Wolters Kluwer

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Logo de la maison d'édition
Repères historiques
Création 1836
Fiche d’identité
Siège social Alphen aan den Rijn (Pays-Bas)
Collections Lamy - Liaisons sociales
Titres phares Liaisons sociales quotidien; Lamyline; Kleos
Effectif 19 000 (2016)
Site web Site officiel
Données financières
Chiffre d'affaires en diminution 4,4 milliards (2017)[1]

Wolters Kluwer est une société néerlandaise d'édition professionnelle. Elle emploie 19 000 personnes. Son siège social est à Alphen aan den Rijn[2], aux Pays-Bas.

Historique[modifier | modifier le code]

L'origine de ce groupe remonte à 1836 quand, Jan-Berend Wolters fonde une maison d'édition scolaire à Groningue.

En 1968, Wolters et la maison Noordhoff, fondée en 1856, fusionnent sous le nom de Wolters-Noordhoff.

En 1972, le groupe absorbe Information and Communications Union (ICU) et forme Wolters-Samson en 1983.

En 1987, pour contrer une tentative de rachat par Elsevier, l'éditeur Kluwer fusionne avec Wolters-Samson : le nouveau groupe, appelé Wolters Kluwer, devient le numéro 2 de l'édition néerlandaise[réf. nécessaire]. Par la suite commence une politique d'expansion internationale[réf. nécessaire].

En 1989, Wolters Kluwer s’implante en France avec l’acquisition de la maison d'édition Lamy, suivie en septembre 1994 du groupe Lamarre, puis en 1995 de celle de Dalian et enfin du Groupe Liaisons en 1996[3][réf. insuffisante].

Wolters Kluwer France[modifier | modifier le code]

Wolters Kluwer France (WKF) est la filiale française du groupe néerlandais d’édition et d’information professionnelle Wolters Kluwer. WKF est un éditeur multisupports pour les professionnels du droit (édition papier, numérique, en ligne et progiciels, formation, etc.).

En 2007, lors de la création de la filiale Wolters Kluwer France, la multinationale fusionne 9 sociétés dont elle est propriétaire, parmi lesquelles Lamy et Groupe Liaisons[4],[5]. Les filiales fusionnées sont alors achetées pour 753 millions d’euros par une holding appartenant à WKF lors d'un achat à effet de levier[4], baptisé "opération Cosmos", pour lequel elle s'endette à hauteur de 445 millions d'euros auprès de sa maison mère[5],[4]. Les taux pratiqués pour cet emprunt dépassent les 7%, ce qui est supérieur aux taux du marché[5]. En se rachetant à lui même, le groupe WKF s'endette structurellement, obérant ainsi sa rentabilité au profit de la maison mère. Cette remontée de trésorerie permet au groupe français de payer l'impôt sur les sociétés aux Pays-Bas (15% des dividendes) plutôt qu'en France (33,33 %)[4],[5]. Cette manipulation comptable à fin d'optimisation fiscale a pour effet de réduire le bénéfice déclaré par WKF, ce qui a des conséquences sur le calcul de la participation aux bénéfices versée aux employés qui n'ont plus touché aucune participation depuis 2008[5]. C'est sur ce point que les syndicats CFDT, CGT, CNT, et SNJ entament une procédure judiciaire[6] qui allait durer plus de 10 ans[7].

Depuis de nombreuses années, la filiale française connait donc une décroissance de son chiffre d'affaires. Pour pallier cette décroissance, elle optimise fiscalement ses résultats au détriment de ses salariés[8] et licencie ses salariés sans respecter ni le droit ni les lois françaises[9].

WKF obtient une première victoire en 2015 au tribunal de grande instance de Nanterre, qui estime que les syndicats ne peuvent pas contester le montant du bénéfice de l’entreprise qui a été validé par le commissaire aux comptes. En revanche, la cour d'appel de Versailles estime en février 2016, que WKF a eu recours à des « manœuvres frauduleuses » et condamne le groupe à verser à ses salariés le montant de la participation qu'ils auraient pu percevoir. Ce montant s'estimerait à plusieurs millions d'euros[5]. La cour estime en outre que les effets de l'opération Cosmos ont sciemment été dissimulés au comité d'entreprise, ce qui constitue un fait aggravant[5]. Elle souligne aussi l'ironie de voir une société spécialisée dans l'édition d'ouvrages sur le droit du travail pratiquer de telles manœuvres, et considère que l'expertise juridique du groupe met en évidence le caractère délibéré des omissions commises[5].

Le 28 février 2018, la chambre sociale de la cour de cassation annule la décision de la cour de Versailles[7]. Elle invoque l'article L3326-1 du code du travail qui empêche de remettre en cause le montant du bénéfice de l'entreprise une fois que celui-ci a été attesté par le commissaire aux comptes[10]. Ce faisant la cour de cassation ne nie pas que le schéma d'optimisation fiscale ait pu avoir des conséquences sur la participation des salariés. Elle déclare que WKF ne peut pas être condamné « Quand bien même l'action des syndicats était fondée sur la fraude ou l'abus de droit invoqués à l'encontre des actes de gestion de la société »[11].

CT[modifier | modifier le code]

CT Corporation (ou Corporation Trust Company) est une filiale de Wolters Kluwer, acquise en 1995[12]. Cette société fournit des logiciels et des services d'expertise, notamment juridiques, aux entreprises. C'est aussi la plus grande société boîte aux lettres (registered agent service firm en anglais) au monde[13]. Elle possède le Corporation Trust Center, au 1209 Orange Street à Wilmington, dans l'État du Delaware[Où ?], État souvent considéré comme un paradis fiscal en raison de sa législation fiscale complaisante[5]. Ce seul bâtiment sert d'adresse légale à plus de 285000 entreprises[14],[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sylvie Caron, « Wolters Kluwer 2016 Full-Year Report »
  2. « Wolters Kluwer | At a Glance », sur www.wolterskluwer.com (consulté le 14 septembre 2015)
  3. « Dates clés - Wolters Kluwer France » (consulté le 14 septembre 2015)
  4. a b c et d Leïla de Comarmond et Ingrid Feuerstein, « Les syndicats trouvent une parade à l'optimisation fiscale », sur www.lesechos.fr (consulté le 4 mars 2018)
  5. a b c d e f g h i et j Dan Israel, « Optimisation fiscale et arnaque salariale: un éditeur condamné par la justice », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  6. « Sur fond d’optimisation fiscale, la participation aux bénéfices, un droit pour les salariés remis en cause dans les grands groupes ? », CGT Wolters Kluwer France,‎ (lire en ligne)
  7. a et b « «Il faut armer les syndicats contre l'évasion fiscale» », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  8. « Editions Wolters Kluwer : l'optimisation fiscale était trop belle », leparisien.fr,‎ (lire en ligne)
  9. « Ce n'est pas tous les jours la journée de la femme chez Wolters Kluwer », sur Ze Mag, (consulté le 25 octobre 2018)
  10. Code du travail - Article L3326-1 (lire en ligne)
  11. « Optimisation fiscale : la justice inflige un revers aux syndicats - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le 4 mars 2018)
  12. (en) « A Century of Expertise », sur ct.wolterskluwer.com (consulté le 3 mars 2018)
  13. (en) « Global Corporate Compliance by local Corporate Guide », sur www.northwestregisteredagent.com/ (consulté le 3 mars 2018)
  14. (en-US) Leslie Wayne, « How Delaware Thrives as a Corporate Tax Haven », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]