Michel III (empereur byzantin)

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Michel III
Empereur byzantin
Image illustrative de l'article Michel III (empereur byzantin)
Pièce de monnaie représentant Michel III sur une face, ainsi que sa sœur Thecla et sa mère Théodora sur l'autre.
Règne
20 janvier 842 - 23 septembre 867
&&&&&&&&&&&0937725 ans, 8 mois et 3 jours
Période Amorien
Précédé par Théophile
Suivi de Basile Ier
Biographie
Naissance 19 janvier 840
Décès 23 septembre 867 (à 27 ans)
(Constantinople)
Père Théophile
Mère Théodora
Épouse Eudocie Décapolitissa
Liste des empereurs byzantins

Michel III (grec : Μιχαήλ Γ΄) dit l'Ivrogne (né le 19 janvier 840, mort le 23 septembre 867) est un empereur byzantin de 842 à 867.

Régence de Théodora et restauration du culte des images (842-856)[modifier | modifier le code]

Il succède à son père l'empereur Théophile à l'âge de deux ans le 21 janvier 842. En tant que régente, sa mère Théodora exerce dans un premier temps la réalité du pouvoir avec l'aide de son frère le patrice Bardas et du logothète du Drome Théoctiste, et impose le rétablissement définitif du culte des images qui termine ainsi la crise iconoclaste le 11 mars 843.

Conseillée par Théoctiste, Théodora déclenche cependant une terrible persécution envers les Pauliciens, qui sont massacrés et leurs biens confisqués ; les survivants se réfugient auprès de l'émir de Malatia, Omar Ibn-Abdullah.

D'autre part, l'impératrice néglige totalement l'éducation de son fils qui devient rapidement un débauché. Bardas incite alors Michel III à tuer Théoctiste le 20 novembre 855, puis quatre mois plus tard, en mars 856, à écarter Théodora, déchue de son titre d'Augousta. L'année suivante, accusée d'intrigues, elle est enfermée dans un monastère.

Règne personnel sous l'influence de Bardas puis de Basile (856-867)[modifier | modifier le code]

Michel III

Incapable de gouverner, Michel III laisse le gouvernement des affaires à son oncle Bardas, qui se révèle d'ailleurs assez efficace : sous son règne, et sous l'influence du patriarche de Constantinople Photios, saints Cyrille et Méthode commencent l'évangélisation des peuples slaves à partir de 863 ; en 864 le tsar de Bulgarie Boris Ier se convertit lui aussi au christianisme ; militairement Michel III est confronté à une révolte des peuples slaves de l'empire, écrasée en 849 par le général Théoktistos Vriennon, puis à l'expansion russe dont la flotte est détruite en 865 par une tempête opportune.

Quant à l'expansion arabe en Asie Mineure, elle est contenue par la victoire à Poson d'un autre oncle maternel de l'empereur, Petronas (863), et compense la défaite de l'armée byzantine dirigée par Michel III en personne (860). Par contre, la Crète n'est pas reprise.

Le nouveau favori de l'empereur, Basile le Macédonien, pousse l'empereur à se débarrasser de son oncle Bardas en 866. Ce crime sonne la fin de la dynastie amorienne car Michel III fait de son favori le coempereur.

Rapidement lassé du comportement de Michel III, incapable de le contrôler, Basile le fait assassiner le 23 septembre 867 par son cousin Asylaion et devient seul empereur sous le nom de Basile Ier, mettant ainsi fin à la dynastie amorienne au profit de la dynastie macédonienne. Michel est inhumé au monastère de Chrysopolis.

Union et postérité[modifier | modifier le code]

En 855 l'empereur Michel III avait été contraint par sa mère d'épouser Eudocie Décapolitissa, qu'il détestait et de qui il n'avait pas d'enfants, et avait pour maîtresse Eudocie Ingérina. Pour légitimer les enfants qu'il aurait avec sa maîtresse, il maria celle-ci à Basile, son favori. Léon VI le Sage et son frère Étienne Ier de Constantinople seraient ainsi nés de Michel III et d'Eudocie Ingérina. On n'est pas sûr s'il est le fils de Basile Ier ou de Michel III. L'identité de son père est le sujet de nombreuses discussions d'érudits et n'a pas été formellement tranchée. Pour les historiographes officiels de la dynastie macédonienne, Léon VI et Étienne I sont les fils de son prédécesseur Basile Ier et de sa seconde épouse Eudocie Ingérina. La majorité des chroniqueurs contemporains racontent cependant une histoire différente.

Selon Sa'id Ibn al-Batriq (Eutychius d'Alexandrie) (937/940), le cordon de pierres précieuses, II, 67 :

« Après la mort de Théophile fils de Michel, roi des Rums, régna son fils Michel, fils de Théophile fils de Michel. Il avait un général nommé Basile à qui il avait donné le premier rang. Un jour, le roi Michel sortit pour faire une promenade dans l'île qui est en face de Constantinople... Le général Basile l'attaqua et le tua... dans l'île et s'empara du pouvoir. Basile n'était pas de la famille royale, il était d'origine slave. On lui dit «Pourquoi as-tu trouvé licite de tuer le roi?» - «Michel, répondit-il, aimait une femme qu'il m'a ordoné d'épouser, mais sans l'approcher, de façon qu'elle ne fut ma femme que de nom et que lui cohabitât avec elle. C'est parce qu'il craignait que sa femme légitime ne vint a apprendre cela et qu'il ne lui était pas permis d'épouser une autre femme que son épouse. J'ai accepté, puis j'ai regretté et j'ai craint Dieu. Alors, j'ai considéré qu'il m'était permis de tuer le roi.». Basile resta roi des Rums. »

Toujours est-il que sa jeunesse est troublée par les sentiments d'antipathie et de dégoût que son père officiel éprouve à son égard.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, Albin Michel, coll. « L'évolution de l'humanité », Paris, 1946 (ISBN 2-226-05719-6).
  • Jean Skylitzès, Empereurs de Constantinople, « Synopsis Historiôn » traduit par Bernard Flusin et annoté pat Jean-Claude Cheynet, éditions P. Lethilleux, Paris, 2003 (ISBN 2283604591), « Michel, fils de Théophile, avec sa mère », p. 73-100.