Breguet Atlantic

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Breguet Br 1150 Atlantic
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Breguet Atlantic Br 1150 de la marine allemande, en 2006.
Breguet Atlantic Br 1150 de la marine allemande, en 2006.

Constructeur Drapeau : France Breguet Aviation
Rôle Avion de patrouille maritime
Premier vol
Mise en service 1965
Date de retrait Toujours en service
Équipage
13 (1 commandant, 1 copilote, 2 mécaniciens de bord, 2 observateurs,1 coordinateur tactique, 1 opérateur radio, 1 opérateur détecteur d'anomalies magnétiques, 1 navigateur, 1 radariste, 2 opérateurs de bouées sonar) ; capacité de transport de 25 personnes, équipages constitués pour 2 ans.
Motorisation
Moteur Rolls-Royce Tyne RTy.20 Mk.21
Nombre 2
Type Turbopropulseur, avec injection d'eau-méthanol, hélice 4 pales Ratier
Puissance unitaire 5 740 ch sur l'arbre
Poussée unitaire (résiduelle) 500 daN
Dimensions
Envergure 36,30 m
Longueur 31,75 m
Hauteur 11,33 m
Surface alaire 120,34 m2
Masses
À vide 23 500 kg
Avec armement 26 000 kg
Maximale 46 000 kg
Performances
Vitesse maximale 650 km/h (Mach 0,63)
Plafond 9 145 m
Rayon d'action 8 000 km
Armement
Interne 8 Torpilles L4 (ATL1), Mk 44 (ATL1, Mk 46 (ATL1 et ATL2), MU90 (ATL2), missiles anti-navires Exocet AM-39 (ATL2), mines et bombes (ATL1 et ATL2), 4 x bombes à guidage laser GBU-12 Paveway II (ATL2), BLU-126 (ATL2), grenades anti-sous-marines Mk-54 (ATL1) et Mk-101 (non utilisée, ATL1), bouées sonores tailles B (ATL1), 1 LBP avec 3 paniers de 18 bouées sonar et 1 LBS avec plus de 100 bouées supplémentaires (ATL2), 1 lance-cartouches avec 40 leurres thermiques antimissiles ou 40 fusées élairantes, 2 cameras Oméra35 lance-bombettes d'exercice (ATL1 et ATL2), 9 chaînes de sauvetage SAR, SAMAR, SATER (ATL1 et ATL2)
Externe Missiles anti-navire AS-12 (ATL1), anti-radar AS-37 Martel (ATL1)
Avionique
Radar DRAA-2B (ATL1), Mesures de soutien électronique ARAR-10 (ATL1), ARAX-11 (ATL1), traitement des bouées acoustiques 2xAN/ARR-52 puis 2xAN/ARR-52A, AN/AQA-1, AN/ASA-20, 1 puis 2xAN/AQA-5, MAD DHAX-1 (ATL1), Radar DRAA-10B Iguane puis Searchmaster[1] (ATL2), FLIR JIAI-1A Tango (ATL2), traitement des signaux des bouées acoustiques 2xDSAX-1A (ATL2), Mesures de soutien électronique ARAR-13A (ATL2), MAD DHAX-3 (ATL2), Liaison de données tactiques Liaison 11 (France).

Le Breguet Br 1150 Atlantic est un avion de patrouille maritime, conçu par Breguet Aviation et produit par la SECBAT, société européenne de construction du Breguet Atlantic. Il est commercialisé depuis 1971 par la société Avions Marcel Dassault-Breguet Aviation (AMD-BA) devenue en 1990 Dassault Aviation. Il a été construit en 115 exemplaires dans deux versions et mis en service par 5 pays.

L'Atlantique 2, ou en abrégé ATL2, seconde version du Br 1150 Atlantic, est actuellement en service dans l'aéronautique navale française. Il est à noter que l'orthographe du nom de l'avion a été modifiée par le président de la République François Mitterrand (Atlantique au lieu de Atlantic) ; cela marque la différence entre le Bréguet Atlantic 1150, premier du nom, issu d'un programme de l'OTAN, alors que l'Atlantique 2 est purement français ; Pour la France, il s’agit d’un programme majeur, les avions de patrouille maritime sont cruciaux pour la protection des sous-marins de la Force océanique stratégique (FOST) et depuis le retrait du service des Nimrod des sous-marins Vanguard de la dissuasion du Royaume-Uni.

Conception[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1950, il est évident que l'URSS ambitionne d'utiliser les sous-marins de la marine soviétique contre les marines de l'OTAN en cas de conflit et que les Lockheed P2V-6 et P2V-7Neptune américains ne satisferont pas longtemps aux exigences de lutte anti-sous-marine. En 1956, les membres du Conseil de l'OTAN constatent qu'il leur faut un avion de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine à long rayon d'action.

Le Br 1150 Atlantic (ATL1)[modifier | modifier le code]

Le programme Breguet Br 1150 Atlantic (biturbopropulseur Rolls-Royce Tyne) est sélectionné en 1959 parmi 20 projets. En 1967, la société Dassault qui reprend Breguet-Aviation hérite de deux programmes en cours de cette société, l'Atlantic et le Jaguar.

Le Breguet Br 1150 Atlantic a la particularité d'être le seul avion de patrouille maritime au monde spécialement conçu pour sa mission et non dérivé d'un avion commercial civil. Première opération de coopération européenne sur ce type d'avion (Fokker, Dornier, SABCA, Rolls-Royce, MTU, etc.), le programme bénéficie d'une certaine identité de vue des marines de guerre sur la lutte anti-sous-marine. La société Breguet est désignée comme maître d'œuvre technique de l'appareil. Le , la Société européenne de construction de l'avion Breguet Atlantic (SECBAT) est créée. Quatre prototypes sont réalisés. Le premier vole à Toulouse, le , aux mains de Bernard Witt avec René Périneau et Romeo Zinzoni.

La commande officielle de la première tranche est passée le  : 20 avions pour la France, ultérieurement portée à 40 appareils, et 20 pour la Deutsche Marine. Les deux premiers avions de série sont livrés, le no 1 à la France, le no 2 à l'Allemagne de l’Ouest le sur la BAN Nîmes-Garons. Pour les quarante premiers avions, la France reçoit les numéros de série impairs, et l'Allemagne les numéros pairs. Le dernier des 60 appareils est livré à la fin de 1968 au moment où la Koninklijke Marine néerlandaise décide d'en acquérir neuf. La Marine française lui en vend aussitôt quatre qu'elle reçoit à partir de juin 1969, les cinq autres proviennent d'une deuxième série lancée en . Le , l'Armée de l'air italienne décide d'acheter à son tour l'appareil et s'associe au consortium européen avec Aeritalia et Alfa Romeo. La production est relancée pour 18 exemplaires, plus quatre destinés à remplacer ceux vendus par la France aux Pays-Bas. En 1971, la marine française dispose de 35 appareils en service[2]. En 1976, elle cède trois de ses appareils au Pakistan. De leur côté, les États-Unis, qui avaient initialement participé au développement du Br 1150 Atlantic et financé son développement, se concentrent sur celui du Lockheed P-3 Orion qui correspond mieux à leurs besoins de patrouille maritime à plus longue distance (10 371 km.) La concurrence débute[3].

Au terme de la carrière opérationnelle du Breguet Br 1150 Atlantic dans la Koninklijke Marine en 1985, celle-ci revend les six exemplaires restant et à bout de souffle à la France qui les a acquis pour augmenter son stock de volants et rechanges spécifiques et acquiert huit Orion aux États-Unis d'Amérique que la Deutsche Marine de la République fédérale d'Allemagne a racheté ensuite d'occasion.

Les Atlantic 1 ont été produits à 87 exemplaires, dont 4 prototypes ; aéronef anti-sous-marin de l'OTAN d'une masse normale au décollage de 43,5 tonnes ; emport en soute sous trois portiques de torpilles L4, Mk 44, puis Mk 46, de grenades anti-sous-marines Mk 54 et Mk-101 (non utilisée), de bombes, de bouées sonores taille B, de lance-bombettes d'exercice, de conteneurs SAMAR ou SATER pour le sauvetage des naufragés ; emport sous voilure de missiles AS-12 puis AS-37 Martel et d'un ballonnet Breguet contenant des caméras photographiques ;

L’Atlantique 2 (ATL2)[modifier | modifier le code]

Au milieu des années 1970, compte tenu du vieillissement du parc des Br 1150 Atlantic et pour faire face à l'évolution des menaces nouvelles des sous-marins et navires de surface, la Marine française décide de mettre en service une nouvelle génération d'Atlantic. Deux prototypes Atlantique 2 (ATL2) sont réalisés à partir de deux Atlantic de première génération (no 42 et 69). Le premier effectue son premier vol à Toulouse-Blagnac le aux mains de Jacques Jesberger, de l'ingénieur d'essai Jean-Pierre Bussenot et du mécanicien d'essai Pierre Harquin. En , le ministère de la défense français annonce le lancement officiel de la production de l'Atlantique 2. Le marché d'industrialisation est notifié en . L'Atlantique 2 est produit, pour la cellule, par un consortium proche de celui qui avait produit l'ATL1 (Dornier et MBB pour la RFA, Dassault et l'Aérospatiale pour la France, Aeritalia pour l'Italie et SABCA-SONACA pour la Belgique). Mais aucun des pays européens participant à sa fabrication n'achètera cette nouvelle version. 42 Atlantique 2 avaient été initialement prévus pour la France, le programme sera arrêté après la livraison du 28e exemplaire.

En 2007, les Atlantique 2 de la marine française ont subi une cure de jouvence en recevant notamment une nouvelle avionique de bord et un complément d'équipement du système d'armes. La nouvelle avionique de bord met l'appareil en conformité avec les normes OACI afin de faciliter ses vols de transit en circulation aérienne générale. Le premier appareil ainsi modifié porte le numéro de cellule M12. Après un chantier de modification de plus d'un an sur le site de la Direction des essais en vol de Dassault Aviation à Istres, il a effectué son premier vol, avec la nouvelle suite avionique réalisée par Thalès, le aux mains d'Étienne Faurdessus, de Philippe Narbey de Dassault Aviation et du mécanicien de bord Patrick Chabanis du détachement du Centre d'Expérimentations Pratiques et de réception de l'Aéronautique navale de Nîmes-Garons.

L'ATL2 a été produit à 28 exemplaires depuis sa mise en service en 1991 et a réalisé plus de 100 000 heures de vol. C'est une version profondément modifiée de l'ATL1. Il en conserve la majeure partie de la cellule et les moteurs, à l'exception du groupe auxiliaire de puissance dont la puissance a été augmentée. Le système d'armes, à vocation anti-surface et anti-sous-marine, a été complètement modifié : tous les capteurs ont été changés, auxquels ont été adjoints un système de traitement de données et un bus numérique. L'ATL2 peut emporter, en soute exclusivement, jusqu'à 2 AM-39 Exocet, jusqu'à 8 torpilles Mk 46 ou MU90, ou un panachage (1 Exocet et 3 torpilles), des grenades, des bombes GBU12, des lance-bombettes d'exercice, des conteneurs SAMAR ou SATER ; une capacité de largage de bombes guidées laser a été récemment ajoutée. La masse normale au décollage est portée à 46 tonnes. l'autonomie est de 12h, dont 8h de patrouille à la vitesse optimale (qui consomme 1 200 kg de kérosène à l'heure) de 180 nœuds (333 km/h) sur une zone à 500 nautiques de sa base avec 4 h de transit à 270 nœuds (500 km/h). La vitesse maximale est de 350 nœuds (648 km/h). Le domaine de vol autorisé va de 100 pieds d'altitude à 30 000 pieds, bien que les vols au-delà de 26 000 pieds soient exceptionnels. Les bouées peuvent être larguées jusqu'à 15 000 pieds mais l'altitude idéale pour obtenir une bonne précision est 1 000 pieds, avec une limite basse de 500 pieds[4]. Le radar DRAAA-10B Iguane à compression d'impulsion est capable de détecter des cibles de très faibles dimensions même par mer forte. La portée peut atteindre 30 nautiques sur un Schnorchel de sous-marin , 60 nautiques sur un patrouilleur rapide et 120 nautiques sur un navire marchand[5].

Depuis le mois de , les Atlantique 2 ont reçu un complément de capacité de bombardement[6] qui leur permet d'emporter en soute et de larguer quatre bombes à guidage laser GBU-12 Paveway II. Cette capacité a été mise en œuvre lors de l'opération Serval pour la libération du Mali pendant laquelle les Atlantic 2 ont tiré plusieurs bombes à guidage laser sur des positions terroristes. La capacité de tirer en toute autonomie avec l'utilisation d'un pod de désignation laser ne sera acquise que lors de la livraison des ATL2 rénovés en 2017. En attendant l'éclairage laser nécessaire au guidage de la bombe est effectué par un autre avion, un drone ou un TacP (contrôleur aérien avancé) au sol [7]. Depuis novembre 2014, l'Atlantique 2 peut coordonner l'action d'autres avions pour la reconnaissance et la frappe au sol[8]. En juin 2015, l'Atlantique 2 fait le premier tir opérationnel de la torpille MU90[9]. En août 2015, il largue ses premières bombes laser GBU-12 durant l'opération Chammal[10].

En 2013 la DGA a notifié une commande d’un coût global de 700 millions d’euros pour rénover 15 des 22 ATL2 encore en ligne dans l'aéronavale française et leur permettre rester opérationnels au-delà de 2030. Le premier appareil rénové doit être livré en 2019, les suivants arrivant au rythme de deux à trois avions par an, le quinzième devant être livré vers 2023. Les principales amélioration sont[11].

  • Remplacement du radar DRAAA-10B Iguane par le nouveau radar à antenne active Searchmaster équipé d’une antenne active AESA, qui utilise les technologies du radar RBE2 AESA du Rafale qui apporte de multiples amélioration : portée augmentée, couverture à 360° degrés, balayage électronique vertical, permettant de couvrir simultanément des distances courtes et longues avec une détection assurée dans des conditions d’environnement extrêmes. Ce radar multifonction, d'un poids très léger de 75 kg, assuera les missions de lutte anti-sous-marine, de lutte antisurface, de patrouille maritime, de lutte aéroterrestres et de support aérien tactique. Il est optimisé pour détecter à longue portée de petits mobiles de surface, y compris les périscopes de sous-marins par mer formée, sur 360° et jusqu'à une portée de 200 nautiques. Il sera également en mesure de repérer des aéronefs, y compris de petits engins volant à très basse altitude, comme des drones[12]. Il peut poursuivre simultanément 1 000 pistes et offrira selon la DGA aux ATL2 rénové des capacités comparables à celles des P-8A Poseidon américains[13]. Le premier vol d'un ATL2 équipé d'un radar Searchmaster est effectué le 29 janvier 2016[14].
  • Ajout d’une boule optronique électro-optique Wescam MX-20D qui permet aussi la désignation de cibles et la réalisation de bombardements en autonomie grâce à l’emport de bombes guidées GBU12[14].
  • Remplacement des consoles de visualisation tactique du système de combat LOTI (Logiciel Opérationnel de Traitement de l’Information) par un nouveau modèle offrant une représentation de la situation beaucoup plus performantes[14].
  • Modernisation des moyens de lutte anti-sous-marine avec un nouveau sous-système de traitement acoustique numérique utilisant de nouvelles bouées acoustiques avec un système de traitement de données multistatique, avec positionnement par satellite et possibilité de les faire dialoguer entre elles afin d’améliorer l'analyse des bruits[14].

Opérateurs[modifier | modifier le code]

Un Atlantic pakistanais.
  • Drapeau de l'Allemagne Allemagne : la Deutsche Marine (Marineflieger) remplace à partir de ses Atlantic par 8 Lockheed P-3 Orion américains. Des 20 appareils acquis par la Marineflieger ne subsistent plus que 3 appareils ELINT, en service au sein de l'escadron Marinefliegergeschwader 3 Graf Zeppelin, unité 2.Staffel. Ces avions sont basés à Nordholz (en), sur la Mer du Nord ;
  • Drapeau de la France France: deux flottilles sont encore en activité, la 21F et la 23F sur la BAN Lann Bihoué. Elles sont constituées au de 27 appareils ATL2 (14 en ligne[15] dont 1 basé à Dakar et 1 à Djibouti) à la suite de la perte du M10 due à une sortie de piste le [16]. Au , on compte 22 appareils, 15 ont été modernisés (8 à la Flottille 21F de Nîmes et 7 à la Flottille 23F de Lann-Bihoué). Ils devraient être maintenus en service jusqu'en 2032[17] ;
  • Drapeau de l'Italie Italie : la Marina militare a retiré ses Atlantic du service [Quand ?], auparavant intégrés aux flottilles 86° Gruppo Antisomergibili (groupe anti sous-marins) et 88° Gruppo Antisomergibili, basées à Cagliari-Elmas et à Catane-Sigonella. Ils sont intégrés à l'aviation militaire italienne, 4 en service fin 2015 qui doivent être retiré en 2016[18].
  • Drapeau du Pakistan Pakistan : la Marine pakistanaise possède 2 ou 3 appareils formant le Squadron 29, basé à Sharea-Faisal, Le , un Br 1150 Atlantic de la marine pakistanaise est abattu par 2 MiG-21 indiens causant la mort de ses 16 membres d'équipage. L'un des deux MiG-21, piloté par le commandant P.K. Bundela, tire un missile à infrarouges R-60, qui atteint le moteur gauche de l'appareil et le fait partir en vrille, au-dessus d'un marais maritime à la frontière entre l'Inde et le Pakistan[19],[20].
  • Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas : à partir de 1969 la Koninklijke Marine a eu 9 Atlantic intégrés dans le VSQ 321 stationné dans la base aéronavale de Valkenburg (Hollande-Méridionale), retirés du service en 1984, et vendus à la France en 1985.

Projet avorté de l'Atlantique 3 (ATL3)[modifier | modifier le code]

Serge Dassault lors du salon du Bourget de juin 1995 annonce l'étude d'un nouvel avion Atlantic 3 (ATL3), bimoteur de la classe des 50 tonnes, basé sur les caractéristiques qui ont fait le succès de la famille ATL1 et ATL2, l’ATL3 n’en serait pas moins un système d'armes entièrement nouveau. En plus d’une nouvelle motorisation et d’une perche de ravitaillement en vol optionnelle, l’ATL3 disposerait d’un système d’armes de nouvelle génération, d’un poste de pilotage moderne adapté au pilotage à deux. Les informations de vol et de gestion de systèmes sont fournies de façon indépendante aux deux pilotes par l’intermédiaire de six écrans à cristaux liquides. Ceux-ci permettent également d’afficher la situation tactique ainsi que les images transmises par le système électro-optique (FLIR...) ou par le radar. Dassault Aviation présente ainsi un système d’armes moderne de patrouille maritime. La cellule de l’ATL3 serait, comme celle de l’ATL2, produite par le consortium européen SECBAT. Les moteurs de nouvelle génération Allison AE2100H entraînent des hélices Dowty six pales, en composite à fibres de carbone. Ces nouveaux moteurs fournissent une puissance supérieure de près de 10 % à celle des moteurs des ATL1 et ATL2, tout en offrant un gain de consommation allant jusqu’à 15 % offrant une amélioration des performances, de l'autonomie et une réduction du coût d'exploitation. Le système de mission serait basé sur une architecture distribuée avec des bus numériques redondants à haut débit, déjà qualifiés, facilitant l’intégration et le traitement des informations provenant des senseurs et des moyens de communication de technologie avancée. Il gérerait également la mise en œuvre des armements et offre de grandes possibilités d’évolution. L’équipage de base comprendrait huit personnes : deux pilotes, un coordinateur tactique et son adjoint (transmissions et navigation), deux opérateurs radar/ESM, deux opérateurs acoustiques. L’installation de postes de travail optionnels supplémentaires en tranche tactique serait possible si nécessaire. À la suite d’un appel d’offres du ministère de la Défense britannique pour le remplacement des avions de patrouille maritime Hawker Siddeley Nimrod dans la Royal Air Force, Dassault Aviation remet une offre basée sur l’ATL3 à l’été 1995. À partir de cette date, il ressort des diverses rencontres et réunions avec les responsables du programme au sein du ministère britannique que la solution recherchée par les utilisateurs repose sur un avion patrouilleur quadrimoteur de la classe 80/100 tonnes. Ce projet débouchera sur une rénovation des Nimrod, qui trop onéreuse, ne sera pas menée à bout. Compte tenu de cette situation, Dassault aviation décide de cesser le projet ATL3 en janvier 1996 et de reporter tous ses efforts sur le programme de remplacement des ATL1 initié conjointement avec l’Allemagne et l’Italie. Ces deux pays choisiront finalement l'acquisition de Lockheed P-3 Orion d'occasion et aucun ATL3 ne sera construit.

Autres caractéristiques[modifier | modifier le code]

Moteurs[modifier | modifier le code]

Le Tyne Mk.21 est un turbopropulseur mixte. Il est composé d'un compresseur BP[21] à 6 étages, d'un compresseur HP[22] à 9 étages, d'une chambre de combustion annulaire, avec 10 tubes à flammes, d'une turbine HP d'un étage, d'une turbine BP à 3 étages. C'est une variante du Tyne Mk.22 équipant l'avion de transport tactique franco-allemand C-160 Transall.

Prix unitaire : 1 375 000 €

Caractéristiques :

  • Puissances :
    • Disponible sur l'arbre : 5 740 ch
    • Fournie par la turbine HP : 6 900 ch
    • Fournie par la turbine BP : 9 850 ch
    • Absorbée par le compresseur HP : 5 000 ch
    • Absorbée par le compresseur BP : 3 950 ch
    • Poussée résiduelle : 500 daN au sol, décroit avec la vitesse et l'altitude
  • Taux de compression total : 13,6/1
  • Débit initial : 20 kg/s
  • Réducteur :
    • Type : épicycloïdal à 2 étage
    • Rapport de réduction : 15,625/1
  • Hélice :
    • Nombre de pales : 4
    • Diamètre : 4 877 mm
    • Poids : 480 kg
    • Butée :
      • Petit pas vol : 14°
      • Drapeau : 84°
      • Reverse : -17°
    • Vitesse maximale : 971 tr/min

GAP[modifier | modifier le code]

L'Atlantique est équipé d'un GAP Astadyne AST 600 1A1.

Le GAP Astadyne AST 600 1A1 (la pièce jaune est un dispositif utilisé pour le levage, et ne fait pas partie du GAP)

Il est composé d'un compresseur centrifuge, d'une chambre de combustion annulaire avec une rampe d'injection centrifuge, d'une turbine axiale à trois étages, d'un compresseur de charge (destiné à alimenter les démarreurs pneumatiques des GTP, et pour assurer la pressurisation au sol), et d'un alternateur.

Caractéristiques :

  • Puissance : 60 kW
  • Consommation : 130 L/h
  • Prix unitaire : 352 583,66 €

Galerie photographique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aurore Martin, « Le Searchmaster : nouveau radar de Thales pour l'ATL-2 », sur Aerocontact TV,‎ (consulté le 20 novembre 2014).
  2. Henri Le Masson, Les Flottes de combat 1972, Paris, Éditions maritimes et d'outre-mer, , p. 11
  3. Joseph Henrotin, « L'Atlantic(que), succès otanien pour la France », Défense et Sécurité internationale, no 41,‎ (ISSN 1772-788X)
  4. Henri-Pierre Grolleau, « Indicatif "Wally Echo" », MARINES & Forces navales, no HS N°15,‎ , p. 5-19
  5. (en) Norman Friedman, The Naval Institute Guide to World Naval Weapons Systems, 1997-1998, Naval Institute Press, (ISBN 9781557502681, lire en ligne)
  6. Jean-Dominique Merchet, « Exclusif: l'Atlantique est désormais un bombardier », sur secretdefense.blogs.liberation.fr, Libération,‎ (consulté le 10 septembre 2008)
  7. « Au Mali, les Atlantique 2 servent aussi de bombardiers », sur Mer et Marine,‎
  8. http://www.colsbleus.fr/articles/3395
  9. http://www.journal-aviation.com/actualites/29994-un-atl2-tire-une-torpille-mu90
  10. « L’Atlantique 2 de l’opération Chammal a effectué sa première frappe contre l’EI », sur Zone Militaire (consulté le 22 août 2015)
  11. « Thales lance son nouveau radar de surveillance multirôle SEARCHMASTER® | Thales Group », sur www.thalesgroup.com (consulté le 7 février 2016)
  12. « Searchmaster : Le nouveau radar de surveillance aéroporté de Thales », sur Mer et Marine (consulté le 7 février 2016)
  13. « Euronaval : Searchmaster le nouveau radar de l'ATL-2 - Air&Cosmos », sur Air et Cosmos (consulté le 7 février 2016)
  14. a, b, c et d « Rénovation des Atlantique 2 : Premiers vols du prototype avec le Searchmaster », sur Mer et Marine (consulté le 7 février 2016)
  15. Au 1er avril 2008 selon Mer et Marine [lire en ligne]
  16. « Un avion Atlantique 2 rate son atterrissage à Lorient », sur Mer et Marine
  17. Guillaume Steuer, « Le roi de la "patmar" », Air et Cosmos, no 2406,‎ , p. 29
  18. Arnaud, « Les aéronefs de l’Aeronautica Militare Italiana en 2015 et en images », sur Avions légendaires,‎ (consulté le 21 décembre 2015).
  19. (en) « The Atlantique Shoot Down », sur bharat-rakshak,‎ (consulté le 31 janvier 2013)
  20. L'article Wikipédia en anglais « Atlantique incident » décrit cette histoire en détail.
  21. Basse Pression
  22. Haute Pression

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Avion : NCD AN 204
  • Moteurs : NCD AN 124
  • (en) Paul Eden (éditeur), The Encyclopedia of Modern Military Aircraft, London, UK, Amber Books, 2004 (ISBN 1-904-68784-9)
  • David Donald et Jon Lake, Encyclopedia of world military aircraft, London Westport, CT, Aerospace AIRtime Pub, (ISBN 1-874-02395-6).
  • (en) Mark Lambert (editor), Jane's all the world's aircraft, 1993-94, Coulson, Surrey, UK Alexandria, Va, Jane's Information Group, (ISBN 0-710-61066-1).
  • "The New Generation Atlantics". Air International, November 1981, Vol. 21 No. 5. p. 213–218, 252–253.
  • (en) John Taylor (editor), Jane's all the world's aircraft, 1988-89, London New York, Jane's, (ISBN 0-710-60867-5).
  • (en) Stewart Wilson, Combat Aircraft since 1945, London, Aerospace Publications, 2000 (ISBN 1-875-67150-1)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]