Système de combat aérien du futur

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Le système de combat aérien du futur (SCAF) (en anglais Future Combat Air System (FCAS)) désigne un programme de développement en coopération européenne d'un système de combat aérien associant à l'horizon 2040 un nouvel avion de combat de sixième génération à un large éventail d’éléments interconnectés et interopérables comme des drones et faisant largement appel à l'intelligence artificielle.

La France et le Royaume-Uni s'associent à partir de 2014 pour mener les études puis réaliser un démonstrateur du FCAS, mais cette coopération est interrompue. En 2017, la France et l'Allemagne engagent une coopération dans ce même objectif de réaliser un système de combat aérien du futur au titre de laquelle un premier contrat d'études est notifié en février 2019. En parallèle, les Britanniques annoncent en juillet 2018 le lancement du Tempest, leur propre concept d'avion de combat de future génération.

Études nationales[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Dassault Neuron et BAE Systems Taranis.

Le programme Neuron est lancé en 2003. Dassault Aviation est le maître d’œuvre, allié à des industriels européens. Son premier vol a lieu le 1er décembre 2012 en France.

Le programme Taranis est notifié par Londres à BAE Systems en décembre 2006, pour un montant global d’approximativement 180 millions de livres. L’objectif premier est le développement d’une plateforme avec les meilleures performances de furtivité, à l’inverse ce démonstrateur n’intègre pas d’armement. Ses essais en vol d’une durée de six mois débutent en 2013[1].

Programme franco-britannique (2010 - 2018)[modifier | modifier le code]

Maquette du drone envisagé pour le système de combat aérien futur au Salon du Bourget 2015.

Les accords de Lancaster House, signés fin 2010 entre Paris et Londres prévoient une coopération militaire entre les deux pays. En juillet 2012, 13 millions d’euros sont débloqués pour une « phase de préparation d’un programme de démonstration d’un futur système de combat aérien » (FCAS DPPP). Puis, au sommet franco-britannique de Brize Norton en 2014, François Hollande et David Cameron s’engagent sur ce système de systèmes, centré autour d’un drone de combat. Ce n’est pas une simple amélioration du Neuron et du Taranis, il prend en compte l’aspect militaire en intégrant des systèmes d’armes[2],[3].

Les deux pays lancent en 2014 des études préliminaires, portant sur les architectures, les technologies clés et sur les moyens de simulation, par un contrat de 150 millions d’euros[4]. Les études sont supervisées par la direction générale de l'Armement et le Defence Equipment and Support (en) et confiées aux industriels Dassault Aviation, BAE Systems, Thales, Leonardo, Rolls-Royce et Safran Aircraft Engines[5].

Au sommet franco-britannique d’Amiens en 2016, les deux pays engagent la phase suivante de réalisation d’un démonstrateur[6]. La poursuite du développement de ce démonstrateur n'est pas confirmée au sommet de janvier 2018[7].

Par la suite, les Britanniques annoncent lors du salon de Farnborough en juillet 2018 le lancement du Tempest, leur propre concept d'avion de combat de future génération[8],[9]. Il doit répondre aux besoins exprimés par le ministère britannique de la Défense dans le document Combat air strategy: An ambitious vision for the future publié également en juillet 2018[10].

Programme franco-allemand (2017 -)[modifier | modifier le code]

New Generation Fighter (NGF)
Constructeur Drapeau : France Dassault Aviation
Drapeau : Europe Airbus Defence and Space
Rôle Avion multirôle
Statut Projet à venir
Premier vol Prévu en 2025 (démonstrateur)
Prévu en 2038
Mise en service Prévue en 2040

Lancement politique[modifier | modifier le code]

Le 13 juillet 2017, la chancelière Angela Merkel et le président Emmanuel Macron annoncent, lors d'une réunion du Conseil des ministres franco-allemand à Paris, leur intention de poursuivre ou de lancer le développement conjoint de plusieurs systèmes d'armes dont un système de combat aérien européen, sous la direction des deux pays (SCAF)[11],[12],[13],[note 1].

Lors du salon Innovation and Leadership in Aerospace (ILA) à Berlin[14], Dassault Aviation et Airbus Defence and Space annoncent le un accord de coopération pour réaliser le SCAF[15]. Le 26 avril 2018, le lieutenant-général Erhard Bühler et le général d'armée aérienne André Lanata signent le document de définition des exigences opérationnelles communes, qui définit les tâches essentielles de l'avion[16],[7]. Du côté allemand, ces exigences s'inscrivent dans la Militärische Luftfahrtstrategie (nouvelle stratégie militaire aérienne) publiée en 2016[17].

Le 19 juin 2018, les deux ministres allemand et français signent une nouvelle lettre d'intention. La lettre d’intention désigne la France comme nation leader sur le projet. Elle prévoit également que d’autres partenaires, en particulier européens, puissent se joindre à la réalisation du projet[18].

Le SCAF doit compléter puis remplacer les Mirage 2000 et les Rafale de l'Armée de l'air française ainsi que les Tornado et les Typhoon[19] de la Luftwaffe.

Contrat d'études[modifier | modifier le code]

En présence de la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, et de son homologue française, Florence Parly, le 6 février 2019 à Gennevilliers, un premier marché d'étude de concept commune de 65 millions d'euros est notifié à Dassault Aviation et Airbus Defence and Space. Les deux industriels précisent que cette étude commune vise à « conceptualiser les différentes capacités du SCAF et à jeter les bases de leur définition et industrialisation future, en vue d'une capacité opérationnelle complète à l'horizon 2040. Dans cette optique, des programmes de démonstrateurs seront préparés et lancés à l'occasion du prochain salon du Bourget »[20],[21],[22]

Le même jour, le groupe technologique français Safran Aircraft Engines (ex-Snecma) et le motoriste allemand MTU Aero Engines signent un accord de coopération pour le développement de nouveaux moteurs à réaction pour le futur avion[22].

Participation de l'Espagne[modifier | modifier le code]

L'Espagne, qui dispose d'une flotte de Typhoon et de F/A-18 Hornet, est depuis le départ observateur du programme SCAF[21]. Une lettre d'intention signée le 14 février 2019 par les ministres de la Défense de l'Allemagne, de l'Espagne et de la France acte la volonté des Espagnols d'être associés à ce programme, selon des modalités qui restent à préciser[23].

Définition des besoins opérationnels[modifier | modifier le code]

Selon la fiche d’expression des besoins signée par les états-majors français et allemands, le système devra « répondre aux exigences de l’ensemble des missions air-air et air-surface. » Pour cela, il disposera de « capacités de supériorité aérienne face aux menaces aériennes futures » tout en étant capable « d’engager l’ensemble des cibles d’intérêt pour les opérations air surface. » Il devra également être furtif, intégré avec les moyens de l'OTAN et de l'UE, et pourra être emporté par un porte avion[24].

La lettre d'intention de juin 2018 précise que le futur système de combat aérien « rassemblera autour d’un nouvel avion de combat polyvalent, adapté aux menaces aériennes contemporaines et exploitant le potentiel de l’intelligence artificielle, des moyens de combat travaillant en réseau, dont des drones de différents types »[18],[15].

En octobre 2018, Dassault Aviation dévoile, au cours du salon Euronaval, une maquette d'avion de combat futur à l'apparence furtive évoquant celle du F-22 Raptor américain mais qui s'en distingue par l'absence d'empennage[25], à la manière du démonstrateur Neuron.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les autres systèmes mentionnés dans le relevé de conclusions du Conseil franco-allemand de défense et de sécurité du 13 juillet 2017 sont : la nouvelle génération de systèmes terrestres, les systèmes de patrouille maritime, l'Eurodrone, les avions de combat (SCAF), les hélicoptères, l'espace, la coopération numérique et l'innovation.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Guillaume Steuer, « Drones de combat : le Taranis de BAE Systems a volé », sur air-cosmos.com, .
  2. Dominique Gallois, « Les débuts du drone franco-anglais », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  3. Charles Foucault, « Premier contrat sur le futur drone de combat franco-britannique », sur air-cosmos.com, .
  4. Michel Cabirol, « En attendant la lune de miel, Paris et Londres se fiancent dans l'aviation de combat », sur latribune.fr, .
  5. Emmanuel Huberdeau, « FCAS: un budget franco-britannique de 2 milliards d'Euros pour un prototype », sur air-cosmos.com, .
  6. Michel Cabirol, « Drone de combat : les fiançailles entre Paris et Londres vont-elles se prolonger ? », sur latribune.fr, .
  7. a et b Jean-Dominique Merchet, « Avion de combat futur : un accord franco-allemand est imminent », .
  8. « Le Tempest, réponse britannique au FCAS européen », Aero Spatium,‎ (lire en ligne)
  9. (en) « The Future of Combat Air - Our role developing technologies for the future », sur BAE Systems, (consulté le 11 février 2019)
  10. (en) « Combat air strategy: An ambitious vision for the future », sur www.gov.uk, (consulté le 11 février 2019)
  11. « Conseil franco-allemand de défense et de sécurité Paris, 13 juillet 2017 - Relevé de conclusions », sur France-Allemagne, (consulté le 11 février 2019)
  12. (de) « Deutsch-Französischer Ministerrat - Donnerstag 13. Juli 2017 », sur Bundesregierung Deutschland, (consulté le 11 février 2019)
  13. « Les principales propositions du Conseil des Ministres franco-allemand (Paris, le 17 juillet 2017) », sur France Diplomatie, (consulté le 11 février 2019)
  14. (en) « ILA Berlin », sur ILA Berlin,
  15. a et b (en) « Dassault Aviation and Airbus join forces on Future Combat Air System », sur Dassault Aviation, (consulté le 11 février 2019)
  16. (de) « Factsheet - Future Combat Air System - Anteil Next Generation Weapon System (NGWS) - High Level Common Operational Requirements Document (HLCORD) », sur Bundesministerium der Verteidigung (ministère allemand de la Défense), (consulté le 11 février 2019)
  17. (de) « Militärische Luftfahrtstrategie 2016 », sur Bundesministerium der Verteidigung, (consulté le 11 février 2019)
  18. a et b « Communiqué de Florence Parly - Conseil des ministres franco-allemand : l'Europe de la Défense avance », sur Ministère des Armées, (consulté le 11 février 2019)
  19. « Scaf, vers un système de combat franco-allemand », Armées d'aujourd'hui, no 425,‎ , p. 13.
  20. Yann Cochennec, « Contrat d'étude de concept sur le SCAF pour Dassault et Airbus », Air & Cosmos,‎ (lire en ligne)
  21. a et b « Le futur avion de combat européen va décoller industriellement en janvier 2019 », sur La Tribune (consulté le 3 décembre 2018).
  22. a et b Véronique Guillermard, « L'avion de combat franco-allemand franchit une nouvelle étape », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  23. « L'Espagne rejoint le progamme d'avion de combat du futur (SCAF) », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  24. Laurent Lagneau, « La France et l’Allemagne ont signé la fiche d’expression des besoins opérationnels de leur futur avion de combat », .
  25. Barthélémy Philippe, « Voici à quoi pourrait ressembler le futur remplaçant du Rafale », sur capital.fr, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]