VIIIe siècle av. J.-C.

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Voir aussi : Liste des siècles, Chiffres romains


Événements[modifier | modifier le code]

Amérique[modifier | modifier le code]

  • Débuts de la culture de Dorset au Groenland et dans le nord-est du Canada (800 av. J.-C.-1000 apr. J.-C.) : groupe inuit nomade vivant de la chasse (mammifères marins, caribous) et de la pêche. Les campements s’agrandissent et se modifient, avec le creusement de maisons d’hivers semi-souterraines, où vivent deux à trois familles. L’adaptation aux conditions climatiques est révélée par les traîneaux en os, des cramons à glaces, des raquettes, des skis. Disparition des chiens, des arcs et des flèches.
  • Introduction de la culture intensive du maïs dans les plaines alluviales de l’Amazonie et de l’Orénoque. Sociétés plus nombreuses et plus hiérarchisées. Les agglomérations s’étirent sur plusieurs kilomètres le long des fleuves, abritant des milliers de personnes et constituant peu à peu des amas de débris noirs (Indian Black Soil).
  • L'écriture des Zapotèques est la première écriture connue en Amérique du Sud

Asie[modifier | modifier le code]

  • 722 av. J.-C. à 475 av. J.-C. : Période des Printemps et des Automnes en Chine.
    • Lent progrès des défrichements et du peuplement humain en Chine du Nord entre la fin du IIe millénaire av. J.-C. et le VIIe siècle av. J.-C. Les outils et les modes de culture n’ont pas changé depuis l’époque des Shang et des Zhou, mais un indice de l’accroissement de la population est fourni par le recul de la faune. Les animaux tropicaux, comme l’éléphant et le rhinocéros, disparaissent et se font plus rares, et il semble que les chasses des VIIIe et VIIe siècles soient moins abondantes et destructrices que les grandes chasses royales de l’époque des Shang. La tradition confirme l’hypothèse d’un progrès des défrichements à l’époque des Zhou qui passent pour avoir favorisé la culture des céréales. La légende veut que l’ancêtre fondateur de la dynastie ait été « ministre de l’Agriculture » du souverain mythique Shun. L’élevage des moutons et des bœufs semble être en régression aux débuts du Ier millénaire. Le nombre des animaux sacrifiés est réduit à quelques têtes à l’époque des Zhou, et de nombreux caractères d’écriture ayant trait à l’élevage et aux sacrifices d’animaux disparaissent entre l’époque des Shang et le VIIe siècle.
  • Important commerce entre l’Inde et Babylone.
  • Essor des cités et des États de la vallée du Gange, favorisés par la riziculture.
  • Dans les steppes asiatiques et européennes, la période qui va du VIIIe au IIIe siècle av. J.-C. est appelée en général âge scythique puisque les représentants les plus remarquables de cette civilisation sont les Scythes. Des outils analogues sont produits dans presque toute la zone, indépendamment des ethnies. Des flèches et de courtes épées de bronze (avec un papillon sur la poignée) découvertes en Asie centrale sont d’un style typiquement scythique. L’art scythique constitue un amalgame entre les arts assyriens et grecs d’une part et les arts typiquement nomades. Les animaux sont souvent représentés (bêtes affrontées). Les chaudrons dits scythiques sont répandus en Asie Centrale. L’expansion de cet art prouve qu’à la fin de l’âge du bronze les peuples nomades entretiennent des rapports du Fleuve Jaune à la mer Noire.
  • Tombeaux à dalle de la Mongolie à l’ouest du Baïkal (du VIIIe aux IIIe – IIe siècles av. J.-C..), caractérisés par des dalles posées sur le sommet et parfois sur les côtés des tertres funéraires. Les morts sont couchés sur le dos, la tête à l’est, parfois posée sur une dalle, souvent accompagnés d’objets précieux : haches et épées de bronze, porte-aiguilles en bronze avec des aiguilles d’or, miroirs de bronze à manche constitué de figures animales typiques de l’art scythique. Les fragments des poteries qu’ils ont livrés proviennent de deux types : un ressemble à la poterie d’Ordos et des régions méridionales de la Mongolie, l’autre est analogue à celle du territoire de l’outre-Baïkal.

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

Ivoire de Nimrud, relief représentant une lionne dévorant un noir.

Europe[modifier | modifier le code]

Monde grec[modifier | modifier le code]

Hydrie attique du géométrique récent (750-700 av. J.-C.).
  • Vers 800 av. J.-C. :
  • Économie de marché en Grèce. Activité importante du commerce et de l’artisanat, notamment avec les colonies d’Asie Mineure, le golfe de Tarente et la mer Tyrrhénienne. Naissance d’un prolétariat urbain très actif. Avènement de l’aristocratie dans la plupart des villes grecques. Pression des puissants sur les populations rurales. Développement de l’esclavage.
  • La Grèce vit une crise sociale, avec l'enrichissement des riches propriétaires terriens, et une augmentation des pauvres, ce qui aboutit à la création d'un prolétariat rural, à l'exode vers les villes ou le départ dans les colonies. Dans le même temps, le commerce connaît un grand développement favorisé par l'apparition des monnaies et la création d'une classe de commerçants et d'artisans. La nouvelle « bourgeoisie » demande à être plus associée au pouvoir politique et le prolétariat agricole réclame une redistribution des terres et l'abolition des dettes, par des mouvements sociaux.
  • Vers 775/750 av. J.-C. : Fondation des premières colonies grecques, depuis la méditerranée occidentale jusqu'aux côtes orientales de la Mer Noire.
  • Vers 750-700 av. J.-C. : Période du géométrique récent en Grèce. A Athènes, retour à l’inhumation au détriment de l’incinération.
    • Révolution sociale issue d’une crise dans les rangs de l’aristocratie. Passage de la communauté « tribale » à la société de la cité et au retour à l’État. La cité-État se distingue de l’État à territoire étendu (ethnos), qui persiste notamment en Grèce du nord (Thessalie) et qui prolonge sans doute un système hérité des siècles obscurs.
    • Dans les grandes villes se développe une économie de marché. La population urbaine augmente, des couches sociales apparaissent, l’esclavage se développe. La communication, les courants idéologiques progressent. Des lois régissent les relations privées et publiques. Une justice objective apparaît. Des travaux d’intérêt publics sont réalisés. Des corps d’armée sont créés.
  • Entre 750 et 680 : Guerre lélantine entre Érétrie et Chalcis en Eubée[2].
  • Vers 725, Thèbes est gouvernée par une oligarchie d’aristocrates béotiens (Éoliens) et doriens. Elle est à la tête d’une confédération de dix villes.
  • 720-640 av. J.-C. : Céramique orientalisante à Corinthe (protocorinthien). Le dessin perd de sa rigidité, les motifs linéaires sont progressivement remplacés par des motifs végétaux orientaux.
  • Vers 700 av. J.-C. : Fondation de la Ligue ionienne (fédération de douze cités-états). Prépondérance de Milet en Ionie. Colonie de Samiens à Samothrace à la fin du siècle.
  • Contact direct avec l’orient et installation en Grèce de bronziers orientaux. Le travail du bronze, depuis longtemps attesté à Argos, n’apparaît que peu avant 750 à Corinthe puis à Athènes.

Italie[modifier | modifier le code]

  • Vers 800 av. J.-C. : Les Phéniciens fondent Caere (Cerveteri) dans le Latium et s’installent à Malte.
  • Vers 775 av. J.-C. : Début de la colonisation de la Sicile et de l’Italie du sud par les Grecs.
  • Vers 750 av. J.-C. : Culture villanovienne de Benacci I dans la région de Bologne au milieu du VIIIe siècle.
  • 753 av. J.-C. : Selon la tradition, fondation de Rome.
  • 740/700 av. J.-C. : Villanovien II en Étrurie. Les tombes à puits évoluent vers de véritables tombes à fosses dans lesquelles on inhume le défunt entre des dalles de pierres formant un sarcophage rudimentaire. Des urnes cabanes en bronze laminé s’ajoutent aux urnes d’argiles. Les objets en bronze se diversifient et la céramique d’impasto, le plus souvent faite au tour, adopte les formes grecques. La décoration des armes et des boucles de ceinture s’enrichit de motifs géométriques plus raffinés, dominés par les courbes (orientalisant). À Véies, la maison de pierre commence à remplacer les huttes de bois et de terre.
  • 750-625/600 av. J.-C. : Culture villanovienne de Benacci II dans la région de Bologne.
  • À la fin du siècle, l’usage du fer se généralise pour les outils et les armes au détriment du bronze. La céramique se perfectionne : usage du tour, décoration imitée des articles grecs importés (motifs géométriques, animaux). Le commerce se développe, comme l’atteste la présence de vases protocorinthiens, peut-être aussi chalcidiens et argiens, aux formes variées et à décoration linéaires (rectiligne ou en méandres), de menus objets en provenance du monde grec (perles, fusaïoles, scarabées, figurines—de verre, d’émail, de porcelaine).
  • Dans le Latium, à la fin du siècle, pour les sépultures, l’inhumation se superpose au rite de la crémation. Les habitations en pierre n’existent toujours pas, même pour les édifices publics. Elles n’apparaîtront qu’avec la période étrusque. Elles adoptent de plus en plus le plan rectangulaire.
  • Essor des cités-États étrusques en Italie centrale.
  • Les Samnites s'installent dans le Samnium.
  • Les Grecs introduisent la culture de la vigne et de l’olivier en Italie.
  • Exploitation du fer de l’île d’Elbe et des monts de la Tolfa dans le Latium et en Étrurie.

Personnages significatifs[modifier | modifier le code]

Lycurgue

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

Religion et philosophie[modifier | modifier le code]

  • Développement en Grèce du « culte des héros » de 750 à 700 : vénération de tombes mycéniennes ou contemporaines (Argolide, Attique, Cyclades) visant à donner une identité à la communauté civique dans les cités-États.
  • Construction après 750 des premiers temples monumentaux absidaux en Grèce : le Daphnéphorion à d’Érétrie, le temple d’Héra Akraia de Pérachora sur le golfe de Corinthe, l'Héraion de Samos, premier des grands temples ioniens.
  • Premiers Jeux olympiques tenus en Grèce (776 av. J.-C.). Premières offrandes de bronze à Olympie, venant essentiellement d’Arcadie et de Messénie.
  • Activité religieuse à Delphes et à Délos (fin IXe siècle). Le sanctuaire de Delphes se développe avec l’apparition de plusieurs temples.
  • Début de l'âge d'or de la philosophie chinoise 771 av. J.-C. jusqu'en 256 av. J.-C..
  • Composition des Upaniṣad « Traités des équivalences », traités sanskrits de religion védique, en Inde.
  • Origine de l’école Sāṃkhya en Inde, reposant sur l’énumération des principes (tattva) constituant l’univers empirique. Sa fondation est attribuée au sage Kapila. Un texte versifié, les Sāṃkhyakārikā, composé avant le IVe siècle de l'ère chrétienne par Îśvarakrişna, présente la forme ancienne du système. Le Sāṃkhya est à l’origine du Yoga, méthode de délivrance qu’il préconise.

Art et culture[modifier | modifier le code]

L'Apothéose d'Homère, par Jean Auguste Dominique Ingres (1827), musée du Louvre.
Agni chevauchant son vâhana, le bélier.
  • Composition probable de l’Iliade et de l’Odyssée. Homère serait né en Ionie (Vers 850, 750 av. J.-C.). Eumelos de Corinthe compose son poème des « Corinthiaques » où il évoque les origines mythiques de la cité.
  • Littérature védique attestée en Inde (Brāhmanas). Un des Brāhmanas relate que le feu de dieu, Agni, incendiait la terre jusqu’à ce que les Aryens atteignent la rivière Sadânîrâ (Gandak). Aucun Aryen n’ose franchir la rivière avant que le dieu n’ait purifié l’autre rive. Agni demande à un chef aryen, Videgha Mâthava, de le transporter sur l’autre rive : c’est ainsi que pays de Videha est arianisé, avant de recevoir le nom de son colonisateur. Cette légende est la seule source contemporaine faisant allusion à la colonisation aryenne en Inde. Janaka, le roi de Videha et le beau-père de Râma, est décrit comme le protecteur des ascètes propageant les nouvelles doctrines mystiques des Upaniṣad. Au sud de Videha se trouve le Magadha, alors dominé par des tribus aryennes renégates, qui ne suivent pas les rites védiques.
  • La période des Hégémons en Chine est couverte approximativement par la chronique du royaume de Lu (le Chunqiu, « les Printemps et Automnes »).
  • Vers 740, Premières inscriptions alphabétiques grecques : Coupe de Nestor, à Pithécusses, comportant une inscription en alphabet chalcidien et inscription du Dipylon, à Athènes. L’écriture alphabétique se généralise en Grèce, sans doute empruntée aux Phéniciens. Son usage est presque uniquement poétique.
  • Alphabet araméen ancien. Il ne diffère que par des variantes de l’alphabet phénicien. Il sera repris par l’hébreu, l’arabe et le syriaque et sera largement diffusé au Proche-Orient. Les Grecs emprunteront la forme phénicienne et permettront sa diffusion dans le monde méditerranéen, puis occidental.

Science et technique[modifier | modifier le code]

  • Les Grecs du Péloponnèse transforment la galère à un rang de rameur en « birème » à deux rangs et éperon de combat.
  • Invention de la catapulte de siège en Mésopotamie.
  • Les Chinois enregistrent les éclipses solaires, travaillent des outils, armes vers 722 av. J.-C. sous la dynastie Zhou (fin de la période occidentale, début de la période orientale).

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marina Picazo, Enric Sanmartí i Grego, Ceràmiques gregues i helenístiques a la península ibèrica : Taula Rodona amb motiu del 75e. aniversari de les excavacions d'Empúries, Empuries, 18-20 març 1983, Diputació de Barcelona, Institut de Prehistòria y Arqueologia, (présentation en ligne)
  2. Violaine Sebillotte Cuchet, Cent fiches d'histoire grecque : (VIIIe – VIe siècles av. J.-C.), Éditions Bréal, (ISBN 9782749506340, présentation en ligne)