Geneviève Fioraso

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Geneviève Fioraso
Geneviève Fioraso en février 2013.
Geneviève Fioraso en février 2013.
Fonctions
Députée de la 1re circonscription de l'Isère
En fonction depuis le
(3 mois et 22 jours)
Prédécesseur Olivier Véran

(5 ans 1 mois et 1 jour)
Élection 17 juin 2007
Réélection 10 juin 2012
Prédécesseur Richard Cazenave
Successeur Olivier Véran (suppléant)
Secrétaire d'État chargée de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

(10 mois et 24 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Manuel Valls I et II
Prédécesseur Elle-même comme ministre
Successeur Thierry Mandon
Ministre de l'Enseignement supérieur
et de la Recherche

(1 an 10 mois et 15 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Jean-Marc Ayrault I et II
Prédécesseur Laurent Wauquiez
Successeur Benoît Hamon
Biographie
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Amiens (Somme)
Nationalité française
Parti politique PS
Diplômé de anglais

Geneviève Fioraso, née le à Amiens (Somme), est une femme politique française. Membre du Parti socialiste depuis 1983, elle est députée de la première circonscription de l'Isère depuis juin 2007.

Elle est présidente-directrice générale de la Sem Minatec Entreprises, plateforme de valorisation industrielle du campus d'innovation Minatec, consacré aux micro et nanotechnologies, de 2003 à mai 2012.

Elle a également été, de 2008 à 2012, adjointe chargée de l'université, de la recherche, de l'économie et des relations internationales de la ville de Grenoble[1] après avoir été adjointe à l’économie, à l'innovation, au commerce et à l'artisanat durant le précédent mandat, et 1re vice-présidente de la Métro, la communauté d'agglomération de Grenoble, chargée du développement économique, de l'industrie, de la recherche et de l'innovation de 2001 à 2012.

Elle est ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche du gouvernement Ayrault puis secrétaire d'État chargée de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans le gouvernement Valls, entre 2012 et 2015.

Origine et formation[modifier | modifier le code]

Née à Amiens en 1954, dernière-née d'une famille de six enfants, elle grandit auprès de parents enseignants : sa mère est professeur de français et latin à la cité scolaire d'Amiens[2], son père est professeur d’histoire-géographie à l’école normale primaire de cette même ville et spécialiste de la cathédrale d'Amiens[2].

Elle fait ses études secondaires à la cité scolaire d'Amiens[2]. Élève d'hypokhâgne, elle poursuit ses études en faculté et obtient un diplôme de maîtrise en anglais[N 1].

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Elle enseigne l'anglais[6] durant approximativement trois ans entre 1975 et 1979 à Poix-de-Picardie[2] puis au GRETA d'Amiens[2] auprès de jeunes en difficulté mais abandonne l'enseignement et déménage en Isère, où elle devient alors chargée d’information et responsable de la documentation-presse au cabinet du maire de Grenoble, Hubert Dubedout, avant de devenir en 1983 son assistante parlementaire. En 1987, elle cofonde et devient administratrice d’Agiremploi, une association d’insertion des jeunes. De 1989 à 1995, elle participe à l’équipe de direction d’une start-up du CEA, Corys[7]. De 1999 à 2001, elle fonde et dirige l’Agence régionale du numérique, mise en place par le réseau des villes de la région Rhône-Alpes. De 2001 à 2004, elle entre à mi-temps[8] chez France Télécom où elle est chargée des marchés émergents dans le secteur « Social et santé ». Elle fut également présidente entre 2003 et 2010 de l'IAE de Grenoble et membre du conseil d'administration de Grenoble INP. Elle a co-animé à Sciences Po Paris, au premier trimestre 2011-2012, un séminaire sur les grands enjeux scientifiques[9], y donnant en particulier, le , une conférence sur l’expertise scientifique et technologique au service de la décision publique[10].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Elle participe en 1985 à la campagne des cantonales aux côtés de Michel Destot. Celui-ci étant élu maire de Grenoble en 1995, il la sollicite pour être sa directrice de cabinet, où elle suit notamment les dossiers de l’économie et de l’innovation[11]. En 2007, Geneviève Fioraso est élue députée face à Alain Carignon dans la Première circonscription de l'Isère. Elle obtient 63 % des suffrages dans cette circonscription découpée pour Alain Carignon, à la faveur des divisions de la droite grenobloise. À l'Assemblée nationale, elle est membre du Bureau du groupe parlementaire Socialiste, radical, citoyen et divers gauche, membre de la commission des affaires économiques, de l'environnement et du territoire et membre de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, où elle publie deux rapports : en 2008 avec Claude Birraux sur la "valorisation de la recherche" ; en 2011 sur "la biologie de synthèse : enjeux et propositions"[12]. En 2009, 2010, et 2011, elle est rapporteur pour avis des budgets « industrie », « recherche » et « développement durable ». En 2010, elle est nommée au conseil d'administration de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs par l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques[13].

Nommée ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault le 16 mai 2012, puis réélue députée le 17 juin 2012, son suppléant Olivier Véran siège à l'Assemblée nationale en raison de l'incompatibilité des fonctions de ministre et de député.

En 2013, elle présente devant le Parlement, la loi d'orientation pour l'enseignement supérieur et la recherche, première loi commune à ces deux sujets. Promulguée le [14] elle permet notamment le regroupement des établissements d'enseignement supérieur en communautés d'universités et établissement, vise à la simplification et au décloisonnement du paysage de la recherche, et met en place une spécialisation progressive en licence dans le cadre du programme Bac-3/Bac+3. Cette loi vise également à améliorer l'orientation des étudiants, en permettant un accès privilégié aux IUT pour les bacheliers technologiques, et aux STS pour les bacheliers professionnels.

En 2014, elle soutient la proposition de loi pour le développement et l'encadrement des stages, qui prévoit d'interdire les stages hors-cursus et offrir de nouveaux droits aux stagiaires.

Malgré une pétition critiquant son bilan et réunissant plus de 7 000 universitaires[15], elle est nommée le 9 avril 2014 dans le gouvernement Valls I, puis confirmée le 26 août 2014 dans le gouvernement Valls II, secrétaire d'État chargée de l'Enseignement supérieur et de la recherche auprès de la ministre de l'Éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche Najat Vallaud-Belkacem[16].

Dans un communiqué officiel du , Geneviève Fioraso annonce qu'elle « réduira ses activités au cours des semaines à venir pour des raisons de santé »[17] tout en continuant à assumer ses fonctions de secrétaire d'État. La presse annonce, début mars, qu'elle a, pour les mêmes raisons, renouvelé sa demande de quitter le gouvernement[18] et le 5 mars, elle annonce sa démission du gouvernement Valls[19]. Elle est remplacée le 17 juin par Thierry Mandon[20].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est la mère de deux enfants (nés en 1979 et 1986)[11]. Son compagnon est Stéphane Siebert[21], directeur délégué de la recherche technologique du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA)[22], considéré comme le bras droit du président Jean Therme[23], et par ailleurs ancien adjoint au maire de Grenoble Michel Destot[24].

Geneviève Fioraso a pratiqué le hockey sur gazon à l'Amiens Sports Club[2].

Soupçon de conflit d'intérêts[modifier | modifier le code]

Après avoir été alertée par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique sur le conflit d'intérêts dont elle était l'objet en tant que secrétaire d'État, en raison de la situation de son conjoint, Geneviève Fioraso a demandé au Premier ministre Manuel Valls de régulariser sa situation, ce qui a conduit celui-ci à publier un décret en août 2014 qui stipule que « La secrétaire d'État chargée de l'enseignement supérieur et de la recherche ne connaît pas des actes de toute nature intéressant la direction de la recherche technologique du Commissariat à l'énergie atomique ». Geneviève Fioraso a ainsi été défendue de prendre des décisions concernant le CEA[23],[25],[26],[27].

Pour Mediapart, il est néanmoins douteux qu'elle n'ait eu aucune connaissance préalable, ni aucune influence dans le fait que le programme grenoblois de recherche et développement « Nano 2017 », porté par la société STMicroelectronics et par le laboratoire du CEA dédié à la nanoélectronique (LETI), soit le seul à recevoir une allocation (274 millions d'euros sur trois ans) dans le projet de loi de finances rectificatif 2015 — conduisant ainsi le ministère de l'Économie et des Finances à « tailler dans plusieurs programmes jugés sans doute moins stratégiques », dans un contexte d'importantes difficultés budgétaires pour les universités françaises. L'entourage de Geneviève Fioraso affirme n’avoir découvert le montant des sommes allouées au programme « Nano 2017 » qu'une fois la décision prise et presque par hasard[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Son cabinet reconnait le que, contrairement à ce qui avait été indiqué publiquement dans ses biographies [3], elle "n’a pas de maîtrise d’économie"[4], [5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Geneviève Fioraso, Ministre de la Recherche », La Recherche, mai 2012, consulté sur http://www.larecherche.fr le 18 mai 2012.
  2. a, b, c, d, e et f Gaël Rivallain, « Geneviève Fioraso l’autre Picarde du gouvernement », Le Courrier picard,‎ (consulté le 16 septembre 2014).
  3. Sylvestre Huet, « Geneviève Fioraso. Faire connaissance », sur Libération,‎ )
  4. Lucie Delaporte, « Le diplôme fantôme de la ministre des universités », sur Mediapart,‎ (consulté le 21 février 2015)
  5. Caroline Piquet, « Confusion autour d'un diplôme de Geneviève Fioraso », sur Le Figaro,‎ (consulté le 18 mars 2015).
  6. « Biographie de Geneviève Fioraso », sur Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche (consulté le 25 février 2015)
  7. Lise Loumé, « Geneviève Fioraso est la nouvelle ministre de la Recherche », sur La Recherche,‎ (consulté le 22 février 2015).
  8. « Geneviève Fioraso », Les Échos, 5 novembre 2003.
  9. « Documents », sur Geneviève Fioraso Le Blog (consulté le 25 février 2015)
  10. Geneviève Fioraso, « L’expertise scientifique et technologique au service de la décision publique » [PDF]
  11. a et b le blog personnel de Geneviève Fioraso, consulté le 26 septembre 2012.
  12. Rapport de Geneviève Fioraso "biologie de synthèse" (OPECST)
  13. Compte rendu n° 13 de l'Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques - 31 mars 2010
  14. Loi du 22 juillet 2013
  15. « Fioraso se met à dos près de 7 000 universitaires et chercheurs », Libération, 8 avril 2014.
  16. Décret du 9 avril 2014 relatif à la composition du Gouvernement, JORF no 0085 du 10 avril 2014, p. 6560.
  17. « La secrétaire d'Etat de l'enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, « réduit ses activités » », sur LeMonde.com,‎ (consulté le 4 février 2015)
  18. Benoît Floc'h, « Geneviève Fioraso veut quitter le gouvernement pour raisons de santé », sur LeMonde.com,‎ (consulté le 4 mars 2015)
  19. « Geneviève Fioraso annonce sa démission du gouvernement », ledauphine.com, 5 mars 2015.
  20. Nicolas Chapuis, « L’Elysée annonce un mini-remaniement du gouvernement Valls », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  21. Belleret C., « La toute puissante « CEA connexion », Nouvel Obs, cahier spécial Grenoble, 21 juin 2012.
  22. Stéphane SIEBERT, interview Twideco TV à l'université d'été du Medef 2009, Le Post, le 14 octobre 2009, consultée le 21 septembre 2012.
  23. a, b et c Lucie Delaporte, « Recherche: le pont d'or fait aux nanotechnologies met Fioraso sur la sellette », mediapart.fr,‎ (consulté le 23 février 2015)
  24. « Grenoble : les réussites et les paris manqués de Michel Destot », sur lemonde.fr,‎ (consulté le 5 juin 2012)
  25. Bruno Botella, « Conflits d’intérêts : la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique avait alerté Geneviève Fioraso », sur acteurspublics.com,‎ (consulté le 23 février 2015)
  26. « Conflit d’intérêts : Fioraso déchargée de sa tutelle sur la recherche du CEA », sur http://rue89.nouvelobs.com/,‎ (consulté le 23 février 2015)
  27. « Conflits d'intérêts: un décret "sur-mesure" pour Geneviève Fioraso », sur challenges.fr,‎ (consulté le 23 février 2015)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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