Albrecht Altdorfer

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Albrecht Altdorfer, né à Altdorf (Basse-Bavière) en 1488[1] et mort à Ratisbonne le , est un peintre et graveur allemand de l'époque de la Renaissance, contemporain d'Albrecht Dürer. Il est considéré comme le plus important représentant de l'école du Danube et faisait partie des Petits maîtres allemands.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un artisan de Ratisbonne, il accède en 1505 au droit du citoyen (das Bürgerrecht, e) de la ville comme "peintre d'Amsberg", du nom d'une localité des environs.

Il devient membre du conseil et maître d'œuvre en 1519, et consacra sa vie à aménager l'urbanisme de sa ville notamment le renforcement des défenses, tout en poursuivant son activité de peintre[2]. Élu bourgmestre en 1528, il refusa cette dernière fonction s'estimant trop engagé comme artiste[3]. Il travaille pour les églises alentour et enlumine un livre d'heure pour l'empereur Maximilien. Ses incroyables Saint Sébastien et ses Christ ensanglantés que les abbayes autrichiennes s'arrachaient alors, définirent les critères de ce que l'on a appelé l'Ecole du Danube[2]. Altdorfer fut l'un des premiers peintres européens à placer le paysage comme thème autonome au centre de son travail. En entremêlant les plans, les figures humaines et le décor, il donne une perspective cosmique à ses peintures.

La Bataille d'Alexandre (1529), aujourd'hui à la Alte Pinakothek de Munich est considérée comme l'un de ses chefs-d'œuvre. Le prétexte de la victoire d'Alexandre sur Darius illustre une vision du monde radicalement neuve. Les centaines d'acteurs affichent un époustouflant catalogue d'expressions, sur fond de coucher de soleil embrasant un paysage d'eau et d'arbres caractéristiques. Le goût du bon vivant se réfugie dans ses personnages ou il collectionne les grimaces graphiques[2].

Les peintures d'Altdorfer datant de cette période, faisant écho aux découvertes de Nicolas Copernic qui lui sont contemporaines, présentent pour la première fois un monde convexe, où le centre de l'Univers n'est plus la Terre, mais le Soleil.

En 1535, il représenta la ville de Rastisbonne auprès du roi Ferdinand Ier. Son testament montre qu'il fut très riche[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Signature d'Altdorfer

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t.1, Ch. Delagrave, 1876, p. 67.
  2. a, b, c et d Françoise Monin, « Les Tableaux des maîtres danubiens », Muséart, no 53,‎ , p.52-55
  3. a et b Jeanne van Waadenoijen, « Biographies », dans Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti, Paris, Editions Place des Victoires,‎ (ISBN 2-84459-006-3), p. 631
  4. a, b, c et d Rainald Grosshans, Gemäldegalerie Berlin : Guide, Prestel Verlag, Munich,‎ (ISBN 3-7913-2058-0), p.37-39
  5. Wolfgang Prohaska, Le Kunsthistorisches Museum de Vienne : Peinture, C.H. Beck/Scala Books,‎ (ISBN 3 406 47459 4), p. 99
  6. Erika Langmuir, National Gallery : Le Guide, Flammarion,‎ , 335 p. (ISBN 2-08-012451-X), p. 102
  7. Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti : La Peinture à Florence, Editions Place des Victoires,‎ (ISBN 2-84459-006-3), p. 310-311

Annexes[modifier | modifier le code]

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