Jean V Paléologue

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Jean V Paléologue
Empereur byzantin
Image illustrative de l'article Jean V Paléologue
Portrait de Jean V sur un manuscrit byzantin du XVe siècle
Règne
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&&&&&&&&&&01284235 ans, 1 mois et 27 jours
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&&&&&&&&&&&0394010 ans, 9 mois et 13 jours
-
&&&&&&&&&&&&01524 mois et 29 jours
Période Paléologue
Précédé par Andronic III Paléologue
Andronic IV Paléologue
Jean VII Paléologue
Co-empereur Jean VI Cantacuzène (1347-1354)
Mathieu Cantacuzène (1354-1357)
Suivi de Andronic IV Paléologue
Jean VII Paléologue
Manuel II Paléologue
Biographie
Naissance
(Didymotique)
Décès (58 ans)
(Constantinople)
Père Andronic III Paléologue
Mère Jeanne de Savoie
Épouse Hélène Cantacuzène
Descendance Andronic IV
Irène
Manuel II Paléologue
Théodore Ier Paléologue
Michel
Liste des empereurs byzantins

Jean V Paléologue (grec : Ίωάννης Ε' Παλαιολόγος), né le 18 juin 1332 à Didymotique[1], mort à Constantinople le 16 février 1391, empereur byzantin de juin 1341 à août 1376, puis de juillet 1379 à avril 1390 et enfin de septembre 1390 à février 1391, fils d'Andronic III Paléologue et d'Anne de Savoie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Guerre civile avec Jean VI Cantacuzène[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Deuxième guerre civile de Byzance.

Il voit sa minorité troublée par la guerre civile entre sa mère Anne de Savoie, associé au mégaduc Alexis Apokaukos, et Jean Cantacuzène, qui se proclame empereur à Didymotique en octobre 1341, quatre mois après la mort d'Andronic III. Après cinq ans et demi de guerre civile, Jean Cantacuzène entre dans Constantinople en février 1347 et écarte Anne de Savoie du pouvoir.

Pendant ce temps, l'Empire s'affaiblit par les attaques du tsar serbe Etienne IX de Serbie, l'insolence des Génois et l'établissement des Turcs à Gallipoli, tête de pont pour leur passage en Europe, en 1354.

En 1351, Jean V entre à nouveau en guerre civile contre Jean VI. La défaite de Jean VI en 1354, puis celle de Mathieu Cantacuzène en 1357, laisse Jean V seul empereur.

Déliquescence de l'empire[modifier | modifier le code]

Homme d'État médiocre et prétentieux, il ne saura pas relever l'empire byzantin. En 1364, il fait la guerre au tsar Ivan Alexandre de Bulgarie et s'empare de la ville d'Anchialos. L'année suivante, il remonte le Danube pour rencontrer le roi Louis Ier de Hongrie, premier empereur byzantin régnant à se rendre dans une cour étrangère; cette visite n'aboutit d'ailleurs à rien, et l'empereur se retrouve bloqué de façon très humiliante à Vidin, le tsar bulgare refusant de le laisser passer au retour.

Heureusement pour l'empereur, son cousin du côté maternel Amédée VI de Savoie arrive à la rescousse avec une petite flotte pendant l'été 1366, reconquiert Gallipoli sur les Turcs, s'empare aussi du port bulgare de Mésembrie, assiége Varna et oblige le tsar Ivan Alexandre à lui envoyer l'empereur. Pour rembourser les frais du comte de Savoie, Jean V emprunte presque 42 500 hyperpera, qu'Amédée VI s'engage à lui restituer s'il se rend à Rome et fait sa soumission au pape. L'empereur byzantin a récupéré deux ports importants (Gallipoli et Mésembrie), mais le passage des Turcs en Europe n'est pas interrompu, et à une date incertaine entre 1361 et 1369, le sultan Murad Ier s'empare d'Andrinople (3e ville de l'Empire) et en fait sa capitale.

En 1369, Jean V se rend à Rome (1er voyage d'un empereur byzantin en Italie depuis celui de Constant II en 663), confiant Constantinople à son fils aîné Andronic et Thessalonique à son deuxième fils Manuel. En octobre, il fait sa soumission personnelle au pape Urbain V, et recueille en conséquence l'argent promis par Amédée VI. Au printemps 1370, il se rend de Rome à Venise; il y négocie l'annulation de ses dettes et le versement de 50 000 hyperpera contre la cession à la République de Venise de l'île de Ténédos. Mais à Constantinople, Andronic refuse de céder Ténédos aux Vénitiens, et Jean V est retenu prisonnier à Venise jusqu'à ce que son deuxième fils Manuel le rachète l'année suivante. L'empereur rentre à Constantinople en octobre 1371 sans avoir rien obtenu en Occident. Pratiquement au même moment, en septembre 1371, les Turcs écrasent les Serbes à la bataille de la Maritsa et étendent considérablement leur domination dans les Balkans.

Guerre avec son fils Andronic IV[modifier | modifier le code]

Jean V représenté sur une pièce de monnaie

Tandis que son fils Manuel essaie tant bien que mal de résister à Thessalonique, Jean V préfère la voie de l'accommodement: en 1374, il accepte de se reconnaître vassal du sultan Murad Ier et de lui payer tribut. Cette politique entraîne une rupture complète avec son fils aîné Andronic qui, dès 1373, s'allie à un fils de Murad Ier, Savci Bey, en rébellion lui aussi contre son père. Murad Ier et Jean V, alliés eux aussi, défont leurs fils révoltés; le sultan fait crever les yeux du sien, qui meurt de ses blessures; l'empereur applique le même traitement, mais moins rigoureusement, à Andronic et à son fils Jean (le futur Jean VII). Andronic en reste borgne, Jean a les yeux très abîmés, et les deux en garderont pour la vie une haine mortelle de leur père et grand-père.

Jean V déshérite donc Andronic et sa lignée, et nomme son deuxième fils Manuel héritier du trône. En 1376, il cède Ténédos à la République de Venise à peu près dans les termes de l'accord bloqué par Andronic six ans plus tôt; mais ce traité avec les Vénitiens provoque une violente riposte des Gênois installés dans le comptoir de Pera, près de Constantinople: ils aident Andronic à s'évader de prison, s'entendent avec Murad Ier et assiègent la capitale. Jean V et son deuxième fils Manuel sont capturés et emprisonnés, et Andronic devient l'empereur Andronic IV, qui doit récompenser ses alliés en cédant Ténédos à Gênes au lieu de Venise, et en rendant Gallipoli, de manière catastrophique, à Murad Ier.

Mais la guerre est déclenchée avec Venise, qui s'empare de Ténédos par la force. En 1379, Jean V et Manuel parviennent à s'évader et se rendent auprès de Murad Ier à Andrinople. Jean V renoue leur alliance en lui promettant Philadelphie, une ville d'Asie Mineure qui n'était toujours pas tombée aux mains des Turcs. Avec l'aide du sultan et des Vénitiens, Jean V reprend Constantinople, tandis qu'Andronic se réfugie dans le comptoir gênois de Pera en emmenant sa mère Hélène Cantacuzène et son grand-père maternel le très vieux Jean Cantacuzène (devenu le moine Joasaph).

En 1381, un traité est signé entre toutes les parties: Venise et Gênes font la paix et se retirent de Ténédos, qui devient un no man's land; Andronic est rétabli comme héritier du trône et reçoit en apanage Sélymbrie; Manuel retourne gouverner Thessalonique; le troisième fils Théodore doit recevoir le Despotat de Morée après la mort de Manuel Cantacuzène et l'abdication de Mathieu.

Vassal du sultan ottoman[modifier | modifier le code]

La décennie 1380-1389 voit le sultan Murad Ier s'emparer de la plus grande partie des Balkans (chute de Thessalonique en 1387) sans que Jean V tente quoi que ce soit pour résister. Au printemps 1390, Jean VII, fils d'Andronic IV, s'étant entendu avec Bayezid Ier et les Gênois, s'empare de Constantinople, tandis que son grand-père se barricade dans une forteresse près de la Porte d'Or. Mais en septembre, Manuel, ayant rassemblé des troupes, parvient à le chasser et à restaurer Jean V. Jean VII trouve refuge auprès du sultan; celui-ci le renvoie dans son apanage de Sélymbrie, convoque Manuel pour qu'il participe à la prise de Philadelphie aux termes de l'accord de 1379 (la ville avait refusé de se rendre aux Turcs), et ordonne à Jean V, en menaçant sinon de faire aveugler Manuel, de démolir la citadelle près de la Porte d'Or (l'empereur s'exécute).

Jean V meurt en février 1391 de complications de sa goutte, au terme d'un long règne catastrophique pour l'Empire byzantin, où l'empereur romain d'Orient perdit notamment une grande partie du prestige qu'il conservait auprès des peuples étrangers, devenant un petit roitelet quelconque, vassal du sultan ottoman. En 1391, personne ne pouvait croire que l'Empire durerait encore plus de quelques années.

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Marié en 1347 avec Hélène Cantacuzène (1333 † 1396), fille de Jean VI et d'Irène de Bulgarie, il eut :

Fils illégitime:

  • Manuel

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, Albin Michel, coll. L'évolution de l'humanité, Paris, 1946, (ISBN 2-226-05719-6)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Μιχαήλ Σταματελάτος et Φωτεινή Βάμβα-Σταματελάτου, Dictionnaire Géographique de la Grèce [« Επίτομο Γεωγραφικό Λεξικό της Ελλάδος »], Athènes, Ερμής,‎ 2001