Principat

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Politique sous la Rome antique
Image illustrative de l'article Principat

Le principat est la forme de gouvernement en vigueur dans l'Empire romain de -27 à 285 environ.

Nature[modifier | modifier le code]

Il est mis en place par Auguste, sous couvert de restaurer la République et de maintenir les institutions existantes. Sous le principat il y a donc toujours un Sénat, des consuls, des préteurs , et des édiles (lesquels disparaîtront cependant vers le règne de Alexandre Sévère). Si les apparences de la République sont maintenues, le pouvoir passe entre les mains de l'empereur.

La seule existence légale de ce dernier est son titre : il est princeps senatus, c'est-à-dire « premier du Sénat ». Dans les faits le Princeps est le premier sénateur, auparavant nommé par les censeurs, à parler au Sénat. C'est pourquoi on peut appeler l'empereur « prince », et c'est aussi pourquoi cette période est appelée principat.

Au-delà de ce titre très républicain, Auguste se fait décerner d'autres pouvoirs, détachés de leur fonction antérieure. Il se fait ainsi décerner un imperium dit maius, c'est-à-dire la possibilité de commander à tous dans et hors des limites de l'Urbs, de commander aux armées, et enfin aux provinces. C'est en vertu de cela que le Prince nomme ses représentants dans les provinces que le Sénat lui a « octroyées », lesquels représentants sont appelés legati augusti (« légat d'Auguste »). Est aussi attribué à l'empereur la tribunicia potestas, ou « puissance tribunicienne ». Dans les faits, cela ne lui donne aucun pouvoir particulier, hormis l'interdiction (du fait du caractère sacré du tribunat de la plèbe) de porter atteinte à sa personne, et un rapprochement évident de l'empereur avec le peuple — cette puissance faisant de son détenteur le représentant du peuple. Renouvelée chaque année, elle sert d'ordinaire à dater les règnes des empereurs, jusqu'à très tardivement. L'empereur détient enfin la fonction de Pontifex maximus, c'est-à-dire « Grand pontife » — il est ainsi le chef de la religion civique romaine.

Certains empereurs se feront attribuer périodiquement la censoria potestas (« puissance censoriale ») afin de modifier la composition du Sénat. Domitien est nommé « Censeur perpétuel », et on prend par la suite l'habitude de considérer que l'empereur détient de facto cette puissance censoriale.

L'autre titre, avec celui de Princeps est celui d'Augustus. Sa connotation est nettement religieuse, et correspond plus à un surnom qu'à un titre. Auguste a par contre refusé la dictature revêtue à vie par son grand-oncle Jules César.

Les magistratures durant le principat[modifier | modifier le code]

Les consuls[modifier | modifier le code]

Sous l'Empire, deux consuls sont toujours élus chaque année, suivant les règles. La dignité de consul reste en outre longtemps très prisée. On élit donc chaque année deux consuls, dits « éponymes » ou « ordinaires » car ils donnent leurs noms à l'année (et cela jusqu'à la fin de l'Empire). Lesquels démissionnent quelque temps après et sont remplacés par des consuls dits « suffects ». Sous Commode on comptera ainsi près de vingt-cinq consuls élus en 190[réf. nécessaire].

L'élection est faite par le Sénat, mais bien sûr les sénateurs élisent les candidats que l'empereur recommande. Parfois l'empereur lui-même éprouve le besoin d'être consul, auquel cas il n'a aucun problème pour y accéder.

Sous le principat le consulat est toujours le sommet du cursus honorum. Dénués de pouvoirs militaires, les consuls conservent leurs prérogatives religieuses et judiciaires en ce qui concerne les patriciens et l'ordre équestre.

Les préteurs[modifier | modifier le code]

À partir des années 100 il y a dix-huit préteurs. Ils continuent comme sous la République à présider les procès.

Les édiles[modifier | modifier le code]

Sous le principat on peut être soit édile soit tribun de la plèbe après être passé par la questure. Les pouvoirs de l'édilité lui sont cependant peu à peu retirés pour être donnés aux différents fonctionnaires de la ville, comme le Préfet de la Ville, le Préfet des vigiles, etc., nommés exclusivement par l'empereur. Sous Alexandre Sévère l'édilité disparaît définitivement. La principale fonction des édiles curules sous la république était l'organisation des jeux, par cela ils répondaient à la principale préoccupation des romains « du pain, des jeux ! » cependant sous le Principat, cette attribution leur est retirée car elle les rend populaire or la seule personne devant être populaire est l'empereur.

Les questeurs[modifier | modifier le code]

La questure reste la première magistrature du cursus honorum. Elle ouvre ainsi l'accès au Sénat.

Ils sont vingt depuis Auguste. Jusqu'à Claude ils doivent s'occuper du pavage des rues de Rome, tâche remplacée par l'organisation de jeux de gladiateurs. Sévère Alexandre supprimera à son tour cette corvée qui limite l'accès à la questure aux plus riches.

À partir de l'empereur Claude les questeurs ont des rôles différents :

  • Quaestores augusti : deux questeurs de l'empereur ; chargés de remplacer le Prince au Sénat quand celui-ci est absent ;
  • Quaestores urbani : deux Questeurs urbains au service du Préfet de la Ville — de 44 à 56 ils sont à nouveau responsables de l'aerarium Saturni, le « trésor de Saturne », c'est-à-dire la caisse de l'état romain qui toutefois n'est plus sous l'Empire que la caisse de la ville de Rome ;
  • Quaestores consuli : quatre questeurs consulaires, attachés par deux aux services des Consuls ;
  • Quaestores pro praetore : un par province ; ils gèrent la collecte des impôts dans les provinces sénatoriales où ils se rendent en juillet en même temps que les proconsuls gouvernant ces provinces.
v · d · m
Dynasties impériales romaines
Voir aussi : Empereur romain · Empire romain
Principat
Dominat