Dassault Rafale

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Dassault Rafale
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Rafale C de l'Armée de l'air française.
Rafale C de l'Armée de l'air française.

Constructeur Drapeau : France Dassault Aviation
Rôle Avion multirôle[1]
Statut En production
Premier vol Démonstrateur
Prototype
Mise en service
Date de retrait Toujours en service
Coût unitaire (de production)[2]
Rafale B 73 M€ TTC
Rafale C 68 M€ TTC
Rafale M 78 M€ TTC
Nombre construits 9 2015
142/286 (France)
3/24 (Egypte)
Équipage
1 pilote (+ 1 NOSA sur biplace)
Motorisation
Moteur Deux Snecma M88-2
Type Turboréacteurs avec postcombustion
Poussée unitaire 50 kN (75 kN avec postcombustion)
Dimensions
Dassault Rafale.svg
Envergure 10,86[1] m
Longueur 15,27[1] m
Hauteur 5,34[1] m
Surface alaire 45,7[3] m2
Masses
À vide Rafale B : 10 450 kg[3]
Rafale C : 9 850 kg[3]
Rafale M : 10 196 kg[4] kg
Carburant Interne : 4 700 kg[5]
Externe : 6 700[5] kg
Avec armement 19 500[5] kg
Maximale 24 500[5] kg
Performances
Vitesse de croisière supercroisière à Mach 1,4[6] 1 497 km/h
Vitesse maximale 750 nœuds[5]  soit  au niveau de la mer : 1 389 km/h (Mach 1,8[5] en altitude, soit, pour une température
de -56,5°C : 1 925 km/h
)
Plafond 50 000 pieds (15 240 m)[5] m
Vitesse ascensionnelle au niveau de la mer : 18 290[3] m/min
Rayon d'action pénétration 3t bombes 4 mica : 570 nmi (1 056 km)
air-air 8 mica : 950 nmi (1 759 km)[3] km
Endurance 12 heures avec ravitaillements en vol[7]
Charge alaire 536 kg/m2
Rapport poussée/poids 1.55 à vide / 0.62 à masse maxi
Facteur de charge -3,2 g/+9 g[5]
+10,5 g en présentation[8],[9]
+11 g en cas d'urgence[6]
Armement
Interne 1 canon de 30 mm
Nexter DEFA 30M 791B[4]
Externe 9 500 kg[5] de missiles ou de bombes
Avionique
Voir la section concernée


Le Rafale de Dassault Aviation est un avion de combat multirôle développé pour la Marine et l'armée de l'air françaises, mis en service le 18 mai 2001 et également commandé par l'Égypte, l'Inde et le Qatar. Plus de 7000 emplois de haute technologie chez Dassault et ses 500 sous-traitants sont directement liés au programme Rafale[10].

À la fin des années 1970, les forces armées françaises expriment un besoin d'un nouvel avion de combat polyvalent qu'il est envisagé de développer avec l'Allemagne de l'Ouest, le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie, mais les divergences de besoin, notamment la capacité d'opérer depuis un porte-avions, amènent la France à s'en désolidariser en 1985. Le démonstrateur Rafale A vole le et le programme est lancé le 26 janvier 1988 : le monoplace Rafale C vole le 19 mai 1991, la version marine M le 12 décembre et le biplace B le 30 avril 1993 ; le coût total du programme est de 46.4 Md€.

L'avion est à aile delta et plans canard, à commandes de vol électriques et emploie des éléments de furtivité passive associé à un système électronique de furtivité active[11]; il est équipé d'un radar à balayage électronique RBE2 et de deux moteurs Snecma M88. Pour la supériorité aérienne il utilise des missiles air-air et un canon, en bombardement tactique des bombes guidées laser, des missiles de croisière, des missiles antinavires , et en bombardement stratégique des missiles de croisière à charge thermonucléaires[12].

La France a prévu de commander 286 appareils dont 58 pour la Marine. Au , 142 avions ont été livrés sur les 180 commandés au titre des 4 premières tranches. Le , l'Égypte commande 24 appareils, dont 3 ont été livrés dès juillet 2015. Le l'Inde annonce son intention de commander 36 appareils, le le Qatar commande 24 appareils.

Le Rafale a réalisé des missions de bombardement durant la guerre d'Afghanistan (2001-2014), lors de l'opération Serval au Mali et l'opération Chammal contre l'état islamique en Irak, d'interdiction et de bombardement pour l'intervention militaire de 2011 en Libye. À la suite d'erreurs de pilotage ou de défaillances physiques, cinq appareils ont été perdus en 2007, 2009, 2010 et 2012, causant la mort de deux pilotes.

Son évolutivité devrait lui permettre selon le directeur de la stratégie de la DGA de rester au meilleur niveau technologique jusqu’en 2050[13]

Sommaire

Genèse du programme Rafale[modifier | modifier le code]

Premières études (1972-1976)[modifier | modifier le code]

Dès le début des études du programme Mirage 2000, l'Armée de l'air française et d'autres services de l'état français commencent à penser aux spécifications d'un successeur qui devrait entrer en services vers la fin des années 1990. La Luftwaffe et la RAF entament aussi le même type de réflexion.

Au milieu des années 1970, l'Armée de l'air française et, dans une moindre mesure, la Marine nationale française, dont les flottes paraissent dépassées en comparaison des nouveaux avions de supériorité aérienne américains (F-15 et F-16) et soviétiques (MiG-29 et Su-27), expriment l'intention d'acquérir une nouvelle génération d'avion de combat polyvalent[14],[15]. Des études sont effectuées par le Centre de Prospection et d’Évaluation (CEPA) du ministère de la défense français, auquel l'avionneur Avions Marcel Dassault-Breguet Aviation (AMD-BA, aujourd'hui Dassault Aviation) délègue l'ingénieur Bruno Revellin-Falcoz, chef du département militaire de son bureau d'étude. Le motoriste SNECMA lance des études de faisabilité de moteurs militaires de nouvelles génération[16].

Tentative de coopération européenne (1977-1979)[modifier | modifier le code]

McDonnell Douglas F-15C Eagle de la force aérienne des États-Unis.

En , l'Armée de l'air demande à la Direction des constructions aéronautiques du ministère de la Défense français de conduire une réflexion sur un « Avion de Combat Tactique » (ACT)[17] . Le besoin exprimé est simple : un biréacteur léger capable de mission d'attaque au sol, mais également de missions air-air[Note 1].

Le ministère n'exclut pas à cette date une éventuelle construction en coopération avec d'autres pays européens, les budgets défense se faisant plus maigres et l'intégration de technologies récentes de plus en plus coûteuse[18].

Des discussions bipartites entre la France, et la RFA s'engagent alors pour remplacer leur Jaguar et ultérieurement Mirage 2000C français et F4F Phantom II allemands. Les britanniques qui songent au remplacement de leurs FG Mk1 et FGR Mk2 Phantom de défense aérienne apprenant que cette coopération se met en place demande à rejoindre le projet[Note 1]. Des discussions tripartites commencent pour s'entendre sur des besoins communs, sur un calendrier et sur la configuration technique d'un éventuel avion de combat européen[18] ; la France demande dès cette date pour un chasseur-bombardier polyvalents, tandis que la RFA et du Royaume-Uni demande un intercepteur spécialisé.

En 1978, en réponse aux deux spécifications, celle de l'ACT de l'Armée de l'air, à laquelle s'est joint une seconde pour un « Avion de Combat Marine » (ACM) de la Marine nationale, des études sont lancées pour un avion polyvalent ACX qui devrait être mis en service à partir des années 1990-2000.

L'industriel français AMD-BA obtient un premier marché d'étude le , pour d'analyser l'incidence des technologies nouvelles sur la définition et les performance du système d'armes (ACT 92) fondé sur un avion ACT destiné à entrer en service à l'horizon 1990-1995 et destiné à l'Armée de l'air française, le besoin opérationnel exprimé est un biréacteur léger capable d'effectuer des missions de défense aérienne et d'attaque à basse et moyenne altitude. Un second contrat est signé le , pour un appareil destiné à la Marine nationale française, l'« Avion de Combat Marine » (ACM) capable d'effectuer les mêmes missions que l'ACT. Les études concernent la configuration de la cellule, le système d'armes et l'armement. En 1979 l'ONERA lance le projet RAPACE pour étudier l'aérodynamique transsonique tridimensionnelle aux grands angles d'incidence, la modélisation numérique en s'appuyant sur les études du projet Mirage 2000[Note 1].

Chez Dassault Aviation, l'adaptation du Contrôle Actif Généralisés (CAG) et des commandes de vol électriques (CDVE) est alors acquise [16] ainsi que l'usage d'outils numériques pour la conception afin de réduire les cycles et les coûts de conception. Dès l'origine, Dassault choisi de développer en interne avec une petite équipe de 15 personnes ses outils de conceptions numériques, le programme DRAPO (Dessin et Réalisation d'Avion par Ordinateur) qui donnera naissance au logiciel de CFAO CATIA lequel sera utilisé tout au long du projet Rafale, de la conception du démonstrateur Rafale A à la fabrication des Rafale de série, et qui servira de vitrine commerciale au groupe Dassault, lui permettant de créer une nouvelle société Dassault systèmes qui est le plus beau succès de l'industrie du logiciel français et emploi en 2015 plus de salariés que Dassault Aviation.

Le bureau d'étude de Dassault étudie 12 configurations avec des maquettes en soufflerie. Très rapidement l'aile Delta s'impose par rapport aux besoins exprimés par l'Armée de l'air et la Marine car par rapport aux configurations classiques, à poids équivalent elle est beaucoup plus solide, sa pénétration dans l'air est excellente et lui permet d'aller plus rapidement en supersonique haut.

Au début Marcel Dassault a eu des sentiments mitigés sur les Rafale, il a toujours demandé à ses ingénieurs de concevoir des avions petits, pas trop chers et donc exportables et il apportera sa touche personnelle à la conception du Rafale en exerçant dès le début une pression très forte sur l'équipe de projet ACX/Rafale afin qu'elle ne se laisse pas entraîner vers un gros avion comme le souhaitaient les partenaires européens[Note 1].

Alors que les études françaises se poursuivent, les entreprises française AMD-BA, anglaise British Aerospace et allemande Messerschmitt-Bölkow-Blohm (MBB) évoquent dans un rapport commun la possibilité de combiner les exigences des trois pays pour la réalisation d'un unique intercepteur européen (European Combat Fighter)[19]. En , au terme d'un colloque tenu à Bruxelles par l'UEO, et un groupe nommé "Groupement Européen Indépenfdanr de Programme (GEIP) est créé pour étudier les trois projets nationaux, l'« Avion de Combat Tactique » (ACT 92) de l'armée de l'air, l'« Air Staff Target (AST 403) » de la Royal Air Force et le «Taktisches Kampfflugzueg » (TKF 90) de la Luftwaffe[16].

Recherche d'une coopération franco-américaine (1981)[modifier | modifier le code]

En parallèle des tentative de coopération internationale pour l'ACT 92, Marcel Dassault envisage une coopération franco-américaine avec la société Grumman pour un biréacteur propulsé par deux General Electric F404. Il écrit en juillet 1981 à Georges Skurla, président de Grummann et lui propose de mettre sur pied un bureau d'études commun dans un des pays de la communauté européenne. Le 21 août, Georges Skurla répond à Marcel Dassault qu'il est intéressé par cette coopération : "Notre société Grumman a toujours eu beaucoup d'estime et de respect pour votre compagnie et nous anticipons avec plaisir de travailler avec vous". Le 13 novembre 1981, Geoges Skurla écrit à Marcel Dassault qu'il serait peut-être possible d'associer MBB comme troisième partenaire du projet. Le 17 novembre 1981, Marcel Dassault note alors que dans ce cas on pourrait envisager dans un premier temps de construire un avion équipé du F404 et d'une avionique américaine pour les besoins de l'OTAN et que dans une seconde étape, puis qu'une seconde version équipée d'un moteur SNECMA et d'une avionique française. Il explique aussi que si Grumman n'est qu’intéressé par "des tuyaux sur nos procédés de fabrication...alors il vaut mieux abandonner"[20]. Finalement cette coopération franco-américaine n'aboutit pas et la seule possibilité de coopération qui reste étudiée est celle entre AMD-BA, MBB et British Aerospace

Démonstrateur pour chaque pays (1980-1983)[modifier | modifier le code]

En conséquence de la décision de coopération des pays membres du GIEP, les industriels AMD-BA, MBB et British Aerospace nommé Avion de Combat Européen (ACE) en français et Européan Combat Aircraft (ECA) en anglais. Un rapport définitif est remis le 3 avril 1980 pour préciser les éléments de conception de la cellule, des équipements, du système d'arme et de la motorisation, les aviations militaires et les industriels européens s'entendent sur un biréacteur multirôle à aile delta, équipé de plans canard et de commandes de vol électriques, pouvant atteindre vitesse de Mach 2, avec un plafond de 15 000 mètres et devant être disponible en 1992. En revanche les avis divergent sur la masse de l'appareil, sa motorisation et, dans une moindre mesure, son avionique ; l'appareil devra être de :

  • 8,5 tonnes pour la France et propulsé par deux Snecma M88 de nouvelle génération qui désire un avion polyvalent pouvant être embarquée sur porte-avions, capable de mission d'appui tactiques, de reconnaissance, de supériorité aérienne et de frappe nucléaire, et tout ceci en mission principale.
  • 9 tonnes pour la RFA et propulsé par deux General Electric F404 d'ancienne génération qui équipe déjà les F/A 18 Horn et qui désire un avion capable de mission de supériorité aérienne et en mission secondaire de d'appui tactiques,
  • 12,5 tonnes pour le Royaume-Uni et propulsé par deux Turbo-Union RB199 d'ancienne génération qui équipe déjà le Tornado IDS, qui désire un avion lourd pour compenser son éloignement du champ de bataille du continent européen, capable de mission d'appui tactiques, de reconnaissance et en mission secondaire de supériorité aérienne,

Jusqu'ici, seul le ministère de la Défense allemand émet une réserve quant à la possibilité de réaliser un avion commun, expliquant que « les différences dans les exigences opérationnelles rendent économiquement infaisable la production d'un avion commun »[19]. AMD-BA qui a une longue expérience de la construction de chasseur à voilure delta propose le programme soit dirigé par une seule personne animant une équipe tri-nationale et de mettre en place un GIE pour gérer le projet. British Aerospace et MBB ne donnent pas de réponse favorable aux propositions d'AMD-BA.

Charles Hernu, à droite, ministre de la Défense en France de 1981 à 1985.

Les industriels informent leurs états respectifs de l'impossibilité de réaliser un projet communs et trois maquettes 1/1 statiques, une pour chaque pays, sont présentées au public :

  • l’« Avion de Combat Tactique 92 » (ACT 92) d'AMD-BA, l'un à aile haute et double dérive, l'autre à aile basse en double flèche et plans canard (au design proche du Mirage 4000), au salon ILA de 1980 à Hanovre ;
  • le « Taktisches Kampf Flugzeug-90 » (TKF-90) de MBB, avion d'interception à aile delta, double dérive, plans canard et entrées d'air ventrales, au salon ILA de 1980 à Hanovre ;
  • l’« Agile Combat Aircraft » (ACA) de Panavia (consortium entre British Aerospace, MBB et Aeritalia), dérivé des études P.106 et P.110 (au design proche du F-15), à aile delta, double dérive, plans canard et entrées d'air ventrales, au salon de Farnborough de 1982[21].

Les industriels proposent cependant de réaliser des études en commun et de construire deux démonstrateurs différents avec un premier vol envisagé à la mi-1984 suivi de 12 prototypes devant voler à la mi-1987. Le premier avion d'une série de 900 exemplaires serait livré en 1991. Les composants et sous-ensembles seraient étudiés testés et produit sur des sites communs (à l'exception du système de guerre électronique), chaque pays conservant une chaîne d'assemblage.

Un accord est trouvé le 10 décembre 1981 à l'exception de la motorisation. Le gouvernement français de Pierre Mauroy souhaitait sauver la SNECMA alors en difficulté et ne pouvait accepter la demande anglaise de fournir des moteurs Rolls-Royce.

En , lors du salon aéronautique de Farnborough, le ministère de la Défense britannique annonce qu'il financera à hauteur de 70 millions de livres la construction d'un démonstrateur Experimental Aircraft Program (EAP) basé sur l'ACA et invite les autres partenaires européens du programme PANAVIA à se joindre à lui[21]. Plusieurs points de conception de l'ACA/EAP sont rédhibitoires pour que les Français s'associent à ce projet :

  • La configuration retenue par les britanniques est un biréacteur dont les deux moteurs sont côtes-à-côtes, si en vol supersonique un moteur coupe il y a une remontée de la perturbation de l'écoulement d'air et un transfert vers le second moteur qui se coupe aussi. Les ingénieurs de Dassault considèrent donc que l'ACA (qui donnera naissance au démonstrateur EAP puis à l'Eurofighter Typhoon) est un "faux biréacteur". La configuration retenue par les Français est un biréacteur dont les deux moteurs sont disposés de chaque côté du fuselage et dont les flux sont suffisamment séparés pour qu'en cas de coupure, l'avion puisse poursuivre sa mission sur un seul moteur et se reposer à sa base sans que le pilote ne s’éjecte. Bruno Revellin-Falcoz, devenu directeur général technique de Dassault en mai 1982, affirme qu'on aurait jamais pu faire changer Dassault sur ce point de conception[Note 1].
  • Le cahier des charges de de l'EAP conduit à un avion trop lourd qui ne sera pas compatible avec les portes-avions français, à cette époque le Clemenceau et le Foch, et le surplus de masse induira un coût de fabrication supérieur.

Apprenant le calendrier prévisionnel de l'EAP, les responsables du projet ACX se disent qu'il leur faut absolument faire voler leur avion avant celui des anglais, pour ne pas perdre un élément de négociation[Note 2].

Le , le ministre de la Défense français Charles Hernu annonce à l'Assemblée nationale française que « la France construira seule si nécessaire l'ACX » (« Avion de Combat eXpérimental », ex-ACT 92), dont les études sont lancées, et fait la même proposition aux industriels européens. En fait, chacun cherche à rallier la RFA à son propre programme à la faveur des liens tissés avec MBB.

Mésentente cordiale (1983-1985)[modifier | modifier le code]

L'année 1983 voit les lancements officiels de l'ACX français (le 13 avril)[22] et de l'EAP germano-britannique (en mai), ce dernier ayant intégré les études du TKF-90 allemand. Le cahier des charges des deux prototypes répond aux spécifications de 1979 avec une utilisation intensive de matériaux composites tels que les fibres de carbone, de titane, plus, pour l'ACX, de fibres d'aramide (Kevlar) et d'alliage aluminium-lithium. L'ACX bénéficie en outre de l'expérience d'AMD-BA en matière de commandes de vol électriques « pleine autorité », que l'avionneur français est le premier à développer en Europe de 1975 (Mirage 2000) à 1986, date du vol d'essai de l'ACX et s'appuie sur les travaux du CEPA du ministère de la défense français, auquel a participé le directeur générale technique Bruno Revellin-Falcoz assisté du directeur technique Jean-Jacques Samin et de Jean-Claude Hironde qui va prendre en charge le projet ACX/Rafale de la conception jusqu'au essais en vol[16]. Le 22 juillet 1983 le ministre de la Défense français Charles Hernu autorise la notification d'un marché pour les études, la fabrication et les tests en vol de l'ACX. En contrepartie l'état demande aux trois principaux industriels, AMD-BA, Thomson et SNECMA une très grosse avance financière égale à 50% du montant total.

Un F-8 Crusader de la Marine nationale française à bord d'un porte-avions de l'US Navy en 1983.

Néanmoins, la coopération – « de façade », pronostiquent certains – est toujours de mise avec la signature de deux protocoles d'accord, le premier le (Outline European Staff Target, OEST)[18],[23], le deuxième en (European Staff Target for a European Fighter Aircraft, EST-EFA)[18],[23] où l'on discerne que l'unanimité est battue en brèche par les exigences inconciliables de ce « club des cinq » (France, RFA et Royaume-Uni rejoints par l'Italie et l'Espagne). Les britanniques veulent toujours un appareil à prédominance air-air pouvant atteindre le rideau de fer à partir de ses bases les plus à l'ouest ; en conséquence, cet appareil serait trop gros pour être utilisé sur porte-avions. À l'inverse, les Français veulent en priorité un appareil capable d'effectuer des opérations air-sol et air-surface, tous les jours et dans des conditions météorologiques défavorables ; il devra par ailleurs remplir toutes les missions anciennement dévolues aux Jaguar, F-8P Crusader, Mirage F1C/R/T, Mirage 2000N, Étendard IVPM et Super-Étendard des forces armées françaises[14] et pourra donc embarquer sur portes-avions. L'armée de l'air Italienne ne souhaite pas que l'avion soit embarquée sur le futur porte-avions que fait construire la Maina Militare, alors que depuis Mussolini, une loi lui accorde l'exclusivité de avions[Note 3].

Pour surmonter les dissensions, et alors qu'AMD-BA plaide pour un maître d'œuvre unique (lui en l'occurrence), la partie britannique accepte de lui abandonner la conception de la cellule à condition que Turbo-Union obtienne celle du moteur. Ceci obligerait la Snecma à passer par pertes et profits les investissements déjà consentis depuis septembre 1983 pour développer un nouveau réacteur, le M88[Note 4], et il est exclu pour la France de confiner Snecma aux moteurs civils (tels que le CFM56) ou d'envisager deux motorisations pour le futur avion de chasse. Les Français font cependant des concessions sur le cahier des charges en acceptant notamment que la masse à vide soit portée de 7,5 à 9,5 tonnes[14].

Les allemands et les anglais propose alors une répartition des tâches :

  • la direction technique aux britanniques
  • la direction industrielle aux allemands
  • la direction financière aux italiens
  • la négociation des contrats aux espagnols
  • la présidence du consortium aux français.

Les français qui prévoient de commander 50% d'avions de plus que les allemands ou les britanniques n'accepte pas ce partage qui ne leur laisse qu'une présidence honorifique et André Gintrand alors Conseiller financier du président d'AMD-BA déclarera en 1999 à l'historien Claude Carlier : « Les britanniques nous ont invité comme on invite une dinde à Noël »[20].

Les ministres de la défense des cinq pays reçoivent l'ordre de se mettre d'accord sur la cahier des charges. Les cinq chefs d'états-major se rencontre et les cinq industriels sont convoqués pour recevoir la fiche de définition opérationnel. Les deux premières pages sont effectivement communes et comportent la signature des cinq chefs d'états-major, mais sont suivies de cinq pages d'annexes demandant des choses différentes pour chaque pays[Note 1].

Le 24 septembre 1984, Marcel Dassault écrit au Président François Mitterrand de renoncer à la coopération avec PANAVIA car selon lui L'ACX construit à cinq ne commencera pas à être livré avant 1995, ce qui causerait la perte de toute l'industrie aéronautique française, il estime que même si Dassault obtient la maîtrise d'œuvre, on ne peut sacrifier le motoriste français SNECMA et le radariste THOMSON. De plus il faudrait partager les exportations avec les quatre autres pays et qu'alors la France en perdrait 80% sans contrepartie. Il ajoute qu'un « avion construit avec les anglais coûte très cher et atteint rarement les performances prévues au marché. Exemple le Tornado »[20].

Dans la nuit du 1er au 2 août 1985 se déroule la négociation finale[22]. La délégation française est menée par le délégué général pour l'armement, Émile Blanc, qui rendra compte au ministre et lui conseillera de refuser de poursuivre avec les trois autres pays car les Rafale air et Marine fabriqués en France coûteraient moins cher que des avions européens pour l'armée de l'air plus l'achat aux américains de F18 pour la marine nationale[20].

En , le ministre de la Défense français, Charles Hernu, annonce au sommet de Turin le retrait de la France du programme EST-EFA[22], ce qui conduira par la suite au lancement de deux programmes distincts : l'Eurofighter et le Rafale. Dès lors il est acquis que la France construira des Rafale qui seront petits, polyvalents, avec une version marine adaptée aux porte-avions disposant de catapulte, et que le Royaume-Unis, la RFA, et l'Espagne construiront des Eurofighter plus lourds, moins polyvalents et sans version marine[Note 5] [23]. Le président français François Mitterrand tentera de relancer une coopération au niveau des équipements, sans succès[24].

Les nombreux retards et surcoût de l'avion européen (272 millions d'euros par avion selon la cour des comptes britannique et +75 % du coût initial) donneront raison au choix du président Mitterrand et de son gouvernement. En 2015 l'avion européen Eurofighter Typhoon ne remplit toujours pas la totalité de son cahier des charges, pas de mission de reconnaissance, pas de mission de bombardement sans l'assistance d'un avion éclaireur, pas de tir de missile de croisière, etc.

Développement[modifier | modifier le code]

Démonstrateur Rafale A[modifier | modifier le code]

Le démonstrateur Rafale A.

Les études du démonstrateur de l'ACX, dont Marcel Dassault choisit lui-même le nouveau nom « Rafale A » en référence à l'Ouragan, premier avion à réaction construit par Dassault[Note 6], sont lancées en mars 1983 par la firme AMD-BA. La motivation des équipes de Dassault était si forte qu'à deux reprises le calendrier prévisionnel sera avancé, l'appareil est construit en moins d'un an et demi avec 9 mois d'avance sur le calendrier initial[Note 1]; le démonstrateur Rafale A est présenté le à Saint-Cloud en présence de Marcel Dassault. La presse titillant Marcel Dassault sur le fait que son avion ne soit pas européen, rétorque "Ce sera un avion mondial".

Le Rafale A est équipé de commande de vol électriques, d'un mini-manche à balai latéral et d'une manette des gaz à faible débattement selon le concept 3M (Main sur Manche et Manette), d'une aile en double delta semi-basse sans dispositif d'aspiration de la couche limite, d'une dérive haute, d'entrées d'air semi-ventrales et dans un but de simplification sans les « souris » des Dassault Mirage III, 2000 et 4000, de plans canard placés en arrière du cockpit pour une meilleure visibilité du pilote et de commandes de vol électriques[14]. Cette combinaison de plans canard actifs, qui font office de gouverne de profondeur, et de l'aile permet à la fois un rapport portance/traînée et une incidence élevés. Le démonstrateur est initialement motorisé par deux turboréacteurs General Electric F404 issu du F/A 18 Horn et, au lieu des Snecma M88 pour réduire les risques qui viennent souvent avec un premier vol, et parce que car la SNECMA a besoin de trois ans pour mettre au point son moteur de nouvelle génération. La cellule du démonstrateur ACX qui fait largement appel aux fibres de carbone, aux fibres aramides, aux alliages aluminium-lithium est plus grosse que la cellule attendu pour les avions de série car les moteurs F404 sont plus volumineux que les M88. La maîtrise par l'avionneur des commandes de vol électriques et de leur logiciel est jugée indispensable par Marcel Dassault lui-même, qui a toujours imposé à ses ingénieurs de ne jamais les sous-traiter [Note 1].

Marcel Dassault décède le 17 avril 1986 et ne pourra poser au pilote d'essai sa phrase rituelle "Alors que pense le pilote de mon avion?" au retour du premier vol du Rafale A, qui se déroule le au centre d'essais de la DGA sur la base aérienne 125 à Istres. Guy Mitaux-Maurouard, premier pilote d'essai du Rafale, déclarera plus tard avoir ressenti un "stress important comme un chanteur ou un artiste de théâtre avant d'entrer sur scène... des milliers de personnes ont travaillés sur l'avion depuis deux ans, fait des trucs extrêmement pointus et soigneux...vous vous dites il ne faut pas que je casse leur jouet" [Note 2]. L'avion a atteint Mach 1.3 dès le premier vol et Guy Mitaux-Maurouard dira au chef du projet Jean-Claude Hironde à sa descente d'avion "Tu vois gros père, ça s'est passé comme au simulateur"[Note 5]. Deux mois plus tard, le Rafale A et son concurrent EAP se font face pour la première fois au Salon aéronautique de Farnborough. L'équipe de l'EAP prend énormément de risque en y faisant voler son avion qui vient d'effectuer son premier vol quinze jours avant l'ouverture du salon. l'EAP ne peut effectuer que des démonstrations très basiques, alors que le Rafale A stupéfiera tous le monde en effectuant déjà des figures acrobatiques, et en atterrissant en 250 m sans parachute[Note 1]. Malgré ce premier succès, chez Dassault on est très inquiet, échaudé par l'arrêt du Mirage 4000 pendant la phase expérimentale alors que les industriels ont beaucoup participé sur leurs fonds au financement du Rafale A sans savoir s'il aboutirait . En , le président François Mitterrand annonce le lancement d'un avion opérationnel dérivé du Rafale A. Mais la marine nationale ne croit pas que le Rafale pourrait apponter sur un porte-avions car l'aile delta a traditionnellement une vitesse d'approche élevée. Dassault sait que l'utilisation des commande de vol électriques associées aux canard mobiles permettra d'abaisser la vitesse d'approche, Il lui faut rapidement rassurer les marins, et le 30 avril 1987, Yves Kerhervé pilote d'essai marine du projet Rafale simule un appontage et remet les gaz à 50 cm du pont du porte-avions Clemenceau. Il ne peut pas toucher le pont car la structure du démonstrateur n'est pas assez solide, et l'avion se briserait. Le démonstrateur Rafale A, atteint la vitesse de Mach 2 avec ses deux moteurs General Electric F404 le au cours de son 93e vol.

Préférence pour le F/A-18 (1987)[modifier | modifier le code]

La marine nationale qui ne veut pas du Rafale qui selon elle arrivera trop tard pour remplacer ses F-8 Crusader[Note 7],[25] étudie la transformation, qui se serait révélée peu fiable, de quelques Super-Étendard d'attaque datant de dix ans en avions d'interception. Après les sept premiers appontages simulés du Rafale A sur le Clemenceau réalisés le , le premier ministre Jacques Chirac précise au salon du Bourget en juin 1987 que le Rafale équipera l'Armée de l'air et la Marine nationale françaises à partir de 1996. En dépit de cette décision et malgré 85 autres appontages simulés sur le Foch du 4 au , de 124 appontages simulés sur la BA 125 à Istres et 160 sur la BAN Nîmes-Garons[Note 8], sa préférence va toujours à la location ou l'achat « sur étagère » d'une trentaine de F/A-18 Hornet d'occasion qui ont fait leurs preuves sur les porte-avions américains[Note 9].

Rafale définitivement retenu pour l'Armée de l'air et la Marine nationale[modifier | modifier le code]

Logo du programme Rafale.

En , l'état demande aux industriels membres du GIE ACE International de participer aux coûts de développement pour 25%. En 1988, à la suite d'un rapport de l'Assemblée nationale française, des critiques de la presse sur « le gouffre à milliards » ou le « Mirage du Rafale » puis de la sortie du Premier ministre Michel Rocard du « sinistre industriel »[Note 10], les industriels sont enjoints de participer à hauteur de 25 % aux frais de développement, soit 40 milliards de francs, qu'ils devraient récupérer à moyen terme à l'export. Une décision de retrait de la Marine nationale du programme, qu'elle finance à hauteur de 20 %, aurait vraisemblablement été catastrophique pour les industriels du GIE Avion de Combat Européen (ACE) et la R&D française, comme le précise un nouveau rapport de l'assemblée nationale : la Marine a essayé « à tout prix [de] disposer d'un avion spécifique et surtout différent de celui de l'armée de l'air. Ces errements passés avaient été poussés jusqu'à l'absurde à la fin des années 1980, avec la proposition d'achat des F-18 pour le porte-avions au risque d'affaiblir l'outil de souveraineté, la cohérence du dispositif aérien et l'industrie aéronautique française »[26]. Après que Marcel Dassault se fut fâché, il a été décidé une prolongation de 17 Crusader pour 800 millions de francs et la transformation de 71 Super-Étendard en version modernisée (SEM) pour un montant inconnu.

À la suite des exercices avec l'US Navy en 2006, la Marine se déclarait très satisfaite du Rafale et constatait que ses appareils n'avaient aucun mal à rivaliser avec les F/A-18E Super Hornet entrés en service en 1999[27].

Le , le lancement du programme Rafale est officiellement annoncé par un comité interministériel tandis que le contrat de développement est signé le . À cette date, AMD-BA, Snecma, Thomson-CSF et Dassault Electronique passent en phase de réalisation des matériels de présérie.

Le moteur SNECMA M88 est enfin prêt[modifier | modifier le code]

À l'issue du 460e vol réalisé le , le Rafale A entre en chantier pour six mois afin de remplacer le moteur General Electric F404 de gauche par un Snecma M88.

Pour effectuer les tests du M88 en toute sécurité, Dassault a décidé d'innover en profitant de la qualité de biréacteur du Rafale, et en utilisant une configuration inédite avec deux moteurs différents à droite et à gauche lors des premiers tests du M88 sur le Rafale A.

Le cahier des charges avait été défini pour que le M88 réponde à 4 critères essentiels :

  1. Être capable de permettre au Rafale d'aller toujours en supersonique élevé[Note 1]
  2. Avoir une consommation spécifique faible pour permettre au Rafale d'effectuer ses missions avec 30% de pétrole en moins qu'avec les moteurs existants[Note 2].
  3. Se faire oublier du pilote pendant les manœuvres tout en étant très puissant[Note 11].
  4. Être plus petit que le General Electric F404 et permettre une plus grande puissance grâce une température de fonctionnement plus élevée[Note 12].

Les deux premiers vols de cette configuration dissymétrique utilisée pour tester le Snecma M88[28] permettent au pilote d'essai Guy Mitaux-Maurouard de confirmer que le moteur Snecma M88 fait aussi bien que le General Electric F404 et même mieux dans les reprises. Alain Rabion, chef pilote d'essai de la SNECMA, entame les essais moteurs du M88-2 à Istres le () et atteint dès ce premier vol la vitesse de Mach 2 à 15 000 m d'altitude (soit 2 128 km/h, la vitesse du son étant égale à 295 m/s à cette altitude) et sans utiliser la post-combustion. 1000 paramètres du M88-2 sont transmis aux 25 ingénieurs des essais en vol du M88-2. L'ensemble de la campagne d'essai est un succès et le M88 répond parfaitement au 4 principaux critères requis.

Le Rafale A est retiré des essais après le 867e vol réalisé (le ) en patrouille avec les quatre Rafale de développement C01, B01, M01 et M02.

Prototypes en phase de test[modifier | modifier le code]

Rafale C01 et B01[modifier | modifier le code]

Alors que les essais du Rafale A se déroulent sans soucis, les ingénieurs commencent à travailler à la version définitive du Rafale qui sera plus fin que le Rafale A grâce au M88 plus petit que les F404, mais en 1988 le ministre de la Défense André Giraud ajoute une clause classée "confidentiel défense" de furtivité dans la fiche programme. Les documents de l'époque parlent donc de l'ACE/Rafale D (pour Discret), les ingénieurs de Dassault et ceux de Thomson CSF vont devoir rendre le Rafale invisible au Radar. Comme dans le cas des avions furtifs américains on joue sur les formes (le Rafale A est entièrement redessiné à l'exception des roues) et les matériaux pour améliorer la furtivité passive de l'avion qui n'est pas totale (l'avion est discret et non furtif), puis et on ajoute un système de protection électronique SPECTRA pour augmenter la furtivité active de l'avion et le rendre furtif au Radar puisque la signature des Rafale de série est équivalente à celle d'un moineau qui serait métallique[Note 1] . Ce choix d'une cellule semi-furtive rendu furtive par l'ajout d'un système électronique présenteront deux avantages : On ne sacrifie pas les qualités opérationnelles de l'avion au nom de la furtivité passive, de toute façon les progrès des systèmes de détection rendront à terme la furtivité passive obsolète[29] [30]alors qu'au contraire l'évolutivité du Rafale et de son système de protection électronique SPECTRA lui permettra d'adapter la furtivité active du Rafale à ces nouveaux capteurs et de rester au meilleur niveau technologique jusqu'en 2050[13].

Pour répondre aux différentes missions qui lui seront confiées – défense et supériorité aérienne, reconnaissance, appui-feu rapproché, attaque de précision et d'interdiction au moyen d'armes conventionnelles, frappe nucléaire –, le Rafale destiné à l'Armée de l'air est décliné en deux versions, le Rafale C (pour « chasseur ») et Rafale B (pour « biplace »), avions respectivement monoplace et biplace. Un prototype du Rafale C, dénommé C01, est commandé le et réalise son premier vol le [31],[32], inaugurant ainsi le début d'un programme de test qui vise essentiellement à élargir le domaine de vol du Rafale et tester les turboréacteurs Snecma M88, puis, par la suite, l'interface homme/machine et les armes. Un second prototype, le Rafale C02, est également prévu avant d'être annulé à l'automne 1991 en raison de contraintes budgétaires[33].

Le Rafale C01, prototype destiné à l'armée de l'air française, reconnaissable à l'absence de perche de ravitaillement.

Le Rafale C01, qui arbore une livrée noire suggérant sa furtivité, même s'il ressemble à s'y méprendre au démonstrateur Rafale A, est significativement différent puisque seules les roues latérales n'ont pas été redessinées, la compacité du moteur M88 par rapport à celle du F404 permet d'alléger le prototype d'une tonne (8,5 contre 9,5 tonnes pour le Rafale A) et de réduire sa longueur de 50 cm (15,27 mètres contre 15,80 mètres) et son envergure de 1,24 mètres (10,86 mètres contre 11,20 mètres) et sa surface alaire de 2,3 m2 ( 45,70 m2 contre 47 m2 ). Le train d'atterissage avant comporte deux roues contre une seule pour le Rafale A.

Au niveau de l'aérodynamique, la voilure est elle-même simplifiée, revenant à une aile delta simple prolongée par un apex vers les entrées d'air. L'empennage est raccourci et sa jonction avec le fuselage est revue, déplaçant l'entrée d'air auxiliaire du pied de l'empennage vers la verrière. Le Rafale C01 est plus léger que la masse prévue au cahier des charges tout en ayant une capacité d'emport interne de carburant supérieure à celle requise. Toutes les performances sont également supérieures aux spécifications du cahier des charges, par exemple la vitesse d'approche est abaissée de 117 nœuds à 110 nœuds.

En vue de l'intégration du système de guerre électronique SPECTRA, le Rafale C01 est muni, à la façon des Mirage 2000, d'un ballonnet tandis que les plans canard sont modifiés et peuvent servir d'aérofreins. La pointe avant est plus large, afin d'y loger le radar RBE2, mais surtout inclinée vers le bas pour faciliter la visibilité lors des appontages. Enfin, des efforts ont été faits pour réduire la surface équivalente radar, grâce notamment à l'utilisation étendue de matériaux absorbant les ondes radar.

Le Rafale B01, d'une livrée camouflage, dont le premier vol se déroule le [31],[32], est quasiment identique au C01. Hormis le fait qu'il s'agit d'un biplace, le B01 est plus lourd de 700 kg et sa capacité en carburant est réduite de 500 litres. L'entrée d'air du circuit de refroidissement est modifiée pour loger le deuxième poste de pilotage, identique au premier et interchangeable, indispensable aux complexes missions de pénétration.

Rafale M01 et M02[modifier | modifier le code]

Catapultage d'un Rafale depuis le porte-avions USS Theodore Roosevelt.

La Marine nationale dispose d'une version spécifique du Rafale, dénommée Rafale M (pour « Marine »), en raison de la particularité des opérations menées à partir d'un porte-avions. Deux prototypes de cette version, les Rafale M01 et M02, sont commandés le . Le M01 effectue son premier vol le [31],[32] piloté par Yves Kerhervé, pilote d'essai marine chez Dassault. D'une livrée grise, il est quasi identique au Rafale C01. Les 39 premiers tests de catapultage et 14 premiers tests d'appontage simulés sur piste (ASSP) sont effectués du 8 juillet au 23 septembre 1992 aux États-Unis sur la base du Naval Air Warfare Center de Lakehurst dans le New Jersey puis de celui de Patuxent River dans le Maryland. Ces bases d'essais disposent d'une piste équipée d'une catapulte identique à celles des porte-avions américains et permettent de simuler des catapultages à partir de la terre. Deux autres campagnes d'essais avec des charges lourdes seront effectuées aux États-Unis en janvier et mars 1993.

Le à 14h43 sur le Foch, Yves Kerhervé effectue le premier appontage d'un Rafale M et le lendemain le premier catapultage d'un Rafale M est effectué, le Foch ayant été équipé d'un mini-tremplin afin de compenser sa plus faible longueur par rapport au futur porte-avions Charles-de-Gaulle.

Le [31],[32] Eric Gérard, lui-même pilote d'essai marine de Dassault et qui deviendra le pilote de présentation Rafale dans les meeting aériens dans les années suivantes, effectue le premier vol du second prototype M02 sur la base d'Istres. L'année suivante les prototypes M01 et M02 effectuent les premiers tests sur le porte-avions Foch.

Les tests d’appontage sont ensuite effectués en France sur la base d'Istres avec des "touch and go" sur le porte-avions Foch naviguant à 50 km au sud de Marseille[Note 11].

Après deux ans de tests, en 1996 le gouvernement français qui a décidé de vendre le porte-avions Foch à l'Argentine demande le décalage de la livraison des premiers Rafale, tous destinés à la Marine nationale, avec les premières réceptions en l'an 2000 au lieu de 1998 comme prévu préalablement.

Le M02 reprend les tests d'appontage et de catapultage en juin 1999, dorénavant sur le nouveau porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle lui-même en période de test quelques jours avant la livraison du premier Rafale de série, le M1.

Les trains d'atterrissage principaux Messier-Bugatti-Dowty sont renforcés, le poids du train avant passe de 50 kg à 200 kg, afin de pouvoir absorber une énergie verticale d'appontage correspondant à une vitesse de 6,5 mètres par seconde (soit 23,4 km/h)[34]. Pour l'envol à partir d'un porte-avions, le choix d'une barre de catapultage à la place des élingues accrochées au fuselage oblige à renforcer également le caisson du train avant (en titane et acier haute résistance), plus sollicité. L'amortisseur est doté d'un dispositif « train sauteur » qui permet d'emmagasiner de l'énergie lors du catapultage et de la restituer en bout de pont d'envol[34]. Cette technologie sera conservée sur les Rafale de série qui sont les seuls avions au monde à disposer de cette technologie qui associée à l'automatisation de la séquence de catapultage jusqu'à une altitude de 100 m, permettent d'améliorer le catapultage, tout en le simplifiant[35]. L'accélération au catapultage est de 5,5g et la vitesse de sortie est de 140 nœuds (>260 km/h)[Note 11].

La technologie du train d'atterrissage avant – à laquelle s'ajoutent des astuces comme la rotation à 360° des roues à l'arrêt ou de ±75° lors de la rentrée – et son encombrement obligent à réduire les points d'emport d'armement de 14 à 13 par rapport au C01. Les Rafale M01 et M02 sont, en outre, dotés d'une crosse d'appontage plus lourde que celle utilisée pour les atterrissages d'urgence du Rafale C01 et capable d'absorber une traction de 75 tonnes lors de l'arrêt sur porte-avions, d'une échelle télescopique repliable dans le fuselage, de deux batteries au lieu d'une et, en bout de dérive, du système inertiel infrarouge (hybridé GPS) d'alignement à la mer TELEMIR de Sagem Défense Sécurité.

Au final un Rafale M pèse 700 kg de plus qu'un Rafale C, mais en vol il n'y a aucune sensation différente pour le pilote[Note 11]. La masse maximale au décollage sur piste reste celle des Rafale C et B, soit 24,5 tonnes (mais limitée à 21,5 tonnes lors d'un catapultage de Rafale M), les vitesses maximales à basse ou haute altitude, la vitesse minimale d'approche, les facteurs de charges positifs et négatifs, les distances d'atterrissage, restent identiques et le canon Giat 30M791 est toujours présent.

Une des rares restrictions concerne les missions de frappe stratégique par missiles de croisière SCALP, les Rafale M n’emporteront qu'un seul missile au catapultage au lieu de deux pour les mêmes missions effectuées à partir de la terre afin de leur permettre de revenir apponter avec le missile non tiré en cas d'interruption de la mission[16].

La présence de deux moteurs de 75 kN de poussée chacun sécurise les catapultages, en cas de panne d'un moteur le pilote n'a pas besoin de s'éjecter mais peut continuer son catapultage puis apponter sur un seul moteur[35].

Phase d'industrialisation et état d'avancement du programme concurrent européen.[modifier | modifier le code]

En 1994, les trois prototypes M, B et C ont terminés leurs essais et le Rafale peut entrer en production. À la même époque, le concurrent du groupement européen Eurofighter dont l'avion est désormais nommé Typhoon DA1 débute ses essais avec trois ans de retard sur le Rafale alors que les deux projets ont été initiés avec un mois d'écart en 1983.

La fabrication du Rafale est très innovante,

  • par l'utilisation intensive (>30%) de matériaux composites de très haute technologie tels que les fibres de carbone, de titane, de fibres d'aramide Kevlar (radôme, carénages de raccordement voilure/fuselage et queue du fuselage) et d'alliage aluminium-lithium
  • l'usage de la CFAO (utilisation conjointe de la Conception Assistée par Ordinateur et de la Fabrication Assistée par Ordinateur) par l'outils Dassault CATIA qui deviendra le leader mondial. l'usage de CATIA a permis de réduire le nombre de fixation à 3000. chaque usine du groupe dispose d'une équipe de support CFAO, informaticiens et formateurs.
  • la centralisation de tout ce qui mérite de l'être et la délocalisation de tous ce qui mérite de l'être. L'idée était de s'inspirer d'une chaîne haute-fidélité : si un seul élément n'est pas bon, c'est tout l'ensemble qui est dégradé.
  • l'utilisation de la maquette numérique pour la première fois dans l'histoire aéronautique, Dassault devenant le premier constructeur d'avion à construire un avion sans maquette physique.
  • procédé de formage superplastique associé au soudage par diffusion développé par le CEA[36] (SPF/DB) permettant d'obtenir des pièces nervurées ou de structures alvéolaires.en une seule opération de formage-soudage des pièces composées de plusieurs tôles (habituellement rivetées, usinées en structure intégrale, collées, ou soudées). Les bords d'attaque sont réalisés par ce procédé avec du titane.

En prévision d'une cadence de production pouvant être très basse, puis accélérée afin d'assurer des commandes exports en plus des besoins propre de l'armée française, Dassault a décidé dès le début du projet en parallèle du développement des prototypes, de rationaliser son outils de production et de le faire passer à l'ère du numérique et chaque site AMD-BA se voit attribuer une mission de production définie pour disposer des processus industriels les plus performants[16].

  • Usine de Dassault Argenteuil : éléments de structures en tôlerie, telles que des revêtements, des cadres et pièces de structure en aluminium, de la tuyauterie et la chaîne d'assemblage des fuselages jusqu'au câblage pour lequel des sous-traitants travaillent directement dans l'usine à temps complet), du contrôle de l'étanchéité des réservoirs structuraux. L'usine dispose aussi de l'atelier d'usinage chimique, grande spécialité du groupe qui permet à Dassault de produire des avions plus légers que ses concurrents en éliminant des couches de métal superflues sur certaines parties des pièces.
  • Usine de GMA Selin : Pièces de structures importantes, telles que des cadres, des longerons)
  • Usine de Dassault Martignas : voilures
  • Usine de Dassault Biarritz : panneau de voilure et dérives, ainsi que les 350 éléments de structure en matériaux composites
  • Usine de Martignas : assemblage par des robots et pour la première fois dans l'histoire de l'aéronautique de la voilure à partir des panneaux de Biarritz
  • Usine de GMA Poitiers : verrière et plan canard, et les pièces réalisées par SPF/DB.
  • Usine de SNECMA Villaroche : moteurs M88
  • Usine de THOMSON Pessac : radar RBE2 et autres systèmes
  • Usine d e Dassault Argonay : Commandes de vol électriques et servocommandes. Dassault reste le seul avionneur au monde à construire lui-même ses commandes de vol selon le souhait de Marcel Dassault,
  • Usine de Dassault Mérignac : chaîne d'assemblage finale des sous-ensembles produits par les usines de Dassault, SNECMA et Thomson et des équipements fournis par les 500 autres sous-traitants.

Le premier Rafale de série est livré en 2000 par Dassault et les sous-traitants français, alors que, les quatre industriels du consortium européen Eurofighter ne livreront leur premier Typhoon de série qu'en 2004 avec maintenant quatre ans de retard sur le programme Rafale.

Coût du programme Rafale[modifier | modifier le code]

Programme[modifier | modifier le code]

En 2004, Charles Edelstenne, PDG de Dassault Aviation auditionné par la Commission de la Défense nationale et des Forces armées de l'Assemblée Nationale annonçait un coût de développement de 12 milliards d'euros[37] qui était abaissé par le ministère de la défense à 10.6 Md€ en 2005[38].

Coût global du programme sans prise en compte des commandes exports développement, construction, exploitation, modernisation et maintenance
Année Coût global

du programme (Md€)

Appareils Coût unitaire du

programme (M€)

Coût unitaire de

production (M€)

2004[37] 26.0 294 88
2005[38] 33.3 294 113
2008[39] 39.6 286 141 Rafale C: 64
Rafale M: 70
2010[40] 40.7 286 145
2011[41] 43.6 286 152
2012[42] 44.2 286 155 Rafale C à 66.2
Rafale B à 71.2
Rafale M à 76.1
2013[43] 45.9 286 160 Rafale C:69
Rafale B: 74
Rafale M: 79
2014[2] 46.4 286 162 Rafale C: 68
Rafale B: 73
Rafale M: 78

Le coût du programme hors fabrication de 110 Rafale B, 118 Rafale C et 58 Rafale M est donc de 25.8 Md€ 2014. Le coût global ne tient pas compte de la réduction de la commande de 286 à 225 appareils, les commandes enregistrées à l'export devant compenser cette baisse des commandes françaises.

Comparaisons[modifier | modifier le code]

En 2011, le contrôleur des comptes publics britannique (National Audit Office) considère que le développement et la production de ses 160 Eurofighter Typhoon coûte 20,2 milliards de livres, 75% de plus que prévu à l'origine, soit 126 millions de livres par exemplaire[44]. Dans sa version multirôles, le coût de développement de l'Eurofighter de 21,6 milliards d'euros en 2004, était déjà trois fois supérieur à celui du Rafale[37].

L'ensemble des coûts du programme Lockheed Martin F-35 Lightning II : développement, construction, exploitation, modernisation et maintenance est évalué en avril 2012 par les services du secrétaire de la Défense des États-Unis à 1 510 milliards de dollars américains pour 2443 appareils sur 55 ans et un rapport du Pentagone de 2010 estimait le développement à 396 milliards de dollars[45].

Entretien[modifier | modifier le code]

En 2013, la marine nationale estime le coût de l'entretien programmé de sa flotte de Rafale M passant de 23 à 35 appareils en cours d'année à 100,7 millions d'euro; le taux de disponibilité étant de 38,6 %[46].

Pour la Cour des comptes, le coût de maintien en condition opérationnelle d'un Rafale à l’heure de vol est en moyenne de 14 596 euros sur la période 2009-2013 à comparer aux 8 082 euros d'un Mirage 2000, tout en notant qu'il « dispose cependant d’une capacité d’emport et d’une polyvalence beaucoup plus importantes que celle du Mirage 2000[Note 13] ce qui lui permet de réaliser davantage de missions pendant une période de temps équivalente »[47]

Le Conseil fédéral suisse évalue le coût de maintance annuelle pour 22 Gripen à 51 millions de francs suisses, soit pour 180 heures par an de 12 879 CHF par heure de vol[48].

L’heure de vol d'un F-35 Lightning est estimée 24 000 dollars par l'US Air Force et le Cost Assessment & Program Evaluation Office du Pentagone[49].

Spécifications techniques et performances[modifier | modifier le code]

Selon le général Mercier lors d'une audition à la commission de la défense et des forces armées,  le « Rafale, s’il fallait le qualifier comme relevant de telle ou telle génération d’avions – avec tout ce que cela a d’artificiel » est « par bien des aspects un avion de cinquième génération plutôt que de quatrième génération »[29], à aile delta avec un empennage canard rapproché propulsé par deux turboréacteurs à postcombustion Snecma M88 et contrôlé par des commandes de vol électriques qui lui permettent d'effectuer des figures impossibles à la plupart de ses concurrents, telle qu'une boucle en partant de 100 nœuds en forte incidence[50], avec un facteur de charge qui atteint 10,5 g lors de la présentation Rafale solo display de l'armée de l'air[9],[8]. À titre d'exemple, l'Eurofighter a essayé sans succès l'atterrissage sur retournement (demi tonneau avant de cabrer pour réaliser une demi boucle amenant l'avion à l'horizontale en sens inverse à une altitude inférieure), le Rafale restant le seul avion de chasse au monde capable de réaliser cette figure[51]. Il dispose d'un système de démarrage automatisé qui permet de le décollage seulement cinq minutes après que le pilote se soit assis dans le cockpit[35].

À Dubaï en 2009 un exercice appelé Advanced Tactical Leadership Course (ATLC) a pour la première fois vu s'affronter les avions de chasses les plus modernes à partir de la base de Al Dhafra. Un des officiers pilotes de Rafale de l'armée de l'air[Note 14] témoigne ainsi des performances du Rafale : "lors d’un engagement d’ATLC, deux Rafale ont engagé, en utilisant tout leur système mais en simulant un armement qui impose de prendre beaucoup plus de risque que normalement (les Rafale avaient alors simulé l’utilisation d’un missile semi-actif alors que normalement les Rafale utilisent des MICA actif, qui permettent de se mettre à l’abri plus rapidement après un tir), quatre Eurofighter. Les deux Rafale ont détruit les quatre Typhoon qui utilisaient toutes leurs capacités normales, sans subir de perte. Les règles d’engagement étaient BVR (au-delà de la portée visuelle, c’est-à-dire plusieurs dizaines de kilomètres)... le Rafale est un avion de combat des plus complets, Il est extrêmement manœuvrant et ainsi redoutable en Dogfight (combat rapproché). Par exemple, face à un Eurofighter engagé en combat à vue avec un départ à égalité, nous savons qu’il nous faut quelques dizaines de secondes pour valider un gun kill (tir réussi)...En combat aérien BVR, le système Rafale fournit de façon synthétique les informations dont il a besoin à partir de plusieurs capteurs. Ces informations sont donc plus précises. Nous pouvons nous passer d’un ou deux capteurs pendant tout un combat tout en restant extrêmement dangereux pour l’ennemi. Cela nous offre l’accès à de nouvelles tactiques particulièrement intéressantes. Enfin, doté d’une allonge supérieure aux avions de la génération précédente, il emporte 2 fois plus d’armements air-sol. L’AASM, la nouvelle bombe GPS française qui est propulsée sur plusieurs dizaines de kilomètres, donne au Rafale la capacité de remplacer à lui seul plusieurs Mirage en étant tout à la fois plus efficace et en prenant nettement moins de risques. L’Eurofighter est un avion taillé pour le combat aérien et il le fait moins bien que le Rafale qui est pourtant polyvalent (combat aérien, bombardement, reconnaissance). Le Rafale est un avion extrêmement abouti qui n’a pas besoin de son radar pour mener un combat « au-delà de la portée visuelle ». C’est un avion avec lequel tout est facile, probablement LE chef-d’œuvre de Dassault. Le Raptor est un bel avion, mais le Rafale est clairement un excellent choix pour la France. Tous les jours nous nous entraînons à exploiter au mieux la polyvalence du Rafale. Par exemple, il y a peu j’ai travaillé pour un jeune pilote un scénario où nous devions avancer à l’intérieur d’un territoire défendu par des avions pour effectuer un cartographie radar, y trouver chacun nos 12 objectifs, simuler leur bombardement avec nos A2SM et repartir. Ainsi en quelques minutes, mon jeune équipier et moi-même avons simulé à nous deux le tir de 5 missiles air-air et de 12 bombes air-sol en utilisant toutes les capacités de notre radar et tout en brouillant. Nous n’avons pas subi de pertes et nous avons infligé quelques kills à nos adversaires[52]"

Aérodynamique[modifier | modifier le code]

Le Rafale est équipé de deux larges plans canard, quatre becs de bord d’attaque, quatre élevons et une gouverne de direction pour optimiser la portance/trainée et réduire le dérapage dans les différentes phases de vol. Les deux larges plans canards permette de compenser le défaut traditionnel des formules en aile delta qui est la vitesse d'approche à l’atterrissage, le Rafale atterrit à seulement 110 nœuds quand le mirage III atterrissait à 180 nœuds[Note 1]. Comme le Mirage 2000 et la plupart des avions de combat des années 2000, la voilure du Rafale est conçue pour être aérodynamiquement instable en tangage à vitesse subsonique ; cela signifie qu'une augmentation de l'incidence provoque l'apparition d'un couple à cabrer qui tend lui-même à augmenter la variation d'incidence[53]. Cette caractéristique procure une grande maniabilité à l'aéronef. L'inconvénient est qu'un aéronef instable ne peut être maintenu dans une attitude stable qu'en appliquant des consignes rapides et précises sur les commandes de vol. Cela ne peut être accompli avec un contrôle manuel direct et par un pilote seul. Le Rafale dispose pour cela d'un système de commandes de vol électriques en fibre optique (CDVO ou fly-by-light) conçu et produit en interne par Dassault Aviation, et qui est un développement numérique du système de commandes de vol analogiques qui équipe le Mirage 2000. Il fonctionne à plusieurs niveaux de redondance (trois canaux numériques indépendants et un canal analogique de secours), le tout alimenté par différentes sources électriques. Le système hydraulique qui alimente les commandes de vol fonctionne à plus de 345 bars[54], permettant une exceptionnelle manœuvrabilité.

Ailes[modifier | modifier le code]

Catapultage d'un Rafale depuis le porte-avions USS Harry S. Truman.

Le Rafale est doté d'une aile delta à flèche modérée (48° contre 58° pour le Mirage 2000 et 53° pour Eurofighter). L'aile delta offre, de par la combinaison entre une surface d'aile relativement grande et une charge alaire relativement faible, un bon compromis entre portance et traînée ; cette configuration permet en outre une grande maniabilité, notamment à vitesse transsonique (environ Mach 0,8 à 1), et une grande efficacité à vitesse supersonique (jusqu'à Mach 1,8). Montée en position moyenne sur le fuselage, la voilure est prolongée par des apex à 72° dénommés LERX (en) (Leading Edge Root eXtension). La flèche modérée ayant permis d'améliorer les performances à basse vitesse mais ayant à l'inverse diminué l'incidence de décrochage, les apex permettent d'accroître la portance à forte incidence.

Pour le contrôle du vol, huit commandes sont installées sur les ailes. Sur le bord de fuite des deux ailes sont placés deux grands élevons, conjuguant l'action d'une gouverne de tangage (volet de profondeur) à celle de roulis. Sur le bord d'attaque sont également installés deux becs mobiles, qui permettent essentiellement d'augmenter la portance. Comparé au Rafale A, qui disposait de trois élevons et trois becs sur chaque aile, cette configuration simplifiée permet de gagner en poids et en simplicité, donc en coût et en maintenance. Contrairement aux traditions de l'aviation navale française qui met alors en service des aéronefs aux extrémités d'aile repliables, celles du Rafale, toutes versions confondues, demeurent fixes.

Selon des simulations de Dassault Aviation, le Rafale Marine est compatible avec les porte-avions dotés de tremplin[55].

Plans canard[modifier | modifier le code]

Un Rafale effectuant un « touch and go » sur le pont d'envol de l'USS John C. Stennis.

Les deux apex du Rafale sont chacun prolongés par une partie mobile dénommée plan canard, placée en position rapprochée et surélevée par rapport à l'aile. Des plans canard fixes avaient déjà été utilisés par Dassault sur le Mirage 4000. Ce dispositif permet d'adapter le flux incident sur l'aile et de diminuer voire retarder la formation de vortex en bout d'aile (tourbillon marginal), source importante de traînée[56],[57]. Conjugués aux élevons de l'aile, les plans canard augmentent la vitesse angulaire de tangage, donc la maniabilité de l'aéronef.

Mobiles, les plans canard sont placés en position rapprochée des ailes, ce qui offre au pilote, en particulier dans la version à deux sièges, une meilleure visibilité pour les missions air-sol[57]. Ils peuvent également, outre servir d'aérofreins, générer un moment cabreur : à l'atterrissage, au lieu d'être braqués vers le haut, les élevons sont légèrement braqués vers le bas, ce qui permet d'abaisser la vitesse minimale d'approche lors d'un appontage. La portance est cependant plus faible que celle de volets d'atterrissage à simple ou double fente montés sur les avions conventionnels. Le Rafale peut ainsi effectuer un décollage en moins de 400 mètres tandis que sa vitesse d'approche minimale est de 115 nœuds (213 km/h), inférieure à celle des Super-Étendard et F-8 Crusader. Les freins carbone très puissants permettent par ailleurs des distances d'atterrissage très courtes (450 m) sans utilisation de parachute de queue.

Prises d'air[modifier | modifier le code]

Les deux entrées d'air destinées à alimenter le moteur sont positionnées latéralement sous les apex et non en position ventrale comme sur le General Dynamics F-16 Fighting Falcon ou l'Eurofighter Typhoon. Cette disposition est considérée par Dassault comme le gage d'une meilleure stabilité structurelle du train d'atterrissage avant. Par ailleurs, deux entrées d'air permettent une indépendance totale des deux moteurs, ce qui signifie plus de sécurité[57] ; le risque d'aspirer des corps étrangers et de provoquer une avarie moteur est ainsi diminué ; en outre, la furtivité vis-à-vis d'une émission radar arrivant du haut (type AWACS) est augmentée, les entrées d'air étant l'un des meilleurs réflecteurs radar d'un aéronef. Les entrées d'air du Rafale ne sont pas réglables ; cela simplifie la conception, réduit le poids et les exigences en termes d'entretien, au détriment cependant d'un flux d'air optimal pour les moteurs, et donc une perte de puissance par suralimentation.

Cockpit[modifier | modifier le code]

Confort de pilotage[modifier | modifier le code]

L'accès au cockpit du Rafale se fait grâce à une échelle extérieure.

Selon Guy Miteaux Maurouard, chef pilote d'essai du Rafale, alors que traditionnellement on plaçait le pilote après avoir défini le cockpit l'équipe de projet du Rafale a innové, car c'est le premier avion dont on a conçu le cockpit autour du pilote pour lui permettre de se consacrer à sa mission en lui facilitant la vie. Par exemple explique-il :

"Il n'y a pas de raison qu'un avion soit plus difficile à mettre en route qu'une voiture. Débrouillons-nous qu'on assoit, qu'on tourne un bidule, boum les deux moteurs partent. Et bien on la fait, il y a une espèce de rototo, on le tourne par cran, poum premier cran ça ouvre l'arrivée de pétrole, deuxième cran poum ça met en route les pompes, troisième cran ça allume le démarreur, et puis après une impulsion, ding ding ça allume le moteur gauche, le moteur droit, tout part"[Note 2].

Le cockpit du Rafale est équipé d'un siège éjectable Martin-Baker Mk F16F zéro/zéro – ce qui signifie qu'il peut être utilisé à l'arrêt à une hauteur de zéro mètre au-dessus du sol – à haute vélocité, doté d'un parachute GQ Type 5000. Il est fabriqué en France par SEM-MB, une coentreprise à 50 % entre Safran et Martin-Baker[58]. De 32° sur le démonstrateur Rafale A, l'inclinaison du siège est de 29° sur le Rafale de série afin de donner au pilote, même le plus petit, un accès aux instruments et une vision optimale ; une telle inclinaison permet également de réduire la distance verticale entre le cœur et le cerveau du pilote, ce qui facilite la tenue des fortes accélérations. Avec un angle d'attaque maximal d'environ 30°, le pilote bénéficie donc d'une inclinaison de 59° et ne ressent ainsi que g, voire 7 g grâce à sa combinaison anti-G.

La poignée des gaz à 24 interrupteurs et commutateurs (à gauche) et le manche à 13 interrupteurs et commutateurs (à droite) disposent chacun d'un reposoir pour les avant-bras. De type 3M, pour Main sur Manche et Manette (HOTAS pour Hands On Throttle And Stick en anglais), ils permettent au pilote de ne jamais relâcher les commandes pour dialoguer avec le Système de navigation et d'attaque (SNA).

Enfin, un générateur d'oxygène embarqué (On-Board Oxygen Generation System, OBOGS) fabriqué par Air liquide sert à augmenter la teneur en oxygène de l'air prélevé au niveau d'un compresseur du moteur afin qu'il soit fourni directement aux pilotes. Avec l'OBOGS, la production d'oxygène est quasiment infinie et facilite la logistique : pas de production au sol, ni de chargement et d'installation des bouteilles à bord.

Interface homme-machine[modifier | modifier le code]

L'afficheur tête haute du Rafale apparaît ici en vert.

La visualisation tête haute holographique de type « Head-Up Display » (HUD) d'un champ de vision de 30 × 22° est l'outil de pilotage à court terme du décollage à l'atterrissage en passant par toutes les phases intermédiaires (y compris le combat). Il affiche des informations sur la vitesse, l'altitude, l'assiette, le cap, l'horizon artificiel, l'angle d'attaque, le temps de vol effectué, les alarmes provenant d'un capteur infrarouge, le temps de vol à parcourir des MICA, la décélération, etc. Le viseur de casque (Head-mounted display) Sextant Avionique-Intertechnique TopSight E, léger (1,45 kg), procure à l'œil droit du pilote un angle de vue de 20°, ainsi que des visualisations graphiques générées par la cible et l'instrumentation de l'appareil. Il pourra à terme remplacer complètement la visualisation tête haute à l'instar du F-35 Lightning II.

La visualisation tête moyenne présente la situation tactique sur un écran LCD couleur de 25,4 × 25,4 cm (10 pouces) placé juste en dessous et à proximité de la visualisation tête haute, d'une résolution de 1 000 × 1 000 et d'un champ de 20 × 20°. Comme cette dernière, la visualisation tête moyenne est colimatée « à l'infini » pour l'accommodation de l'œil du pilote. L'écran affiche une synthèse des différents capteurs (en particulier l'enveloppe de tir du SCALP-EG et des MICA, superposée à une cartographie synthétique). La visualisation tête moyenne comprend également deux écrans LCD couleur, tactiles et interchangeables de 15 × 15 cm, placés à gauche (plutôt affecté à la navigation) et à droite (plutôt affecté à l'armement) de l'écran principal.

Matériaux et furtivité[modifier | modifier le code]

Matériaux utilisés dans la construction du Rafale.

La surface mouillée du Rafale est composée d'environ 75 % de matériaux composites, ce qui représente près de 30 % de la masse totale de l'aéronef[59] ; en comparaison au Mirage 2000, le Rafale utilise 7 % de matériaux composites en plus. En prenant en compte tous les matériaux non conventionnels, la proportion monte à 50 % pour le Rafale de série contre seulement 30 % pour le démonstrateur Rafale A. Pour les pièces potentiellement sujettes à des chocs, telles que les becs de bord d'attaque et les plans canard, du titane est utilisé. Les becs sont d'ailleurs conçus par formage superplastique et soudage par diffusion[60]. Les ailes, les élevons, le gouvernail et environ 50 % de l'enveloppe extérieure sont réalisés en fibre de carbone, tandis que de la plus grande partie du fuselage est fabriquée à partir d'un alliage aluminium-lithium ; certaines parties du fuselage utilisent également des composites thermoplastiques[61]. Enfin, le nez, où se situe le radar, est en kevlar. Finalement, le gain de poids réalisé grâce à l'utilisation de ces matériaux est estimé à 300 kg[62].

Le Rafale est un avion semi-furtif, la configuration à aile delta et plans canard n'étant pas la configuration optimale en termes de furtivité puisque les points d'emport des armes sont uniquement placés à l'extérieur. Pour autant, des mesures ont été prises pour diminuer la signature radar du Rafale – l'utilisation étendue de matériaux composites constitue la première de ces mesures[63] – et pour réduire la surface équivalente radar (SER)[54]. Les entrées d'air ont par ailleurs été placées de telle sorte qu'il soit impossible d'avoir une vue directe sur les moteurs, les aubes du compresseur étant une source importante de réflectivité radar. Outre les matériaux composites, des matériaux absorbant les ondes radar ont également été utilisés ; la verrière est ainsi recouverte d'une fine couche d'or. Des mesures, non dévoilées par Snecma, ont enfin été prises pour réduire la signature infrarouge des moteurs[64].

Avionique et capteurs[modifier | modifier le code]

L'un des atouts majeurs du Rafale réside dans sa capacité de fusion de données multi-capteurs qui intègre les informations provenant du radar à balayage électronique RBE2, du système optronique secteur frontal (OSF), du système de guerre électronique SPECTRA, de l'IFF, des autodirecteurs infrarouge des MICA IR, et de la liaison de données L16 en fournissant au pilote une situation tactique unique, facilement interprétable ; cette fonction est dénommée FSST pour « fonction synthèse de la situation tactique ».

Radar RBE2[modifier | modifier le code]

Le Rafale est équipé d'un radar à balayage électronique RBE2 (Radar à Balayage Électronique deux plans) de 270 kg à antenne électronique passive (Passive Electronically Scanned Array ou PESA), conçu par Thales-Dassault Électronique.

Le balayage électronique permet de ne plus être limité par la vitesse du balayage mécanique[Note 15]. En déphasant les signaux émis, le RBE2-PESA permet de suivre jusqu'à 40 pistes très éloignées les unes des autres et d'en engager huit en poursuite renforcée à 100 km de distance, y compris en mode air-sol et de basculer presque simultanément du mode air-sol au mode air-air avec identification Friend or Foe (IFF) automatique[65].

Par comparaison, le F-22, qui est le chasseur le plus sophistiqué de l'US Air Force, ne peut engager que deux cibles simultanément en mode-air-sol[66],[65].

Le grand avantage du couple avion/radar Rafale F3.2/RBE2 par rapport au couple Mirage 2000N K3/ANTILOPE 5, c'est la possibilité de suivre le terrain en utilisant une base de données numériques qui libère toute la capacité du radar RBE2 pour rechercher et engager les pistes en air-air avec 6 missiles MICA avec 60 à 80 km de portée, quand le Mirage 2000N K3 doit utiliser son radar pour les deux missions avec une très faible capacité d'autoprotection par deux missiles Magic II de 15 km de portée, sans compter les performances supérieures du système SPECTRA du Rafale.

Le handicap du RBE2-PESA réside dans sa portée jugée un peu courte pour les pays ne disposant pas d'avions de type AWACS[65]. En 2006, et malgré la dotation française en AWACS (E-2 Hawkeye pour la Marine nationale et E-3 Sentry pour l'Armée de l'air), la DGA passe commande auprès de Thales d'un radar RBE2-AESA de cinquième génération possédant une antenne dite active (Active Electronically Scanned Array ou AESA). En août 2010, le premier radar RBE2-AESA sort de chaîne d'assemblage. Soixante ont été commandés par la DGA pour équiper tous les Rafale de la tranche 4 commandés pour l'armée de l'air et la marine et livrables à partir de 2013[67].

En février 2012, le premier RBE2-AESA de série est livré par Thales à Dassault Aviation pour être monté sur le Rafale monoplace C137. Le , la DGA a pris livraison du Rafale C137, premier des 60 Rafale de la tranche 4 à être équipé du nouveau radar RBE2-AESA, et premier avion de série en Europe à être doté d'un radar à antenne active. Le C137 de l'armée de l'air a été suivi du Rafale M39, premier Rafale de la Marine nationale équipé du RBE2-AESA, livré en octobre 2013 et opérationnel au sein de la 12F depuis juin 2014, lui-même suivi la même année du M40, premier Rafale M de la tranche 4, et opérationnel au sein de la 11F[68],[69].

Ce nouveau radar à antenne active permettra de continuer à poursuivre et à engager des cibles aériennes sortant du champ exploré par le radar. Il permet également le vol automatique de suivi de terrain et présente au pilote une cartographie haute résolution pour identification, recalage ou désignation de cibles terrestres ou navales[70]. Enfin, il offre une résistance accrue au brouillage.

Lors d'un essai en mai 2011, le radar RBE2-AESA monté sur le Mirage 2000 B501 a pu montrer sa capacité à détecter et à poursuivre un avion de ligne en éloignement à 140 km. La portée maximum est doublée par rapport à la version RBE2-PESA selon les pilotes et estimée à 200 km en mode air-air[8] et permettra au Rafale d'exploiter pleinement le nouveau missile Meteor. Le secteur angulaire couvert a été porté de 120° à 140° en avant de l'appareil et les capacités de résistance au brouillage ont été améliorées. La fiabilité sera accrue par rapport à la version RBE2 PESA pour atteindre, selon les industriels, 10 ans d'utilisation de l'antenne active sans intervention de maintenance[71],[72],[73]. Lors de la campagne d'essais CDG8, le Rafale M02 emportait pour la première fois un radar RBE2 AESA à bord du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle[74].

OSF[modifier | modifier le code]

Le RBE2 est placé dans le nez tandis que l'OSF est visible à l'avant, à côté de la perche de ravitaillement en vol.

Développé par Thomson-CSF et Sagem-SAT, l'optronique secteur frontal (OSF) est un système visuel passif – il n'émet donc aucun signal, ce qui lui permet de rester indétectable – composé d'une voie infrarouge bi-bande (3-5 µm et 8-12 µm) tous temps, capable de poursuivre les cibles à plus de 100 km, et d'une voie télévision Thales capable d'identifier une cible, d'en détecter l'armement, etc. à plus de 50 km. Le capteur TV est couplé à un télémètre laser de faible portée et peu discret[75]. Son faible encombrement (80 litres) lui permet d'être implanté au pied de la verrière du cockpit, proche du radar[75].

Ce système présente le grand avantage de permettre une identification visuelle à 50 kilomètres, donc le tir d'un missile MICA à 50 kilomètres en respectant les règles d'engagement strictes qui s'appliquent dans les guerres modernes, alors que la plupart des autres avions imposent à leur pilote de s'approcher pour identifier à vue, ce qui impose de ne tirer les missiles qu'à quelques kilomètres au risque d'être eux-mêmes pris pour cible. En revanche, l'OSF ne fonctionne que dans le secteur frontal du Rafale.

Nacelle de reconnaissance[modifier | modifier le code]

La nacelle de reconnaissance Thales tous temps AREOS Reco NG mesure 4,6 m et pèse 1 100 kg. Elle intègre deux capteurs : un senseur bispectral infrarouge et proche infrarouge pour la haute/moyenne altitude (HA/MA), qui permet de photographier des objectifs jusqu'à 60 nautiques, soit deux à trois fois plus loin que la nacelle PRESTO[76] des Mirage F1 CR, et un senseur infrarouge pour la très basse altitude (TBA) destiné à la photographie d'horizon à horizon à seulement 60 mètres du sol et à haute vitesse.

La nacelle connaît en permanence sa position grâce aux informations transmises par le système de navigation et d’attaque (SNA) de l’avion et par sa propre centrale d'attitude interne. Ceci permet de pointer automatiquement le senseur HA/MA pour couvrir les objectifs définis en préparation de mission, en prenant en compte le relief grâce à un modèle numérique de terrain. Les images sont transmises en vol en temps réel ou en temps différé vers une station d'aide à l'interprétation des images (SAIM). Cette station peut être déployée soit dans une cabine aménagée mobile, soit sur le porte-avions Charles de Gaulle.

Au , douze nacelles AREOS Reco NG ont été commandées par l’Armée de l’air et huit par la Marine nationale[77].

SPECTRA[modifier | modifier le code]

Les éléments constituant le capteur SPECTRA.

Le système de guerre électronique Thales-MBDA SPECTRA (Système de Protection et d'Évitement des Conduites de Tir pour RAfale) de 250 kg est le système d'autoprotection du Rafale. Le Rafale possède trois détecteurs radar de 120° (deux antennes devant les plans-canard, une antenne en haut de dérive), trois détecteurs d'alerte laser (DAL) de 120° (deux antennes sur le fuselage en bas du pare-brise, une antenne logée dans un barillet sur la dérive) et deux détecteurs de départ missile (DDM) infrarouge (deux antennes logées dans un barillet sur la dérive).

Complètement intégré dans la cellule et passif, il assure une veille dans tous les spectres sur 360° en détectant une source avec une précision de moins de 1° (suffisante pour les attaquer ou les brouiller individuellement), en l'identifiant par comparaison des signaux à une banque de données, en hiérarchisant et en localisant les menaces en mode interférométrique, en les fusionnant avec les pistes détectées par d'autres capteurs (radar, OSF), en les présentant au pilote et en lui proposant des contre-mesures. Le Rafale possède 3 brouilleurs (2 antennes à balayage électronique actives situés devant les entrées d'air et un à la base de la dérive), 4 lance-leurres modulaires à éjection vers le haut (placés à la jonction de l'aile et du fuselage) et 2 lance paillettes Spirale (qui coupent des paillettes à la demande en fonction de la longueur d'onde des radars à leurrer en bord de fuite de l'aile).

Liaison de données tactiques[modifier | modifier le code]

Si elle n'est pas à proprement parler un capteur, la liaison de donnée tactique cryptée OTAN L16 utilise un terminal MIDS-LVT (Multi-function Information Distribution System-Low Volume Terminal) de 29 kg qui permet au Rafale d'échanger, sans l'utilisation de la voix, des données tactiques complexes entre unités militaires aériennes, terrestres et maritimes dans le cadre d'une Network Centric Warfare (« guerre en réseau infocentrée »), le tout à 100 kbits/s.

Le Rafale est doté d'une fusion de données complètement intégrée au système d'armes. Elle fusionne les informations L16 (pistes des équipiers, messages PPLI (Precise Participant Location and Identification), pistes de surveillance provenant d'un centre de commandement et de contrôle) aux pistes des capteurs internes (RBE2, OSF IR ou TV, SPECTRA). Le Rafale est donc interopérable avec toutes les plateformes Liaison 16 et peut s'insérer dans n'importe quel théâtre d'opération interallié OTAN. Le système permet par exemple de détecter l'avion ravitailleur à 185 km et donc de rester plus longtemps sur la zone de patrouille. C'est aussi un outil supplémentaire pour éviter les collisions en vol[78].

Moteurs[modifier | modifier le code]

Le M88-2 au salon du Bourget 2009

Snecma débute les essais du réacteur M88-2 en , soit 8 mois à peine après la livraison à l'Armée de l'air du 1er Mirage 2000, équipé du réacteur M53. La qualification du M88-2 est obtenue le après 500 heures de vol.

Le M88-2, moteur modulaire entièrement nouveau à double corps et double flux, d'une longueur de 3,53 mètres, d'un diamètre de 69,3 cm et d'une masse de 897 kg, est développé spécialement pour le Rafale. Compact[Note 16], il délivre 50 kN de poussée à sec et 75 kN avec postcombustion, offre un rapport poussée/masse élevé et de fortes accélérations. Le M88-2 doit s'adapter au vol à basse altitude à faible consommation spécifique (et possède donc un fort taux de compression de 24,5 et des composants au rendement élevé) comme au vol à haute altitude à forte poussée spécifique (et possède donc un faible taux de dilution de 0,3). À cet effet, les innovations les plus récentes du secteur, telles que des disques de compresseur aubagés monoblocs (DAM), une chambre de combustion annulaire non polluante et des aubes et distributeurs de turbines haute pression monocristallins, sont employées.

Le moteur est régulé automatiquement à pleine autorité redondante (FADEC) par deux calculateurs, ce qui permet un pilotage sans restriction (démarrage des deux moteurs en deux minutes, et passage à la postcombustion en trois secondes) et une maintenance facilitée : les 21 modules du M88-2 sont remplaçables sans test tandis que les deux réacteurs sont remplaçables en seulement h 45. Le M88-2 bénéficie enfin d'une surface équivalente radar (SER) et une signature infrarouge (SIR) réduites.

Armement et profils de mission[modifier | modifier le code]

Le Rafale est décliné en trois versions : le Rafale M, avion monoplace pour les opérations menées à partir d'un porte-avions, et les Rafale C et Rafale B, respectivement monoplace et biplace, pour les opérations réalisées à partir d'une base terrestre. Sa particularité est de pouvoir effectuer simultanément des missions aux profils très variés – la détection de défense sol-air, le tir de missile air-air, le tir de missile air-sol – ne nécessitant aucune reconfiguration, contrairement aux avions multirôles classiques ; c'est pourquoi Dassault et la presse utilisent d'« avion omnirôle » pour décrire le Rafale[79],[80],[81].

Le Rafale est muni de 14 points d'emport externes (13 pour la version marine) et est capable d'emporter une large gamme d'armements, déjà testés ou en service. Sa capacité d'emport maximale est de 9 500 kg, ce qui en fait le seul avion de chasse au monde capable d'effectuer des missions en portant 1,5 fois sa propre masse à vide[82]. Il est capable d'atteindre une vitesse maximale de Mach 1,8 et une vitesse de supercroisière de Mach 1,4 avec 6 missiles MICA[6].

En mission de bombardement nucléaire avec 6 missiles MICA, un missile ASMPA et deux réservoirs supplémentaires de 2 000 litres, son autonomie avec ravitaillements en vol est de plus de 12 h, contre 10 h pour le Mirage 2000 NK3 malgré une plus grande vitesse du Rafale, ce qui lui permet de frapper des cibles plus éloignées : un vol de 8 800 km a été réalisé en 10 h 35 lors d'un exercice[7], ou de complexifier son itinéraire, en partant de bases surprises et de faire des détours pour contourner les défenses adverses[83].

Armement air-air[modifier | modifier le code]

Le canon Nexter DEFA 30 M791 du Rafale.
Cette arme monotube de 30 mm et 120 kg, comprenant 125 obus de type OPIT (obus perforant incendiaire traçant) et possédant une cadence de tir de 2 500 obus/minute (soit 3 secondes de tir), est placée sous l'apex de l'aile droite du Rafale, masquée par un cache qui est détruit par le premier projectile tiré. Bien que gardant la dénomination DEFA[Note 17], ce canon est très différent de ceux qui équipent les avions français depuis les années 1950. En effet, à l'époque de son développement, le cahier des charges du canon spécifiait plusieurs innovations dont la capacité de tirer sous de très forts facteurs de charges, à vitesse supersonique (Mach 1 et au-delà), et peut-être même de façon autonome, mais les restrictions budgétaires n'ont pas permis le développement de calculateurs adaptés.
  • Missiles MBDA MICA (Missile d'Interception de Combat et d'Autodéfense) :
Ces missiles tire et oublie (Fire And Forget) à moyenne portée ou d'autodéfense à courte portée, guidage électromagnétique ou infrarouge, de troisième génération, d'une portée maximum de 80 km[84] équipent également le Rafale. Quatre modes de tir sont possibles : liaison avion-missile (LAM) longue portée, longue portée sans LAM, courte portée avec autodirecteur accroché sur la cible avant départ ou après départ avec un fort dépointage sur coordonnées L16. Le MICA est un missile à grande manœuvrabilité qui remplit les missions habituellement dévolues à deux types de missiles (à courte portée et à moyenne portée). Le , le couple Rafale/MICA a réalisé une première mondiale en tirant sur un agresseur situé derrière le Rafale grâce à une désignation d'objectif transmise par liaison 16 depuis un deuxième avion, transformant ainsi l'agresseur en proie[85]. Le MICA a été commandé par la DGA à 1 110 exemplaires. En octobre 2010, 1 000 exemplaires avaient été réceptionnés par les forces françaises, qui ont disposé de l'intégralité de ce parc en 2012[86].
À moyen terme, ces missiles à longue portée, guidage inertiel et radar de troisième génération et dotés d'un statoréacteur, d'une portée de plus de 100 km et possédant une très grande NEZ (« No-Escape Zone », soit la distance à laquelle la cible n'a théoriquement aucune chance de s'en sortir), estimée entre 50 km et 60 km, devraient enfin compléter l'armement air-air du Rafale. Une première commande de 200 unités a été notifiée par la DGA en décembre 2010 pour la Marine nationale et pour l'Armée de l'air[87]. Les premiers essais de séparation d'une maquette du missile Meteor ont été réalisés avec succès les 4 et 10 octobre 2012, le premier tir sur une cible aérienne a été réalisé et avec succès le 28 avril 2015 sur le site sécurisé de DGA au large de Biscarosse[88]. La première livraison pour l'armée française est prévue en 2018[89].

Armements air-sol et air-mer[modifier | modifier le code]

Ce Rafale Air présente, de gauche à droite, un missile MICA en bout d'aile, un missile de croisière SCALP-EG, 3 bombes guidées AASM, un réservoir externe et un pod de désignation laser Damoclès.

L'armement air-surface du Rafale comprend :

Le guidage de ces bombes est effectué soit par un soldat au sol équipé d'un système de désignation laser, soit par un pod de désignation laser Damoclès qui peut être emporté par un autre avion ou, depuis janvier 2011, par le Rafale F3 en totale autonomie[90].
En version GPS-INS ou GPS-INS et image terminale infrarouge, elle permet de détruire des cibles statiques ou mobiles (chars, navires, etc.) avec une précision inférieure à un mètre et une portée de 55 km[91]. Jusqu'à 6 AASM peuvent être tirées en salve avec 0,5 s d'intervalle entre chaque tir.
Arme à longue portée, destinée à la neutralisation à distance de sécurité des pistes d'aérodrome très défendues, mis sous cocon depuis 2008/2009.
  • Le missile de croisière MBDA SCALP-EG :
Arme dérivée de l'Apache, à longue portée, guidage inertiel et infrarouge autonome, dotée d'un turboréacteur Microturbo TRI 60-30 et d'une charge « broach » de 400 kg. Les Rafale B et C peuvent emporter 2 SCALP-EG, alors que les Rafale M sont limités à un seul pour éviter des problèmes de dissymétrie en cas d'appontage.
  • Le missile de croisière préstratégique MBDA ASMPA :
Missile à moyenne portée, guidage inertiel, doté d'un statoréacteur et armé d'une nouvelle tête nucléaire, la TNA.
Missile à moyenne portée, guidage inertiel et radar. Complète l'armement air-sol pour les opérations en mer (armement air-mer).

Lancement de micro-satellites (Rafale MLA)[modifier | modifier le code]

L'étude Aldebaran (CNES-CDTI-DLR) a retenu un premier concept, celui de « Micro Lanceur Aéroporté » (MLA). L'avion de chasse, dans un vol subsonique et à forte assiette au moment de la séparation, pourrait être un Eurofighter Typhoon, ou un Rafale pour plus de possibilités (12 t contre 10 t, train du Rafale Marine renforcé notamment). Deux options ont été identifiées, pour un Rafale opérationnel :

  • Utiliser le point d'emport habituel : un lanceur monocorps permettrait de placer sur orbite des charges allant jusqu'à 50 kg ;
  • Tirer pleinement parti de la capacité d’emport du Rafale (jusqu'à 12 t), pour placer des satellites de 150 kg, avec une configuration tricorps (Trimaran), le corps central étant complété par deux corps latéraux servant à la propulsion (à propergol solide)[92].
    • Volume choisi[93] : 1,8 m (L) x 1,05 m (H) x 1,5 m (D), pour emporter des satellites comme Parasol (classe des satellites Myriade, 120 kg), 1,8 m (L) x 0,94 m (H) x 1,5 m ; Picard, satellite déjà mis sur orbite (150 kg) ; Taranis (dérivé de Myriade, 180 kg) ; 1,8 m (L) x 1,05 m (H) x 1,5 m ;
    • Exemples d'orbites / masse (Trimaran, avec des technologies standard) : SSO 800 km/98.6°, 156 kg ; SSO 268 km/96.5°, 189 kg ; EQU 268 km/0°, 268 kg[94].

Aucun tir n'a eu lieu ou n'a été programmé en 2013 avec ce concept.

Carburant[modifier | modifier le code]

La capacité des réservoirs internes du Rafale est de 4 700 kg et il peut emporter jusqu'à 6 700 kg supplémentaires avec 1 à 5 réservoirs externes de 1 250 litres chacun, 1 à 3 réservoirs externes de 2 000 litres chacun et deux réservoirs conformes (CFT en anglais, pour « Conformal Fuel Tank ») dorsaux de 1 150 litres chacun[Note 18], spécialement profilés pour minimiser leur traînée induite et ainsi allonger le rayon d'action, pour les missions de pénétration notamment. Des essais en vol supersonique ont été réalisés sur le prototype B301 avec les deux réservoirs CFT et ont montré que les dégradations de qualité de vol étaient négligeables[8]. Cependant cette configuration n'est pas utilisée sur les Rafale de l'armée Française. Enfin, la nacelle de ravitaillement Douglas d'un débit de 620 litres/minute à partir des réservoirs internes[Note 19] du Rafale permet de le gréer rapidement en « buddy-to-buddy » (ou « nounou »), apte à ravitailler un appareil Air ou Marine, tous dotés de série d'une perche de ravitaillement en vol (amovible). Cette dernière technique n'est utilisée que par les Rafale M.

Standards et configurations[modifier | modifier le code]

Les premiers standards : F1 à F3[modifier | modifier le code]

Le Rafale comprend cinq configurations types selon les profils de mission :

Missions effectuées avec deux à six missiles MICA à guidage électromagnétique ou infrarouge ou quatre MICA à guidage électromagnétique et deux Matra R550 Magic plus un réservoir supplémentaire (standard F1) ;
Missions « close air support » (CAS), effectuées avec deux missiles MICA ou deux Magic II, jusqu'à six bombes guidées AASM plus trois réservoirs supplémentaires (standard F2) ;
Missions de pénétration à longue distance, effectuées avec un (catapultage d'un porte-avions) ou deux (décollage d'une base terrestre) missiles de croisière SCALP-EG, deux missiles air-air MICA, plus trois réservoirs supplémentaires (standard F2); Lors de la campagne d'essais CDG8 à bord du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle, une nouvelle configuration F2-12M/M (M/M pour Marine/Meteor) a été testée sur le Rafale M02 avec un radar RBE2, deux missiles air-air Meteor, deux missiles air-air MICA EM, deux missiles air-air MICA IR, un missile de croisière SCALP-EG et deux réservoirs supplémentaires de 2 000 litres (standard F3)[73] ;
Missions effectuées avec un (catapultage d'un porte-avions) ou deux (décollage d'une base terrestre) missiles Exocet AM39 B2, 4 missiles air-air MICA, plus deux réservoirs supplémentaires (standard F3) ;
  • la frappe nucléaire :
Missions effectuées avec 6 missiles MICA, 4 à guidage électromagnétique et 2 à guidage infrarouge, un missile ASMPA plus deux réservoirs supplémentaires de 2 000 litres (standard F3).

Le standard F3 a été mis en service courant 2009.

Évolutions[modifier | modifier le code]

La DGA décide, au premier semestre 2006, d'injecter 400 millions d'euros dans la remise à niveau de l'avion qui se fera, une nouvelle fois, par un étalement des commandes[Note 20]. Ce standard correspondra à une mise à jour des nouvelles technologies, à une furtivité accrue et à une capacité de reconnaissance des appareils ennemis supérieure, permettant au Rafale d'égaler ses principaux concurrents, le F-35 et le F-22 américains[95]. Le standard F3R permettra également au Rafale de tirer le missile air-air longue portée Meteor[96].

Cette mise à jour, tout d'abord appelée F4 puis F3+, est désormais dénommée F3R (R pour road map). Le , à l'occasion d'une visite sur le site Dassault Aviation de Mérignac, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian annonce que le programme portant sur le nouveau standard F3R des Rafale de l'armée de l'Air et de la marine française a été notifié le par la Direction générale de l'Armement, pour un montant d'un milliard d'euros réparti sur cinq ans avec pour objectif la qualification de ce nouveau standard en 2018[97].

Le standard F3R, conditionné par l'arrivée du missile Meteor, comprend[98] :

  • L'adjonction en 2010 au radar Thales RBE2 d'une antenne active (AESA) dotée d'un millier de modules émetteurs-récepteurs à arséniure de gallium au lieu d'un seul tube à ondes progressives (TOP)[Note 21] et permettant un accroissement de 50 % de la portée ;
  • Une nouvelle version de l'OSF, l'OSF-IT, qui voit la suppression de la double voie infrarouge obsolète et se contentera d'une voie TV améliorée ;
  • L'intégration d'un détecteur infrarouge de départ missile (DDM-NG) Sagem ou Thales/MBDA à SPECTRA ;
  • une évolution du corps HP (haute pression) du réacteur, baptisée M88-2 Etape 4 Pack CGP (Coût Global de Possession), permettant une réduction du coût de la maintenance avec une durée de vie augmentée jusqu'à 50 % pour certaines pièces tournantes critiques ;
  • Le développement d'une nacelle de brouillage électromagnétique de puissance, à la façon de l'EA-18G Growler américain ;
  • L'adjonction de la nacelle de désignation laser Thales Damoclès, conférant une capacité de bombardement à 70 km de jour comme de nuit. Son capteur infrarouge opérant dans une bande moyenne lui permet de garder toute son efficacité dans des conditions atmosphériques chaudes et/ou humides. Elle permet de larguer, de façon autonome, la bombe guidée laser GBU-24 Paveway III de 1 162 kg ;
  • L'intégration d'une antenne satellitaire (SATCOM) ;
  • Éventuellement, l'adaptation de la roquette de 68 mm développée pour l'Eurocopter Tigre, voire une roquette à guidage laser, elle aussi commune aux deux appareils (Rafale/Tigre).

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Le Rafale a été mis en service en 2002[99], dans la Marine nationale et en juin 2006 dans l'Armée de l'air[100]. Au , 141 exemplaires de Rafale ont été livrés aux forces armées françaises sur les 180 commandés fermement par les gouvernements français. Pour atteindre les 286 Rafale, 106 Rafale devraient être commandés et livrés entre 2023 et 2030, mais le nouveau format du Livre blanc 2013 (225 avions pour l'armée de l'air et la Marine nationale) laisse supposer que la tranche 5 ne concernera que 45 appareils pour remplacer les derniers Mirage 2000-5F et 2000D lors de leur retrait du service. La flotte Rafale totalisait, en 2013, près de 120 000 heures de vol, dont 16 000 en opérations.

En février 2012, Dassault Aviation est entré en négociations exclusives pour la vente de 126 avions destinés à l'armée indienne pour un montant de 12 milliards de dollars, ce qui en ferait le plus gros contrat export d'armement jamais remporté par une entreprise française[101]. Le 10 avril 2015, le premier ministre indien se rend à Paris et annonce son intention de signer une commande ferme de 36 appareils qui seront tous fabriqués en France sans transfert de technologie[102].

Le Rafale est vendu à l'exportation pour la première fois en février 2015, lorsque l'Égypte et la France signent un accord de vente d'équipement militaire incluant 24 avions Rafale après de rapides négociations[103].

Le 30 avril 2015, l'Élysée confirme l'acquisition par le Qatar de 24 appareils, avec une option sur 12 appareils supplémentaires[104]. La commande initiale est de 18 monoplaces et 6 biplaces à livrer à partir de mai 2018[105].

France[modifier | modifier le code]

Rafale B/C/M

En 1992, les besoins seront révisés une première fois à la baisse ; au lieu de 336 appareils225 monoplaces C et 25 biplaces B pour l'Armée de l'air, 86 pour la Marine nationale –, seuls 294 Rafale sont finalement prévus pour les armées françaises : 234 pour l'Armée de l'air (dont 95 monoplaces C et 139 biplaces B) et 60 monoplaces M pour la Marine nationale[38]. Puis une deuxième fois, au , la cible est désormais de 286 appareils : 228 pour l'Armée de l'air et 58 pour la Marine nationale[106].

L'exécution de la loi de programmation militaire (2003-2008) et l'insuffisance de crédits (11 milliards d'euros, soit l’équivalent d’une année complète de programmation) ont par ailleurs conduit à ralentir le rythme de réalisation de la plupart des programmes non nucléaires, l'exemple le plus marquant étant celui du Rafale : la date de la dernière livraison, initialement prévue en 2010, est désormais fixée à 2025[40].

Au , 180 appareils au total avaient été commandés (63 B + 69 C + 48 M)[107]. En 2011, l'État anticipe la livraison de 11 appareils supplémentaires plus tôt que prévu, afin d'honorer une clause du contrat, signé avec l'avionneur, qui oblige l'État à garantir une cadence minimale de la chaîne de production, compte tenu du fait que le Rafale n'a pas encore trouvé d'acheteur ferme à l'export[108],[109]. En juillet 2015, 142 exemplaires du Rafale ont été livrés aux forces armées françaises sur les 180 commandés fermement par les gouvernements français : 43 monoplaces pour la Marine nationale (Rafale M43 livré en juillet 2015)[110], 53 biplaces (Rafale B353 livré en février 2015) et 46 monoplaces (Rafale C146 livré en février 2015) pour l'Armée de l'air[111]. Il reste donc 38 Rafale de la tranche 4 à livrer d'ici fin 2021[112].

Unités opérationnelles

En 1988, le premier vol d'un appareil de série est prévu pour fin 1995 avec une livraison à partir de 1996. En 1990, la formation du 1er escadron de l'Armée de l'air est repoussée de 1996 à 1999. En 1992, elle est reportée à 2000[32]. Le , la flottille 12F de l'Aviation navale, basée sur la base d'aéronautique navale (BAN) de Landivisiau, est la première unité équipée de Rafale, mais elle demeure 3 ans en phase d'expérimentation ; l'unité n'est opérationnelle que le .

Le Rafale M au standard F2 est déclaré opérationnel le . Les Rafale M2 à M10 au standard F1 ont été mis sous cocon (de facto retirés du service) sur la BAN Landivisiau. Le Rafale M1 sert toujours pour l'expérimentation de nouveaux équipements. Les 10 appareils ont déjà subi des modifications nécessaires au chantier de mise au standard F3 qui se fera entre fin 2011 et 2017 pour le coût d'environ 3 appareils neufs (300 millions d'euros)[113],[114].

L'été 2011 voit le passage d'une seconde flottille, la 11F, du Super-Étendard Modernisé (SEM) au Rafale M F3. La troisième flottille, la 17F, sera progressivement transformée du Super-Étendard Modernisé (SEM) au Rafale M F3 avec pour objectif d'être opérationnelle fin 2015. Le 42ème Rafale Marine au standard F3 est livré en avril 2015 et le 43ème Rafale Marine en juillet 2015. En tenant compte de la perte accidentelle des Rafale M18, M22, M24 et M25 et des 10 Rafale M1 à M10, en cours de modernisation pour être portés au standard F3 la Marine nationale dispose de 37 Rafale M dont 27 sont en ligne au standard F3[115][116]. Courant 2017, la marine aura reçu le dernier des dix Rafale F1, modifié au standard F3, ainsi que trois avions neufs supplémentaires, le parc atteindra alors 42 Rafale F3[110].

La première unité de l'Armée de l'air sur Rafale, l'escadron de chasse 1/7 Provence de la base aérienne 113 Saint-Dizier-Robinson destiné à la chasse-bombardement, est opérationnelle depuis le [117]. Une seconde unité, l'escadron de chasse 1/91 Gascogne destiné à la frappe nucléaire, a été créée le sur la même base aérienne, et a pris pour la première fois l'alerte nucléaire dans un exercice le , équipée du nouveau missile ASMPA[118]. Au , l'Armée de l’air a un total de 64 Rafale dont 5 au sein de l'escadron de chasse et d'expérimentation 5/330 Côte d'Argent[119]. L'escadron de chasse 2/30 Normandie-Niemen est déclaré opérationnel le 25 juin 2012 et devient ainsi le quatrième escadron Rafale.

Exportations[modifier | modifier le code]

Dassault Rafale au MAKS 2011, Russie.
Drapeau de l'Égypte Égypte
L'Égypte fait parvenir une « expression d'intérêt » pour 12 à 20 appareils en début d'été 2011, mais la situation géopolitique fait que la France n'a pas donné suite[120].
Les discussions reprennent à l'automne 2014. Le 16 février 2015, le président égyptien, le maréchal al-Sissi et le ministre de la défense français Jean-Yves Le Drian signent un accord de vente d'équipement militaire incluant 24 avions Rafale, dont 16 biplaces et 8 monoplaces[121],[122]. Les avions biplaces portent la désignation Rafale DM (Dual Egypt - le M correspond à l'initiale de Misr pour Égypte en arabe) et les avions monoplaces sont désignés Rafale EM (Export Egypt)[123]. La livraison de l'ensemble des aéronefs doit être terminée pour fin 2016. Un premier lot de 3 appareils est remis officiellement à l'Egypte[124] le 20 Juillet 2015 lors d'une cérémonie à Istres, ce sont des modèles biplaces.
Drapeau de l'Inde Inde
Article détaillé : Compétition MRCA.
Début 2012, le Rafale était très proche de remporter son premier contrat à l'étranger[125]. Dassault fournirait 126 avions multirôles pour un montant de 12 milliards de dollars à l'Indian Air Force dans le cadre de l'appel d'offres dit MRCA, lancé en 2001. Les candidats éliminés dans un premier temps pour des raisons technico-opérationnelles sont le Saab JAS 39 Gripen NG, le Mikoyan-Gourevitch MiG-35 et les General Dynamics F-16IN Super Viper et Boeing F/A-18E/F Super Hornet. Aux États-Unis, le choix indien a généré de très nombreuses critiques contre l'administration Obama et a conduit à la démission de l'ambassadeur américain en poste à New Delhi[126],[127]. La finale a vu s'affronter le Rafale et l'Eurofighter. Le 31 janvier 2012, le gouvernement indien annonce avoir choisi l'offre de Dassault, dont le coût proposé était inférieur de 22 à 26 % à celui proposé pour le Typhoon[128].
Des négociations exclusives avec l'avionneur français sont engagées et, en février 2012, le ministre de la Défense, Gérard Longuet, estime que la firme a 80 % de chances de remporter le contrat[129]. En mars 2012, le gouvernement indien informe son parlement que le montant des achats sera de 20 milliards de dollars et que les négociations exclusives avec Dassault Aviation devaient se terminer mi-2013 pour que le premier escadron opérationnel de 18 Rafale soit mis en place en 2016[130]. Le 17 janvier 2013, l'Inde évoque l'achat possible de 63 avions supplémentaires[131].
En février 2015, les négociations sont toujours en cours, le principal point d'achoppement serait le transfert de technologies et la fabrication par l'Inde de 108 des 126 appareils[132]. Toutefois le PDG de Dassault Aviation estime que, si les discussions s'éternisent effectivement, il n'y a pas pour autant de blocage. Selon lui, le partage des responsabilités est clair : « Chacun est responsable de ce qu’il fait. Nous sommes responsables de l’organisation du programme, c’est-à-dire de fournir la licence et à ce titre, on fournit les outils, la documentation, l’assistance technique, la formation, on vérifie les normes de qualité… Après, celui qui prend le marteau et qui tape sur la tôle, c’est un Indien. S’il tape à côté, il sera responsable, c’est normal[133]. ». De son côté, l'Inde a indiqué qu'elle ne prendra de décision qu'après la remise d'un ultime rapport rendu mi-mars 2015[134].
L'Inde ayant un besoin urgent de nouveaux appareils, le premier ministre indien annonce le son intention de commander trente-six appareils. Ces appareils seront produits en France et ne remettent pas en cause le contrat MRCA toujours en cours de négociation[135]. Toutefois, la commande ferme n'est toujours pas signée, le conseil d’acquisition du ministère indien de la Défense n'ayant constitué que le 13 mai 2015 le comité en charge de négocier les modalités de ladite commande[136]. Le 30 mai 2015 le ministre indien de la Défense affirme que les projets d'acquérir 126 Rafale se sont révélés «économiquement non viables, et pas nécessaires» pour son pays, et que les détails de l'achat des 36 Rafale devraient être réglés d'ici deux ou trois mois. Le premier Premier ministre nationaliste a fait part de sa volonté de limiter les importations, et de faire fabriquer 70 pour cent des matériels nécessaires dans son pays d'ici la fin de la décennie[137].
Drapeau du Qatar Qatar
Le Qatar a également entamé une évaluation technique de candidatures comprenant, en plus du Rafale, le F-15 Eagle, le F/A-18E/F Super Hornet, le JAS 39 Gripen, le F-35 Lightning II et l'Eurofighter Typhoon, pour la fourniture de 24 à 36 appareils. La décision devait être prise avant la fin 2012[138].
Le , l'Élysée confirme l'acquisition de 24 appareils, avec une option sur 12 appareils supplémentaires[104].
Le , la France signe un contrat avec le Qatar pour l'acquisition de 24 appareils[139] [140] [104]. La commande initiale est de 18 monoplaces et 6 biplaces à livrer à partir de mai 2018[105].

Prospections en cours[modifier | modifier le code]

Rafale au Bourget en 2011.
Drapeau de la Belgique Belgique
La Belgique et sa composante air ont lancé, début juin 2014, une demande d'informations à cinq fabricants afin de remplacer ses F-16 vieillissants. Il s'agirait d'un achat d'environ 40 avions de combat[141]. Parmi les candidats se trouve le Rafale, qui a de sérieuses chances. Outre ses qualités intrinsèques, d'une part un certain nombre de coopérations existent entre les aviations française et belge et d'autre part le volet « compensation industrielle » pourrait être comblé comme une des filiales du groupe Dassault, la SABCA est actuellement un des fleurons de l'industrie aéronautique belge. Cependant, certains prétendent que les ambitions personnelles de l'ancien (mais toujours membre de la majorité fédérale) ministre de la défense belge, le flamand Pieter De Crem, pourraient faire pencher la balance en faveur du F-35[142].
Drapeau du Canada Canada
Dassault a proposé le Rafale au Canada, faisant savoir que l'avion français pouvait répondre à toutes les exigences connues du ministère de la Défense canadien, qui envisage l'acquisition de 65 appareils. En , le gouvernement canadien a annoncé l'achat de 65 chasseurs furtifs F-35 Lightning II à la société américaine Lockheed Martin sans qu'aucun appel d'offres n'ait été lancé, une décision critiquée par plusieurs partis de l'opposition, notamment les néo-démocrates et les libéraux, qui ont promis l'annulation du contrat. Fin 2012, le gouvernement indique finalement réfléchir à un appel d'offres, à la vue des dérapages des coûts du F-35[143], avion dans lequel l'industrie canadienne de défense est impliquée.
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis
Les Émirats arabes unis, officiellement entrés en négociations le [144] ont vivement critiqué, le , l'offre de Dassault, jugée « non compétitive », pour remplacer leurs Mirage 2000 par 63 Rafale. Parallèlement, le 19 avril 2013, un contrat a été signé avec Lockheed Martin pour l'achat de 25 F-16E/F Block 60[145], ce qui repousse encore davantage le besoin de remplacer les Mirage 2000. Le 19 décembre 2013, BAE Systems annonce que l'Eurofighter a été écarté des négociations, laissant le Rafale seul dans la compétition[146]. Le 23 février 2015, un responsable émirati a confirmé que les négociations se poursuivaient pour une éventuelle commande de 60 appareils[147].
Drapeau de la Finlande Finlande

La Finlande a annoncé le qu'elle envisageait cinq appareils, dont le Rafale, pour remplacer d'ici à 2030 sa flotte d'avions de combats. l'appel d'offres commencerait en 2017 ou 2018, et la décision serait prise d'ici à 2021[148].

Drapeau de l'Indonésie Indonésie
Dassault Aviation a été approché par Jakarta, qui a exprimé son intérêt pour le Rafale. L'avionneur tricolore a présenté son appareil en Indonésie et attend désormais une demande d'information (RFI) suivie, éventuellement, d'une demande de proposition engageante (RFP)[149].
Drapeau de la Malaisie Malaisie
Le Rafale serait, selon le quotidien malaisien The Malay Mail, en course pour un nouveau contrat de 18 appareils visant à remplacer les MiG-29N de la force aérienne de Malaisie à l'horizon 2015. Il devrait être opposé une nouvelle fois au F/A-18E/F Super Hornet, à l'Eurofighter Typhoon et au Saab JAS 39 Gripen. Le Rafale a actuellement les faveurs des autorités malaisiennes au vu de ses capacités opérationnelles[150],[151].
Drapeau de la Pologne Pologne
La Pologne prévoit l'acquisition de 64 avions de combat multirôles d'ici 2021, dans le cadre de la modernisation de ses forces armées. Ces appareils remplaceront les vieillissants Soukhoï Su-17 et MiG-29 déjà en service. Le Rafale fait partie des prétendants potentiels, tout comme ses concurrents habituels, le F-35 Lightning II, le JAS 39 Gripen (dans ses versions E et F), le F/A-18E/F Advanced Super Hornet ainsi que la dernière version de l'Eurofighter Typhoon[152],[153],[154].

Échecs[modifier | modifier le code]

Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
En 2002, la Corée du Sud a retenu le F-15 alors que le Rafale avait les faveurs des autorités et de l'armée sud-coréennes[155],[156].
Drapeau de Singapour Singapour
En 2005, Singapour a retenu le F-15, éliminant le Rafale à la dernière minute, pourtant favori de la compétition[157].
Drapeau du Maroc Maroc
En 2007, le Maroc, achète finalement le F-16[158],[Note 22].
Drapeau du Brésil Brésil
Le , le Brésil retient pour la compétition « F-X2 », portant sur l'acquisition de 36 appareils, le Rafale, le McDonnell Douglas F-18E/F Super Hornet et le Saab JAS 39 Gripen après avoir éliminé le Soukhoï Su-35. Le Rafale est soutenu par le président Lula da Silva après des accords passés avec Dassault et avec la France, portant respectivement sur une réduction du prix et sur un transfert total de technologie, y compris les codes informatiques du Rafale, qui sont le cœur numérique de l'appareil, ce que les autres concurrents ont été réticents à accorder[159]. Mais le Rafale est sévèrement critiqué par l'armée brésilienne, qui l'estime trop onéreux et surdimensionné pour les besoins du pays, et préfère le Gripen puis le F/A-18 Super Hornet ; le syndicat des métallurgistes de São Paulo appuie également le projet suédois, estimant qu'il créera de 5 000 à 6 000 emplois directs au Brésil[160]. Toutefois, le choix possible du Rafale par l'Inde modifie la position du Brésil, qui se réserve, début 2012, la possibilité de choisir le Rafale[161]. Finalement, le 18 décembre 2013, le ministère de la défense brésilien annonce qu'il retient le Saab JAS 39 Gripen[162].
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
En 2013 les Pays-Bas optent pour le programme F-35[163], avion dans lequel l'industrie néerlandaise de défense est impliquée.
Rafale B sur la base Suisse d'Emmen.
Drapeau de la Suisse Suisse
En 2013, la Suisse choisit le le Saab Gripen (au détriment du Rafale et de l'Eurofighter Typhoon), dans le cadre du programme TTE de remplacement partiel de la flotte de F-5E Tiger II[164]. Toutefois, une contre-proposition a été faite par Dassault au Parlement suisse[165].
À la suite de cette annonce, le journal suisse Le Matin a publié un document des Forces aériennes suisses de novembre 2009 qui indique que le Rafale était leur favori, et que le Gripen choisi par le Conseil fédéral était jugé moins bon que le Rafale, en particulier pour la mission de police du ciel, mais aussi que leurs F/A-18C[166]. La capacité d'emport d'un Rafale est de 15 000 kg, soit plus que la masse maximale au décollage d'un Gripen NG (16 500 kg).
Le 18 mai 2014, les citoyens suisses rejettent cependant, lors d'un vote, le plan de financement prévoyant l'achat de 22 Gripen pour 3,126 milliards de francs suisses[167]. À la suite de ce refus, le problème du remplacement des avions helvétiques restant sans solution, la direction de Dassault n'exclut pas l'éventualité de faire une nouvelle offre si on lui en fait la demande[168]. Le 20 avril 2015, le ministre suisse de la Défense à déclaré, dans un entretien diffusé par la Radio télévision suisse, que « l’achat de nouveaux avions de combat sera évalué dès 2017 »[169].

Marques d'intérêt restées sans suites[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs autres pays, des sources officielles ou parfois des rumeurs, ont fait état de marques d'intérêt et de discussions avec Dassault Aviation. Dans le cas de l'Arabie saoudite et du Royaume-Uni, ces marques d'intérêt n'ont jamais été suivies de pourparlers sérieux et visaient seulement à faire pression sur leurs fournisseurs habituels, BAE Systems et Lockheed Martin respectivement.

Drapeau de la Grèce Grèce
En 2010, la Grèce, qui s'intéressait aussi à l'Eurofighter Typhoon, faisait partie des acquéreurs potentiels. Mais, dès cette époque, ses problèmes budgétaires rendaient peu vraisemblable cet achat selon son premier ministre Georges Papandréou[170] ;
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
En 2006, la Grande-Bretagne considérait le Rafale comme une alternative possible au F-35 pour ses porte-avions[171],[172], mais son industrie de défense est un partenaire essentiel dans la conception et la fabrication de cet avion ;
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite
L'Arabie saoudite avait déjà, en août 2006, commandé 72 Eurofighter Typhoon ;
Drapeau de la Libye Libye
En 2010, la Libye s'intéressait également au Su-35[173] ;
Drapeau d'Oman Oman
En 2012, le Sultanat d'Oman, auquel le gouvernement français avait pris l'initiative de proposer le Rafale, a finalement choisit l'Eurofighter Typhoon en remplacement de ses Jaguar[174] ;
Drapeau du Koweït Koweït
En 2012 également, le Koweït était intéressé[175] par l'éventuelle acquisition de 18 à 22 appareils. Mais en mai 2015, le Koweït a finalement signé une lettre d'intention pour l'achat de 28 F-18 à Boeing[176].

Production[modifier | modifier le code]

  • La première tranche, commandée en 1997 comprend le Rafale M1 (essais en vol), puis les Rafale M2 à M10 livrés entre 1999 et 2001, ainsi que les Rafale B301 et 302 (essais en vol) et le Rafale C101 (essais en vol), livré en avril 2003.
  • La deuxième tranche, commandée en 1999 comprend 25 Rafale B, 7 Rafale C et 16 Rafale M livrés entre décembre 2004 et novembre 2008.
  • La troisième tranche, commandée en 2004 comprend 11 Rafale B, 36 Rafale C et 12 Rafale M livrés entre septembre 2008 et juin 2013.
  • La quatrième tranche, commandée en 2009 comprend 25 Rafale B, 25 Rafale C et 10 Rafale M livrés à partir de septembre 2013, dont 11 en 2013, 26 (dont 7 Rafale M) sur la LPM 2014-2019 et 23 sur la LPM suivante.
  • Export :
    • 16 Rafale B et 8 Rafale C vendus à l'Égypte[177]. Sur les 11 avions produits annuellement, 3 Rafale sont livrés à l'Égypte dès 2015.
    • 36 Rafale vendus à l'Inde[178].
    • 18 Rafale C et 6 Rafale B vendus au Qatar + 12 Rafale en option, livrés à partir de 2018[179].

En cas de nouveaux contrats à l'exportation, la cadence de la production pourrait augmenter jusqu'à 3 avions par mois à partir de 2018[180].

Commandes
Nations Tranche 1 Tranche 2 Tranche 3 Tranche 4 Export Total
Drapeau de la France France 13 48 59 60 180
Drapeau de l'Égypte Égypte 24 24
Drapeau du Qatar Qatar 24 24
Drapeau de l'Inde Inde 36 36
Total 13 48 59 60 84 264
Livraisons programmées (>2013)[181],[182],[112] [183] [Note 23]
Nations 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 >2021 Total Commandes
Drapeau de la France France 11 11 5 6 0 1 3 9 14 60 60
Drapeau de l'Égypte Égypte 3 8 11 2 0 0 24 24
Drapeau du Qatar Qatar 11 11 2 0 24 24
Drapeau de l'Inde Inde 6 8 11 11 36 36
Total 11 11 8 14 11 20 22 22 25 167 167

Engagements[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan[modifier | modifier le code]

Catapultage d'un Rafale F2 du porte-avions USS Enterprise au large de Cannes ().
Deux Rafale, dont un à l'appontage, à bord de l'USS Harry S. Truman au large de Marseille ().

À partir du , trois Rafale de l'armée de l'Air basés à Douchanbé au Tadjikistan et trois autres de la Marine nationale déployés à bord du Charles de Gaulle débutent des opérations de soutien aux forces en Afghanistan[184]. Ces appareils sont modifiés en urgence pour pouvoir larguer des bombes à guidage laser, ce qui n'était pas prévu dans la version F2. Toutefois, ils ne sont pas autonomes et doivent compter sur les Mirage 2000 ou les Super-Étendard pour « illuminer » la cible.

Le , un Rafale M F2 de la Marine nationale largue une bombe guidée laser GBU-12 Paveway II de 277 kg à la demande des troupes néerlandaises, tandis que le , c'est au tour d'un Rafale B F2 de l'escadron de chasse 1/7 Provence de tirer une bombe guidée laser GBU-12 contre une grotte présumée abriter des Talibans dans la région de Helmand[185]. Dès le , trois Rafale (des B F2 pendant le premier détachement puis des C F2 équipés de l'AASM pendant le second), sont déployés sur la base de Kandahar en Afghanistan où ils rejoignent les trois Mirage 2000 D présents depuis le et remplacent les trois Mirage F1CR présents depuis le [186],[187],[188] ;

À partir du , trois Rafale de l'escadron de chasse 1/7 Provence de la base aérienne 113 Saint-Dizier-Robinson sont stationnés sur la base aérienne de Kandahar en Afghanistan, où ils relèvent trois Mirage 2000 D[189].

Drapeau de la Libye Libye[modifier | modifier le code]

À partir du , des Rafale de l'Armée de l'air et de l'Aviation navale françaises participent à l'opération Harmattan en Libye[190] dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies, dont l'objet est la protection des civils pris sous le feu des forces du colonel Khadafi et l'application d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Le Rafale est le premier appareil à effectuer une frappe offensive en Libye, notamment en détruisant un blindé à plus de 50 km de distance avec une munition AASM.

Le , un Rafale détruit au sol un Soko G-2 Galeb libyen, avion d'entraînement yougoslave de 1961, alors qu'il venait d'atterrir à une distance de 55 km[191].

Toujours dans le cadre de cette résolution, les Rafale français ont été impliqués dans des missions de bombardement contre les forces pro-Kadhafi et sont également crédités d'au moins quatre autres destructions d'avions et d'hélicoptères au sol[192].

Pendant les 226 jours de l'opération, 1 039 sorties et 4 539 heures de vol ont été réalisées par les Rafale de l'armée de l'air, 616 sorties et 2 364 heures de vol par ceux de la Marine. Environ 45 % des sorties, soit 850, concernaient des missions offensives, réparties approximativement de la manière suivante : environ la moitié ont donné lieu à des tirs d'armements, 45 % pour la reconnaissance et 10 % pour des missions de ravitaillement en vol, menées par les Rafale M en configuration « nounou Texaco » 2 bidons de 2 000 litres (la configuration « super nounou » de 4 bidons de 2 000 litres n'a jamais été nécessaire en raison de la proximité du champ de bataille[193],[194]).

Sans ravitaillement en vol, le Rafale peut patrouiller h 15 à 150 km de sa base, contre h 30 pour le Typhoon et h 15 pour le Gripen, caractéristiques qui ont été très utiles lors de l'application de la résolution 1973 de l'ONU en Libye. La maintenance ayant été optimisée dès la conception, seules 310 personnes ont été nécessaires pour les 16 appareils de l'armée de l'air, avec un taux de disponibilité remarquable de 95 %[195].

La confiance des instances décisionnelles dans les capacités du système de protection et d'évitement des conduites de tir du Rafale (SPECTRA) était telle que les pilotes français commencèrent les opérations sans avoir besoin de soutien aérien SEAD ou de bombardement préalable par des missiles de croisière[196].

Drapeau du Mali Mali[modifier | modifier le code]

Rafale B 113-HO de l'escadron 2/92 Aquitaine à la sortie d'un ravitaillement en vol lors d'une opération au Mali, le 17 mars 2013.

Au cours de l'opération Serval, 2 Rafale B et 1 Rafale C de la base de Saint-Dizier, ainsi que 3 Rafale C de la base de Mont-de-Marsan, ont été transférés à la base aérienne de N'Djamena pour mener des missions de bombardement contre les rebelles islamistes du nord du Mali. Après la relève des Mirage F1 CR le , les forces aériennes basées à la base aérienne de N'Djamena sont alors exclusivement composées de six Rafale.

Drapeau de l'Irak Irak[modifier | modifier le code]

Lors de l'opération Chammal, les neuf appareils basés à la base aérienne 104 Al Dhafra (Implantation militaire française aux Émirats arabes unis) participent à la lutte contre l'État islamique. Les premiers vols de reconnaissances ont lieu le 15 septembre 2014 et les premiers bombardements le 19 septembre[197].

Le porte-avions Charles-de-Gaulle, accompagné du groupe aéronaval, appareille du port militaire de Toulon le 13 janvier 2015 pour une mission d'environ cinq mois. Le 23 février il pénètre dans le Golfe Persique pour participer aux frappes aériennes contre l'état islamique en Irak[198]. Les premiers bombardements à partir des Rafale embarqués à son bord ont lieu le 25 février 2015[199].

Accidents[modifier | modifier le code]

Cinq pertes d'appareils (dont deux entraînant la mort de leurs pilotes) ont été enregistrées depuis le premier vol du Rafale A le  :

Le vers 18 h 20, le Rafale B316 immatriculé 7-HL ayant décollé de la BA 113 de Saint-Dizier (France) s'écrase dans une zone boisée de la commune de Neuvic (France), lors d'un vol d'entraînement d'une patrouille d'avions de l'escadron de chasse 1/7 Provence[200]. L'appareil évoluait en no 2 à 4 000 m d'altitude puis a disparu des écrans radar à 1 500 m d'altitude en sortant d'un virage serré à environ 800 km/h[201]. Il n'y avait qu'un seul pilote à bord, le capitaine Emmanuel Moriuser, qui ne s'est pas éjecté et est décédé. Le Rafale volait non armé, de nuit et par temps de pluie. Les conclusions de l'enquête imputent l'accident à une « désorientation spatiale » du pilote qui aurait mal apprécié la position et l'orientation réelle de son avion [202].

Le à 10 h 34 par temps de pluie, le Rafale M16 de la flottille 12F de l'aviation navale sort de la piste ouest de la BAN Lann-Bihoué lors de son atterrissage, franchissant une route et un talus sans que son train cède. Le pilote s'éjecte sans être blessé[203]. L'avion est rapidement réparé et reprend son service quelques semaines plus tard.

Le à 18 h 9, les Rafale M22 et M25 de la flottille 12F de l'aviation navale qui s'apprêtaient à regagner le porte-avions Charles de Gaulle après un vol d'essai, s'abîment en mer dans le golfe du Lion, à environ 30 kilomètres à l'est de Perpignan, à la suite de l'abordage en vol du Rafale M25 par le Rafale M22. causé par le « facteur humain » selon le rapport du Bureau enquêtes accident de la Défense (BEAD)[204], Le pilote du Rafale M25, le capitaine de corvette Yann Beaufils, a pu s'éjecter et a été secouru[205],[206],[207]. Le pilote du Rafale M22, le capitaine de frégate (R) François Duflot, est décédé.

Le , le Rafale M18 de la flottille 12F opérant depuis le porte-avions Charles de Gaulle dans le cadre de la mission Agapanthe 2010 s'est abîmé au large des côtes pakistanaises ; le pilote a réussi à s'éjecter[208]. Un problème de gestion de carburant serait à l’origine du crash.

Le , en début d’après-midi, lors d’un entraînement au combat aérien avec un F-18 du porte-avions américain USS Eisenhower, au large des côtes espagnoles, en Méditerranée, le pilote du Rafale M24 de la flottille 12F de l'aviation navale basée à Landivisiau s’est éjecté en mer. Le pilote français a été récupéré, conscient, par un Pedro US (un hélicoptère américain de sauvetage) et a été transféré à bord du porte-avions français Charles de Gaulle où il a été pris en charge par l’équipe médicale[209].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Le Rafale est mis en scène dans les jeux vidéo suivants :

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  1. M.S. Lourenço et R. Pistis, Flottille 66, t. 1 : Les messagers de l'atome, Paris, Zéphyr BD,‎ (ISBN 978-2-361-18012-6)
  2. Lumière courbe (2012)
  1. Armaggedon (1997) (ISBN 978-2913482036)
  2. T.L.D, traversée longue durée (1999) (ISBN 978-2-9134-8200-5)
  3. N.D.E, Near Death Experiment (2001) (ISBN 978-2-9134-8202-9)
  1. Présentation Alpha (2007) (ISBN 978-2-9520-6817-8)
  2. Trésor de guerre (2008) (ISBN 978-2-9527-8712-3)
  3. Opération Nexus One (2009) (ISBN 978-2-9527-8713-0)
  4. Traque en Afghanistan (2010) (ISBN 978-2-361-18005-8)
  5. Black Shark (2012) (ISBN 978-2-36118-041-6)
  • Frédéric Zumbiehl, Rafale Leader, Zéphyr BD, dessins de Matthieu Durand, couleurs de Rémi Le Capon :
  1. Foxbat (2011) (ISBN 978-2-361-18025-6)
  2. Le Troisième MiG (2012) (ISBN 978-2-361-18049-2)
51. Mystère en Antarctique (2005) (ISBN 978-2800135175)
  • Jean Yves Brouard, Missions "Kimono" , JYB éditions, dessins de Francis Nicole
13. Rafale sur l'Arctique (2012)
14. L'Île Tsiolkovski (2013)
15. Quatre Scalp (2014)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l déclaration de Bruno Revellin-Falcoz, vice-président de Dassault 2000-2006 et directeur technique lors du développement du Rafale. (Rafale Confidential, un film de Gregory Le Moigne et Galaxie Presse en 2013)
  2. a, b, c et d déclaration de Guy Miteaux-Maurouard, pilote d'essai de Dassault 1969-1986 puis chef pilote d'essai de 1986-2001. (Rafale Confidential, un film de Gregory Le Moigne et Galaxie Presse en 2013)
  3. Finalement la loi sera abrogée pour permettre l'acquisition de Harrier Brintanniques.
  4. La potentialité commerciale du réacteur M88 représente alors 5,6 milliards d'euros (valeur de l'euro en ).
  5. a et b déclaration de Jean-Claude Hironde, directeur général technique adjoint de Dassault Aviation 1997-2007 et Responsable technique de l'ensemble du programme ACX/Rafale de de la conception aux essais en vol. (Rafale Confidential, un film de Gregory Le Moigne et Galaxie Presse en 2013)
  6. « L'ACX fut baptisé Rafale, évoquant ainsi à la fois le souffle, le dynamisme et l'esprit de société », selon François Robineau, Rafale : les ailes du futur, Le Cherche midi, Paris, 1994 (ISBN 2-8627-4355-0)
  7. En 1987, on évoque le retrait du F-8 Crusader en 1993 au plus tard tout en rappelant que le Rafale M ne sera pas disponible avant 1996.
  8. Selon le site French Navy, ces essais ont pour but d'étudier le champ visuel dont dispose le pilote lors de la manœuvre d'approche et de l'appontage, ainsi qu'à analyser le comportement et la stabilité du prototype Rafale A lors des approches par l'arrière, c'est-à-dire dans les turbulences occasionnées par le sillage du porte-avions, qui concluront à une vitesse d'approche finale de 255 km/h (10 km/h inférieure à celle du Super-Étendard) et une incidence de 14,5° (pouvant aller jusqu'à 16°) [lire en ligne]
  9. L'US Navy, qui a désarmé trois porte-avions, possède environ 80 F/A-18E Hornet disponibles immédiatement qu'elle se propose de vendre à la Marine nationale au prix imbattable de 206 millions de francs l'unité
  10. Plus tard, le , le chef d'État-major de l'armée de l'Air Jean Rannou propose l'abandon du programme et est qualifié de « général d'opérette », un sobriquet dont on n'affuble pas le ministre de la Défense français Hervé Morin qui, le 10 puis le , dénonce dans La Tribune « cet avion sophistiqué et difficile à vendre ».
  11. a, b, c et d déclaration de Yves Kerhervé, pilote d'essai Marine de Dassault de 1991-2000. (Rafale Confidential, un film de Gregory Le Moigne et Galaxie Presse en 2013)
  12. déclaration de Jean Calmont, Ingénieur en chef SNECMA M88. (Rafale Confidential, un film de Gregory Le Moigne et Galaxie Presse en 2013).
  13. Un seul Rafale avec ses 14 points d’emport a une capacité (6 missiles air-air, une nacelle de désignation laser, six bombes de 250 kg et 3 bidons de 2 000 l) équivalente à celle de deux Gripen (8 points d'emport), de trois Mirage 2000 (un mirage 2000-5 avec 6 missiles air-air et deux mirage 2000D avec 2 bombes chacun), ou de 2 F-35 (7 points d’emport)
  14. Capitaine Romain auteur de "Rafale en Afghanistan",  journal de guerre qui relate son expérience au combat contre les Talibans et paru aux éditions VARIO en 2008, ISBN 2-913663-21-4 et préfacé par le Général de Corps Aérien (ER) Michel Forget.
  15. Un radar à balayage mécanique est bien envisagé au début du programme sous le nom RDX, qui donne naissance au radar RDY des Mirage 2000-5 et -9
  16. À poussée égale, le M88-2 est plus court et plus léger de moitié que l'Atar 9K50 du Mirage F1 tandis qu'à masse égale, il délivre deux fois plus de poussée que l'Adour du Jaguar.
  17. Acronyme pour la Direction des études et fabrications d'armement, renommée Groupement industriel des armements terrestres (GIAT) en 1973 avant sa privatisation partielle en 1990 sous le nom de GIAT Industries puis son changement d'identité en Nexter fin 2006.
  18. Testés le et dotant l'appareil d'une capacité en carburant totale de 10 800 litres.
  19. Pour les missions « nounou », la Marine nationale utilise parfois des configurations à quatre réservoirs externes.
  20. Le financement de la remise à niveau de l'avion « passera sans doute par la réduction à 51 avions de la commande de 59 signée en 2004 » (46 Air et 13 Marine), selon « Le Rafale, un champion incontesté de la polyvalence », dans Air et Cosmos hors-série (ISSN 1240-3113) (juin 2004)
  21. La durée de vie du TOP est seulement d'une centaine d'heures et, en cas de panne, c'est l'ensemble du RBE2 qui se retrouve hors-service
  22. Si la puissance militaro-diplomatique américaine a joué, sous la forme de packages inclus dans les Foreign Military Sales, a contrario, la vente de 12 à 18 avions au Maroc, qui semblait acquise, puisque financée en partie par l'Arabie saoudite, a échoué à la suite de manque de coordination entre la DGA, Dassault Aviation et de l'État-major de l'Armée de l'air française
  23. Le Chef d'état-major de l'armée de l'air française a déclaré : Les livraisons de Rafale sont prévues de reprendre en 2021...D'ici à 2019, mon objectif est que tous les Rafale prévus pour la LPM soient livrés, y compris les six prélevés sur les chaînes d'assemblement au profit de l'Égypte". La 2014-2019 prévoit 26 Rafale dont 7 pour la Marine.

Références[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages
Revues
  • « Le Rafale, un champion incontesté de la polyvalence », Air et Cosmos, no hors-série,‎ (ISSN 1240-3113)
  • Claude Carlier, « Les hésitations des états-majors face au renouvellement des matériels aériens », Stratégique, no 53,‎ (ISSN 0224-0424, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Aéronefs comparables

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Le Rafale sur le site officiel de Dassault Aviation
  • Le Rafale M sur le site de la Marine nationale