Le Ravi (journal)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ravi.
Le Ravi
Image illustrative de l'article Le Ravi (journal)

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Mensuel
Genre Presse satirique
Prix au numéro 3,40
Date de fondation 2003
Ville d’édition Marseille

Propriétaire Association Tchatche
Directeur de publication Etienne Ballan
Rédacteur en chef Michel Gairaud
ISSN 1760-1754
Site web www.leravi.org

Le Ravi est un journal mensuel fondé en 2003, qui examine d'un œil attentif la vie politique, sociale, culturelle, et l’actualité de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur[1]. Tiré à 5000 exemplaires [2], il mélange enquêtes et satire, articles et dessins[3]. Le dessin de presse et la caricature y tiennent une part importante[4], tandis que les journalistes de l'équipe scrutent l'actualité locale.

Journal indépendant, résolument acteur du monde de l'économie sociale et solidaire, et premier journal en France à se revendiquer du Slow Media, Le Ravi est édité par l’association « La Tchatche » (à Marseille)[5]. Il paraît chaque premier vendredi du mois et s'achète en kiosque (sur toute la région) ou par abonnement (dans toute la France… et ailleurs).

Les principales rubriques du mensuel « qui ne baisse pas les bras »[modifier | modifier le code]

Le mensuel, illustré par des dessins de presse, organise ses pages selon un rubriquage en cinq grandes parties[6] : « Les enquêtes » (actualité de la région), « La grosse enquête » (le dossier du mois), « RTT » (culture, gastronomie,...), « La vie de la Tchatch' » (sur les différentes actions du journal en lien avec la société) et « Reportages ».

Le journal joue avec les codes plus traditionnels de la presse. Chaque mois, une personnalité, le plus souvent politique, se voit décerner dans l’esprit de la « noix d’honneur » du Canard enchaîné un « Ravi de plâtre » plus horrifique qu’honorifique. Le journal propose également un portrait « Poids lourd », basé sur les déclarations publiques (sélectionnées avec soin) d'une personnalité de la région qui est en « surpoids médiatique ». S'ajoutent les reportages dessinés, les strips récurrents des dessinateurs du journal, la recette de cuisine du mois,... Acteur du monde de l'économie sociale et solidaire, Le Ravi propose chaque mois à ses lecteurs un agenda des différentes manifestations à venir.

La Grosse enquête[modifier | modifier le code]

Tous les mois, un dossier (la « grosse enquête ») propose de prendre un peu plus de temps pour plonger dans un sujet. Il peut s'agir d'un sujet général, toujours traité sur l'angle de la région PACA (Nucléaire : non ou merci ?, la Bataille de l'eau, À quoi servent les sénateurs...), d'un reportage (Dans la gueule de l'extrême droite, Veolia connection, JC Decaux Roi du macadam,...) ou d'un dossier consacré à une ville de la région[7].

Illustrées par les dessinateurs qui travaillent pour le journal, ces enquêtes s'appuient également sur les tribunes, proposées par le journal aux acteurs de la société dans la région. C'est autour de ces enquêtes que sont généralement montés les débats proposés par le journal.

Les enquêtes[modifier | modifier le code]

Chaque mois, le journal propose à ses lecteurs plusieurs pages d'enquêtes sur la région. Ces enquêtes sont toujours locales, mais remises en perspective avec les problématiques nationales : Le Ravi veut promouvoir un journalisme de circuit court, avec en objectif le localisme de la presse et de l'information.

Le mensuel publie, entre 2011 et 214, un palmarès exclusif des «villes à fuir»[8],[9], qui classe les villes de la région PACA à partir d'indicateurs sélectionnés ; le journal revendique qu'«un classement, quel qu’il soit, ne fait jamais que refléter les idées (explicites ou non) de ses concepteurs»[10].

Les reportages[modifier | modifier le code]

Parce que Le Ravi veut promouvoir le droit de la presse de prendre le temps d'analyser et de regarder la société, il laisse une grande part, chaque mois, aux reportages.

Le Contrôle technique de la démocratie[modifier | modifier le code]

Chaque mois, sur une page entière, le Ravi propose une plongée dans la démocratie locale : un journaliste, incognito, se rend dans une enceinte de la démocratie et en rapporte les faits marquants[11]. C'est le plus souvent un Conseil Municipal d'une ville ou d'un village de la Région, mais cela peut être l'assemblée d'un Conseil Général ou d'une intercommunalité. Cette rubrique, lue nulle part ailleurs, est une des spécificités du Ravi.

Le reportage dessiné[modifier | modifier le code]

Trois pages sont consacrées, en fin de journal, à un reportage dessiné : c'est une spécialité du journal que cet exercice qui, tous les mois, entraîne le lecteur, au moyen d'une bande dessinée scénarisée comme un reportage de journaliste, sur un sujet d'actualité de la région.

Le Ravi dans la cité : participer à la vie démocratique[modifier | modifier le code]

Le journal le Ravi (il ne faut pas de majuscule à l'article, ce qui pose d'innombrables problèmes de typographie) a toujours, depuis sa naissance, voulu être un acteur de la vie dans la cité et jouer un rôle dans le débat démocratique. Il a d'ailleurs emprunté son nom au ravi, un santon indispensable à toute Crèche de Noël en Provence, qui, les bras toujours en l'air, communique sa joie de vivre ainsi que la bonne nouvelle[12].

Le Ravi fait débattre[modifier | modifier le code]

Qualifié par certains « d'institution dans le Sud de la France »[13], le journal organise des débats entre les acteurs de la vie publique de la Région. Objectif : faire parler, en public, de la gestion de l'eau ou du nucléaire, de la culture ou de l'agriculture, de l'extrême-droite ou de l'économie sociale et solidaire, à Marseille, Aix-en-Provence, Avignon, Correns ou Manosque, c'est plus de deux fois par mois que les journalistes du Ravi vont ainsi à la rencontre du public. Par ailleurs, tous les mois, en collaboration avec la radio associative locale Radio Grenouille, les journalistes du Ravi interviewent un(e) responsable politique de la région dans le cadre de l'émission « la Grande Tchatche »[14].

Le Ravi fait des liens[modifier | modifier le code]

La notion de partenariat est également importante pour le journal, notamment à l'occasion d'enquêtes, avec des associations (sur la corruption avec Anticor, ou avec Latcho Divano pour un numéro sur les Roms, par exemple, avec ATTAC à l'occasion des discussions autour du TAFTA[15]).

Le Ravi collabore également avec d'autres organes de presse, pour des enquêtes (avec des revues comme Silence, Golias, Regards, etc. ou les sites Mediapart, Reporterre, Basta Mag, etc), ou pour des débats (par exemple avec Charlie Hebdo[16],[17] à l'Alcazar de Marseille en 2012, avec les journaux en ligne Mediapart et Marsactu au Théâtre de [La Criée] en 2013[18], ou avec Marsactu encore à l'occasion des Élections européennes de 2014[19]).

Satirique, il propose en décembre 2011 de racheter le journal France-Soir pour un euro symbolique par souscription nationale[20], en particulier pour attirer l'attention sur la situation des médias en France[21].

Le Ravi fait de l'éducation à la presse[modifier | modifier le code]

En parallèle aux activités de rédaction et de débat, l'association Tchatche organise des ateliers : dans le cadre scolaire (dans des établissements[22] ou avec le CLEMI[23]), ou en lien avec des centre sociaux, elle familiarise les jeunes avec le rôle et le fonctionnement de la presse et des media ; dans le cadre de l'Éducation populaire, elle fait travailler des adultes sur des enquêtes pour donner la parole aux habitants de Paca - en priorité à ceux qui ne l'ont pas - en favorisant leur créativité, en relayant leurs propositions et en les initiant à l'enquête journalistique pour aller plus loin (en faisant par exemple réaliser un journal par des personnes sans abri, mal logées ou souhaitant reprendre en main leur environnement).

Cette place dans le débat démocratique est reconnue lors de l’appel à dons fin 2013. Pour éviter de fermer ses portes, Le Ravi lance un appel à dons[24], auquel répondent des personnalités comme le rédacteur en chef de Reporterre, Hervé Kempf, le journaliste Jean Lebrun[25] ou le directeur de France-Soir[26], mais surtout des centaines de lecteurs de toute la France[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Liste de journaux de PACA dans le guide Petit futé du pays d'Aix.
  2. Panorama de la presse culturelle en PACA, Agence régionale du livre, consulté en mai 2014
  3. Le Ravi, joyeusement insoumis, Article de l'hebdomadaire Politis
  4. voir sur le site de le Ravi le dessin du jour
  5. Émission «Atelier des medias» autour de cinq journaux marseillais sur Radio France internationale, juin 2013.
  6. ce rubriquage est ainsi construit depuis le numéro 100 du journal, sorti en octobre 2012
  7. Liste des «grosses enquêtes» en ligne
  8. un article sur le premier palmares dans le journal 20Minutes
  9. article la note de Marseille dégradée par le Ravi, site d'actualité Marsactu, 6 janvier 2012
  10. le résultat du palmares 2012 sur le site du journal).
  11. La liste des "contrôles techniques" en ligne
  12. Le 100e numéro d'un journal rigolo chiant, article d'une journaliste de Mediapart sur son blog professionnel, octobre 2012
  13. C'est ainsi que le présente le journaliste Jean-Marc Morandini lorsqu'il reçoit, sur Europe 1, le rédacteur en chef du journal pour une émission sur les municipales à Marseille, le 11 mars 2014
  14. le site de la Grande Tchatche sur Radio Grenouille ou le site de la Grande Tchatche sur www.leravi.org
  15. manifestation TAFTA a Marseille, clip sur la manifestation du 5 avril 2014 en présence du Ravi
  16. le Ravi et Charlie Hebdo affutent leurs crayons contre l'extrême droite sur le site marsactu, décembre 2010
  17. quand LibéMarseille annonce un débat avec du Ravi le Directeur de Charlie Hebdo
  18. Du ravi au sans culottes, article publié dans le magazine Inrocks
  19. Annonce du débat du 19 mai 2014 sur le site d'information du Parlement européen
  20. l'appel du Ravi pour racheter France-Soir
  21. l'enquête du numéro 100 reprise par le site spécialisé Acrimed
  22. interview du rédac chef par le journal lycéen d'un établissement niçois
  23. le poster du CLEMI présentant le projet Zine 2013
  24. Presse satirique, bougies felines et supermarché collaboratig, sur Le Mouv, octobre 2013
  25. Lettre de soutien de Jean Lebrun
  26. Interview diffusée sur Radio-Zinzine Aix, rediffusée le 4 novembre 2013 à 20 h 00.
  27. le Ravi ne baisse jamais les bras, article du journal sur le résultat de l'appel aux dons, janvier 2014

Sources[modifier | modifier le code]

  • Martin Brésis, « Du Ravi au Postillon : portraits de journaux locaux irrévérencieux », Les Inrocks,‎ (lire en ligne).
  • Jean-Claude Renard, « Le pluralisme contre-attaque ! », Politis,‎ (lire en ligne).
  • Amandine Rancoule, « Un an après Charlie, le Ravi force toujours le trait », 20_minutes,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]