celui qui ne la pratique pas, attaché au fruit sous la poussée du désir, demeure lié. »

— Bhagavad Gita, chapitre 5[38].

Le yoga, ou d'autres courants hindous, lui enseigne le moyen de parvenir à ce résultat, l'hindou ayant le loisir de choisir la méthode qui lui convient le mieux en fonction des écoles de philosophie indienne. Aujourd'hui, l'hindou, puisqu'il vit au kaliyuga, époque où le dharma est le plus corrompu, choisit la voie du Bhakti yoga ou de la dévotion (ce qui ne signifie pas forcément qu'il exclut d'autres moyens religieux ou philosophiques[32]). D'autres voies du yoga (margas) permettent également de se libérer du cycle des réincarnations, notamment le Karma yoga[39].

Dans le jaïnisme[modifier | modifier le code]

La réincarnation est également présente dans le jaïnisme.

Dans le bouddhisme[modifier | modifier le code]

Xe et XIe Panchen Lama, gouache du peintre Claude-Max Lochu, Gendhun Choekyi Nyima, est considéré par des bouddhistes tibétains comme la réincarnation du Xe Panchen Lama.
Article connexe : punarbhava.

La réincarnation (punarbhava, renaissance) est une des caractéristiques du bouddhisme. Cependant, le bouddhisme ne croit pas en l'existence d'une âme ni d'un esprit[40],[41], car ce qu'il appelle citta ("mental-cœur") n'est pas une âme immortelle ; plus précisément c'est au concept hindouiste d'atman, le Soi, que le bouddhisme oppose l'idée d'anatta, le non-soi, l'impersonnalité dont il fait une caractéristique de toute chose : il n'y a pas de soi qui se réincarne mais « chaque chose est sans soi ».

Le bouddhisme propose, à la place d'une âme et d'un corps, la distinction de cinq agrégats d'attachement, skandha. Agrégat décrit l'individu comme un ensemble de phénomènes différents ; attachement insiste sur le fait que ces constituants sont pris pour un être, pour un moi, et conduisent à s'attacher à cette idée d'égo, là où il n'y a que phénomènes éphémères, impersonnels et insatisfaisants : ce sont les trois caractéristiques de tout phénomène conditionné.

Bien que l'expression « réincarnation » puisse figurer dans quelques traductions, le terme le plus employé est celui de « renaissance ». Il y a bien, en effet, une continuité - la mort ne signifie pas que le conditionnement cesse. Le samsâra forme ainsi un cycle de vies qui s'enchaînent les unes après les autres selon la loi de causalité. La souffrance ainsi se perpétue de vie en vie ; mais selon Buddhaghosa, chaque vie ne dure, en réalité, qu'un seul instant.

La notion de continuité se trouve explicitée par la coproduction conditionnée. Cet enseignement détaille les différents phénomènes dépendants les uns des autres et qui font que la souffrance se perpétue de vie en vie. Le karma est responsable de cette perpétuation. L'analogie de la mangue l'illustre ainsi : un noyau de mangue donne naissance à un nouveau manguier qui manifeste les caractères de la mangue d'origine sans que pour autant qu'un seul atome de cette mangue précédente ait été transmis. Le karma serait donc comparable au code génétique : une information transmise n'est pas une entité durable qui transmigre de corps en corps.

Selon certaines écoles, la renaissance est immédiate : au moment du décès correspond la conscience de mourir et succède alors une conscience de renaître. Pour le bouddhisme tibétain, la mort implique des stades intermédiaires, les bardo.

Pour le bouddhisme chinois, tel que décrit dans le roman ésotérique, légendaire et historique "Le Voyage en Occident" (Pérégrinations vers l'Ouest) de Wu Cheng'en, l'ici-bas comme l'au-delà constituent deux formes d'illusion, d'irréalité, et même si cette vision de la réalité reste irréelle, elle aussi, c'est la seule base d'expérience que nous avons.
Cette question de deux réalités est exemplaire des différentes approches philosophiques dans le bouddhisme ; si toutes ses branches distinguent une réalité purement conventionnelle et une réalité ultime, paramartha, l'analyse qui en est faite varie singulièrement.

Serge-Christophe Kolm dans son livre Le Bonheur-liberté (PUF, 1982) distingue le niveau de croyance populaire dans lequel la réincarnation est tenue pour une réalité du monde physique, alors que les niveaux plus élevés du bouddhisme, le bouddhisme profond (pour autant qu'il n'y ait qu'un seul et unique véhicule profond commun à tous les bouddhistes), donne à ce concept seulement un sens de parabole, une façon imagée et simplifiée de définir un concept trop complexe pour être délivré aux fidèles inaptes à le comprendre. La réincarnation ne doit donc plus être considérée comme une réalité objective mais comme une transcendance spirituelle.

Quant à celui qui ne croit pas en la réincarnation, le kālāma sutta lui enseigne quatre consolations, dont voici la seconde : « Supposons qu'il n'y ait aucun au-delà et qu'il n'y ait aucun fruit, résultat, des actions faites, bonnes ou mauvaises. Pourtant, en ce monde, ici et maintenant, libre de haine, libre de méchanceté, sain et sauf, et heureux, je me maintiens ».

Quelle que soit l'interprétation de la « renaissance », le bouddhisme ne l'enseigne que dans un but, et l'enseignement n'a de sens que dans l'objectif de mettre un terme à la souffrance. Gautama Bouddha n'analysa pas seulement l'insatisfaction, mais enseigna les quatre nobles vérités, présentant l'origine de l'insatisfaction, sa cessation et la voie y menant.

La renaissance en tant qu'être humain (« précieuse » selon les textes, car à la fois peu probable et seule capable de mener à l'Inconditionné) se présente alors comme une belle occasion de sortir du cycle des existences, là où les basses existences ne le permettent pas et où les dieux ne sont pas conscients de la souffrance.

Ces dernières remarques ne doivent pas masquer la divergence de points de vue entre écoles bouddhistes : si mettre un terme à la souffrance est opinion consensuelle, quelle voie faut-il privilégier ? Le courant du Bouddhisme hīnayāna privilégie l'éveil personnel, l'être devenant ainsi un Arhat et quitte le samsara pour atteindre le Nirvana, alors que les écoles Mahayana favorisent l'éveil altruiste de Bodhisattva, ce dernier restant volontairement dans le Samsara pour aider les autres à s'éveiller. Le disciple renonce donc de lui-même à l'état de Bouddha, car il sait qu'en pénétrant dans le Nirvana il quitte le cycle des renaissances dans le Samsara pour jouir de la juste rétribution que lui vaut son ascèse et ses actes[42].

La renaissance n'est pas un « article de foi » du bouddhisme (même si une méthode est indiquée dans les textes pour voir ses existences passées, par projection de l'esprit dans le quatrième dhyāna). À la différence des concepts essentiels d'Absolu (nirvāna) et d'anātman, qui sont caractéristiques du bouddhisme, le thème de la renaissance ou de la vie future peut être ignoré (ce que fait le Zen par exemple, qui se préoccupe avant tout de l'« ici et maintenant »).

Dans le judaïsme[modifier | modifier le code]

Absente du judaïsme du second Temple, tant du Tanakh, que de la Mishna, que du Talmud ou encore des 13 principes de foi juive de Maïmonide, la doctrine de la réincarnation fait son apparition dans le judaïsme avec Anan ben David, réformateur karaïte perse du VIIIe siècle qui théorise la transmigration des âmes[43]. La plupart des commentateurs juifs médiévaux rejettent la doctrine - à l'instar de Saadia Gaon, Abraham ibn Dawd Halevi, Joseph Albo, Abraham bar Hiyya Hanassi, Avraham Maïmonide - ou l'ignorent - comme Juda Halevi ou Maïmonide[43]. Par contre, l'idée apparait dans la Kabbale - la tradition mystique et ésotérique juive - dès ses premières expressions en Europe avec le Sefer HaBahir à la fin du XIIe siècle[43].

Le concept utilisé en hébreu est celui de « Guilgoul haneshamot » (héb. גלגול הנשמות, litt. « cycle des âmes »), plus simplement appelé « guilgoul » (héb. : גִּלְגּוּל), un terme qui peut désigner la transmigration des âmes, la métempsycose ou la réincarnation[43]. Selon ce concept, les âmes effectuent un « cycle » à travers les vies ou « incarnations », étant attachées à différents corps au cours du temps. Le corps auquel elles s'associent dépend de leur tâche particulière dans le monde physique, du niveau de spiritualité de la ou des précédentes incarnations.

L'idée du « guilgoul  » semble avoir été présente depuis dans les croyances populaires juives. Par ailleurs, les commentaires kabbalistiques sur la Bible expliquent le « guilgoul » comme une transmigration des âmes de certains personnages pour réparer les dégâts causés durant leur vie : ainsi, Moïse et Jethro sont considérés comme des réincarnations d'Abel et Caïn, David, Bethsabée et Urie comme celles d'Adam, Ève et le serpent ou encore Job, celle de Terah, père d'Abraham[43]. De nombreux kabbalistes se sont particulièrement intéressé aux réincarnations de l'âme d'Adam. On retrouve de longues explications au sujet de ces « guilgouls » de personnages bibliques dans les écrits de Haïm Vital et Menahem Azariah da Fano[43].

L'ouvrage qui traite le plus directement du sujet est le Sha'ar Ha'Gilgulim (La porte des réincarnations), basé sur l'enseignement de Isaac Louria, ou « Ari », à la fin du XVIe siècle, dont la kabbale lourianique influencera durablement les communautés juives du Proche-Orient et d’Europe. Basé sur le commentaire de la parashat Mishpatim du Sefer Ha Zohar, le Livre de la Splendeur - l'un des ouvrages les plus importants de la Kabbale -, il décrit les lois complexes et profondes de la réincarnation. L'un des concepts de ce livre est l'idée que le « guilgoul » est physiquement réalisé en parallèle avec la grossesse.

Parallèlement au concept de « guilgoul », la kabbale a, à la même époque, développé le concept de « ibbour » - littéralement « grossesse  » - pour désigner un processus selon lequel une âme vient en aider une autre, pour une période limitée, dans le corps où celle-ci est déjà en fonction ainsi que celui de « dibbouk », qui désigne un esprit souvent démoniaque qui habite le corps d'un individu[43].

De nos jours, le concept de « guilgoul » est toujours présent dans le judaïsme populaire traditionnel et orthodoxe[44],[45],[46], tandis que les rabbins qui le défendent expliquent qu'il ne contredit en rien la notion de résurrection telle qu'elle est conçue dans le judaïsme[3] . Pour ces courants, l'âme d'un humain peut ainsi se réincarner dans un corps minéral, végétal ou animal[47]. Néanmoins le « guilgoul  » reste un concept dont la pertinence reste débattue au sein du judaïsme.

Dans le christianisme[modifier | modifier le code]

Christianisme ancien[modifier | modifier le code]

Certains groupes ésotériques, spirites ou la théosophiques, nés aux alentours du XIXe siècle en parallèle d'un intérêt grandissant pour l'occultisme, décrivent la réincarnation en affirmant s'appuyer sur divers éléments de doctrines religieuses et spirituelles à travers les âges et les lieux, aux nombre desquels ils incluent des courants chrétiens antiques.

Dans cette optique, Origène - un Père de l'Église dont la doctrine à ce sujet a été condamnée trois siècles après sa mort au Concile de Constantinople - a souvent été présenté comme « réincarnationniste » au prétexte qu'il admettait la préexistence des âmes dans une sorte de monde supérieure voire dans la pensée de Dieu[48]. Il n'a cependant jamais enseigné la transmigration des corps, ni humains, ni animaux : c'est l'idée de la préexistence de l'âme au corps, et donc la dissociation des deux, que le concile entendait condamner[48].

Si il est vraisemblable que parmi les courants du christianisme ancien certains, à la marge, et particulièrement chez les gnostiques, ont du être influencés par la métempsycose platonicienne ou pythagoricienne, les chrétiens - qui se singularisent dans le monde grec dans la mesure où leur doctrine relève de la tradition de la transcendance - refusaient la croyance en des existences successives, un enseignement qui ruinerait les fondements de leur croyances, notamment la résurrection[49], ainsi qu'en témoigne l'apparition dès le IIe siècle de traités sur la résurrection[48]. Il est à cet effet notable que le christianisme syriaque d'Inde, d'une autonomie et de tradition assez antique, bien que dans un environnement hindou, s'est toujours refuser à la croyance en la réincarnation[48].

Catharisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Catharisme.

Au Moyen Âge, le cathares, influencés par le gnosticisme, entend renouer avec la pureté originelle du christianisme et remporte un certain succès avant d'être combattus par l'orthodoxie dominante. Certains cathares - essentiellement ceux qui évoluent jusqu'au dualisme absolu - en viennent, dans une optique théologique qui cherche à innocenter Dieu du mal jusqu'au refus total du concept d'Enfer, à envisager une transmigration des âmes[50]. Ainsi, le terme « réincarnation » est anachronique et non-adapté au monde médiéval[50]. Cette croyance impliquera pour eux le végétarisme[51]. Le catharisme se distingue du reste des courants chrétiens par la valeur absolue qu'il donne à la prohibiton du meurtre, et donc par le fait qu'il l'étend aux animaux susceptibles d'avoir reçu une âme céleste[51].

L'engendrement spirituel[modifier | modifier le code]

Sans croire à la réincarnation, les chrétiens d'Orient sont attachés à la notion d’engendrement spirituel. Selon cette croyance, quelqu’un peut, à un moment de sa vie, intégrer en lui les qualités spirituelles d’une autre personne (généralement un saint), que cette dernière soit vivante ou morte[réf. nécessaire].

Dans l'islam[modifier | modifier le code]

La réincarnation ne figure pas non plus dans l'islam orthodoxe.

À l'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Ésotérisme[modifier | modifier le code]

C'est vers la fin du XIXe siècle que la réincarnation est redécouverte en Occident, sous l'influence, d'une part, d'un regain d'intérêt pour l'occultisme et l'ésotérisme, et d'autre part, grâce à l'étude plus systématique des religions venues d'Inde (hindouisme et bouddhisme) par les anthropologues et philosophes occidentaux (notamment Schopenhauer).

Plusieurs groupes "ésotériques" placent la réincarnation (ou en tout cas une version occidentale de la réincarnation) au cœur de leurs enseignements. Parmi ceux-ci, on peut citer la Théosophie, fondée par Helena Blavatsky en 1875.

Par ailleurs, la doctrine spirite, codifiée par Allan Kardec dans Le livre des Esprits en 1857, est en partie fondée sur la croyance en la réincarnation[52].

Aujourd'hui, la continuation de cette tradition se retrouve également en partie dans le mouvement New Age.

Pour certaines personnes, la réincarnation expliquerait la raison des inégalités entre les êtres humains, le pourquoi de certaines épreuves rencontrées, et justifie également l'existence de la mort. La mort n'est plus la cessation de vie, mais le prélude à un temps-bilan qui conduit à choisir le contexte d'une nouvelle naissance d'une durée plus ou moins longue ou un retour dans les plans divins, selon l'évolution à travers l'expérience terrestre de l'âme incarnée.

Travaux du psychiatre Ian Stevenson[modifier | modifier le code]

Le psychiatre canadien Ian Stevenson est connu pour avoir recherché et analysé des cas suggérant la réincarnation - plus que ne la prouvant formellement selon ses propres termes[13] - concernant des enfants en bas âge encore susceptibles d'avoir le souvenir de leur vie passée[53] dont 210 cas d'enfants qui prétendent se rappeler de leur vie antérieure et qui ont un défaut de naissance dont le chercheur affirme qu'il existe une corrélation avec une blessure de personnes décédées[54].

Ces travaux sont largement rejetés par la communauté scientifique[1] parce qu'il se base sur des témoignages et qu'il a pu être trompé par des familles, l'influence des traducteurs et leurs croyances[55], sur les parti pris des membres de son équipe, sa propension au biais de confirmation[55] - Stevenson n'a pas publié les résultats contradictoires à son hypothèse -, voire sa crédulité[1]. Ses études de cas de xénoglossie ont été critiqués par des linguistes car manquant de preuves suffisamment solides : les sujets étudiés (en état d'hypnose) n'ont qu'un faible vocabulaire (une centaine de mots) et ne font pas de phrases complexes en guise de réponse aux questions qu'on leur pose, se limitant à quelques mots[56],[57].

Stevenson trouve cependant des défenseurs, voire des admirateurs, à l'instar du religieux bouddhiste Ajahn Brahm[58] ou de l'historien bouddhiste Dominique Lormier[59]. Selon le chercheur J. Gordon Melton, les recherches de Stevenson sur la xénoglossie apportent des preuves substantielles en faveur de la réincarnation et selon lui personne jusqu'ici (en 2007) n'a produit une réfutation convaincante de son travail[60].

Augmentation radicale de l'espérance de vie et réincarnation artificielle[modifier | modifier le code]

Il a été suggéré qu'une forme de réincarnation artificielle (sans mort réelle) pourrait être créée. C'est l'une des idées visant à nuancer celle qui dit qu'une espérance de vie grandement augmentée (ou même l'immortalité) serait synonyme d'ennui. Cette idée s'inscrit dans le courant transhumaniste.

Les souvenirs d'un être vivant pourraient être totalement ou en partie effacés. Il pourrait alors découvrir à nouveau ce qu'il a oublié volontairement, peut-être même depuis le stade de la naissance. Il pourrait alors vivre une nouvelle "vie".

Des scientifiques s'intéressent déjà à des traitements permettant d'oublier des expériences spécifiques (des évènements traumatisants), et les recherches actuelles sur l'amnésie révèlent progressivement les mécanismes de l'oubli.

Dans le contexte plus futuriste du transfert de l'esprit sur ordinateur, l'effacement de souvenirs sélectionnés serait vraisemblablement une simple formalité. Tout cela relève bien sûr, pour l'instant, du domaine de la science-fiction et de la pure spéculation.

Critiques[modifier | modifier le code]

D'autres auteurs dénoncent la réincarnation comme une doctrine non-orthodoxe ou non-traditionnelle, issue d'une mauvaise compréhension de textes anciens par des auteurs ayant confondu le symbole avec la chose symbolisée.

Arthur Schopenhauer[modifier | modifier le code]

Dans une approche philosophique marqué d'un pessimisme existentiel radical - une véritable « philosophie de l'ennui »[61] -, Arthur Schopenhauer voit dans la réincarnation une métaphore pour expliquer l'identification nécessaire de l'individu avec toute créature, avec tout ce qui vit, car doté du même « vouloir vivre » qui seul se transmet, à la différence de l'âme ou de l'intellect. Se démarquant ainsi des spirites et « des absurdités qui accompagnent la doctrine de la métempsycose », il ne croit pas en une réincarnation personnelle, mais, à la suite du « bouddhisme ésotérique », il développe l'idée de palingénésie[62], non sans reprocher au passage au judaïsme et au christianisme d'avoir rejeté la réincarnation, « cette conviction primitive et consolante pour l'humanité »[63].

Pour Denis Müller, l'approche de Schopenhauer à l'intérêt de ramener aux sources orientales de la réincarnation, posant l'antithèse d'un « réincarnationnisme » occidentale optimiste, progressiste et évolutionniste des modernes incarné par G. E. Lessing ou Rudolph Steiner[63].

Ramana Maharshi[modifier | modifier le code]

Ramana Maharshi[64] :

- Auditeur: « Mais, alors, la réincarnation ? »
- Maharshi: « La réincarnation n'existe que dans les limites de votre ignorance. Il n'y a pas de réincarnation, il n'y en a jamais eu et il n'y en aura jamais. Voilà la vérité. »
- Auditeur: « Mais que devient alors l’ego ?»
- Maharshi : « L’ego apparaît, disparaît. Il est éphémère, transitoire, tandis que le Soi demeure permanent. Bien qu’en vérité vous soyez effectivement le Soi, vous persistez à identifier le Soi réel avec le faux Soi, l’ego. ».

René Guénon[modifier | modifier le code]

En 1923, René Guénon affirme dans son ouvrage L'Erreur Spirite que la réincarnation est une impossibilité contraire à tous les enseignements des doctrines traditionnelles orthodoxes : « Le terme de « réincarnation » doit être distingué de deux autres termes au moins, qui ont une signification totalement différente, et qui sont ceux de « métempsycose » et de la « transmigration » ; il s’agit là de choses qui étaient fort bien connues des anciens, comme elles le sont encore des Orientaux, mais que les Occidentaux modernes, inventeurs de la réincarnation, ignorent absolument. [...] Les anciens, en réalité, n’ont jamais envisagé une telle transmigration (de l'homme dans des animaux ou l'inverse), pas plus que celle de l’homme dans d’autres hommes, comme on pourrait définir la réincarnation[65] ».

Dans Le symbolisme de la croix et dans Les états multiples de l'être, Guénon explique que notre monde n'est qu'un état parmi une indéfinité d'autres mondes actuellement inaccessibles. La modalité corporelle (celle que saisissent nos sens et qu'étudie la science) dans toute son extension possible, incluant entièrement le temps et l'espace, n'est qu'un plan de réalité dans une succession indéfinie d'autre monde que doit traverser notre personnalité supérieure. À la mort tout ce qui est soumis à ce monde et qui caractérise un individu est dissous (y compris la mémoire et la force vitale ou psychique) et l'esprit passe dans un autre monde, sans souvenir du précédent. Dans cette chaîne interminable repasser par le même état (le même monde) est une impossibilité métaphysique. Pour cet auteur la transmigration et les « renaissances » innombrables dont parlent les texte sacrés ne s'effectuent jamais deux fois dans le même monde. Lors de la dissolution qui suit la mort, certains complexes psychiques abandonnés par le mort peuvent être captés par de nouveaux individus naissants. Tels certains souvenirs ou certaines aptitudes physiques ou intellectuelles, cela expliquant aussi tout les phénomènes exceptionnels que les tenants de la réincarnation, quand ils sont de bonne foi, proposent comme preuve de leur théorie.

Selon Alain Daniélou[modifier | modifier le code]

Alain Daniélou exposé dans le destin du monde d'après la tradition shivaïque que la théorie de la réincarnation ne fait partie ni de l'ancien shivaïsme, ni du védisme. Elle aurait été incorporée à l'hindouisme tardif provenant du jaïnisme qui l'a transmis au bouddhisme puis à l'hindouisme moderne, qui commence en 500 ap. J.-C. environ.

Selon Ananda Kentish Coomaraswany[modifier | modifier le code]

Pour Ananda Coomaraswamy la réincarnation vient d'une incompréhension populaire de la doctrine de la transmigration et ne fait pas partie des doctrines de l'hindouisme : « bien que les écrits anciens et récents ainsi que les pratiques rituelles de l’Hindouisme aient été étudiés par des érudits européens depuis plus d’un siècle, il serait à peine exagéré de dire que l'on pourrait parfaitement donner un exposé fidèle de l’Hindouisme sous la forme d’un démenti catégorique à la plupart des énoncés qui en ont été faits, tant par les savants européens que par les Hindous formés aux modernes façons de penser sceptiques et évolutionnistes. Par exemple ... La notion de « réincarnation », au sens ordinaire d’une renaissance sur la terre d’individus défunts, représente seulement une erreur de compréhension des doctrines de l’hérédité, de la transmigration et de la régénération[66]. ».

« Il est tout à fait contraire au Bouddhisme, aussi bien qu'au Vêdânta, de penser à « nous-mêmes » comme à des êtres errant au hasard dans le tourbillon fatal du flot du monde (samsâra). Notre Soi immortel est tout, sauf une « individualité qui survit ». Ce n'est pas cet homme, un tel ou un tel qui réintègre sa demeure et disparaît à la vue, mais le Soi prodigue qui se souvient de lui-même.[67] »

Culture[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Helena Blavatsky, La Clef de la Théosophie, 1889, Éditions Adyar.
  • Paul Carus, L'Évangile du Bouddha raconté d'après les anciens documents, 1894, traduction Milloué, 1902, Éditions Aquarius.
  • Jean-Marie Détré, La Réincarnation et l'Occident, tome 1 et 2, éditions Triades.
  • Bahram Elahi, La voie de la perfection, éditions Albin Michel
  • Narada Thera, La doctrine bouddhique de la Re-naissance, 1979, Librairie d'Amérique et d'Orient-Adrien Maisonneuve.
  • René Guénon, l'Erreur Spirite, éditions traditionnelles 1977.
  • Sogyal Rinpoché, Le Livre tibétain de la vie et de la mort - Éditions Table Ronde (livre tiré du Bardo Thödol).
  • Jan van Rijckenborgh, Le Mystère de la Vie et de la Mort - Éditions du Septénaire. Rose-Croix.
  • Rudolf Steiner, La Science de l'Occulte (1911), éditions Triades, 1993. Anthroposophie.
  • Ian Stevenson, Vingt cas suggérant la réincarnation (1966, 1973), trad., J'ai lu, 2007, 667 p. Enquête scientifique sans conclusion tranchée.
  • Didier Treutenaere, Bouddhisme et re-naissances dans la tradition Theravāda, Asia, Librairie d'Amérique et d'Orient-Adrien Maisonneuve, Paris, mai 2009, ISBN 978-2-9534056-0-6. Un ouvrage de référence sur la question des renaissances du point de vue du bouddhisme le plus ancien : 600 pages, 1000 citations retraduites du canon pāli, un glossaire et une bibliographie commentée.
  • G. Wachsmuth, Réincarnation, processus de métamorphose, éditions Triades.
  • Michel Tramontane, pseud. Michel Teston, De la psychanalyse à la réincarnation, 1985, éd. Teston, 07530 Antraigues (France).
  • Maupassant, le docteur Heraclius Gloss 1876
  • Sâdhus, un voyage initiatique chez les ascètes de l'Inde, by Patrick Levy, Éditions Pocket, 2011. (ISBN 978-2-35490-033-5).
  • Patricia Darré, Un souffle vers l'éternité, 2012, Les Lumières de l'invisible, 2013, Éditions Michel Lafon
  • Denis Müller, Réincarnation et foi chrétienne, Labor et Fides,‎
  • André Couture, La réincarnation au-delà des idées reçues, Éditions de l'Atelier,‎ (lire en ligne)
  • (en) Norman C. McClelland, Encyclopedia of Reincarnation and Karma, McFarland,‎ (lire en ligne)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • The Eye 2 (par Danny Pang et Oxide Pang, 2003)
  • Shiva (court métrage d'Alexis Bessin, 2012)
  • Il était une fois l'espace, épisode n°18 « L'Atlantide, d'Albert Barillé » (dessin animé, 1982)
  • La Belle histoire, de Claude Lelouche (film, 1992)
  • Cloud Atlas, d'Andy et Lana Wachowski (film, 2012)
  • I Origins, de Mike Cahill (film, 2014)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Margalit Fox, « Ian Stevenson Dies at 88; Studied Claims of Past Lives », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)  : « Dr. Stevenson was internationally famous for his research into what he sometimes called “survival of personality after death,” popularly referred to as reincarnation ».
  2. http://www.cheela.org/cheela.php?id=44414
  3. a et b http://www.leava.fr/cours-torah-judaisme/pensee-juive/359_reincarnations-qui-se-releve-a-la-resurrection.php
  4. Voir section Réincarnation#Critiques.
  5. Jean Herbert, Spiritualité hindoue, Albin Michel,‎ (lire en ligne), pp. 102-103
  6. a, b et c Le yoga, immortalité et liberté, Mircea Eliade, éditions Payot.
  7. A History of Yoga By Vivian Worthington, page 35, 1982 Routledge
  8. [1]
  9. The A to Z of Hinduism par B.M. Sullivan publié par Vision Books, pages 181 et 182, (ISBN 8170945216)
  10. Louis Renou et Jean Filliozat, L'Inde classique, t. I, p. 342, 334.
  11. La Bhagavad Gîtâ, traduction et commentaires par Anne-Marie Esnoul et Olivier Lacombe, Seuil, 1976, « Introduction ».
  12. Bhagavad-Gita, II, 22.
  13. a, b et c « Ce sont encore les Égyptiens qui, les premiers, ont dit que l'âme humaine est immortelle et qu'au moment où le corps périt, elle vient se loger dans un autre être vivant qui naît alors ; que, lorsqu'elle a habité tour à tour toutes les espèces terrestres, aquatiques et aériennes, alors elle pénètre de nouveau dans le corps d'un homme à l'instant où il naît, après une migration de trois mille ans. » - Hérodote, Enquête, II, 123.
  14. a, b et c Couture2000, p. 55
  15. Hans Bonnet, Reallexikon der ägyptischen Religionsgeschichte, Berlin, 1952, p. 76 ss.
  16. L'égyptologue Gérard Roquet cité par André Couture, La réincarnation au-delà des idées reçues, Éditions de l'Atelier,‎ , p. 55
  17. a, b et c McClelland 2010, p. 83
  18. Plus précisément, la résurrection solaire ; cf. (en) Donald B. Redford, The Oxford encyclopedia of ancient Egypt, Oxford University Press,‎ 2001 (lire en ligne), p. 140
  19. Orphée, poèmes magiques et cosmologiques, Les Belles Lettres, 1993, p. 145.
  20. Richard Sorabji (dir.), Animals Minds and Human Morals, Ithaca, 1993, p. 188-194.
  21. McClelland 2010, p. 100
  22. Pierre Hadot, « Le Gnosticisme », dans Dictionnaire de l'Histoire du christianisme, Encyclopaedia Universalis,‎ , p. 641
  23. « Gnosticism » dans l'Encyclopædia Britannica, version en ligne consultable au 12/04/2009.
  24. Couture 2000, p. 122
  25. Paul-Hubert Poirier, « Basilide, Carpocrate, Valentin, et la première gnose », in Florence Quentin (dir.), Le livre des Egyptes, Robert Laffont, p. 456
  26. Matthieu 11:13-14 ; 17:12-13. Marc 9:13. Luc 1:17
  27. McClelland 2010, p. 53
  28. Elenchos IX, 14, 1 et X, 29, 2 ; Panarion 30, 3, 5 ; 53, 1, 8.
  29. a, b et c Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 223.
  30. Elenchos IX, 15, 1 ; Panarion 19, 3, 4.
  31. Henri-Charles Puech, Sur le manichéisme : Et autres essais, Flammarion,‎ 1979 (lire en ligne), p. 94.
  32. a et b L'hindouisme, anthropologie d'une civilisation, Madeleine Biardeau, éditions Flammarion.
  33. « Les hindous croient-ils en la réincarnation ? », sur scienceshumaines.com
  34. http://www.advaita.org.uk/discourses/teachers/gita_jacobs.htm ; So you do not uphold the theory of rebirth? R.M : No. I want to remove your confusion that you will reborn. It is you who thinks that you will be reborn.'
  35. Encyclopédie des religions, Gerhard J. Bellinger, éditions le livre de poche.
  36. Bhagavad-Gîtâ 11, 22
  37. Bhagavad-Gîtâ 11, 27
  38. la bhagavad-gîta, texte établi par Emile Sénart, éditions les belles lettres, ISBN 9782251799780
  39. Jean Herbert, Yoga de la vie quotidienne (Karma-Yoga), Devry-Livre, 1978, XI
  40. Les bouddhistes croient-ils en la réincarnation ?
  41. Brève présentation du bouddhisme
  42. Cf La Voix du Silence - Traité mystique tibétain, éditions Adhyar.
  43. a, b, c, d, e, f et g Gershom Scholem, « Gilgul », in Encyclopaedia Judaïca, The Gale Group, 2008, lire en ligne
  44. http://www.leava.fr/questions-reponses/pensee-juive/16817_question-pierre.php
  45. http://www.leava.fr/questions-reponses/problemes-divers/24020_question-samuel.php
  46. http://www.leava.fr/cours-torah-judaisme/pensee-juive/946_resurrection-et-reincarnations.php
  47. http://www.leava.fr/questions-reponses/problemes-divers/les-juifs-croient-ils-donc-en-la-reincarnation.php
  48. a, b, c et d André Couture, La réincarnation au-delà des idées reçues, Éditions de l'Atelier,‎ , p. 103-106
  49. Le symbole de Nicée-Constantinople, qui définit la doctrine chrétienne, se conclut par : « nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir ». La croyance en la réincarnation s'oppose, en effet, au dogme de la « résurrection des morts » à la fin des temps et à celui de l'incarnation
  50. a et b Anne Brenon, Les cathares : Vie et mort d'une église chrétienne, Grancher,‎ , p. 129
  51. a et b René Nelli, La vie quotidienne des Cathares du Languedoc au XIIIe siècle, ISBN 978-2-253-03163-5
  52. "C'est à la moitié du XIXe siècle que cette doctrine connut un grand succès dès la parution du premier des cinq ouvrages qui en constituait le corpus sacré. Fondée sur la croyance en la réincarnation d'un même esprit dans des corps différents au long des siècles, elle s'insère dans un mouvement de pensée à la fois scientifique et philosophique qui s'est développé en France avant la Révolution..." Marion Aubrée, La nouvelle dynamique du spiritisme kardéciste, Institut de l'information scientifique et technique, CNRS, 2000.
  53. « un enfant entre 2 et 4 ans commence à parler à sa famille d’une vie qu’il a menée ailleurs. L’enfant est profondément attiré par les événements de sa vie passée et il insiste beaucoup pour qu’on le laisse retourner dans la famille où il prétend avoir vécu. S’il donne suffisamment de précisions sur sa vie antérieure, les parents se livrent à une enquête sur l’exactitude des propos de l’enfant. Si les vérifications aboutissent, les deux familles se rencontrent et demandent à l’enfant s’il reconnaît les lieux, les objets et les personnes de sa supposée vie antérieure. » (Source : Erik Pigani, « J’ai recensé 14 000 cas de réincarnation : Entretien avec Ian Stevenson », sur Psychologies.com,‎ (consulté le 29 juillet 2015)
  54. Marque sur la peau, membre atrophié que les enfants disent correspondre à une blessure (généralement mortelle) de leur vie précédente. (Source : (en) Birthmarks and Birth Defects Corresponding to Wounds on Deceased Persons by Dr. Ian Stevenson. (Journal of Scientific Exploration 7:403-410, 1993.) [lire en PDF])
  55. a et b (en) Robert Todd Carroll, « Ian Stevenson (1918-2007) », sur The Skeptic's Dictionary,‎
  56. Sarah Thomason, Xenoglossy in Gordon Stein, The Encyclopedia of the Paranormal, Prometheus Books, 1996, lire en ligne.
  57. William J. Samarin (1976). Review of Ian Stevenson Xenoglossy: A Review and Report of a Case, Language 52: 270-274.
  58. Reincarnation - Here We Go Again
  59. Dominique Lormier, Les vies antérieures, Editions du Félin, 2004, pp. 79 et 102
  60. J. Gordon Melton, The Encyclopedia of Religious Phenomena, Visible Ink Press,‎ (lire en ligne), p. 359-360.
  61. selon une expression de Didier Raymond cité par Denis Müller, Réincarnation et foi chrétienne, Labor et Fides,‎ (lire en ligne), p. 40
  62. Denis Müller, Réincarnation et foi chrétienne, Labor et Fides,‎ (lire en ligne), p. 40.
  63. a et b Denis Müller, Réincarnation et foi chrétienne, Labor et Fides,‎ (lire en ligne), p. 40.
  64. L'Enseignement de Ramana Maharshi, éd. Albin Michel, collection Spiritualités vivantes, Paris 1972, no 320, p. 310
  65. René Guénon, l'Erreur Spirite, Éditions Traditionnelles, 1952, p. 206, 207
  66. Ananda K. Coomaraswamy, Hindouisme et Bouddhisme, p. 13-14
  67. Ananda K. Coomaraswamy, Hindouisme et Bouddhisme, p.|124

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]