Cathédrale de Cologne

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Cathédrale de Cologne
Image illustrative de l'article Cathédrale de Cologne
Présentation
Nom local Hohe Domkirche St. Peter und Maria - Kölner Dom
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Archevêché de Cologne (siège)
Début de la construction 1248
Fin des travaux 1880
Style dominant Gothique
Protection  Patrimoine mondial (1996)
Site web www.koelner-dom.de/
Géographie
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Région Rhénanie-du-Nord-Westphalie
Département District de Cologne
Commune Cologne
Coordonnées 50° 56′ 29″ N 6° 57′ 28″ E / 50.941353, 6.95770450° 56′ 29″ Nord 6° 57′ 28″ Est / 50.941353, 6.957704  

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Cathédrale de Cologne

La cathédrale de Cologne (en allemand: Kölner Dom) de son nom plus officiel Haute Église Cathédrale Saint-Pierre et Sainte-Marie, est une église catholique romaine de la ville de Cologne ainsi que la cathédrale de l'archevêché de Cologne. Avec ses 157 mètres de haut et ses 533 marches, elle est la deuxième plus haute église d'Allemagne et du monde pour ses tours, après la cathédrale d'Ulm.

Elle se situe à l'ancienne frontière romaine du Nord de la ville, juste à côté de l'actuelle gare, de la vieille ville (Altstadt), du Hohenzollernbrücke et des musées Ludwig et Romain-Germanique, à 250 m du Rhin. Elle est entourée d'une construction moderne en béton : « le plateau de la Cathédrale » (Domplatte). Le tout se situe sur « la colline de la Cathédrale » (Domhügel), à 17 mètres au-dessus du Rhin.

Elle est également la troisième plus grande cathédrale de style Architecture gothique (après la cathédrale de Séville et le dôme de Milan). Beaucoup d'historiens de l'art y voient l'harmonie par excellence entre les diverses pièces architecturales ainsi que le bijou du style gothique du Moyen Âge. C'est pour cette raison qu'elle a été inscrite, en 1996, sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO [1]. L'énorme façade ouest avec les deux tours, de plus de 7 100 m2, n'a pour l'instant été dépassée nulle part ailleurs dans le monde.

Elle est de plus le monument le plus visité d'Allemagne : 5 millions de visiteurs en 2001 et 6 millions en 2004, venus du monde entier[2]. En 2005, le pape Benoît XVI s'y rendit lors des Journées mondiales de la Jeunesse organisées à Cologne.

Historique[modifier | modifier le code]

Les premiers chrétiens se réunissent pour célébrer leur culte dans une maison privée de la Cologne romaine, près de la muraille de la ville. À la suite de l'édit de Milan en 313 qui proclame leur liberté de culte, ils transforment cette maison en église, flanquée d'un atrium sur sa façade ouest et à proximité d'un baptistère et d'une habitation, peut-être destinée à l'évêque. À l'inverse de la tradition, le chœur est alors orienté à l'ouest. Ce modeste ensemble est progressivement agrandi au cours des siècles suivants[3].

L'influence du lieu grandit lorsque l'évêque de Cologne, Hildebold, ami et conseiller de Charlemagne, obtient le pallium en 785 et lance le projet de construire une grande cathédrale romane. L'église d'origine ayant été détruite par un incendie avant 851, une seconde est reconstruite qui est consacrée en septembre 870 par l'archevêque Willibert[3].

Une légende raconte que la franc-maçonnerie serait née au sein de la corporation de maçons qui travailla à l'édification de cette cathédrale[4]. Toutefois, cette thèse est loin de faire consensus.

Le 23 juillet 1164 à l'époque du Saint-Empire romain germanique, l'archevêque de Cologne Rainald von Dassel aurait selon la tradition ramené les ossements des trois rois mages comme butin de guerre à Cologne[5]. La cathédrale est jugée trop petite pour accueillir les pélerins venant voir la châsse des rois mages (reliquaire alors le plus célèbre de l'occident chrétien), aussi l'archevêque Engelbert II de Berg décide de construire un édifice entièrement nouveau, mais son meurtre en 1225 retarde le projet qui est repris en 1247[3].

Étapes de la construction[modifier | modifier le code]

La cathédrale est en arrière-plan de ce cliché de la libération de la ville de Cologne du régime nazi par les Alliés (en l'occurrence la 82e division aéroportée américaine). Le panneau indique la proximité d'une zone où persistent les combats.

Les principales étapes sont[3] :

  • 1247 : commencement du projet de la cathédrale par les autorités ecclésiastiques, chantier confié au maître maçon Gerhard (en).
  • 1248 : pose de la première pierre par l'évêque puis construction du chevet et de la nef.
  • 27 septembre 1322 : consécration de la cathédrale.
  • 1380 : le premier portail dit de saint Pierre est achevé, puis vient la tour Sud.
  • 1560 : interruption des travaux alors qu'une grande partie de la nef centrale et des quatre nefs latérales est terminée. Outre la pénurie d'argent, le gothique n'est plus en vogue.
  • XVIe siècle : début de la construction de la tour Nord.
  • 4 septembre 1842 : Frédéric-Guillaume IV de Prusse pose la première pierre symbolisant la reprise des travaux.
  • De 1841 à 1863 : les façades et les voûtes sont terminées puis les tours achevées sur les plans du XIVe siècle, le chantier étant en grande partie supervisé par l'architecte Ernst Friedrich Zwirner.
  • 1880 : achèvement de l'édifice, après 632 ans et 2 mois
  • 1945 : la cathédrale est un des seuls édifices à être restés debout après les bombardements incessants qu’a vécus la ville de Cologne durant la Seconde Guerre mondiale. La raison serait que son architecture atypique lui permettait d'être reconnue facilement par les pilotes alliés, et servait donc de point de repère[6]. Elle n'est quand même pas épargnée par les dégâts, sa voûte est détruite mais l'ensemble est restauré en 1950.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Type architectural[modifier | modifier le code]

Cette cathédrale de style gothique fut de 1880 à 1884, le plus haut bâtiment du monde[7]. Ses tours en font la deuxième plus haute église du monde, après la flèche de la cathédrale d'Ulm. Elle est inspirée des cathédrales d'Amiens et de Beauvais.

Éléments architecturaux[modifier | modifier le code]

Triforium au-dessus des grandes arcades.

Le chantier de la cathédrale, repris au XIXe siècle, est la manifestation la plus importante du style néogothique qui sert alors de modèle aux architectes travaillant sur tous les styles néomédiévaux[7] :

Trois éléments rythment l'élévation de la nef : les grandes arcades qui s'ouvrent sur les collatéraux ; le triforium qui fait le tour de la cathédrale ; les baies vitrées de plus de 20 mètres de haut mises en valeur par le rythme des colonnettes et des arcs de taille plus réduite (à peine cinq mètres) de la galerie ajourée.

L'élément récurrent qui se retrouve dans les murs et les 92 voûtes est l'arc brisé. Des piliers à 8 colonnettes montent au milieu des collatéraux, à 12 colonnettes au bord de la nef, à 34 et 42 colonnettes pour soutenir les tours.

Le paysage architectural extérieur est plus difficile à lire (enchevêtrement de contreforts, rangées de culées, arc-boutants habillés de rosaces, pinacles ornés de fleurons), à l'exception du toit uniforme dont la pente aigue symbolise l'ascension spirituelle. Depuis le XIIIe siècle, une toiture est composée d'épaisses feuilles de plomb et pèse 600 tonnes.

Maître d'œuvre et matériau de base[modifier | modifier le code]

Dimensions[modifier | modifier le code]

Façade sud de la cathédrale
  • Hauteur : 157,38 mètres (tour nord).
  • Superficie : environ 8 000 mètres carrés.
  • Longueur hors œuvre : 144,58 mètres (presque comme à Amiens).
  • Largeur hors œuvre : 61,5 mètres (façade ouest)
  • Largeur intérieure de la nef : 45,19 mètres.
  • Hauteur sous voûte : 43 mètres (comme à Amiens).
  • Longueur du transept : 86 mètres.
  • Marches de la tour Nord : 533 marches[8]
  • Volume : 407 000 m3
  • Surface au sol : 7 914 m2
  • Surface de la façade : 7 000 m2, la plus grande surface de façade d'église au monde[7].
  • Largeur du chœur : 10,60 m

Les cloches[modifier | modifier le code]

Elles sont au nombre de 11, listées de la plus grande à la plus petite.

Dans la tour sud
  • St. Petersglocke (cloche de St Pierre), de 1923, d'un diamètre de 3,22 m pour 24 000 kg, en DO(2). Elle est la plus grosse cloche du monde à sonner en lancer franc. (Elle remplace la Kaiserglocke fondue en 1874 à partir de canons pris à la France, de 27 t, pour un diamètre de 3,42 m, qui malgré plusieurs refontes n'a jamais donné la note prévue et qui fut détruite pour faire des munitions).
  • Pretiosa, fondue en 1448, d'un diamètre de 2,40 m et d'une masse de 10 500 kg, en SOL(2)
  • Speciosa (la précieuse), de 1449, d'un diamètre de 2,03 m pour 5 600 kg, en LA(2)
  • Dreikönigenglocke (cloche des trois rois mages) de 1880, 1,74 m pour 3 800 kg, en SI(2)
  • Ursulaglocke, de 1862, 1,60 m et 2 550 kg, en DO(3)
  • Josephglocke, de 1998 : 1,468 m et 2 110 kg, en RE
  • Kapitelsglocke (cloche du chapitre), de 1911, 1,28 m pour 1 400 kg, en MI
  • Aveglocke, de 1911, 1,08 m et 780 kg, en SOL
Dans la flèche
  • Angelusglocke (cloche de l'Angélus), du 14° siècle, 1,047 m et 762 kg, en sol#(3)
  • Mettglocke (cloche des vêpres), de 1719, 78 cm, 280 kg, en SI(3) h1 +7 –
  • Wandlungsglocke (cloche de la consécration), du 14° siècle, 81 cm, 428 kg, en MI(4)

Reliques des rois Mages[modifier | modifier le code]

Après la défaite et la démolition de Milan en 1162, les restes des rois mages auraient été transportés par Rainald von Dassel en 1164 de Milan à Cologne, où ils sont depuis proposés à la vénération des fidèles dans une châsse en or dite châsse des rois mages, exposée dans le chœur de la cathédrale. Dans toute la suite du Moyen Age on les a donc appelés les "trois rois de Cologne". La Légende dorée de Jacques de Voragine résume les croyances du temps: Sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin Ier, avait retrouvé ces reliques vers 330 et les avait transportées à Constantinople, d'où elles avaient été transférées à Milan par l'évêque saint Eustorge, avant d'aboutir à Cologne, sur ordre d'un empereur germanique que Jacques de Voragine appelle Henri[9].

La cathédrale et l’UNESCO[modifier | modifier le code]

La cathédrale a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'UNESCO de 2004 à 2006, afin de mettre en œuvre des actions de sauvegarde non pas sur le bâtiment en lui-même, mais sur l'environnement moderne, pouvant avoir un impact visuel négatif sur le site et sur la place particulière qu'il occupe dans le paysage de Cologne. Cette mention a permis que le projet de construction de nouveaux grands immeubles soit révisé à la baisse et que soit améliorée la gestion des environs de la cathédrale.

Index des artistes[modifier | modifier le code]

Liste chronologique des artistes ayant travaillé à la cathédrale de Cologne, ou dont une œuvre se trouve dans l'église.

  • Gerhard Richter (né en 1932), peintre. Vitrail en 2007 de composition abstraite, constituée de 11263 carreaux de verre de 72 couleurs différentes[10].

Numismatique[modifier | modifier le code]

La cathédrale de Cologne figure sur la pièce commémorative de 2 euros de l'Allemagne de 2011.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Centre du patrimoine mondial - Liste du patrimoine mondial
  2. Documentaire "A little closer to heaven" sur le site officiel de la cathédrale
  3. a, b, c et d Cathédrale de Cologne, UNESCO. Centre du Patrimoine mondial
  4. http://www.freemasons-freemasonry.com/freemasons_history_germany.html
  5. Histoire de la construction de la cathédrale de Cologne
  6. Monate im Dunkeln, Dr. Heinrich Schneider, 1955 (Dissertation)
  7. a, b et c (en) Jan de Maeyer et Luc Verpoest, Gothic Revival. Religion, Architecture and Style in Western Europe 1815-1914. Proceedings of the Leuven Colloquium, 7-10 November 1997, Leuven University Pres,‎ 2000, 303 p. (ISBN 978-9058670366)
  8. http://www.koelntourismus.de/sehenswertes-kultur/der-dom/der-suedturm.html
  9. Ces dépouilles des Mages sont aussi évoquées dans le roman d'Umberto Eco, Baudolino.
  10. (en) Amanda Fortini, « Pixelated Stained Glass », sur The New York Times,‎ 9 décembre 2007

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kōln - Ein Architekturführer, Kierdorf Alexander.

Liens externes[modifier | modifier le code]