Jean IV Lascaris

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Jean IV Lascaris
Empereur de Nicée
Image illustrative de l'article Jean IV Lascaris
Jean IV Lascaris, manuscrit Zonaras (gr. 122, fol. 294r) de la Bibliothèque Estense, Modène, seconde moitié du XVe siècle[1].
Règne
-
3 ans, 4 mois et 7 jours
Période Lascaris
Précédé par Théodore II Lascaris
Co-empereur Michel VIII Paléologue (1258-1282)
Suivi de Michel VIII Paléologue
Biographie
Naissance
Décès v. 1305 (~55 ans)
Père Théodore II Lascaris
Mère Hélène de Bulgarie
Liste des empereurs byzantins

Jean IV Doukas Lascaris (grec byzantin : Ιωάννης Δ΄ Δούκας Λάσκαρις) est empereur byzantin de Nicée de 1258 à 1261. Né le à Nymphaion (?), mort vers 1305, il est le fils de Théodore II, empereur de Nicée, et d'Hélène de Bulgarie (1223-1254).

Biographie[modifier | modifier le code]

Seul fils et héritier de Théodore II Lascaris, il est encore mineur lorsqu'il monte sur le trône de Nicée, en août 1258, avec pour régent Georges Muzalon, ancien conseiller de son père, détesté par l'aristocratie en raison de ses humbles origines[2]. Si l'aristocratie avait été forcée par Théodore II de prêter serment à Muzalon, celui-ci et son frère furent néanmoins massacrés quelques jours plus tard lors des obsèques de Théodore II. Une révolution de palais confia la régence de l'Empire de Nicée au jeune général Michel Paléologue (futur empereur byzantin Michel VIII Paléologue)[3].

Brillant général, celui-ci avait déjà été accusé d'aspirer à la couronne sous Jean III Doukas Vatatzès. Théodore II se méfiait également de lui, si bien qu'en 1256, Paléologue s'était réfugié auprès du sultan d'Iconium. Aux prises avec le despote d'Épire, Théodore avait été obligé de le rappeler et de lui confier le commandement de l'expédition contre l'Épire, mais avec des troupes insuffisantes. L'échec de l'expédition le conduisit en prison, où il se trouvait au moment de la mort de Théodore[4]. Libéré, le nouveau régent fut immédiatement promu megas doux, puis, à la demande du clergé, despote[5],[6].

Probablement le jour de Noël 1258, Jean IV fut couronné coempereur à Nicée en même temps que Michel Paléologue. Mais alors que Michel et son épouse reçurent la couronne impériale, Jean IV ne fut couronné qu'en deuxième d'une calotte ornée de perles ; il fut dès lors écarté du pouvoir[7],[8].

Le 15 août 1261, Michel VIII fut couronné empereur byzantin en la basilique Sainte-Sophie de Constantinople. Le 25 décembre, jour de son onzième anniversaire, sur l'ordre de Michel Paléologue, Jean IV eut les yeux crevés afin de ne plus pouvoir prétendre au trône. La cruauté de ce geste émut la société nicéenne, et le patriarche Arsène Autorianos excommunia Michel VIII. Une révolte, rapidement réprimée, éclata en faveur du jeune Lascaris à la dynastie duquel beaucoup demeuraient attachés en Asie Mineure[2].

Confiné à la forteresse de Dakibyze sur la côte sud de la mer de Marmara, il y passa le reste de sa vie. En 1284, lorsque Andronic II Paléologue, successeur de Michel VIII, visita l'Asie Mineure, il rendit visite à Jean, lui demandant pardon pour le geste de son père et lui demandant de le reconnaitre comme empereur légitime[9].

Il mourut, probablement au même endroit vers 1305. Très rapidement un culte semble s'être développé autour de sa personne, centré sur le monastère de Saint-Dimitri de Constantinople où reposait son corps[10].

Sa sœur Eudoxie Lascaris (1254-1311) prolonge son nom dans l'histoire en épousant le comte Pierre de Vintimille (1230-1278). Son autre sœur, Marie Lascaris (morte en 1258), épouse Nicéphore Ier d'Épire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Spatharakis 1976, p. 172, 174, 179.
  2. a et b Kazhdan 1991, vol. 2, « John IV Laskaris », p. 1048
  3. Treadgold 1997, p. 731.
  4. Bréhier 1969, p. 317-318.
  5. Ostrogorsky 1983, p. 471.
  6. Norwich 1996, p. 207-208.
  7. Laiou et Morrisson 2011, p. 11.
  8. Norwich 1996, p. 207.
  9. Norwich 1996, p. 257.
  10. Sevcenko 1953, p. 173-175.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source primaire[modifier | modifier le code]

Sources secondaires[modifier | modifier le code]

  • Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, Paris, Albin Michel, coll. « L’évolution de l’humanité »,‎ (1re éd. 1946) (ISBN 2-226-05719-6).
  • (en) Alexander P. Kazhdan (dir.), The Oxford Dictionary of Byzantium, Oxford et New York, Oxford University Press,‎ (ISBN 0-19-504652-8).
  • Angeliki Laiou et Cécile Morrisson (dir.), Le Monde byzantin, t. III : L’Empire grec et ses voisins, XIIIe ‑ XVe siècles, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio »,‎ (ISBN 978-2-13-052008-5).
  • (en) John Julius Norwich, Byzantium, vol. III : The Decline and Fall, New York, Alfred A. Knopf,‎ (ISBN 0-679-41650-1).
  • Georges Ostrogorsky, Histoire de l’État byzantin, Paris, Payot,‎ (1re éd. 1956) (ISBN 2-228-07061-0).
  • (en) Demetrios I. Polemis, The Doukai: A Contribution to Byzantine Prosopography, Londres, Athlone Press,‎ .
  • (en) Steven Runciman, The Last Byzantine Renaissance, Cambridge, Cambridge University Press,‎ (ISBN 978-0-521-09710-9).
  • (en) Ihor Sevcenko, « Notes on Stephen, the Novgorodian Pilgrim to Constantinople in the XIV Century », Südost-Forschungen, vol. 12,‎ , p. 165-175.
  • (en) Iohannis Spatharakis, The Portrait in Byzantine Illuminated Manuscripts, Leyde, Brill,‎ (ISBN 90-04-04783-2).
  • (en) Warren Treadgold, A History of the Byzantine State and Society, Stanford, Stanford University Press,‎ (ISBN 0-8047-2630-2).