Rois mages

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Adoration des mages, par Altdorfer, vers 1530.

On appelle traditionnellement Rois mages les visiteurs qui figurent dans un épisode de l'Évangile selon Matthieu, qui, ayant appris la naissance de Jésus, viennent « de l'Orient » guidés par une étoile pour rendre hommage « au roi des Juifs » et lui apporter à Bethléem des présents d’une grande richesse symbolique : or, myrrhe et encens.

Le texte évangélique ne mentionne ni leur nombre ni les noms de ces « sages » (en grec : μάγοι, magoï). L'idée de leur origine royale apparait chez Tertullien au début du IIIe siècle et celle de leur nombre est évoqué un peu plus tard par Origène[1]. Certaines traditions chrétiennes, dont témoigne pour la première fois vers le VIe siècle l’Excerpta Latina Barbari, les popularisent sous les noms de Melchior, Balthazar et Gaspard[1].

Ce sont des personnages traditionnels des récits de la Nativité et le thème de l'Adoration des Mages devient rapidement populaire, ainsi qu'en témoigne une représentation dans la catacombe de Priscille, pour ensuite se développer très largement dans l'art chrétien[1].

L'Occident médiéval les vénère comme saints et leur reconnait des reliques qui sont encore conservées à la cathédrale de Cologne[1] tandis que la tradition orthodoxe conserve le reliquaire de leurs présents au Monastère d'Aghios Pavlos du Mont Athos.

Dans les textes[modifier | modifier le code]

Récits du Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Mosaïques, basilique Saint-Apollinaire, Ravenne, an 600.

Les mages sont uniquement évoqués par l'Évangile selon Matthieu (Mt 2, 1-12)[2], les trois autres évangiles canoniques ignorant cet épisode. Le récit de l'évangile ne mentionne ni le nom de ces mages, ni leur nombre, ni leur statut de roi, précisant seulement qu'ils sont venus d'« Orient »[2].

Ils se présentent à Jérusalem où ils font savoir qu'ils recherchent le « roi des Juifs qui vient de naître » dont l'étoile s'est levée et qu'ils sont venu honorer, causant le trouble auprès du roi Hérode et des habitants de Jérusalem. Ces mages sont appelés auprès du roi qui, informé par les spécialistes de la Loi que le Messie doit naître à Bethléem, les envoie dans ce village où ils doivent découvrir qui est l'enfant afin qu'il « aille, [lui] aussi, lui rendre hommage »[2]. Guidés par l'étoile, ils découvrent l'enfant « avec Marie, sa mère » et lui offrent trois présents, or, encens et myrrhe[2]. Après cet hommage, les mages sont avertis par Dieu en songe de ne pas retourner auprès d'Hérode et ils « regagn[ent] donc leur pays par un autre chemin »[2]. Le récit matthéen se poursuit avec les épisodes dits de la Fuite en Égypte et du Massacre des Innocents.

Mages chez les auteurs classiques[modifier | modifier le code]

Pour Hérodote[3] les mages (en grec μάγοι, magoï) étaient à l'origine « une des six tribus qui ont formé la nation des Mèdes » puis, dans le même peuple, des « prêtres interprètes des songes » - pratiquant divination et astrologie - , ce que rapporte également Xénophon[4]. Appelés mobad, il s’agissait ainsi vraisemblablement d'une classe sacerdotale de savants et de prêtres du mazdéisme[5]. Le terme magoï prendra le sens de « sorcier » et de magicien chez Sophocle, Euripide et Platon[4].

Ainsi, l'origine vague des mages de l'évangile selon Matthieu a donné naissance à diverses théories[6] qui ont successivement pu laisser penser à des prêtres perses venus de Médie, à des astrologues babyloniens appelés « chaldéens » par les Grecs et les Romains[7], soit, se basant sur les présents offerts à Jésus, à des sages venus d'Arabie ou de Syrie[8].

Si l'historicité des mages est douteuse, elle correspond par contre au motif littéraire bien attesté, tant dans la littérature juive que romaine, de devins qui interviennent à la naissance d'un enfant important[6], par exemple chez Pline l'Ancien[9] ou Suétone[10].

Littérature chrétienne antique[modifier | modifier le code]

Sarcophage provenant du cimetière Sainte-Agnès à Rome, c. IVe siècle

Dans Mt 2,1 il est donc question de « mages venus d'orient » en nombre indéterminé. Dans le plus ancien apocryphes, le Protévangile de Jacques, cité par Clément d'Alexandrie et Origène au IIIe siècle, les mages sont encore anonymes et viennent d'Orient, sans plus de détails[11]. Il en est toujours de même dans le Pseudo-Matthieu, recension latine du Protévangile de Jacques à la fin du VIe début du VIIe siècle[12].

L'origine royale des mages semble avoir été forgée par la tradition[6] à partir de divers passages de l'Ancien Testament[13] : cette idée apparait chez Tertullien au début du IIIe siècle[1] ; celui-ci les décrits comme fere reges, « presque roi »[14] et c'est Origène (185-254), dans ses Homélies sur la Genèse[15], qui, le premier, fixe leur nombre à trois en se fondant vraisemblablement sur les trois présents (or, encens, myrrhe)[1]. Il établit une relation fortement symbolique avec les trois personnages - Abimélech, Ochozath et Phicol - qui rendent visite à Isaac dans un épisode de réconciliation[16] du Livre de la Genèse. Selon Origène, il y a trois disciplines générales par lesquelles on parvient à la science des choses, incarnées par ces trois personnages qui demandent la paix à Isaaс : il s'agit de la logique ou « philosophie rationnelle » (Abimélech), la physique ou « philosophie naturelle » (Ochozath), l'éthique ou « philosophie morale » (Phicol). Origène compare les Mages à ces trois personnages et fait le parallèle avec le Christ qui accueille l'adoration de ces étrangers, symbole de l'Église qui accueille les Gentils et comprend toutes les philosophies[17].

Fac-simile du couvercle d'un sarcophage du IIIe siècle, Musée de la Civilisation romaine

Cependant, le nombre des mages reste fluctuant selon les auteurs et Michel le Syrien, au XIIe siècle, se fait l'écho de plusieurs traditions orientales : l'une d'elle, se référant à une prophétie de Michée[18], dénombre huit mages, quand d'autres en comptent douze, parfois accompagnés d'une importante troupe. Ainsi, selon une tradition perse, ils sont envoyé par le roi Pîr-Sahbour, accompagnés de 3000 cavaliers et 5000 fantassins. Plusieurs ouvrages syriaques en donnent les noms : Dahdnadour, fils d'Artaban, Wastaph, fils de Goudpir, Arsak, fils de Mahdouq, Zerwan, fils de Waroudoud, Ariwah, fils de Khosrau, Artahsist, fils de Hôlît, Estanbouzan, fils de Sisrawan, Mahdouq, fils de Hawahm, Ashirès, fils de Cahban, Cardanah, fils de Baladan, Mardouq, fils de Bîl et Hormizad, fil de Sanatrouq[19].

Les noms traditionnels de « Gaspard, Melchior et Balthazar » apparaissent pour la première fois dans un manuscrit du VIe siècle[20] intitulé Excerpta Latina Barbari. Ils y sont désignés sous les noms de Bithisarea, Melichior et Gathaspa. Vers la même époque, les mages apparaissent également dans un écrit apocryphe, l’Évangile arménien de l'Enfance, qui leur donne les noms de Balthazar, Melkon et Gathaspar[21], puis un pseudo-Bède, les Collectionea, reprend les trois noms au VIIIe siècle et qui suit l'opinion selon laquelle les Mages représentent la philosophie articulée en trois parties, logique, physique et éthique[22]. Il faudra encore attendre le Xe siècle pour que chacun des mages ait une individualité propre attachée à son nom[23].

Littérature médiévale[modifier | modifier le code]

Dans La Légende dorée, Jacques de Voragine les nomme dans trois langues différentes[24] : Appellius, Amérius, Damascus en latin ; Galgalat, Malgalat, Sarathin en hébreu ; Caspar, Balthasar, Melchior en grec. Conformément à l'Évangile, ils sont mages et non rois.

Interprétations[modifier | modifier le code]

Interprétation théologique[modifier | modifier le code]

Adoration des rois mages, Cappadoce, XIIe siècle.

La visée théologique du récit tend à guider les païens vers le Christ : ceux-ci sont symbolisés par les mages faisant partie de l'élite païenne de l'Orient qui sont eux-même guidés par une étoile qui les mène auprès de Jésus, roi des Juifs ou Messie auprès duquel leur adoration préfigure la foi des païens[25].

Le fait que l'épisode oppose le roi Hérode à Jérusalem au roi Jésus à Bethléem établit un parallèle avec le passage de l'Exode[26] qui oppose Pharaon à Moïse dans le dessein d'exposer comment Jésus accomplit la figure de Moïse[6]. C'est d'ailleurs Dieu lui-même qui s'oppose au projet d'Hérode en s'adressant directement aux mages pour les détourner du souverain[25].

Les présents des mages se réfèrent au pèlerinage eschatologique des nations[27] qui offrent leurs produits les plus remarquables à Sion[25]. L'évangile selon Matthieu propose dans son final [28] un écho à l'épisode lorsque, ressuscité, le Christ envoie ses disciples vers toutes les nations invitées à devenir disciples[25], soulignant l'universalité du messianisme sur lequel le rédacteur veut insister[25].

Les offrandes[modifier | modifier le code]

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Le texte de l'Évangile ne mentionne pas le nombre de ces mages mais énumère trois cadeaux apportés par eux (or, encens et myrrhe). Selon une interprétation théologique traditionnelle, ces offrandes correspondent à la reconnaissance de Jésus selon trois dimensions fondamentales :

  • il est le Fils de Dieu : l'or est l'image de ce qui est le plus précieux pour Dieu ;
  • il est le Prêtre de l'Alliance Nouvelle et Éternelle, selon l'Écriture : l'encens est utilisé pour le culte, pour parler avec Dieu, ce que font tous les enfants de Dieu ;
  • il est aussi véritablement homme : la myrrhe est un baume qui lave les blessures des hommes dans la chair. Il est donc lié à l'amour de la vie sur terre mais aussi à la préparation d'une vie destinée à passer de la mort vers la vie éternelle.

L'Adoration du Christ par les mages peut aussi symboliser l'idée que le christianisme prolonge et renouvelle la tradition primordiale (à l'origine de toutes les religions) :

  • les mages venant d'Orient représentent les trois pouvoirs : pouvoir royal (l'or), pouvoir sacerdotal (l'encens) et pouvoir spirituel (la myrrhe) ;
  • les mages allant au devant du Christ signifient que les trois pouvoirs « sacrent » le christianisme comme étant le digne successeur de la tradition primordiale ;
  • en souvenir de cet avènement, les trois couronnes figurant sur la tiare de saint Pierre rappellent les trois pouvoirs correspondant aux trois mondes symbolisés par les mages.

Qualité royale des mages[modifier | modifier le code]

Plusieurs Pères de l'Église, dont en premier Tertullien suivi par Cyprien de Carthage, Ambroise de Milan ainsi que des auteurs comme Césaire d'Arles, ont attribué aux mages le titre de « roi »[29], se référent de manière évidente[30] à un passage du Livre d'Isaïe[31] et aux Livre des Psaumes[32] qui alimentent la Tradition :

10 Les rois de Tarsis et des îles amèneront des offrandes, les rois de Séba et de Saba apporteront leur tribut.
11 Tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront[33]

Melchior aurait été roi des Perses, Balthazar roi des Arabes, et Gaspard roi en Inde. Pour certains chercheurs[34], ce troisième nom rejoint la légende entourant le roi indo-parthe des Sakas Gondopharès qui, suivant le récit des apocryphes Actes de Thomas où il est mentionné comme « Gudnaphara », aurait été converti par l'apôtre Thomas. Dans la version arménienne des Actes, le nom devient « Gathaspar » qui aurait ensuite donné « Kaspar »[35].

En tout état de cause, la tradition considère ces « rois » - qui symbolisent parfois également l'Europe, l'Asie et l'Afrique, ainsi qu'en atteste au VIIIe siècle Bède le Vénérable qui les assimile également aux trois fils de Noé[23] - comme les témoins des nations païennes qui ont reconnu le Messie qu'Hérode et le peuple juif ont ignorés. Le récit forgé par la tradition vise ainsi à, d'une part, « présenter Jésus comme le Messie royal venu dans notre histoire, et, [d'autre part] à légitimer l'accueil des païens dans l'Église »[6].

Hypothèses sur l'étoile[modifier | modifier le code]

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  • Les rois mages étant des prêtres de la religion zoroastrienne, dite « religion des mages », il faut se référer aux Gathas de Zarathoustra[36], dont on peut retrouver une partie dans l'Avesta (le livre actuel des Zoroastriens) où l'on retrouve l'importance donné à l'observation des astres et l'interpretation de leurs mouvements. Ainsi, l'étoile est un symbole clé de cette religion et le Coran les cite et les nomme plusieurs fois comme dans la sourate du Pélerinage, sourate 22, où ils sont cité comme de véritables croyants avec les juifs, les nazaréens, et les sabéens, ces derniers sont appelés abusivement "adorateurs des étoiles" mais sont pourtant considérés comme de "bons" croyants par le Coran (Coran, 22:17).
  • L'étoile symbolise le chemin indiqué par Dieu pour trouver la Vérité. L'ange (parfois appelé "étoile" dans les Écritures) est le guide sûr qui conduit ceux qui décident de la suivre à bon port : Elle s'arrête précisément au-dessus du lieu de naissance de l'enfant.

Dans l'Évangile de Matthieu (chapitre 2, verset 10) : « Voici que l'astre, qu'ils avaient vu à l'Orient, avançait devant eux jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter au-dessus de l'endroit où était l'enfant. »

  • Selon d'autres théories, l'étoile citée par l'évangile aurait bien existé :
    • Celle que les mages auraient suivie jusqu'à Bethléem serait en fait la conjonction de Jupiter et de Saturne qui eut lieu entre -6 et -4 avant l'an 1 (période de temps généralement considérée comme celle de la naissance du Christ, Hérode étant mort en -4), phénomène qui aurait duré près d'un an. Cette conjonction a eu lieu dans la constellation des Poissons, et un mouvement rétrograde de quelques semaines aurait pu donner l'impression qu'un événement spécial allait se produire.
    • Autre hypothèse : l'étoile Spica (dénommée Al Zimach en arabe, ou Tsemech en hébreu, ce qui signifie « de la branche de David ») est l'étoile qui, en l'an 2 av.-J.-C., se lève exactement à l'est le jour de l'équinoxe de printemps. Ce phénomène, dû à la précession de l'axe polaire autour d'un axe imaginaire tous les 25 920 ans, était déjà connu des astronomes du Moyen-Orient. Ainsi, que ce soit l'étoile, ou la conjonction de Saturne et Jupiter, ces deux événements ont été interprétés par les Mages comme les signes d'un événement extraordinaire et d'une naissance particulière. Evénement suffisamment important pour motiver leur voyage vers le lieu de naissance de Jésus.

Légendes sur le destin des mages[modifier | modifier le code]

  • D’après l’Évangile arabe de l'Enfance (7-8), les mages, de retour chez eux, jettent dans un feu sacré un lange de l’Enfant-Jésus offert par Marie. Le feu qui, selon leurs coutumes, purifie tout ce qui est impur, laisse le lange intact[37]. Ce récit signifie le triomphe du christianisme sur le culte zoroastrien.
  • Un élément apocryphe du Ve siècle[38] attribué à Jean Chrysostome[39], mêlant des éléments de la Caverne des trésors sur les mages et leurs présents rapporte l'histoire de douze « mages » établis au sein d'un peuple de l'« Orient lointain », près de l'Océan, qui sont plus tard évangélisés par l'apôtre Thomas puis, générations après générations, attendent le la venus de l'étoile du Messie, jusqu'à ce qu'elle apparaisse[40].
  • Une légende du XIIe siècle fait du Prêtre Jean, légendaire souverain chrétien d’un puissant royaume oriental, le descendant d’un des rois mages[41].
  • Au début du XIIIe siècle les mages, l'étoile et la figure de Balthazar sont connus en Provence[42] et nourrissent une légende locale : Balthazar serait passé par la région lors de son retour et se serait arrêté à Baux-de-Provence où les seigneurs affirmaient descendre du Mage. C'est pour cette raison que leur blason portait une étoile d'argent et que leur cri de guerre était : « Au hasard, Balthazar ! »[43]
  • Au XVIIIe siècle, la mystique rhénane Catherine Emmerich rapporte une série de visions qui apportent de nombreux détails inédits et savoureux sur la vie des rois mages qu'elle nomme Théokéno, Mensor et Saïr[44].

Reliques des rois Mages[modifier | modifier le code]

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Les « Trois Rois de Cologne »[modifier | modifier le code]

Après la défaite et la démolition de Milan en 1162, les restes des rois mages auraient été transportés par Rainald von Dassel en 1164 de Milan à Cologne, où ils sont depuis proposés à la vénération des fidèles dans une châsse en or dite châsse des rois mages, exposée dans le chœur de la cathédrale. Dans toute la suite du Moyen Âge on les a donc appelés les « trois rois de Cologne ». La Légende dorée de Jacques de Voragine résume les croyances du temps: Sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin Ier, avait retrouvé ces reliques vers 330 et les avait transportées à Constantinople, d'où elles avaient été transférées à Milan par l'évêque Eustorge, avant d'aboutir à Cologne, sur ordre d'un empereur germanique que Jacques de Voragine appelle Henri[45].

Le reliquaire du Mont Athos[modifier | modifier le code]

Quant aux présents que les rois mages auraient fait à l'Enfant, ils seraient actuellement conservés au monastère Saint-Paul du Mont Athos, dans un reliquaire en or du XVe siècle. Il a été donné au monastère au XVe siècle par Mara, fille du prince serbe Đurađ Branković (1428-1456), mariée au sultan ottoman Murat II et marraine de Mehmet II, le conquérant de Constantinople. Il s'agit apparemment de reliques conservées et vénérées à Constantinople depuis le IVe siècle. En 1999, elles ont été exposées à la vénération des fidèles à Athènes dans le cadre d'une collecte en faveur des victimes du tremblement de terre.

Iconographie[modifier | modifier le code]

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Dans la tradition iconographique Gaspard, jeune aux traits asiatiques, offre l'encens. Melchior, représenté comme un roi de Perse : l'or. Et Balthazar, représenté le plus vieux avec la peau noire (en Allemagne surtout) : la myrrhe.

« Le premier des Mages s’appelait Melchior, c’était un vieillard à cheveux blancs, à la longue barbe. Il offrit l’or au Seigneur comme à son roi, l’or signifiant la Royauté du Christ.

Le second, nommé Gaspard, jeune, sans barbe, rouge de couleur, offrit à Jésus, dans l’encens, l’hommage à sa Divinité.

Le troisième, au visage noir, portant toute sa barbe, s’appelait Balthazar ; la myrrhe qui était entre ses mains rappelait que le Fils devait mourir. »

— La Légende dorée, Jacques de Voragine.

Article détaillé : L'Adoration des mages.

Liturgie et folklore[modifier | modifier le code]

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La visite des mages est célébrée à la date du 6 janvier, jour de l'Épiphanie. En France, toutefois, un indult papal décale cette fête au premier dimanche suivant le 1er janvier (donc le dimanche compris entre le 2 et le 8 janvier). Ce jour-là, dans plusieurs pays d'Europe, on partage la galette des rois :

  • En Espagne, ce sont les rois mages qui apportent des cadeaux aux enfants.
  • En Allemagne, en Alsace, aux Pays-Bas, en Flandre ou en Bohème, à l’Épiphanie, il est de coutume que les enfants de la paroisse, menés par trois enfants vêtus du costume des Rois Mages et coiffés d’une couronne, aillent en cortège à travers les rues du village. De maison en maison, ils donnaient un petit spectacle rappelant l'adoration des Mages devant le Christ Nouveau-Né en proposant leur protection aux habitants en échange de nourriture, de friandises ou de quelques pièces (de nos jours, il est fréquent qu'ils collectent des fonds pour les œuvres de la paroisse). Si leur demande est satisfaite, ils inscrivent « * C+M+B+ » ainsi que le millésime (par exemple, 20* C+M+B+11 pour 2011) au-dessus de la porte. Ces initiales peuvent être interprétées comme celles des Rois Mages (Caspar, Melchior et Balthasar), mais peuvent également être lues comme l'acrostiche de « Christus Mansionem Benedicat », « que Christ bénisse cette maison ». Malheur à celui qui refuse de faire un geste ! Il est bruyamment envoyé au diable, à grands coups de crécelles.

En Bohème, on les appelle « tri kralové », ce qui signifie : « Les trois rois ».

  • En Flandre Française. Les douze jours qui séparent Noël et l’Épiphanie sont encore marqués ici ou là de rites extrêmement populaires et séculaires. Ainsi, en Flandre Française, la tournée des rois mages subsiste encore dans les campagnes environnant Bailleul et Steenvoorde (arrondissement d’Hazebrouck). Les trois rois représentent une très ancienne tradition : un groupe de trois personnes habillées en rois et portant une étoile, visite les maisons et fermes des villages en chantant un cantique.Les gens visités offrent alors un peu d'argent, à manger ou à boire aux rois. En effet, cette tradition était à l'origine effectuée par les plus démunis qui récoltaient ainsi un appoint pour les fêtes de Noël. Ce cantique annonce la naissance du Christ et décrit la courageuse route des rois vers la crèche. Le premier roi porte une étoile qu'il fait tourner, le second roi tient un bâton de pèlerin, le troisième roi joue la musique et les trois chantent à l'unisson. L'étoile est décorée afin d'obtenir un effet visuel original. Le bâton peut être accompagné d'une lanterne. Les instruments de musique utilisés à l'origine étaient le blaezeveer (arc sur lequel glisse un archet et où une vessie de porc sert de caisse de résonance) ou le rommelpot (tambour à friction). Avant de repartir pour une nouvelle destination, les rois saluent et remercient leur hôte en leur souhaitant une heureuse et saine nouvelle année : « een gelukkig en zalig nieuwjaer ».
  • En Pologne, il existe également une tradition de chanteurs à l'étoile qu'on appelle « Kolednicy ».

Développements littéraires et cinématographiques[modifier | modifier le code]

Le thème du quatrième roi mage[modifier | modifier le code]

Le pasteur presbytérien américain Henry van Dyke, dans un de ses contes de Noël les plus connus, The Story of the Other Wise Man (« L'Histoire de l'autre Roi mage ») publié en 1892, raconte l'histoire d'un quatrième roi mage, Artaban de Médée, qui voulut apporter à l'enfant Jésus trois pierres précieuses. Il vendit tous ses biens, et prit la route. En chemin, il rencontra des nécessiteux, pour qui il sacrifia ses cadeaux. Il n'atteignit jamais la crèche, mais Jésus lui apparut plus tard : en ayant aidé des inconnus en détresse, il avait trouvé et aidé Jésus aussi bien que s'il était arrivé à Bethléem.

En 1962, l'allemand Edzard Schaper propose, dans son récit Der vierte Königun (Le quatrième Roi) l'histoire d'un petit roi d'origine russe qui, voyageant en solitaire et s'étant attardé sur le chemin, arrive 33 ans après la naissance de Jésus et assiste à la Crucifixion[46].

S'inspirant de ces deux ouvrages, l'écrivain français Michel Tournier, dans son roman Gaspard, Melchior et Balthazar paru en 1980[47], donne sa version de l'histoire d'un quatrième mage, Taor, prince de Mangalore. Parti du sud de l'Inde pour découvrir la recette du « rahat loukoum à la pistache » en compagnie d'une grande suite et de cinq éléphants, il reste trentre-trois ans dans les mines de sel de Sodome et arrive Jérusalem au moment de l'Eucharistie[48]. Tournier en propose en 1983 une version pour enfants intitulée Les Rois mages[49].

La légende du quatrième roi mage a connu de nombreuses variantes depuis van Dyke, mais toutes, y compris celle de Tournier, ont en commun le thème de l'arrivée tardive et du salut trouvé au terme d'un échec apparent.

Autres développements littéraires[modifier | modifier le code]

L'écrivain Bernard Marcotte, dans le conte intitulé La Dernière Chevauchée des rois mages[50], imagina pour le voyage de retour des rois mages une destinée toute particulière.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Article « Magi », in E. A. Livingston, The Oxford Dictionnary of Chritian Church, éd. Oxford University Press, 1997, p. 1020
  2. a, b, c, d et e Mt 2. 1-12
  3. Hérodote, Histoire, 1, 101
  4. a et b A. Bailly, Dictionnaire grec-français, Hachette, Paris, 1950
  5. Jean-Paul Roux, Le mazdéisme, la religion des mages, clio.fr, 2000
  6. a, b, c, d et e Jean Rademakers, « Mages », dans Dictionnaire Encyclopédique de la Bible, Brepols,‎ , p. 6057
  7. voir Dn 2. 2-10
  8. cf. par ex. 1R 5. 10
  9. Histoire Naturelle, 30,1,16
  10. Vie des douze Césars, ch. 13
  11. Protévangile de Jacques § 21.1
  12. Pseudo-Matthieu § 16.1
  13. Ps 72. 10, Is 60. 6
  14. cf. Tertullien, Adversus Judaeos, 9 et Adversus Marcionem, 3,13
  15. Hom. Gen. 14,3
  16. Gn 26. 26-29
  17. cf. notamment Piotr Paciorek, « L’adoration des Mages (Mt 2,1-12) dans la tradition patristique et au Moyen Âge jusqu’au XIIe siècle », in Augustiniana vol. 50, 2000, p. 97
  18. Mic 5. 5
  19. Jean-Baptiste Chabot, Chronique de Michel le Syrien, Paris, E. Leroux,‎ , p. 141-142
  20. conservé à la Bibliothèque nationale de France à Paris
  21. Paul Peeters: Évangiles Apocryphes, Paris 1914
  22. cf. Piotr Paciorek, « L’adoration des Mages (Mt 2,1-12) dans la tradition patristique et au Moyen Âge jusqu’au XIIe siècle », in Augustiniana vol. 50, 2000, p. 98
  23. a et b Jacques Le Goff, « Préface », dans Richard Trexler, Le voyage des mages à travers l'Histoire, Armand Colin,‎ , p. 7
  24. Page Épiphanie mise en ligne par l'Abbaye de Saint-Benoît.
  25. a, b, c, d et e Christophe Nihan, « Évangile selon Matthieu », dans Camille Focant et Daniel Marguerat (dirs.), Le Nouveau testament commenté, Bayard/Labor et Fides,‎ , p. 31
  26. Ex 2
  27. Es 60. 6 ou encore les Psaumes de Salomon, 17,31
  28. Mt 28. 16-20
  29. Robert Féry, Jours de fêtes : histoire des célébrations chrétiennes, Seuil,‎ , p. 35
  30. David L. Jeffrey, « Magi », dans A Dictionary of Biblical Tradition in English Literature, Wm. B. Eerdmans Publishing,‎ , p. 421
  31. Is 60. 3
  32. Ps 72. 9-11
  33. Livre des Psaumes, 72, 10-11, trad. Bible Segond 21
  34. « Gondophernes », dans Encyclopædia Britannica Ultimate Reference Suite, Chicago, Encyclopedia Britannica,‎
  35. (en) Henry Herbert Dodwell (éd.), The Cambridge Shorter History of India, Cambridge University Press,‎ , p. 70-72
  36. http://misraim3.free.fr/religions_diverses/AVESTA.PDF
  37. Gustave Brumet (trad.), « Les évangiles apocryphes : Évangile de l'Enfance », sur remarcle.org,‎
  38. Liber apocryphus nomine Seth. Mons Victorialis, chapitre d'un ouvrage arianisme
  39. sous le nom latin de Opus imperf. in Mat. hom. II (PG 56, c. 637-638)
  40. Albert-Marie Denis et Jean-Claude Haelewyck, Introduction à la littérature religieuse judéo-hellénistique, vol. I : Écrits judéo-hellénistiques parallèles aux livres historiques de la Bible, Brepols,‎ , p. 57
  41. Otton de Freising est le premier à mentionner en 1145 ce prêtre-roi descendant des Rois mages dont lui aurait parlé un évêque syrien croisé à Viterbe ; cf. UMR5648, Pays d'Islam et monde latin, Xe ‑ XIIIe siècle : textes et documents, Presses Universitaires Lyon,‎ , p. 217
  42. voir Florian Mazel, La noblesse et l’Église en Provence, fin Xe - début XIVe siècle : L'exemple des familles d'Agoult-Simiane, de Baux et de Marseille, Comité des travaux historiques et scientifiques-CTHS,‎ , p. 334
  43. Christian Montésinos, Éléments de mythologie sacrée aux XIIe et XIIIe siècles en France, Éditions de la Hutte,‎ , p. 99
  44. Catherine Eymerich, Vie de la Sainte Vierge, chapitre 59.
  45. Ces dépouilles des Mages sont aussi évoquées dans le roman d'Umberto Eco, Baudolino.
  46. Sandra L. Beckett, De grands romanciers écrivent pour les enfants, Presses de l'Université de Montréal,‎ , p. 145
  47. Michel Tournier, Les Rois Mages, Gallimard, 1980 (ISBN 2070510247) ; édition poche : Gallimard-Jeunesse, 1998 (ISBN 2070516199).
  48. Sandra L. Beckett, De grands romanciers écrivent pour les enfants, Presses de l'Université de Montréal,‎ , p. 146
  49. Tournier Michel, Les rois mages, Gallimard,‎
  50. Éditions Thélès, 2011.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Grégoire Aslanoff, Xavier Durand, Sophie Hubert et al., Ces mages venus d'Orient, Paris, éd. du Cerf, coll. « Biblia magazine » (no 12),‎ , 41 p. (ISSN 1630-4977).
  • Maurice Carrez, Bergers et mages : témoins insolites du Christ, Poliez-le-Grand, éd. du Moulin,‎ , 83 p. (ISBN 978-2-220-04523-8).
  • Jean Chopitel et Christiane Gobry, Les Rois mages : histoire, légende et enseignements, Grenoble, le Mercure dauphinois,‎ , 158 p. (ISBN 2-913826-24-5).
  • Madeleine Félix, Le Livre des rois mages, Paris, Desclée De Brouwer,‎ , 239 p. (ISBN 2-220-04048-8).
  • Benjamin Flores-Leyton, L'Étoile des Rois Mages : la voie de l'audition dans le christianisme, Genève, l'Oreb,‎ , 302 p. (ISBN 2-940311-00-5).
  • Renée-Paule Guillot, La Saga des rois mages : la fève et la couronne, Monaco, Alphée, coll. « Roman initiatique »,‎ , 137 p. (ISBN 2-7538-0199-1).
  • Johan von Hildesheim (trad. Guy Béhin), Les Rois mages : l'histoire des trois bienheureux Rois, Tournai, La Renaissance du livre, coll. « Références »,‎ , 170 p. (ISBN 2-8046-0583-3).
  • Jadir de Morais Pessoa et Madeleine Félix (trad. Madeleine Félix), Les Voyages des Rois Mages : de l'Orient jusqu'au Brésil, Paris, L'Harmattan, coll. « Logiques sociales / Études culturelles »,‎ , 240 p. (ISBN 978-2-296-12387-8).
  • Michel Tournier et Christian Jamet, Célébration de l'offrande : regards sur les Rois mages, Paris, Albin Michel, coll. « Célébrations »,‎ , 96 p. (ISBN 2-226-12776-3).
  • Richard C. Trexler (trad. Marianne Groulez, préf. Jacques Le Goff), Le Voyage des mages à travers l'histoire, Paris, Armand Colin,‎ , 301 p. (ISBN 978-2-200-35397-1).
  • Jean-Marc Vercruysse (dir.), Les Rois mages, Arras, Artois Presses Université, coll. « Graphè » (no 20),‎ , 182 p. (ISBN 978-2-84832-130-1).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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