Affaire Sarkozy-Kadhafi

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Nicolas Sarkozy
Mouammar Kadhafi
Nicolas Sarkozy (à gauche) aurait reçu lors de sa campagne présidentielle de 2007, par des intermédiaires, jusqu'à 50 millions d'euros de la part de Mouammar Kadhafi (à droite).

L'affaire Sarkozy-Kadhafi est une affaire politico-financière internationale déclenchée par la publication, par le journal en ligne Mediapart, le 12 mars et le 28 avril 2012, de deux documents laissant supposer l’existence d’un versement de 50 millions d'euros à des fins de financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 de la part du régime libyen de Mouammar Kadhafi. Le montant officiel de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 était de 20 millions d’euros.

Un accord « sur le montant et les modes de versement » aurait été préparé en 2005 et validé en 2006 par Brice Hortefeux, ministre délégué aux collectivités locales, en présence de l’homme d’affaires Ziad Takieddine[1], qui avait introduit en Libye dès 2005 les proches du ministre de l’Intérieur, notamment Claude Guéant et Nicolas Sarkozy lui-même. Béchir Salah, alors à la tête du Libyan African Portfolio (LAP), fonds d'investissement financier du régime libyen, aurait été chargé de superviser les paiements. Ziad Takieddine aurait par ailleurs secrètement conseillé Claude Guéant jusqu'à la veille de la guerre en Libye[2].

La divulgation de ces documents a mis en lumière le cas de Béchir Salah, ex-trésorier de Mouammar Kadhafi, recherché par Interpol, vivant protégé sur le territoire français depuis la révolution libyenne ayant entraîné la chute du régime et prenant la fuite en mai 2012.

Le 12 novembre 2015, un expert authentifie le document qui fait mention d'un don de 50 millions d'euros de Khadafi pour la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Le 30 mai 2016, les magistrats chargés de l'affaire rendent une ordonnance de non-lieu au bénéfice de Mediapart[3] en réponse à la plainte de Nicolas Sarkozy pour faux et usage de faux.

Le 21 mars 2018, à l'issue d'une garde à vue de 36 h, Nicolas Sarkozy est mis en examen pour corruption passive, recel de fonds publics (étrangers) et financement illégal de campagne électorale.

Déclarations antérieures aux documents[modifier | modifier le code]

Accusation de Saïf al-Islam Kadhafi[modifier | modifier le code]

Le 16 mars 2011, dans un entretien accordé à la chaîne Euronews, Saïf al-Islam Kadhafi, fils de Mouammar Kadhafi, accuse, le premier, le président de la République française d'avoir reçu de l'argent libyen. Il déclare à cette date : « Tout d'abord, il faut que Sarkozy rende l'argent qu'il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. C'est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler. La première chose que l'on demande à ce clown, c'est de rendre l'argent au peuple libyen. Nous lui avons accordé une aide afin qu'il œuvre pour le peuple libyen, mais il nous a déçu. Rendez-nous notre argent. Nous avons tous les détails, les comptes bancaires, les documents, et les opérations de transfert. Nous révélerons tout prochainement. »[4]

L'intervention militaire en Libye est déclenchée le 19 mars 2011 sans que le fils de Kadhafi n'ait présenté ses preuves. Saïf al-Islam Kadhafi est capturé par les insurgés le 18 novembre 2011 dans le sud de la Libye, à quelques kilomètres de la frontière algérienne, et transféré dans la ville de Zentan, où il est détenu dans un lieu secret[5].

Déclarations d'un ancien Premier ministre libyen[modifier | modifier le code]

La question du financement par le régime Kadhafi de la campagne de Nicolas Sarkozy, est évoquée le 25 octobre 2011 par l'ex-premier ministre libyen Baghdadi Ali al-Mahmoudi, lors d’une audience devant la cour d’appel de Tunis, qui examinait la demande d’extradition déposée par la Libye à son encontre. Selon les notes d'un des avocats présents, Me Mehdi Bouaouaja, interrogé sur sa connaissance des dossiers de financement de politiciens étrangers, celui-ci aurait déclaré : « Oui, en tant que Premier ministre, j’ai moi-même supervisé le dossier du financement de la campagne de Sarkozy depuis Tripoli »[6]

Le Monde relate également une anecdote où, en avril 2011, un émissaire secret dépêché à Tripoli déclarait sous couvert d'anonymat, peu après son voyage, comment le Premier ministre, comme d'autres membres de l'entourage de Kadhafi, affirmait avoir financé la campagne de Sarkozy, bien que n'ayant aucune preuves puisque la transaction aurait été effectuée en cash[7].

Documents publiés par Mediapart[modifier | modifier le code]

Note de Jean-Charles Brisard[modifier | modifier le code]

Publication du document[modifier | modifier le code]

Le 12 mars 2012, Mediapart indique avoir eu accès à une note de Jean-Charles Brisard intitulée « GEN/ NS V. MEMO DG » daté du 20 décembre 2006 et qui aurait été versée au dossier d’instruction de l’attentat de Karachi, le 18 octobre 2011[8]. Selon ce document, les « modalités de financement de la campagne » de « NS » auraient été « réglées lors de la visite Libye NS + BH » le 6 octobre 2005, pour un total de 50 millions d’euros. Le « montage » inclurait une société de « BH » au Panama, ainsi qu'une banque suisse (« ND »). Une autre note du 22 septembre 2005, évoquerait un « tête-à-tête » de Nicolas Sarkozy « avec le Leader », la remise des « CV de NS et BH » à Kadhafi et la négociation de plusieurs marchés de sécurité et d’armement. Les policiers auraient aussi trouvé parmi les documents de M.Takieddine des lettres de MM. Sarkozy (10 septembre 2005), Claude Guéant (23 septembre 2005), Brice Hortefeux (15 novembre 2005) adressées aux autorités libyennes[9],[10].

Le 15 mars 2012, Mediapart présente l'auteur de la note, Jean-Charles Brisard, qui confirme la présence de Brice Hortefeux dans le montage financier[11]. Le lendemain, Mediapart indique également que Jean-Charles Brisard aurait déclaré vouloir « s’écarter de la publication » qui désormais le « gênait ». Jean-Charles Brisard transmet, le 16 mars, un démenti à Mediapart que le média en ligne transcrit dans son intégralité. Dans celui-ci, il évoque une « manipulation grossière », il « condamne l’usage de (son) nom », et considère l'affaire comme une « affabulation journalistique »[12].

Note attribuée à Moussa Koussa[modifier | modifier le code]

Publication du document[modifier | modifier le code]

Le , Mediapart publie un document en arabe [13], daté du et signé par Moussa Koussa, alors chef des services de renseignements extérieurs libyens. Le document, présenté comme issu des archives des services secrets, indique que le régime libyen de Mouammar Kadhafi aurait décidé de débloquer une somme de 50 millions d'euros pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, en autorisant le directeur de cabinet de Kadhafi, Béchir Salah, à entreprendre les versements secrets et à appuyer la campagne électorale » de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, et ce pour un « montant de cinquante millions d’euros ». « En référence aux instructions émises par le bureau de liaison du comité populaire général concernant l’approbation d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, Monsieur Nicolas Sarkozy, pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros ».

Toujours selon le document, cette décision résulte d'un accord intervenu le 6 octobre 2006 entre le directeur des services de renseignements libyens, Abdallah Senoussi, le président du Fonds libyen des investissements africains, Béchir Salah, Brice Hortefeux et Ziad Takieddine.

Le document est adressé à Béchir Salah, alors directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, qui aurait été chargé de superviser les paiements [13].

Cette note fait l'objet d'une enquête préliminaire, sous le contrôle du parquet de Paris[2].

En juin 2013, Moftah Missouri, interprète personnel de Kadhafi, diplomate avec rang d’ambassadeur et qui fut également ministre, confirme l’authenticité du document signé par Moussa Koussa ainsi que le versement effectif d'au moins une vingtaine de millions de dollars, payés en liquide pour la campagne électorale de Nicolas Sarkozy dès la signature de cet accord de principe [14].

Lors de son audition le 5 août 2014, Moussa Koussa déclare que « Le contenu n’est pas faux, mais la signature est fausse » et « Ce n’est pas moi qui ai signé »[15]. Selon Mediapart la justice accumule des éléments confortant l'authenticité du document[16] alors que pour Vanity Fair la justice renforce ses soupçons sur la validité du document[17]. En outre, d'après l'avis unanime des trois graphologues mandatés par la justice française, rendu le 6 novembre 2014, la signature est bien la sienne[18],[19].

Réactions politico-médiatiques[modifier | modifier le code]

Nicolas Sarkozy estime qu'il s'agit « infamie » et déclare : « 50 millions d'euros... Pourquoi pas 100 ? Pour une campagne qui en vaut 20. Il faut se mettre d’accord. Ma campagne a été financée par les sous-marins pakistanais, par M. Kadhafi ou par Mme Bettencourt ? »[20]. François Fillon qualifie le document de Mediapart de « faux, en tout cas impossible à authentifier » et affirme que Mediapart est « une officine financée par de riches amis de François Hollande »[21]. Mediapart réplique que le journal est indépendant et financé par ses journalistes fondateurs[22]. L'opposition juge l'affaire « gravissime »[23]

Moussa Koussa et Béchir Salah démentent avoir été l'auteur et le destinataire respectif de la note[24]. Plusieurs médias signalent cependant les conflits d'intérêts qui minent ces deux déclarations : Moussa Koussa, réclamé par le CNT, vit en exil à Doha au Qatar, et Béchir Salah, recherché par Interpol, se trouve en France[25],[26].

Ziad Takieddine ne conteste pas l’authenticité du document tout en précisant qu’il n’était pas présent, le jour indiqué, à cette réunion. Mediapart indique que selon les relevés des voyages de M. Takieddine, détenus par la justice l’homme d’affaires était à Tripoli le 9 décembre 2006, veille de la rédaction du document[13].

Selon le média en ligne OWNI, le 6 octobre 2006 au soir, date présumée de la réunion préparatoire, Brice Hortefeux se trouvait à Montpeyroux, bien que le site indique qu’il soit matériellement possible qu’il ait pu effectuer un aller-retour express entre le 5 et l’après-midi du 6. Owni indique également que selon le fichier qui recense ses nombreux voyages de Ziad Takieddine, mis en ligne par le site, que celui-ci était à Genève, le 6 octobre 2006[27].

Le CNT est divisé sur le sujet. Le 2 mai 2012, Moustapha Abdel Jalil, le président du Conseil national de transition libyen (CNT), qui incarne le nouveau pouvoir post-Kadhafi, juge « la lettre fausse et fabriquée ». Il déclare : « Nous avons vu la lettre et nous n'avons retrouvé aucune référence à cette lettre dans les archives libyennes »[28]. Cependant Othman Bensasi, directeur administratif du CNT, évoque « un problème interne », et indique que celui-ci n'était pas au courant de cette dernière déclaration : « Je ne sais pas sur quelle base ou selon quelles preuves il affirme cela. En tant que président du CNT, je ne vois pas comment il a pu vérifier ce document. »[29],[30]

Le 3 mai 2012, Baghdadi Ali al-Mahmoudi, ancien premier ministre libyen, écroué à Tunis, affirme pour sa part via son avocat, Me Béchir Essid, l’existence de la note publiée par Mediapart, le déblocage d'une somme de 50 millions d’euros en 2007 et que la note a été rédigée sous son autorité directe : « Je confirme qu’il existe bien un document signé par Moussa Koussa et qu’un financement a bien été reçu par M. Sarkozy. ». Il ajoute : « Le montant de 50 millions d’euros est juste »[31],[32].

Les propos de l'ex-premier ministre sont confirmés par Me Mabrouk Korchid, coordinateur de la défense pénale de M. Baghdadi en Tunisie. Ils sont dénoncés par Me Marcel Ceccaldi, avocat de Bachir Saleh [33] pour qui, menacé d’une extradition vers la Libye par le ministre tunisien de la justice, l’ex-chef du gouvernement libyen ferait l’objet de « pressions » pour livrer les secrets bancaires de l’ancien régime [34].

Questions soulevées par l'affaire[modifier | modifier le code]

Le carnet de Choukri Ghanem[modifier | modifier le code]

Choukri Ghanem a été chef du gouvernement (2003-2006) et ministre du pétrole (2006-2011) de la Libye ayant fait défection en 2011.

Le , lendemain de la publication de la note Koussa, il a été retrouvé mort dans le Danube, à Vienne. La police autrichienne n’a pas exclu la piste de l’assassinat dans un premier temps, mais a conclu à une noyade accidentelle consécutive à une crise cardiaque ; cependant de nombreux services de renseignement étrangers jugent cette mort « hautement suspecte »[35].

La justice a obtenu le carnet de Choukri Ghanem, dans lequel est consignée une série de versements totalisant 6,5 millions d’euros versés pendant la campagne électorale de 2007. Pendant une réunion datée du 29 avril 2007, Béchir Salah, directeur de cabinet de Mouammar Khadafi et patron de l’un des fonds souverains du pays, le Libyan Africa Portfolio, dit avoir transféré 1,5 million d’euros à la campagne de Nicolas Sarkozy. Sont également mentionnés dans ce carnet, l'envoi de 3 millions d’euros par l’un des fils de Kadhafi et de 2 millions d’euros par Abdallah Senoussi, le chef des services secrets intérieurs libyens et beau-frère de Kadhafi[36].

La présence en France et la fuite de Béchir Salah[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Béchir Salah Béchir.

Selon Le Canard enchaîné[37], après avoir été arrêté puis rapidement relâché par le Conseil national de transition à la chute du régime, Bachir Saleh quitte le pays à destination de la Tunisie et de l’île de Djerba. Il aurait alors été exfiltré à destination de la France grâce à l’intervention de l’ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon, via le jet privé, immatriculé en Suisse d’Alexandre Djouhri.

Il est visé par une notice rouge d'Interpol (mandat d'arrêt international) sous le nom de Bashir Al-Schrkawi[38]. Pourtant, loin d'être arrêté, il séjourne en France entre la fin du conflit en Libye et mai 2012 où il bénéficie d'un titre de séjour[39].

Suite aux documents publiés par Mediapart, plusieurs média retracent le parcours de Bashir Saleh en France[40],[25], notamment Paris Match qui le photographie à Paris le 2 mai 2012, en indiquant qu'il rencontrait Dominique de Villepin et l'homme d'affaires Alexandre Djouhri la veille au Ritz[41].

François Fillon déclare dans un premier temps qu'il n'existait « aucune trace d'un mandat international » visant Bashir Saleh et que ce dernier disposait d'un « passeport diplomatique du Niger »[42]. La déclaration est démentie par la notice d'Interpol indiquant que Saleh est recherché pour fraude et le jour même par le ministère nigérien des Affaires étrangères déclarant que celui-ci « n'est plus en possession d'un passeport nigérien »[43]. Nicolas Sarkozy déclare pour sa part que Bachir Saleh sera arrêté « s'il est recherché par Interpol »[44]. Claude Guéant affirme ne pas savoir ce que Bachir Saleh fait en France, qu'« il n’a pas été exfiltré par les services français » et qu'il sera arrêté « dès qu’il sera découvert »[45].

Alexandre Djouhri a organisé le départ en catastrophe de Bachir Saleh[46] (alors visé par un mandat d'arrêt d'Interpol) de Paris vers Niamey, au Niger[47] en jet privé[48]. Selon Mediapart la justice a obtenu la confirmation que cette exfiltration de Bachir Saleh de Paris, le 3 mai 2012, s'est faite en étroite coordination avec le patron du renseignement intérieur, Bernard Squarcini[49]. Selon le Canard enchaîné[50] et des média sénégalais[51], Bachir Saleh se serait réfugié au Sénégal, ce qui est contesté par son avocat Marcel Ceccaldi qui affirme qu'il se trouve désormais « dans un endroit où il se trouve en situation régulière ». Selon le site d'information sénégalais Setal, Bashir Saleh se trouverait au Mali où il serait « à l’abri de toute traque internationale » en étant protégé par les rebelles touaregs [52]. Jeune Afrique suggère en février 2013 qu'il aurait atterri en Afrique du Sud, avant de trouver refuge au Swaziland[48] : sa présence en Afrique du Sud est finalement confirmée par le même organisme[53], auquel l'ancien ministre accorde finalement des interviews, dans lesquels il confirme l'aide apportée par deux amis intimes de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et Bernard Squarcini[54].

Début 2018, les deux principaux témoins sur lesquels comptait le juge Tournaire après la mise en examen de Nicolas Sarkozy sont subitement dans l'incapacité de parler[55] :

  • l'homme d'affaires Alexandre Djouhri est hospitalisé à Londres, où il a été victime d'une mystérieuse attaque cardiaque, et placé en coma artificiel ;
  • l'ancien ministre de Kadhafi Béchir Salah a fait l'objet d'une tentative d'assassinat en Afrique du Sud, et a été placé en réanimation après avoir reçu six balles dans la poitrine ; d’après ses proches, il s’apprêtait à transmettre à la justice française des informations sur l’affaire des financements libyens[35].

Témoignages de Ziad Takieddine et Abdallah Senoussi[modifier | modifier le code]

En novembre 2016, Ziad Takieddine est entendu par le juge Tournaire, et déclare avoir personnellement convoyé de Tripoli à Paris cinq millions d'euros en liquide qu’il a remis en mains propres à Claude Guéant et Nicolas Sarkozy, entre novembre 2006 et janvier 2007, en provenance d'Abdallah Senoussi[35]. Ce dernier, entendu par la Cour pénale internationale (CPI) en septembre 2012, corrobore pleinement ce témoignage : « Pour ce qui est du soutien apporté à des personnalités occidentales pour leur permettre d'accéder au pouvoir, la somme de 5 millions d'euros a été versée pour la campagne du Président français Nicolas Sarkozy en 2006-2007. J'ai personnellement supervisé le transfert de cette somme via un intermédiaire français, en la personne du directeur de cabinet du ministre de l'intérieur. Sarkozy était alors ministre de l'intérieur. Il y avait aussi un second intermédiaire, le nommé Takieddine »[35].

L'analyse par les enquêteurs du journal personnel de Choukri Ghanem (mystérieusement mort à Vienne en 2012) révèle un autre témoignage concordant, daté du 29 avril 2007[35].

En 2011, c'est au tour de l’ancien premier ministre, Baghdadi al-Mahmoudi, de confirmer ces témoignages devant la cour d’appel de Tunis : « Oui, en tant que premier ministre, j’ai moi-même supervisé le dossier du financement de la campagne de Sarkozy depuis Tripoli, des fonds ont été transférés en Suisse, et Nicolas Sarkozy était reconnaissant pour cette aide libyenne, et n’a cessé de le répéter à certains intermédiaires »[35].

Primes en liquide[modifier | modifier le code]

Des salariés de la campagne de Nicolas Sarkozy ont reçu des primes en espèces non déclarées aux services fiscaux; ces primes étaient supposément versées par Éric Woerth et Vincent Talvas, respectivement trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy, et directeur financier de l’UMP; plusieurs centaines d'enveloppes ont ainsi été distribuées; la majorité des enveloppes contenaient plusieurs milliers d'euros[56].

Cet argent aurait, comme les armes des terroristes, une origine « anonyme », mais cette explication est considérée par les enquêteurs comme pouvant être captieuse [56].

Toutefois, ces primes n'apparaissent pas dans les comptes de campagne du candidat Sarkozy[56].

Suites judiciaires[modifier | modifier le code]

Nicolas Sarkozy contre Mediapart[modifier | modifier le code]

Lors des premières révélations de Mediapart, le soir même du 12 mars 2012, sur TF1, Nicolas Sarkozy qualifie l'accusation de « grotesque » [57]. Dans un entretien à France 24, le même jour, Ziad Takieddine qualifie Mediapart de « site le plus menteur qui puisse exister dans toutes les civilisations possibles et imaginables » et ses journalistes d' « animaux malades » [58].

Le 30 avril 2012, Nicolas Sarkozy dépose une plainte contre Mediapart. Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour « faux » et « usage de faux », « recel de faux » et « publication de fausses nouvelles »[Note 1]. La plainte vise le site Mediapart, son directeur de la publication Edwy Plenel ainsi que les deux journalistes Fabrice Arfi et Karl Laske qui ont signé l’article faisant état d'une note à propos d'un soutien libyen à la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007[60],[61]. L'affaire se solde par un non-lieu le 30 mai 2016 [62],[63]

Mediapart considère que cette plainte vise à « intimider les journalistes » dans une « démarche exceptionnelle (qui) vise à contourner la procédure spéciale prévue par la loi sur la presse » puisqu’« une procédure du chef de diffamation aurait exigé un débat public devant le Tribunal correctionnel ainsi que la production des preuves et des témoins »[64]. Ainsi, Mediapart dépose plainte à son tour, le 2 mai 2012, auprès du procureur de la République de Paris contre Nicolas Sarkozy et X… du chef de dénonciation calomnieuse[65]. Le 16 mai 2012, Mediapart dépose quarante-cinq pièces, auprès du procureur de la République de Paris, à l’appui de sa plainte [66]. Interrogé par la justice, Edwy Plenel garde le silence « cette enquête préliminaire pour faux et usage de faux est attentatoire au droit de la presse qui protège une liberté fondamentale des citoyens qui est le droit de savoir »[67].

Suite à l'analyse des documents par les experts mandatés par les juges, qui confortent leur authenticité, Nicolas Sarkozy est finalement débouté deux fois de sa plainte, en première instance et en appel[35].

Ouverture d'une information judiciaire[modifier | modifier le code]

Le 19 décembre 2012, lors d'une déposition faite au juge Renaud Van Ruymbeke dans un premier dossier qui le concerne personnellement (son arrestation à l’aéroport de Paris-Le Bourget, le 5 mars 2011, alors qu’il ramenait 1,5 million d’euros en espèces de Libye), Ziad Takieddine déclare qu'il est en mesure de fournir les éléments en sa possession concernant le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007 au-delà de 50 millions d’euros, en particulier entre décembre 2006 et janvier 2007. Il affirme que Béchir Salah a reçu de Claude Guéant, directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, « les indications bancaires nécessaires aux virements ».

Le parquet de Paris saisit alors la Division nationale des investigations financières et fiscales (DNIFF), qui perquisitionne la villa de Béchir Salah, à Prévessin-Moëns (Ain), le 16 janvier 2013. Par ailleurs, il diligente une enquête préliminaire qui conduit à des perquisitions chez Claude Guéant, le 27 février 2013 et chez Ziad Takieddine le 11 avril[2].

Le 19 avril 2013, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire contre X… pour « corruption active et passive », « trafic d'influence, faux et usage de faux », « abus de biens sociaux », « blanchiment, complicité et recel de ces délits ». Les juges d'instruction Serge Tournaire (déjà chargé de l'affaire Tapie/Lagarde dans laquelle le nom de Claude Guéant est cité) et René Grouman sont chargés de ce dossier[2].

Dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour « extorsion » par le parquet de Paris, le 7 janvier 2013, M. Dupuydauby, homme d'affaires en conflit depuis plusieurs années avec l'industriel Vincent Bolloré, affirme que celui-ci « aurait servi d'intermédiaire, via notamment le Liechtenstein, pour le transfert des fonds libyens destinés au financement occulte de M. Sarkozy »[68]. Ces confidences lui auraient été faites à Tripoli, le 28 janvier 2009, par Bachir Saleh, alors directeur du cabinet du dictateur, et de son bras droit, Cheick Amadou Bany Kanté, ex-représentant pour l'Afrique de l'Ouest du Libya Africa Portfolio for Investment[68].

Le 20 juin 2013, Mohammed Ismail, ancien directeur de cabinet de Saïf al-Islam Kadhafi, déclare « qu'une partie des fonds a transité par la North Africa Commercial Bank, à Beyrouth, et, à partir de là, vers un compte bancaire en Allemagne relié à Ziad (Takieddine) ; d'autres montants ont été canalisés par l'entremise de comptes bancaires au Panama et en Suisse »[69]. Selon Médiapart, Ziad Takieddine disposait de plusieurs comptes ouverts à la Deutsche Bank de Francfort, au nom d’au moins trois sociétés offshore, Tristar, Rossfield et Como[69].

Garde à vue et mise en examen[modifier | modifier le code]

Le 20 mars 2018, Nicolas Sarkozy est mis en garde à vue dans les locaux de l'office anticorruption (OCLCIFF) de Nanterre[70]. Son ancien ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, est quant à lui entendu par les mêmes services de la police judiciaire dans le cadre d'une audition libre[71],[72]. Selon Mediapart, ce statut de suspect libre autorise l'audition en évitant aux enquêteurs d'avoir à demander la levée de l'immunité parlementaire de l'eurodéputé[73].

Le lendemain, après plus de 30h de garde à vue, Nicolas Sarkozy est mis en examen pour « corruption passive, financement illicite de campagne électorale et recel de détournement de fonds publics libyens » et est également placé sous contrôle judiciaire[74]. L'ancien chef d'État dénonce le même jour une « manipulation » et indique être accusé sans aucune preuve matérielle. Il demande aux juges de retenir le statut de témoin assisté après sa déclaration lors de sa garde à vue[72] :

« Les faits dont on me suspecte sont graves, j’en ai conscience. Mais si comme je ne cesse de le proclamer avec la plus totale constance et la plus grande énergie, si c’est une manipulation du dictateur Kadhafi ou de sa bande, ou de ses affidés, dont Takieddine fait à l’évidence partie, alors je demande aux magistrats que vous êtes de mesurer la profondeur, la gravité, la violence de l’injustice qui me serait faite »

— Nicolas Sarkozy[72]

Dès le lendemain de sa garde à vue, le 22 mars 2018, il s'exprime longuement au journal télévisé de 20 heures de TF1, assurant qu'il n’aurait jamais favorisé les intérêts libyens, que les accusations qui le visent seraient l’œuvre d’un clan (et toutes postérieures à la guerre), qu'il ne serait pas lié à l’intermédiaire Ziad Takieddine, et que le document publié par Mediapart serait « le comble de la manipulation »[75].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le délit de fausse nouvelles est prévu par l’article 27 de la loi sur la liberté de la presse[59].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fabrice Arfi, Karl Laske et Nicolas Vescovacci, « Takieddine: "J’ai remis trois valises d’argent libyen à Guéant et Sarkozy" », sur mediapart.fr, (consulté le 15 novembre 2015)
  2. a, b, c et d Michel Deléan, Christophe Guegneau, Fabrice Arfi Sarkozy/Kadhafi : ouverture d'une information judiciaire, Mediapart, 19 avril 2013 [1]
  3. Edwy Plenel, « Libye: Sarkozy perd face à Mediapart », sur Mediapart.fr, (consulté le 3 juin 2016).
  4. « Interview exclusive – Saïf Al-Islam Kadhafi accuse Nicolas Sarkozy », Euronews, 16 mars 2011 [lire en ligne]
  5. « Financement de Sarkozy en 2007 : le fils Kadhafi pourra-t-il dire ce qu'il sait ? », La Dépêche, 30 avril 2012 [lire en ligne]
  6. « Kadhafi-Sarkozy : la justice tunisienne savait dès octobre 2011 », Mediapart, 4 mai 2012 [lire en ligne]
  7. « Sarkozy et Kadhafi, les mystères d'une liaison dangereuse », Le Monde, 5 mai 2012 [lire en ligne]
  8. « Jean-Charles Brisard, l'insaisissable expert », sur lemonde.fr
  9. « Présidentielle 2007: Kadhafi aurait financé Sarkozy », 12 mars 2012, Mediapart [lire en ligne]
  10. (en) « Nicolas Sarkozy ‘received 42 million £ from Muammar Gaddafi for 2007 election’ », 12 mars 2012, The Telegraph [lire en ligne]
  11. « Kadhafi-Sarkozy : nos nouvelles révélations », Mediapart, 15 mars 2012 [lire en ligne]
  12. « Kadhafi-Sarkozy: M. Brisard, sous pression, nous écrit et se contredit », Mediapart, 16 mars 2012 [lire en ligne]
  13. a, b et c « Sarkozy-Kadhafi : la preuve du financement », Mediapart, 28 avril 2012 [lire en ligne]
  14. Fabrice Arfi, Karl Laske, Kadhafi a financé Sarkozy: la confirmation, Mediapart, 20 juin 2013 [2]
  15. Fabrice Arfi et Karl Laske, « Financements libyens: l’enquête judiciaire conforte le document de Mediapart », sur Mediapart,
  16. « Financements libyens: l’enquête judiciaire conforte le document de Mediapart », (consulté le 19 novembre 2014)
  17. Hervé Gattegno, « Sarkozy-Kadhafi, Mediapart et les documents « tronqués » : la réponse de Vanity Fair », Vanity Fair,‎ (lire en ligne)
  18. Fabrice Arfi et Karl Laske, « Sarkozy-Kadhafi: des experts valident l’authenticité du document de Mediapart », sur Médiapart,
  19. Renaud Lecadre, « Un peu de lumière sur les liens Kadhafi-Sarkozy », Libération,‎ (lire en ligne)
  20. « Affaire Mediapart : Nicolas Sarkozy parle d’infamie », Le Progrès, 29 avril 2012 [lire en ligne]
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fabrice Arfi et Karl Laske, Avec les compliments du Guide. Sarkozy-Kadhafi, l'histoire secrète, Fayard, 2017.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]