Barnabé

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Barnabé
Image illustrative de l'article Barnabé
Saint et apôtre
Naissance vers 3 av. J.-C.
Salamine, Chypre
Décès vers 75 
Salamine, Chypre
Vénéré à Monastère de Saint Barnabé, Famagouste, Chypre
Vénéré par L'Eglise catholique, l'Eglise orthodoxe, l'Eglise anglicane, l'Eglise luthérienne et les Eglises des trois conciles
Fête 11 juin
Attributs branche d'olivier, bâton de pèlerin, évangile selon Matthieu
Saint patron Chypre, Antioche, paix

Invoqué contre la grèle

Joseph, surnommé Barnabé ou Barnabas (mort vers l'an 75) était un juif, lévite originaire de Chypre (Ac 4:36) devenu chrétien avant la crucifixion de Jésus. Il a une place importante dans les débuts de l'Église, comme étant celui qui introduisit Paul de Tarse auprès des apôtres à Jérusalem (Ac.9:27) et plus tard auprès des chrétiens d'Antioche, et fut son premier compagnon de voyage.

Considéré comme saint et apôtre par l'Église catholique romaine comme par les orthodoxes il est liturgiquement commémoré le 11 juin.

Éléments biographique[modifier | modifier le code]

Barnabé ne faisait pas partie du groupe des douze apôtres. Cependant les Actes des Apôtres lui en attribuent le titre au sens large, comme à Paul. Cf. Ac 14:14 : « Informés de la chose, les apôtres Barnabé et Paul déchirèrent leurs vêtements… ». Barnabé était le cousin de Marc l'évangéliste dont la mère, Marie était alors sa tante (12 Actes 12, 12 et 10 Col 4, 10). Dans un esprit de partage il vendit un champ dont il mit le montant de la vente à la disposition des apôtres (Ac.4:36-37). De son nom, Joseph, il avait été surnommé Barnabé par les apôtres, ce qui signifie « fils d'encouragement » (Ac 4:36)[1].

Barnabé accompagnait Paul de Tarse dans ses premières missions chez les gentils. Il est mentionné dans les Actes des Apôtres au chapitre 15 au sujet du concile de Jérusalem.

Saint Barnabé soignant les pauvres de Paolo Veronese, Musée des Beaux-Arts de Rouen.

Paul et Barnabé connurent un désaccord au sujet de la composition de leur équipe, lors du second voyage apostolique de Paul. Barnabé voulait emmener Marc mais Paul n'était pas de cet avis. Ils se séparèrent donc et formèrent deux équipes. Paul et Silas partirent pour la Lycaonie, tandis que Barnabé et Marc s'en allèrent évangéliser Chypre (Ac 15:36-40).

Là s'arrêtent les données fondées sur des documents fiables remontant au premier siècle. La suite repose sur des traditions beaucoup plus tardives et moins sûres.

Barnabé se serait retiré dans l'île de Chypre où il serait mort martyrisé près de Salamine, l'actuelle Famagouste. La forme du martyre diverge selon les sources: pendaison ou crémation [2] ou lapidation[3]. Son tombeau[4], découvert sous l'empereur Zénon (Ve siècle), aurait contenu un exemplaire de l'Évangile de Matthieu[5].

Le Codex Bezae identifie Joseph Barnabas (c'est-à-dire Barnabé) avec Joseph Barsabas (Ac 1, 23), le surnom de Barnabas (Barnabé) étant un surnom positif à partir de son nom[6]. Selon les Actes des Apôtres, le nom de Barnabé vient du surnom que lui aurait donné les apôtres qui l'ont appelé « Barnabas ce qui veut dire « fils d'encouragement » (Ac 4:36). »

Éventuelle évangélisation à Alexandrie[modifier | modifier le code]

Selon une tradition peu développée, Barnabé aurait joué un rôle dans les origines de l'Église d'Alexandrie[7]. « Cette tradition repose uniquement sur l'une des versions du cycle pseudo-clémentin, celle des Homélies ; le caractère chrétien d'origine judéenne de ce cycle, dont les parties les plus anciennes datent de la seconde moitié du IIe siècle et sont localisées en Syrie-Palestine, a été mis en évidence depuis longtemps[7]. » Marc cousin de Barnabé (Col. 4, 10 et Ac. 15, 19), est traditionnellement donné comme fondateur de l'Église d'Alexandrie.

Œuvres attribuées à Barnabé[modifier | modifier le code]

  • Selon le De Pudicitia de Tertullien (20), Barnabé serait l'auteur de l'Épître aux Hébreux. Cette attribution ne manque pas d'une certaine vraisemblance. D'une part, parmi les hypothèses possibles[8], elle est la seule remontant à un auteur de l'antiquité et d'autre part l'épître entière se présente comme étant une parole d'exhortation ou d'encouragement, allusion au surnom de l'apôtre ? (Cf. He 13,22).
  • Il est aussi traditionnellement associé à l'Épître de Barnabé, bien que les exégètes modernes pensent qu'il est plus probable que cette épître ait été écrite à Alexandrie dans les années 130.
  • Il existe un Évangile de Barnabé, souvent attribué aux musulmans par les chercheurs bien que ces derniers le rejettent et ne reconnaissent pas son authenticité (Il contredit les récits du Coran et l'histoire de Maryam (la mère de Jésus-Îsâ) telle qu'elle est relatée dans la tradition musulmane).

Œuvres relatives à Barnabé[modifier | modifier le code]

Dictons de la Saint-Barnabé (11 juin)[modifier | modifier le code]

En référence à la saint Médard célébrée le 8 juin, divers dictons sont liés à la saint Barnabé célébrée le 11 juin, le jour du solstice d'été avant la réforme du calendrier grégorien :

  • « Ce que saint Médard fait, saint Barnabé le défait. »[10]
  • « De Barnabé, la journée clairette, Saint-Médard, rachète. »[10]
  • « Le soleil de Saint-Barnabé, à Saint-Médard casse le nez. »[10]
  • « S'il pleut à la Saint-Médard, il pleut quarante jours plus tard, à moins que Saint-Barnabé ne lui coupe l'herbe sous le pied. »[11]
  • « Si Saint-Médard est un grand pissard, Saint-Barnabé, Dieu soit loué lui reboutonnera la culotte »[12]
  • « S'il pleut à la Saint-Médard, il pleut quarante jours plus tard, à moins que Barnabé remette le pain dans la maie. Mais s'il pleut à la Saint-Barnabé, ça repousse jusqu'à la Saint-Gervais (19 juin) qui ferme le robinet. »[10]
  • « Si Médard et Barnabé comme toujours, s'entendaient pour te jouer des tours, tu auras encore Saint-Gervais, qui le beau va ramener. »[10]
  • « À la Saint-Barnabé, la faux au pré. »[10]
  • « À la Saint-Barnabé, le jour croît d'un saut de baudet. »[13]
  • « À Saint-Barnabé, canards potelés. »[10]
  • « À Saint-Barnabé, on sème le navet. »[10]
  • « S'il pleut à la Saint-Barnabé, le seigle perd pied. »[10]
  • « À la Saint-Barnabé, le seigle sort de sa peau. »[10]
  • « Au temps de la Saint-Barnabé, la gerbe retourne à l’abbé. »[14]
  • « Blés fleuris à Saint-Barnabé font abondance et qualité. »[10]
  • « Le plus grand jour de tout l'été, c'est le jour de Saint-Barnabé. »[15]
  • « Ondée de Saint-Barnabé, maison inondée. »[10]
  • « Pour la Saint-Barnabé, le soleil rayonne au fond du pichet. »[10]
  • « S'il pleut à la Saint-Barnabé, il y a de l'avoine partout où l'on a semé. »[10]
  • « S’il pleut à la Saint-Barnabé, la moisson sera inondée/ diminue la récolte de moitié. »[16]
  • « S’il pleut à la Saint-Barnabé, la vendange coule jusqu’au panier. »[10]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Lonsdale et Laura RAGG, The Gospel of Barnabas, Oxford, Clarendon Press, 1907.
  • Luigi CIRILLO et Michel FREMAUX, Évangile de Barnabé (Recherches sur la composition et l'origine, texte italien et traduction française avec notes et index), Paris, Beauchesne, 1977. Réédition partielle (texte et traduction de l'évangile, avec appareil d'érudition allégé et sans la longue étude), Paris, Beauchesne, 1999.
  • Luis F. BERNABE PONS, El texto morisco del Evangelio de San Barnabé, Granada, Universidad de Granada, Instituto de cultura Juan Gil-Albert, 1998.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir plus loin la possible allusion à ce surnom.
  2. Actes de Barnabé, 23, trad. Enrico Norelli, dans Écrit Apocryphes Chrétiens t.2", Gallimard, 2005, p. 641, le texte n'est pas clair pour savoir si le corps a été brûlé une fois mort ou encore vivant
  3. Alexandre de Chypre, Laudatio Barnabae, 539-541, éd. Peter Van Deun, CCSG 26, p. 105-106).
  4. http://cloud.rabbanitv.fr/Tombeau-de-Saint-Barnabe-ou-Barnabas_a84.html
  5. Alexandre de Chypre, Laudatio Barnabae, 724-676, éd. Peter Van Deun, CCSG 26, p.~114-116.
  6. Sylvie Chabert d'Hyères, Commentaire des Actes des Apôtres selon le codex Bezæ Cantabrigiensis , Commentaire sur Ac 1, 23.
  7. a et b Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 706.
  8. L'hypothèse qui attribue la paternité de l'épître aux Hébreux à Apollos ne remonte qu'à Luther.
  9. Alexandre de Chypre, Laudatio Barnabae, éd. Peter Van Deun, CCSG 26
  10. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Gabrielle Cosson, Dictionnaire des dictons des terroirs de France, Paris, Larousse,‎ 2010, 380 p. (ISBN 978-2-03-585301-1, présentation en ligne), p. 28, 36, 45, 58, 128, 154, 179, 236, 252, 275, 280, 285, 328.
  11. Pierre Collombert, Alain Baraton et Émile Perro, Paysans : 366 proverbes et dictons au rythme des saisons, Romagnat, De Borée,‎ 2006, 365 p. (ISBN 2-84494-495-7, lire en ligne), p. 7
  12. Michel Giard, L'esprit de la brouette, Turquant, Cheminements,‎ 2004, 153 p. (ISBN 978-2-84478-270-0, lire en ligne), p. 32,
  13. Roger Pinon, Les mille et une mesures du temps : Croissance et décroissance de la journée dans les traditions populaires d'Europe occidentale, Liège, Éditions du Céfal,‎ 2007, 180 p. (ISBN 97828813023152007, lire en ligne), p. 51.
  14. Aimé de Soland, Proverbes et dictons rimés de l'Anjou, Angers, De Lainé frères,‎ 1858, 210 p. (lire en ligne), p. 28
  15. Jacques Collin de Plancy, Légendes du calendrier, Paris, Plon,‎ 1863, 398 p. (lire en ligne), p. 161
  16. Anne-Christine Beauviala, Météo et dictons régionaux, Éd. Christine Bonneton, 2010.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]