OneWeb

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Un exemple visuel animé de la constellation GPS à 24-satellites, avec rotation de la Terre. Le nombre de satellites visibles d'un point donné de la surface terrestre change en fonction du temps.

OneWeb (connue antérieurement sous le nom de WorldVu) est un projet de constellation d'environ 900 satellites de télécommunications circulant sur une orbite basse pour fournir aux particuliers une connexion internet à haut débit dans les régions non desservies par des liaisons terrestres à partir de 2022. Le déploiement des satellites doit débuter en 2019.

Historique du projet[modifier | modifier le code]

Le projet WorldVu[modifier | modifier le code]

WorldVu est créé, début 2014, avec l'objectif de fournir aux particuliers un accès à internet à haut débit grâce à une constellation de près de 1 000 satellites. Un des points majeurs de l'architecture du système est le recours à des satellites de petite taille dont le coût est largement abaissé grâce à l'effet d'échelle découlant du nombre d'engins commandés. La cible commerciale est constituée par les centaines de millions d'usagers potentiels d'internet vivant dans des régions trop isolées pour bénéficier du réseau terrestre internet à haut débit. En juin 2014, WorldVu rachète les droits de bande passante détenus par SkyBridge tombé en faillite en 2000 qui avait un projet similaire.

Lancement du projet OneWeb[modifier | modifier le code]

O3b Networks, qui dispose d'une constellation de satellites ayant le même projet initial mais s'est finalement reconvertie dans le BtoB, est rachetée par Google en 2013. Plusieurs cadres de O3b quittent en septembre 2014 cette société pour rejoindre WorldVu. L'américain Greg Wyler en fait partie et prend la tête du projet. Des échanges informels ont lieu la même année entre WorldVu et SpaceX pour la construction d'une usine commune afin de fabriquer les satellites puis les lancer. En novembre, WorldVu lance un appel d'offres auprès des constructeurs de satellites pour la construction de 900 satellites ainsi que celle d'installations au sol. L'objectif de coût de production d'un satellite est de 500 000 US$. En janvier 2015, Virgin Group et Qualcomm décident d'investir dans la société rebaptisée OneWeb LTD.

Partenariat avec le constructeur aérospatial Airbus[modifier | modifier le code]

En juin 2015, OneWeb signe un contrat avec Arianespace pour la mise en orbite d'un premier sous-ensemble de satellites par 21 lanceurs Soyouz. Airbus Defence and Space est sélectionné pour la construction des satellites. Ceux-ci seront assemblés par Airbus-Oneweb-Satellite, une coentreprise fondée à cet effet par Airbus d'une part et OneWeb d'autre part. L'usine d'assemblage se situe à Exploration Park près du Centre spatial Kennedy en Floride. Les 10 premiers exemplaires sont fabriqués dans l'usine de Toulouse du groupe Airbus pour mettre au point le processus de production[1].

Le 28 février 2017, Intelsat annonce son intention de fusionner avec OneWeb[2]. En juin 2017, Intelsat renonce finalement à cette fusion[3].

Vers une extension de la constellation ?[modifier | modifier le code]

L'organisme de régulation des télécommunications américain (FCC) a assoupli la réglementation concernant la durée du déploiement des constellations de satellites qui passe de 6 ans à 9 ans. Cette décision ayant été prise après l'autorisation accordée par FCC à OneWeb, cette dernière demande en mars 2018 de déployer 1 260 satellites supplémentaires faisant passer le nombre total à 1 980 satellites. Ces satellites auraient les mêmes caractéristiques que les satellites en cours de fabrication. Le nombre de plans orbitaux occupés passerait de 108 à 36 et le nombre maximal de satellites présent circulant sur un plan orbital passerait de 40 à 55[4].

Viabilité financière du projet[modifier | modifier le code]

L'effet d'échelle[modifier | modifier le code]

L'investissement le plus important requis pour mettre en place le système OneWeb est la fabrication et le lancement des satellites. Pour abaisser les couts la société a misé sur l'effet d'échelle obtenu en construisant 900 satellites identiques (à titre de référence il s'est lancé en 2017 155 satellites de plus de 50 kg la plupart différents les uns des autres). L'industrie aérospatiale aujourd'hui construit des satellites à l'unité ou en très petites séries et dans ce dernier cas souvent sur des périodes étalées sur de nombreuses années. Le projet OneWeb repose sur l'optimisation du processus de fabrication des satellites et la commande de grands volumes de composants permettant d'abaisser leur prix d'achat. Un coentreprise entre OneWeb et Airbus DS baptisée OneWeb Satellites est chargée de l'assemblage des 900 satellites. Une usine consacrée à leur assemblage et d'une superficie de 13 900 m² a été inaugurée en 2018 près du centre spatial Kennedy en Floride. L'usine devrait construire en pointe un à deux satellites par jour[4].

La rentabilité en question[modifier | modifier le code]

Les projets de constellation de satellites de télécommunications présentent un risque financier car ils nécessitent des investissements très importants pour mettre en place le réseau de satellites et les stations terriennes alors que les premières rentrées financières n'interviennent que plusieurs années après le lancement du projet. Fin 2018 OneWeb est confronté à plusieurs problèmes potentiels. Le cout unitaire du satellite fixé initialement à 500 000 US$ serait passé selon certaines sources non officielles à 900 000 US$. Le premier lancement a pris 6 mois de retard par rapport aux planning initial. OneWeb a réussi à mobiliser environ 1,7 milliards US$ de fonds pour financer la construction et le lancement des satellites mais la somme totale nécessaire serait comprise entre 3,5 et 6 milliards US$. Or l'établissement de crédit à l'export français BPIfrance fortement impliqué attend des engagements plus précis de la clientèle potentielle avant de prêter les sommes nécessaires. Par ailleurs des projets concurrents comme celui de SpaceX pourrait entrainer une guerre des prix qui augmenterait le seuil de rentabilité[5].

Prestations assurées par la constellation OneWeb[modifier | modifier le code]

OneWeb permet d'assurer la liaison entre le réseau internet à grand débit avec des utilisateurs individuels utilisant des postes fixes ou des petits récepteurs mobiles et avec des petits réseaux. La couverture est planétaire. Le débit maximal est 50 mégabits par seconde et le temps de latence minimal est de 50 millisecondes[4].

Segment spatial[modifier | modifier le code]

Le système repose sur le déploiement en orbite d'une constellation de satellites identiques :

Caractéristiques des satellites[modifier | modifier le code]

Données générales
Organisation OneWeb
Constructeur Airbus Defense and Space
Domaine Internet par satellite
Nombre d'exemplaires ~720
Constellation oui
Statut en cours de déploiement
Lancement 2019-2021
Lanceur Soyouz, LauncherOne
Durée 5 ans
Identifiant COSPAR [1]
Caractéristiques techniques
Masse au lancement ~150 kg
Contrôle d'attitude stabilisé 3 axes
Orbite
Orbite orbite polaire
Altitude 1200 km
Inclinaison 87,9°

Le segment spatial de OneWeb comprend dans un premier temps 720 satellites identiques opérationnels sans compter ceux de rechange. Ce sont des microsatellites de forme approximativement cubique dont les dimensions sont de 1 m x 1 m x 1,3 m et la masse de 150 kg. Le satellite est stabilisé 3 axes à l'aide notamment d'un viseur d'étoiles. L'énergie est fournie par des panneaux solaires orientables avec un degré de liberté. Le satellite utilise un propulseur à effet Hall pour modifier son orbite. Le satellite communique avec les utilisateurs finaux en bande Ku et avec les stations passerelle en bande Ka. La liaison avec les utilisateurs est effectuée par l'émission de 16 faisceaux couvrant globalement une surface au sol de forme elliptique dont le grand axe mesure environ 1500 km. Chaque faisceau utilise la bande de fréquence Ku en TDMA/FDMA. Le débit global par satellite est de 10 gigabits par seconde. Un récepteur GPS permet de déterminer la position du satellite à quelques mètres près. La durée de vie d'un satellite est au minimum de 5 ans[6],[4].

Charge utile secondaire[modifier | modifier le code]

L'opérateur commercialise par ailleurs l'emport d'une charge utile secondaire dont la masse peut s'élever à 60 kg et qui disposera de 200 Watts et d'un panneau tourné vers la Terre d'une superficie de 750 x 850 mm2[4].

Orbite[modifier | modifier le code]

Les satellites sont placés sur une orbite polaire (inclinaison orbitale 87,9°) à une altitude de 1200 km. A cette altitude chaque satellite assure une couverture de 1080 x 1080 km. Cette altitude peu élevée a été choisie pour que le temps de réponse internet soit très faible. La constellation de satellites circule au-dessus de la région la plus encombrée par les débris spatiaux (600-1050 km). 648 satellites sont répartis entre 18 plans orbitaux. Les satellites restant sont soit stockés au sol soit mis en réserve en orbite, pour pallier les défaillances des satellites opérationnels[4],[7].

Segment terrestre[modifier | modifier le code]

Stations passerelles[modifier | modifier le code]

Plus de 50 stations terriennes répartis à la surface de la Terre mettent en relation les utilisateurs et le réseau internet terrestre via la constellation OneWeb. Les communications entre les satellites et les stations s'effectuent en bande Ka. Les équipements de ces stations passerelles sont fournis par Hughes Network System[8].

Stations de contrôle[modifier | modifier le code]

Les satellites sont contrôlés par deux stations de contrôle l'une située à Washington DC (Etats-Unis), l'autre au Royaume-Uni[9]..

Terminal utilisateur[modifier | modifier le code]

Déploiement[modifier | modifier le code]

Lancements[modifier | modifier le code]

Le déploiement en orbite de la constellation OneWeb est effectué grâce à une soixantaine de vols[4] :

  • 21 fusées Soyouz emportant chacune 32 satellites sont lancés depuis le cosmodrome de Baïkonour ou la base de Kourou à une cadence d'un tir toutes les trois à quatre semaines. Les lancements sont organisés par Arianespace.
  • 39 tirs sont effectués par le lanceur aéroporté LauncherOne de Virgin Galactic. L'avion porteur largue la fusée, qui emporte un à deux satellites, au-dessus de l'Océan Pacifique.

Mise en fonction et fin de vie[modifier | modifier le code]

Les satellites sont déployés par leur lanceur à une altitude de 450 à 475 kilomètres. Chaque satellite utilise ensuite sa propulsion électrique pour rejoindre progressivement, en décrivant des spirale, son altitude opérationnelle à 1200 kilomètres d'altitude. En fin de vie, le satellite utilise sa propulsion pour rejoindre une orbite basse située à 250 kilomètres d'altitude qui garantit une rentrée atmosphérique rapide au cours de laquelle le satellite est détruit (à cette altitude l'atmosphère résiduelle est suffisamment dense pour rapidement dégrader l'orbite du satellite). Le déroulement de cette phase est conçu pour que la rentrée atmosphérique ai lieu au maximum cinq ans après la fin de vie opérationnelle du satellite[4].

Controverse sur les débris spatiaux[modifier | modifier le code]

La multiplication des satellites lancés pour édifier la constellation OneWeb, fait craindre la multiplication de fait du nombre potentiel des débris spatiaux susceptibles d'être générés par ce type de projet[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « OneWeb Satellites finalise son organisation industrielle », Airbus Defence and Space,
  2. « Mariage en orbite entre Intelsat et OneWeb », lesechos.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 1er mars 2017)
  3. Intelsat says it expects $14 billion OneWeb merger deal to fail, Jessica DiNapoli et Aishwarya Venugopal, Reuters, 1er juin 2017
  4. a b c d e f g et h (en) « OneWeb 1, ..., 900 », sur EO Portal, Agence spatiale européenne (consulté le 25 janvier 2019)
  5. (en) Chris Forrester, « The Forrester Report: OneWeb’s “Valley of Death” », SatMagazine,
  6. (en) Gunter Krebs, « OneWeb 1, ..., 900 », sur The Gunter's Page (consulté le 25 septembre 2016)
  7. « Internet pour tous : le projet de constellation OneWeb », Sciences et Avenir,,
  8. (en) « In Support of OneWeb's LEO Constellation, Hughes Network Systems to Partner in Ground Network System Development », sur Satnews.com, (consulté le 25 janvier 2019)
  9. « RÉSUMÉ DE LA DEMANDE D’AUTORISATION SOUMISE PAR ONEWEB LTD POUR L’EXPLOITATION D’ASSIGNATIONS DE FRÉQUENCE POUR UN SYSTÈME SATELLITAIRE BASÉ SUR UNE CONSTELLATION NON-GEOSTATIONNAIRE », Agence nationale des fréquences,
  10. Remy Decourt, « Les centaines de satellites OneWeb ne produiront pas de débris spatiaux », sur EO Portal, Futura Sciences,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]