Allianz

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Allianz
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illustration de Allianz

Création 1891
Fondateurs Carl von Thieme (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique Société européenne depuis 2006
Action Bourse de FrancfortVoir et modifier les données sur Wikidata
Slogan Avec vous de A à Z
Siège social Drapeau de l'Allemagne Koeniginstrasse 28 Munich AllemagneVoir et modifier les données sur Wikidata (Allemagne)
Direction Oliver Baete (CEO)
Actionnaires BlackRock (6,26 %)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité assurance de personnes, assurance de biens et responsabilité, assurance crédit, assistance, gestion d’actifs, banque
Produits AssuranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Filiales 5 % de Bayer (entreprise)
Assurances générales de France
Effectif Monde : 144 094 (2012[1]) – France 11 800 (2010)
Site web www.allianz.fr

Chiffre d’affaires en augmentationMonde : 122 milliards d'euros (2014)
+2,7 %
Résultat net en augmentation 6.0 milliards d’euros (2013)
+14.6 %
Le logo original de l'entreprise

Allianz SE, (prononcé en allemand : [aliˈants] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter) créé en 1890 à Berlin, est un groupe d'assurances, le premier assureur européen, et le quatrième gestionnaire d'actifs au monde[2].

Le groupe est diversifié entre l'assurance-dommage et l'assurance-vie, et est actif en Allemagne, en France et en Italie. Le groupe utilise également son réseau d'agents d'assurance pour vendre des produits bancaires.

En , Allianz acquiert 100 % du capital d'AGF. Le groupe est l'ancien propriétaire de la Dresdner Bank en Allemagne, cédée à Commerzbank en pour 9.8 MM €.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création d'Allianz et premiers développements[modifier | modifier le code]

À l'été 1890, le directeur de Munich Re (Münchener Rückversicherungs-Gesellschaft), Carl von Thieme (de) (18441924) et le banquier munichois Wilhelm Finck (18481924) décident de s'associer pour lancer une compagnie d'assurances. Les deux hommes avaient remarqué une augmentation des risques liés aux activités de l'ère industrielle durant les quinze dernières années du fait de la Grande Dépression. La nouvelle compagnie, au capital de 4 millions de marks[3], fut nommée Allianz Versicherungs-Aktiengesellschaft et les statuts signés à Munich en Allemagne, mais le siège fut établi à Berlin, dans la capitale. Offrant au départ des services d'assurances pour le transport et les risques d'accidents, Allianz développa rapidement une offre de couverture incendie[4].

Le logo est alors composé de l'aigle du reich (Reichsadler (de)), de l'enfant munichois (Münchner Kindl (de)), et de l'ours de Berlin[3].

Paul von der Nahmer devient le deuxième dirigeant à partir de 1904 et renforce considérablement les activités internationales. Dès 1913, 20 % des revenus proviennent de l'étranger[4], principalement par ses bureaux londoniens spécialisés dans la protection des risques financiers. Mais les conséquences de la Première Guerre mondiale restreignent dans un premier temps le développement international d'Allianz.

Durant les années 1920, Kurt Schmitt, directeur général, initie une série d'acquisitions : la Bayerische Versicherungsbank (de), puis la Stuttgarter Verein fusionnèrent avec Allianz. Durant l'été 1929, la Favag (Frankfurter Allgemeine Versicherungs AG (de)), leader allemand du marché de l'assurance, fait faillite après avoir maquillé ses comptes pendant plusieurs années : le scandale est énorme et Allianz se porte acquéreur des actifs[3]. En 1932, Allianz ouvre un centre de test de résistance des matériaux, l'actuel Centre Allianz pour la Technologie, entièrement consacré à la recherche sur les dommages.

Allianz sous le nazisme[modifier | modifier le code]

L'arrivée du Parti national-socialiste des travailleurs allemands au pouvoir en octobre 1932 conduit la direction d'Allianz à participer à la mise en place du nouveau régime. Comme dans la plupart des grandes entreprises allemandes, les délégués du personnel furent remplacés par des membres du parti nazi et les salariés de confession juive furent licenciés. Hauts dirigeants d'Allianz dès 1930, Kurt Schmitt et Eduard Hilgard s'impliquèrent tout spécialement dans la montée au pouvoir du parti, soutenant par exemple Hermann Göring. Schmitt fut par la suite nommé ministre de l'économie de 1933 à 1935 ; il aimait beaucoup poser en uniforme nazi[5]. Hilgard, lui, dirigea le Reichsgruppe Versicherungen (association au sein du Reich des assureurs privés).

Au lendemain de la Nuit de Cristal, Hilgard, en tant que directeur d'Allianz, se retrouve face à un dilemme : soit rembourser des clients juifs victimes des dégâts commis par les nazis (200 synagogues incendiées, 7 500 magasins détruits par les Sturmabteilung[6]), soit refuser de les indemniser, dans la mesure où l'État couvrait ces crimes. Durant la période qui vit peu à peu la disparition des juifs allemands et étrangers (exil, déportation), Allianz se refusa à payer les indemnités dues au titre de l'assurance-vie ; elle s'associa, au contraire, à la Solution finale : ainsi, Allianz fut l'assureur de la plupart des entreprises SS, et donc de l’État nazi, installées dans les camps de concentration et d'extermination[7],[5].

L'annexion de la Pologne par l'Allemagne nazie en 1939 conduisit à une intensification des besoins d'assurance des risques liés à la guerre dans des secteurs en croissance comme la marine, la construction, l'assurance-vie et incendie des secteurs industriels.

Mais les ravages de la guerre furent tels qu'il devint très difficile pour Allianz de continuer ses opérations : elle vit peu à peu son patrimoine immobilier détruit, et à la fin de la guerre, la majorité des avoirs d'Allianz étaient également anéantis[réf. nécessaire].

Les compensations après 1945[modifier | modifier le code]

Après le 8 mai 1945, une série de lois votées par les Alliés obligèrent l'Allemagne à indemniser les personnes victimes des confiscations et spoliations orchestrées sous le régime nazi. À partir de 1993, Allianz, à l'instar de la plupart des grosses entreprises allemandes impliquées sous le nazisme, ouvre ses archives et pratique une politique de transparence[8] en confiant à des historiens indépendants le soin d'en rédiger les pages, dont le cabinet d'audit Arthur Andersen[8]. Une ligne téléphonique est également ouverte en Europe, aux États-Unis et en Israël pour permettre aux victimes ou à leurs descendants de faire valoir leurs droits[8]. En 1997, Henning Schulte-Noelle, alors président d'Allianz, prit finalement la décision d'ouvrir librement les archives en demandant à Gerald D. Feldman, historien de l'Université de Berkeley de mener un vaste projet sur les activités d'Allianz durant la Seconde Guerre mondiale[9]. Ces recherches entraînèrent de nouvelles réclamations de victimes du nazisme et de leurs descendants. En 1997, Serge Klarsfeld, président de l'association Fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF), appelle au boycott de la compagnie d'assurances après que le journal Der Spiegel révéla qu'Allianz fournissait des polices d'assurance à plusieurs camps de concentration nazis, dont celui d'Auschwitz[8].

En 1998, Allianz rejoint un groupe d'industriels allemands, qui, sous l'impulsion de Gerhard Schröder, décide d'indemniser les victimes des années de guerre, et devient membre de l'International Commission on Holocaust Era Insurance Claims. La société déclara alors avoir rapidement payé les demandes qu'elle estimait justifiées, ce qui fut contesté par la suite[réf. nécessaire].

La reconstruction[modifier | modifier le code]

Les activités reprirent lentement après la guerre et ce n'est qu'à la fin des années 1950 qu'un bureau parisien fut inauguré et, dans les années 1960, une filiale ouvrit en Italie. Pendant les années 1970, Allianz ouvre des filiales au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Espagne, au Brésil et aux États-Unis. Avec la prise de contrôle de Cornhill Insurance PLC, Londres, et une prise de participation dans la Riunione Adriatica di Sicurt' (RAS, Milan), Allianz renforça sa présence en Europe du Sud et de l'Ouest dans les années 1980.

La présence à l'international[modifier | modifier le code]

La présence internationale d'Allianz (2009)

Les années 1990 et 2000 furent dominées par les activités internationales. La Hongrie fut le premier des 8 pays d'une expansion en Europe de l'Est. En 1990, Allianz fait l'acquisition de l'américain Fireman's Fund Insurance Company pour 3,3 milliards de dollars[10] puis de la française AGF en 1998, à la suite d'une bataille financière contre l'italien Generali, vente qui détrône alors Axa de sa position de leader européen[11]. La fin des années 1990 fut aussi le début de rapprochements et d'acquisitions en Chine et en Corée du Sud.

En novembre 2000, Allianz fut introduite au NYSE (New-York Stock Exchange) puis en est sortie en 2008[12].

En 2001, Allianz acquit Dresdner Bank pour la revendre à Commerzbank (avec une prise de participation dans l'acquéreur) sept ans plus tard avec une forte dépréciation. C'est en 2003 que Michael Diekmann (en), succéda à Henning Schulte-Noelle qui est Président du Conseil de surveillance du groupe[13] depuis cette date[14].

Depuis 2015, l'actuel CEO est Oliver Baete.

2005 fut l'année de l'inauguration de l'Allianz Arena, le nouveau stade de football de Munich.

C'est en 2006 que le groupe devint la première entreprise à adopter le statut de Societas Europaea[15].

Malgré une légère baisse du bénéfice au cours du premier semestre 2014, le groupe Allianz maintient le pas face à Axa[16]. Afin de contrecarrer cette légère baisse de bénéfice de presque 2,9 % par rapport au premier trimestre 2013, des assurances ont été réadaptées et d’autres ont été créés, notamment en Allemagne, proposant de nouvelles options pour la retraite[17]. Il est prévu que la tendance s’inverse au cours du prochain semestre et qu’Allianz reparte sur un bénéfice plus élevé qu’au second trimestre 2013.

En avril 2016, Anbang annonce l'acquisition des activités d'assurances d'Allianz en Corée du Sud[18]. En août 2017, Allianz annonce la création d'une co-entreprise, avec Liverpool Victoria, une entreprise mutualiste britannique, contre le versement par Allianz de 500 millions de livres. Cette co-entreprise sera dédié à l'assurance risque sur le marché britannique[19].

AGF devient Allianz France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Assurances générales de France.

En 1998, après un bras de fer avec l’Italien Generali[11], le groupe Allianz acquiert 58 % du capital de l’assureur français AGF. Le groupe AGF est alors constitué d'AGF, PFA, Athena, et Allianz France. Dix ans plus tard, en 2007, le groupe Allianz lance une OPA sur le groupe AGF et rachète l’intégralité de ses actions. AGF devient sa filiale à 100 %. En 2009, AGF prend le nom d’Allianz[20].

L'acquisition d'AGF permet également à Allianz de mettre un pied en Afrique, particulièrement au Maghreb et en Afrique de l'est[21].

Activité et métiers d’Allianz France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Allianz France.

Direction[modifier | modifier le code]

Directoire d’Allianz SE[modifier | modifier le code]

  • Oliver Bäte – PDG

Le comité exécutif d’Allianz France[22][modifier | modifier le code]

  • Jacques Richier, président-directeur général d’Allianz et président du Comité Exécutif d’Allianz France
  • Peter Etzenbach, membre du Comité Exécutif responsable de l’Unité Finances
  • Virginie Fauvel, membre du Comité Exécutif responsable de l'Unité Digital et Market Management
  • Fabien Wathlé, membre du Comité Exécutif responsable de l’Unité Fonctions Centrales et activités Groupe.
  • Patrick Grosjean, membre du Comité Exécutif responsable de l’Unité Opérations
  • Franck Le Vallois, membre du Comité Exécutif responsable de l’Unité Distribution
  • Matthias Seewald, responsable de l’Unité Investissements

Actionnariat[modifier | modifier le code]

Controverses[modifier | modifier le code]

Le , le régulateur des assurances inflige au groupe Allianz une amende de 50 millions d'euros, assortie d'un blâme, en lui reprochant « trop de laxisme pour retrouver les ayants droit de contrats d'assurance-vie non réclamés ». C'est la sanction la plus lourde jamais infligée par le régulateur des assurances[23]. L'assureur réagit à cette amende : « cette décision ne reflète pas l'engagement fort d'Allianz depuis la loi de décembre 2007 en termes de moyens financiers et humains dédiés à l'identification des décès et à la recherche des bénéficiaires, ni les résultats significatifs obtenus »[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. (en) « Top Asset Management Firms », sur relbanks.com, (consulté le 2 mars 2015)
  3. a, b et c (en) Gerald D. Feldman, « Allianz and the German Insurance Business, 1933–1945 », Cambridge University Press,
  4. a et b « Allianz : un assureur allemand devenu leader international des assurances et des services financiers », sur Allianz.fr
  5. a et b Archives Allianz, en ligne.
  6. L'honneur retrouvé des entreprises allemandes, in L'Express, 24 août 2006.
  7. Martin Douglas, « Gerald D. Feldman, Historian of the Nazis and Finances, Dies at 70 », The New York Times, 15 novembre 2007
  8. a, b, c et d Muriel Jasor, « Serge Klarsfeld appelle à boycotter Allianz », sur Les Echos,
  9. Gerald Donald Feldman, Allianz and the German Insurance Business, 1933-1945, Cambridge University Press, 2001.
  10. (en) Kurt Eichenwald, « German Company to Buy Fireman's Fund », sur The New York Times,
  11. a et b Thierry Fabre, « Les petits secrets de l'OPA qui bouleverse la finance française », sur L'Express,
  12. (en) Allianz to delist from NYSE, European exchanges, Market Watch, 22 septembre 2009
  13. Communiqué de nomination
  14. relations investisseurs
  15. « Allianz, première grande entreprise à devenir une société européenne », sur Les Echos,
  16. Légère baisse du bénéfice d’Allianz au premier trimestre 2014, Estelle Durand, 7 mai 2014
  17. Neue Rentenversicherung Allianz Perspektive im Test Anja Schlicht, Finanzen.de Nachrichten, 22 avril 2014
  18. Anbang to acquire Allianz’s South Korea operations, Oliver Ralph et Song Jung-a, The Financial Times, 6 avril 2016
  19. « Allianz forms JV with LV= to create third largest British P&C insurer », sur Reuters,
  20. Gilles lockhart, Pourquoi les AGF se laissent absorber par Allianz, L'Express, 18 janvier 2007
  21. Michael Pauron, « Assurances : Allianz Africa, un centenaire très actif », sur Jeune Afrique,
  22. communiqué de presse Allianz, 20 janvier 2010
  23. Assurance-vie non réclamée : Allianz écope d'une amende de 50 millions d'euros, Challenges, 22/12/2014
  24. Une amende de 50 millions d'euros infligée à l'assureur Allianz, le Monde, 22/12/2014

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]