Hervé Marseille

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Hervé Marseille
Illustration.
Hervé Marseille en 2020.
Fonctions
Président de l'Union des démocrates et indépendants[N 1]
En fonction depuis le
(1 an, 5 mois et 24 jours)
Élection
Secrétaire général Olivier Henno
Prédécesseur Jean-Christophe Lagarde
Président du groupe UC au Sénat
En fonction depuis le
(6 ans, 6 mois et 12 jours)
Élection
Réélection
Prédécesseur François Zocchetto
Sénateur
En fonction depuis le
(12 ans, 6 mois et 12 jours)
Élection 25 septembre 2011
Réélection 24 septembre 2017
24 septembre 2023
Circonscription Hauts-de-Seine
Groupe politique UCR (2011-2012)
UDI-UC (2012-2017)
UC (depuis 2017)
Prédécesseur Denis Badré
Vice-président du Sénat

(2 ans, 11 mois et 22 jours)
Élection
Président Gérard Larcher
Président du Syctom

(3 ans, 4 mois et 23 jours)
Élection
Prédécesseur François Dagnaud
Successeur Jacques Gautier
Conseiller général des Hauts-de-Seine

(7 ans, 9 mois et 3 jours)
Élection 21 mars 2004
27 mars 2011
Circonscription Canton de Meudon
Prédécesseur Henry Wolf
Successeur Audrey Jenback
Maire de Meudon

(18 ans, 7 mois et 11 jours)
Prédécesseur Henry Wolf
Successeur Denis Larghero
Conseiller régional d'Île-de-France

(12 ans et 5 jours)
Élection 22 mars 1992
Président Jean-Paul Huchon
Biographie
Date de naissance (69 ans)
Lieu de naissance Abbeville (France)
Nationalité Française
Parti politique UDF puis NC
UDI-FED (depuis 2012)

Hervé Marseille
Maires de Meudon

Hervé Marseille, né le à Abbeville (Somme), est un homme politique français. Sénateur des Hauts-de-Seine depuis 2011, il est président du groupe parlementaire Union centriste (UC) au Sénat depuis 2017 et du parti politique Union des démocrates et indépendants (UDI) depuis 2022. Il est également conseiller municipal de Meudon après en avoir été longtemps le maire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien responsable du Parti social-démocrate, Hervé Marseille est élu maire de Meudon en 1999 et conseiller général dans le canton de Meudon en 2004. Il soutient Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle de 2007, ce qui lui vaut une suspension de l'Union pour la démocratie française (UDF)[1]. Par la suite membre du Nouveau Centre (NC), il est désigné délégué national au sein de ses instances dirigeantes provisoires puis secrétaire général adjoint chargé des élections au congrès de Nîmes, organisé en 2008.

Entré au conseil d'administration de l'Établissement public pour l'aménagement de la région de la Défense (EPAD) le , il démissionne trois mois plus tard. Dans le même temps, Jean Sarkozy se présente à la présidence de l'EPAD, ce qui déclenche une polémique, notamment à gauche[2].

Le , par décret présidentiel, Hervé Marseille est nommé au Conseil économique, social et environnemental[3].

Il devient président du groupe UMP-NC au conseil général des Hauts-de-Seine en , après avoir été réélu avec 57 % des voix au second tour[4]. Il démissionne de son mandat de conseiller général à la suite de son élection au Sénat, après une candidature infructueuse en 2004.

En 2013, il s'oppose au mariage entre personnes de même sexe, critiquant le gouvernement pour avoir accordé une priorité à cette question sociétale dans un contexte de hausse du taux de chômage[5],[6].

Il est élu président de la Force européenne démocrate lors du congrès du , succédant à Jean-Christophe Lagarde. Il soutient Alain Juppé pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016[7].

Il est réélu sénateur en 2017 avec 14,29 % des suffrages sur la liste UDI « Avec vous, pour nos communes », qu'il mène[8]. Il devient président du groupe Union centriste en .

Le , pour respecter la loi limitant le cumul des mandats, il démissionne de sa fonction de maire de Meudon au profit de Denis Larghero[9]. Il démissionne également de la présidence du Syctom[10] et de ses autres mandats exécutifs locaux.

Il coécrit en 2021, avec Bruno Retailleau, qui occupe la présidence du groupe Les Républicains au Sénat, une résolution non-contraignante portant sur la « lutte contre toutes les formes d'antisémitisme »[11]. Cette initiative se révèle analogue à celle antérieurement adoptée de peu à l'Assemblée nationale en 2019 et qui assimile l'antisionisme à la définition de l'antisémitisme[11].

Le , il est élu président de l'UDI, succédant à Jean-Christophe Lagarde[12].

Lors d'un entretien sur Radio J le 8 février 2023, il accuse les députés La France insoumise de transformer l'Assemblée nationale « en camp de gitans » à propos des débats sur la réforme des retraites, propos qui suscitent l'indignation d'une partie de la classe politique, notamment à gauche, ainsi que de l'Association nationale des gens du voyage citoyens (ANGVC), qui déplore des « propos inacceptables » et annonce son intention de porter plainte[13]. Devant la polémique, Hervé Marseille reconnaît avoir « sûrement fait preuve d'imprudence verbale », accusant cependant les Insoumis d'avoir fait une instrumentalisation « nauséeuse » de ses propos[14]. Pour Mediapart, le silence du gouvernement, de la droite et de la plupart des médias sur cette déclaration illustre la « banalisation de l'antitsiganisme en France »[15].

Aux élections sénatoriales de 2023, tête de liste pour la quatrième fois, il est réélu[16] avec le soutien du Mouvement démocrate et de Horizons.

Prises de position[modifier | modifier le code]

Réforme des retraites[modifier | modifier le code]

Il se prononce en faveur du report de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans et d'une accélération de la réforme Touraine – laquelle prévoit que la durée de cotisation, pour obtenir une retraite à taux plein, augmente d'un trimestre tous les trois ans[17].

Cumul des mandats[modifier | modifier le code]

Le journaliste Jérôme Cordelier écrit que l'intérêt d'Hervé Marseille pour le cumul des mandats remonte à l'époque où il « a fait ses premières armes dans le sillage de Max Lejeune, maire d'[Abbeville], grand cumulard »[18]. Dans son discours de remise du prix du meilleur sénateur 2023, Nathalie Mauret analyse qu'Hervé Marseille est « l’incarnation de l’ancien monde en politique, celui où on pouvait cumuler gaiement tous les postes sans aucun soucis »[19].

En juillet 2021, Hervé Marseille dépose une proposition de loi visant à permettre à un parlementaire national et européen d’être également maire ou adjoint au maire d’une commune de moins de 10 000 habitants (soit 97 % des communes de France)[20]. Pour Hervé Marseille, « attaché à un parlementarisme ancré dans la réalité des territoires », la loi sur l’interdiction du cumul des mandats a eu des effets dommageables, alimentant le sentiment de députés et sénateurs « déconnectés du réel ». Il considère que le principal reproche lié au cumul des mandats est relatif au cumul des rémunérations. La proposition de loi prévoit ainsi d’interdire le cumul d’indemnités attaché à ces fonctions avec l’indemnité parlementaire. Adoptée par le Sénat (pour 197, contre 119), la proposition est rejetée en première lecture par l'Assemblée nationale[21].

Droit de grève[modifier | modifier le code]

En février 2024, Hervé Marseille présente une proposition de loi du groupe centriste du Sénat visant à restreindre le droit de grève en France[22]. Cette initiative cible spécifiquement le secteur des transports, proposant une réglementation stricte pendant des périodes sensibles telles que les vacances scolaires[22]. Assimilant les grévistes à des preneurs d'otages, il propose que le gouvernement ait à sa disposition un capital annuel de 60 jours d'interdiction de grève[22].

Inscription de l'IVG dans la Constitution[modifier | modifier le code]

Il s'oppose à l'inscription de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution[23].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

  • Président directeur général de Régie Inter Océans, la régie publicitaire de RFO (1988-1990)[24]
  • Maire de Meudon (1999-2017). En 2017, en raison de l'interdiction du cumul des mandats de maire et de sénateur, il renonce à la fonction de maire mais reste conseiller municipal de la ville de Meudon[25]. Il bénéficie du titre de maire honoraire.
  • Nommé conseiller d'État en service extraordinaire par décret du 7 février 2005 sur proposition du ministre des Affaires étrangères[26]. Durée de la fonction non identifiée (selon l'article L121-5 du code de justice administrative en vigueur à l'époque, "Les conseillers d'Etat en service extraordinaire sont nommés pour une durée de quatre ans non renouvelable avant l'expiration d'un délai de deux ans).[27]
  • Devient administrateur de l'Établissement public pour l'aménagement de la région de la Défense (EPAD) le 17 juillet 2009 mais démissionne trois mois plus tard, en octobre, afin de laisser sa place vacante à Jean Sarkozy afin que ce dernier puisse se présenter à la présidence de l'institution[28].
  • Membre du Conseil économique, social et environnemental[29] (2010-2011). Il est nommé par décret présidentiel (Nicolas Sarkozy) le 28 octobre 2010 au titre des personnalités qualifiées choisies en raison de leur expérience dans le domaine social, culturel, sportif ou scientifique, dans le secteur du logement social ou en raison de leur action en faveur des personnes handicapées ou des personnes retraitées. Son mandat prend fin après un an, le 6 octobre 2011, pour incompatibilité avec son élection en tant que sénateur[30].
  • Sénateur des Hauts de Seine (depuis 2011)[31]
  • Vice-président de la communauté d'agglomération Arc de Seine puis de Grand Paris Seine Ouest (2004-2017), conseiller communautaire[32]

Blagues et remarques acerbes[modifier | modifier le code]

À l'instar de l'un de ses mentors André Santini, Hervé Marseille est connu pour son goût du bon mot, quitte à agacer sur les bancs parlementaires, comme le met en exergue Nathalie Mauret dans son portrait sur le trombinoscope :

« L’avis et les analyses de ce presque septuagénaire sont respectés sur tous les bancs, même si parfois certains s’agacent (gentiment) de celui qu’ils appellent « Monsieur petites blagues ». La politique le passionne et blagues, jeux de mots et autres calembours lui permettent de la mettre à distance, de se protéger des attaques[33]. »

Cette facette est soulignée par le journal L'Opinion, dans un article titré « Hervé Marseille, la politique par le rire » du 22 octobre 2023 : « Hervé Marseille est un corrupteur. Son carburant n’est pas l’argent, mais le rire. Quand il parle de Tata Babou, il désigne Élisabeth Borne, Première ministre. Les rencontres de Saint-Denis du 30 août deviennent « la soirée mousse de Macron »[34]. »

Dans son article « Hervé Marseille, l’homme qui tire les ficelles au Sénat », Nathalie Schuck sous-titre son papier immédiatement par : « Le désopilant centriste, allié de Gérard Larcher, est souvent décrit comme un « tonton flingueur »[35]. »

Mise en cause[modifier | modifier le code]

Hervé Marseille est mis en cause par un salarié de l'association Seine Ouest Entreprise et Emploi, l'agence économique du territoire Grand Paris Seine Ouest. Il fait l'objet, conjointement avec l'ancienne Directrice, Mme Christine Boulos, d'une plainte pénale pour harcèlement moral [36].

Décorations et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par intérim jusqu'à son élection le .

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Hervé Marseille, l’homme qui tire les ficelles au Sénat », sur Le Point, .
  2. « Polémique autour de l'arrivée de Jean Sarkozy à l'Epad », Le Figaro, 11 octobre 2009.
  3. « Décret du 28 octobre 2010 portant nomination au Conseil économique, social et environnemental », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le ).
  4. Ministère de l'Intérieur, « Résultats des élections cantonales 2011 », sur interieur.gouv.fr (consulté le ).
  5. « Le mariage homosexuel adopté par le Sénat », sur Les Echos, (consulté le )
  6. (fr-fr) Hervé Marseille soutient le référendum Mariage Pour Tous () Consulté le .
  7. « 77 élus des Hauts-de-Seine derrière Alain Juppé », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  8. Le Figaro, « Élections Sénatoriales 2017 : Gérard Larcher, André Vallini et Laurence Rossignol réélus », Le Figaro,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  9. Elia Dahan, « Denis Larghero est le nouveau maire de Meudon : Après la démission d’Hervé Marseille (UDI), réélu sénateur, c’est son ancien adjoint à la culture et au développement numérique qui reprend, à mi-mandat, les rênes de la mairie », Le Parisien, édition des Hauts-de-Seine,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. « Garches : Jacques Gautier est le nouveau président du Syctom », Le Parisien, édition de Paris,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. a et b « Le Sénat adopte une résolution pour lutter contre toutes les formes de l’antisémitisme », sur Public Sénat, (consulté le )
  12. Yves-Marie Robin, « Qui est Hervé Marseille, le nouveau président de l’UDI ? », sur ouest-france.fr, (consulté le ).
  13. « « Racisme crasse » : la sortie du président de l’UDI sur l’Assemblée transformée en « camp de gitans » provoque un tollé », sur Le HuffPost, (consulté le ).
  14. Par Anissa Hammadi Le 8 février 2023 à 14h52, « « LFI transforme l’Assemblée en camp de gitans » : le sénateur Hervé Marseille accusé de racisme », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  15. Ilyes Ramdani, David Perrotin, « « Camp de gitans » : après la faute d’Hervé Marseille, le silence à Paris », sur Mediapart, .
  16. Hervé Marseille réélu sénateur, Ville de Meudon.
  17. Sébastien Schneegans, « Hervé Marseille fixe un nouveau cap pour l’UDI », sur Le Point, .
  18. Jérôme Cordelier, « Le 49.3 c'est de la morphine », Le Point, .
  19. a et b « Trombinoscope », sur www.trombinoscope.com (Le site du Trombinoscope) (consulté le )
  20. Public Sénat, « Hervé Marseille (UC) veut revenir sur le non-cumul des mandats », sur Public Sénat, (consulté le )
  21. « Proposition de loi organique favorisant l'implantation locale des parlementaires », sur https://www.vie-publique.fr/loi/281954-proposition-loi-cumul-des-mandats-implantation-locale-des-parlementaires (consulté le )
  22. a b et c « Vacances, JO... Les sénateurs centristes veulent limiter le droit de grève » Accès payant, sur Libération, (consulté le )
  23. « Inscription de l’IVG dans la Constitution : la commission des lois du Sénat « ne s’oppose pas », malgré des réserves », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  24. « Nominations », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  25. Ville de Meudon (consulté le 8 janvier 2024).
  26. « Conseil des ministres du 2 février 2005. Mesures d'ordre individuel. » Accès libre, sur www.vie-publique.fr (consulté le )
  27. « Article L121-5 - Code de justice administrative - Légifrance », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  28. « Polémique autour de l'arrivée de Jean Sarkozy à l'Epad », sur Le Figaro, (consulté le )
  29. Hervé MARSEILLE, Conseil économique, social et environnemental.
  30. « Article - Décret du 28 octobre 2010 portant nomination au Conseil économique, social et environnemental - Légifrance », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  31. « M. Hervé MARSEILLE, sénateur des Hauts-de-Seine (Ile-de-France) », sur Sénat, (consulté le )
  32. Grand Paris Seine Ouest (consulté le 8 janvier 2024).
  33. « Prix du trombinoscope 2023 »
  34. « la politique par le rire »
  35. Nathalie Schuck, « Hervé Marseille, l’homme qui tire les ficelles au Sénat »,
  36. Edouard Roux Valeurs Actuelles, « [Info VA] Le sénateur et patron de l'UDI Hervé Marseille visé par une plainte pour "harcèlement moral" », sur Valeurs actuelles, (consulté le )
  37. Décret du 31 décembre 2002 portant promotion et nomination
  38. Décret du 13 mai 2011 portant promotion et nomination

Liens externes[modifier | modifier le code]

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