Jean Ier Tzimiskès

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jean Ier.
Jean Ier Tzimiskès
Empereur byzantin
Image illustrative de l'article Jean Ier Tzimiskès
Ioannes, protégé par Dieu et la Vierge Marie
Règne
11 décembre 969 - 10 janvier 976
&&&&&&&&&&&022216 ans, 0 mois et 29 jours
Période Phocas
Précédé par Nicéphore II Phocas
Co-empereur Basile II (960-1025)
Constantin VIII (962-1028)
Suivi de Basile II et Constantin VIII
Biographie
Naissance v. 925
Décès 10 janvier 976 (~51 ans)
(Constantinople)
Épouse Marie Sklérina
Théodora
Liste des empereurs byzantins

Jean Ier Tzimiskès (en grec Ιωάννης « Τζιμισκής » Κουρκούας / Iôánnes « Tzimiskếs » Kourkoúas, parfois orthographié Zimiscès ou Tzimiscès ; né vers 925, mort le 10 janvier 976) est empereur byzantin de 969 à 976.

Origines[modifier | modifier le code]

Son vrai nom est Kourkouas, et sa mère est issue de la famille Phocas. Il est ainsi le neveu de Nicéphore Phocas. Ces deux familles originaires d'Arménie sont très puissantes en Cappadoce et parmi les plus en vue dans l’aristocratie militaire en Asie Mineure. Il épouse en premières noces Marie Sklérina, fille de Panthérios Sklèros, noble byzantin, et de Grégoria, descendante d’un frère de Basile Ier, et sœur de Bardas Sklèros. Son surnom de « Tzimiskès » a deux origines possibles : soit ce nom est dérivé de l’arménien tshemshkik, signifiant « botte rouge », soit de l'arménien pour « petite stature ».

Les sources contemporaines de Tzimiskès le décrivent comme plutôt petit mais svelte, avec des cheveux et une barbe blond-roux et des yeux bleus qui lui attiraient la faveur des femmes. Il semble avoir rejoint l’armée à un âge précoce, et au début sous le commandement de son oncle Nicéphore. Ce dernier est aussi considéré comme son instructeur dans l’art de la guerre. Grâce à ses origines familiales et à ses propres talents de soldat, il s'élève rapidement dans la hiérarchie militaire et on lui confie un commandement en Arménie avant qu'il n'atteigne l’âge de 25 ans. En 958, il bat à plusieurs reprises Nagā al-Kāsakī, un des lieutenants de l’émir abbasside de Damas Saif ad-Dawlah. Il prend Samosate et Raban après avoir infligé une lourde défaite à ad-Dawlah. Il est nommé stratège des Anatoliques en 959 en replacement de Léon Phocas, promu domestique des Scholes d’Orient.

Prise du pouvoir[modifier | modifier le code]

Jean est aimé de ses troupes et se distingue aux côtés de Nicéphore pendant la campagne que fait ce dernier et qui se termine par la prise d’Alep en 962. Brillant général, il commande ses troupes en Asie Mineure. Quand Nicéphore II monte sur le trône, il lui confie le commandement général de l’armée. Il remporte une victoire sur les Abbassides à Adanes en Cilicie.

Il devient l'amant de l'impératrice Théophano, veuve de Romain II et femme de Nicéphore II Phocas, qu’il fait assassiner par Léon Abalantés en décembre 969. Il est même quasiment assuré qu'il assiste à l'horrible agonie (égorgé) de Nicéphore dans la chambre même du basileus (selon John Julius Norwich.) Assuré du soutien de l’armée, il se proclame alors empereur le 11 décembre 969. Seul le patriarche Polyeucte ose s’élever contre lui. Alors qu’il se rend à Sainte-Sophie pour se faire couronner, Polyeucte l’arrête sur les marches de l’église et le fait jurer qu’il n’était pour rien dans l’assassinat de Nicéphore, de punir les coupables, de distribuer ses biens aux pauvres et d’exiler Théophano. Il obéit en tous points au patriarche et sa piété va même lui concilier le clergé. Théophano est exilée au monastère de l’île de Proti en 970.

Pour légitimer son arrivée sur le trône, il épouse en novembre 970 Théodora, sœur de Romain II, et associe au trône les deux fils de Romain II, Basile II et Constantin VIII. Par ailleurs, il gagne le peuple en mettant fin aux famines qui sévissaient à cette époque, en construisant des hôpitaux et en visitant les léproseries où il panse lui-même les malades.

L'action politique et militaire[modifier | modifier le code]

Sviatoslav Ier rencontrant l’empereur Jean Ier.

Avec l’aide de son beau-frère Bardas Sklèros, il réprime la révolte de Bardas Phocas en 970. La même année, il annexe la Bulgarie orientale, après y avoir chassé les Russes, à la bataille d'Arcadiopolis (aujourd'hui Luleburgaz) et force Sviatoslav Ier à demander la paix l'année suivante. La scène de la reddition de Sviatoslav, dans laquelle ce dernier arrive en bateau, est restée célèbre.

En Syrie il est confronté à un important changement géopolitique avec l'arrivée au pouvoir des Fatimides en Égypte (969). En 970 le général fatimide Jafar ibn-Fellah assiège, en vain, la ville d'Antioche. La division des musulmans en Syrie va cependant aider le basileus. En effet la venue des fatimides chiites ne plait guère aux sunnites majoritaires en Syrie et qui dépendent, en termes d'obédience religieuse, du calife de Bagdad.

En 971, Jean Ier fait le siège de Silistrie sur le Danube d'où il chasse définitivement les Russes de Sviatoslav Ier. La même année, une expédition est envoyée conquérir Jérusalem. Mais l’armée qu’il confie à un grand domestique est massacrée dans un défilé par Abataglab, gouverneur de la province de Miafarekin (Miyafariqin ou Martyropolis). Jean Ier vient lui-même au printemps suivant mettre le siège devant Nisibe et force Myctarsis à lui ouvrir ses portes.

En 972, il marie sa nièce Théophano Skleraina (de sa première épouse et de Bardas Sklèros), avec l’empereur Otton II du Saint-Empire.

Il retourne ensuite à Constantinople où le peuple lui fait un triomphe, mais doit en 974 et 975 reprendre le chemin de la Mésopotamie et de la Syrie, retombées aux mains des Abbasides. Dans cette nouvelle campagne, il s’empare à l'automne 974 de Miyafarekin et Amida, et, le 12 octobre, entre dans Nisibe évacuée par sa population. L'émir hamdanide de Mossoul, Abou-Taglib, fait sa soumission. Il semble que Jean Ier soit tenté par une expédition sur Bagdad mais il y renonce. Ce n'était là qu'une campagne de pillage.

Au printemps 975, l'empereur entame une campagne plus sérieuse en Syrie. Il part d'Antioche en avril, s'empare d'Homs qui paie tribut sans résistance, puis d’Apamée et Baalbek (laquelle, pour avoir voulu résister, est durement châtiée), et force le gouverneur de Damas à lui payer un tribut. Ensuite, il marche sur la Palestine et, après s'être rendu maître de Tibériade, de Beyrouth, de Nazareth, d’Acre, de Césarée et du mont Thabor, la ville sainte semble à portée de sa main, mais il y renonce. La domination musulmane sur la Syrie n’étant plus qu’un souvenir, il préfère probablement temporiser et ne pas surcharger de taxes le reste de l’empire par ses besoins en approvisionnement. Le maintien des fortes garnisons fatimides dans les villes littorales (Tripoli dont ont sait qu'elle résista plus tard dix ans aux croisés) et la fidélité plus que fluctuante des émirs musulmans de Syrie dont beaucoup restent en place montrent les limites des résultats de cette expédition. La mort rapide de Jean Ier ne permet par ailleurs pas de consolider les résultats obtenus.

Il tombe subitement malade sur le chemin du retour et meurt à peine parvenu à Constantinople le 10 janvier 976. On pense qu’il succombe à la typhoïde. Ange de Saint-Priest avance, sans guère de preuves, qu’il a été empoisonné par le chambellan Basile le Parakoimomène, dont Jean avait critiqué la fortune scandaleuse[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C'est la version de Jean Skylitzès, Synopsis Historiôn, « Jean Tzimiskès », chapitre 22.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Nicole Thierry, Un portrait de Jean Tzimiskès en Cappadoce
  • Ange de Saint-Priest, Encyclopédie du dix-neuvième siècle, tome XXV, 1844, p. 693 [lire en ligne].
  • Jean Skylitzès, Synopsis Historiôn, « Jean Tzimiskès », p. 239-261.