Marwan Lahoud

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Marwan Lahoud
Marwan Lahoud 2013 (cropped).jpg

En mars 2013.

Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (51 ans)
Nationalité
Formation
École polytechnique
École nationale supérieure de l'aéronautique et de l'espace (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Fratrie
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Membre de
Distinction

Marwan Lahoud (Arabe: مروان لحود), né le au Liban, est un ingénieur de l'armement libanais naturalisé français. Il a été directeur général délégué à la stratégie et au marketing du groupe Airbus jusque février 2017. En mai 2017, il est nommé président du conseil de surveillance d'OT-Morpho.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse, études[modifier | modifier le code]

Marwan Lahoud naît dans une famille de chrétiens maronites libanais[1]. Il est le fils de Victor Lahoud, un ancien officier supérieur des renseignements de l'État libanais.

Entre 1974 et 1975, sa famille s’installe près de Bourges où Marwan Lahoud suit une année scolaire à l’école Sainte-Jeanne de Saint-Martin-d'Auxigny. En 1975, le Liban est déchiré par la guerre. Élève déjà brillant, il va passer un an (la classe de troisième en 1978-1979) à Castres dans la famille du colonel Cann, chef de corps du 8e RPIMa, alors en mission dans le cadre de la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Il retourne au Liban où la guerre s’est calmée mais, en 1981, les hostilités reprennent. Pour lui éviter d'être recruté par une milice, son père le retire de l’école à 15 ans : après une attente de six mois, son père le fait émigrer seul en France en 1982, avant de le rejoindre avec le reste de sa famille. Marwan Lahoud passe son bac cette même année. Après deux ans de classes préparatoires au lycée privé Sainte-Geneviève de Versailles, il intègre l’École polytechnique[2],[3] en 1984, à l'âge de 18 ans[a]. Une première fois refusée, sa demande d'obtention de la nationalité française est acceptée grâce à l’appui de Philippe Séguin, alors ministre des Affaires sociales, chez qui son dossier est parvenu[1]. Ceci lui permet de rejoindre le corps de l'armement[b] à sa sortie de l’École polytechnique en 1986 : dans ce cadre, il choisit l'École nationale supérieure de l’aéronautique et de l'espace pour sa formation d’ingénieur de l'armement.

Haut fonctionnaire[modifier | modifier le code]

Marwan Lahoud a commencé sa carrière à la Délégation générale pour l'Armement, en 1989, comme chef du centre de calcul du Centre d’essais des Landes, puis chargé des projets de rénovation des moyens d’essais et de la coordination des investissements. En 1994, il devient chargé de mission au service technique des systèmes de missiles tactiques (STSMT) puis il est nommé peu de temps après adjoint auprès du directeur des missiles et de l’espace de la DGA, Jean-Pierre Rabault.

Fin 1995, il est conseiller pour les affaires industrielles, la recherche et l’armement au cabinet de Charles Millon, ministre de la Défense. Il participe à la restructuration des industries du secteur avec notamment l’éviction d’Alain Gomez de Thomson-CSF. Il prépare la fusion entre l'Aérospatiale et Dassault Aviation mais le processus échoue peu avant son terme, à cause de la dissolution de 1997[4].

Dirigeant dans l'industrie aéronautique[modifier | modifier le code]

Marwan Lahoud est recruté en 1998 par l'Aérospatiale et devient directeur du développement. Il y négocie en 2000 la fusion avec Matra, première étape de la création d'EADS[4]. En , Marwan Lahoud est nommé directeur adjoint au directeur délégué chargé de la coordination stratégique de la société Aérospatiale-Matra et au directeur délégué aux affaires militaires.

À la création d’EADS en , il est nommé senior vice-président « mergers and acquisitions », et, à ce titre, est chargé des opérations de fusions et acquisitions d’EADS, comme la création de la société Airbus, de MBDA, d’Astrium. Le , à l’âge de 36 ans, il devient président-directeur général de MBDA. Il présente son frère Imad à Jean-Louis Gergorin ; ces derniers deviennent ensuite les protagonistes de l’affaire Clearstream 2. La plupart des dirigeants politiques ou des affaires ont considéré qu’il ne l’a pas fait avec une mauvaise intention, et ne lui en ont pas tenu rigueur[4].

En , il est nommé chief strategy and marketing officer (directeur général délégué à la stratégie et au marketing) du groupe EADS. Il remplace à ce poste clé Jean-Paul Gut[1]. Dans ces fonctions, il négocie la fusion avec BAE Systems qui n’aboutira pas[5]. En 2012, il est nommé directeur général de EADS France, tout en conservant son poste de directeur stratégique[4].

Son nom est évoqué pour la direction d’Areva en 2012, puis celles de Thales[6] et de Safran en 2014[7].

En tant que directeur général délégué d'Airbus chargé de la stratégie, il quitte le groupe européen d'aéronautique et de défense, annonce Airbus dans un communiqué , confirmant l'information révélée par le site internet de La Tribune le . Son départ est effectif fin [8].

Participation à des institutions[modifier | modifier le code]

Marwan Lahoud a été membre des conseils d'administration de Dassault Aviation et de Technip ; membre du conseil de surveillance de l'Institut Aspen France.

Il est président du comité d'audit de BPCE (Banque Populaire Caisse d'Epargne) et président du conseil d’administration de l’Institut des hautes études scientifiques (IHES)[9], il est membre du conseil d’administration de l’association des anciens élèves et diplômé de l’École polytechnique (AX)[10]. Il est élu en juillet 2013 président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS) et il est nommé en 2014 membre du Conseil stratégique de la recherche[11].

Il est un ancien de la promotion 1999 des Young Leaders de la French-American Foundation[12].

Famille[modifier | modifier le code]

Marwan Lahoud est le frère d’Imad Lahoud, connu pour avoir été impliqué dans l'affaire Clearstream 2.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Marwan Lahoud est officier de l’ordre national de la Légion d'honneur depuis le [13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'âge moyen d’admission à l'École polytechnique est 20 ans puisque la préparation du concours nécessite deux années de scolarité en classes préparatoires scientifiques (trois années s'il y a eu un premier échec au concours), effectuées à l'issue de l'obtention du baccalauréat.
  2. En effet, les corps d’État — a fortiori celui des ingénieurs de l'armement rattaché au ministère de la Défense — ne sont pas accessibles aux élèves étrangers.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Marwan Lahoud. Une sacrée trajectoire », Le Point,‎ (lire en ligne).
  2. De la promotion X1983, cf. « Fiche de Marwan Lahoud », sur le site de l’association des anciens élèves et diplômés de l'École polytechnique (l’AX), Paris (consulté le 20 juillet 2016) ; y est notamment indiqué le grade de Marwan Lahoud dans la fonction publique : « ingénieur en chef de l'armement » ; y est aussi indiqué qu'il s'agit d’un « ancien élève étranger » désormais de nationalité française ; le codage de l'URL de sa fiche « id=19840345 » montre qu'il a passé le concours en 1984, étant enregistré sur les listes d'admission de l'année 1984, avec le no 345, i.e. avec une numérotation qui démarre après celle des trois cents élèves français admis.
  3. Ouvrir la « Page d’accueil », sur le site de la bibliothèque de l’École polytechnique, Palaiseau (consulté le 20 juillet 2016), sélectionner l’onglet « Catalogues » puis cliquer sur « Famille polytechnicienne », effectuer la recherche sur « Marwan Lahoud », résultat obtenu : « Lahoud, Marwan (X 1984) » ; ceci indique que Marwan Lahoud a réussi le concours d’entrée de l’École en 1984 et que, en tant qu'élève étranger non soumis aux obligations militaires réservées à ses collègues français de la promotion 1983, il a rejoint l'École pour suivre l'année d’enseignement qui commençait pour la promotion 1983, promotion à laquelle il a ainsi été rattaché et ce jusqu'à sa sortie de l'École.
  4. a, b, c et d Alexandra Schwartzbrod, « Marwan Lahoud. Missile dominici », Libération,‎ (lire en ligne).
  5. Guy Dutheil et Dominique Gallois, avec Frédéric Lemaître et Marc Roche, « EADS-BAE : les dessous d'une négociation au pas de charge », Le Monde,‎ .
  6. Alain Ruello, « Thales : quel successeur pour trouver un second souffle ? », sur www.lesechos.fr, .
  7. Guy Dutheil et Cédric Pietralunga, « Safran : l’État a choisi Philippe Petitcolin », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  8. Anne Bauer, « Le chef de la stratégie d’Airbus, Marwan Lahoud, quitte le groupe sans préavis », Les Échos,‎ (lire en ligne).
  9. « Accueil > Conseil d'administration », sur www.ihes.fr (consulté le 6 décembre 2014)
  10. « Accueil > L'Association > Conseil AX > Membres », sur www.ax.polytechnique.edu (consulté le 6 décembre 2014)
  11. Décret du 3 février 2014 portant nomination au Conseil stratégique de la recherche
  12. « Past Classes | French-American Foundation », sur frenchamerican.org (consulté le 19 juin 2015)
  13. Décret du 12 juillet 2013 portant promotion et nomination