Anatoliques

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Les thèmes byzantins vers 780.
Les thèmes byzantins vers 842.

Les Anatoliques ou le thème des Anatoliques (en grec θέμα Άνατολικῶν, thema Anatolikōn) sont un thème de l'Empire byzantin situé en Asie Mineure (Turquie actuelle). Après la division de l'Opsikion au milieu du VIIIe siècle, il devient le plus important des thèmes de l'empire.

Histoire[modifier | modifier le code]

La date exacte de la création de ce thème n'est pas connue, mais il est attesté pour la première fois en 669[1]. Il a cependant été établi comme les autres thèmes originels quelque peu après les années 640 en tant que région de cantonnement militaire pour les reliquats de l'armée romaine d'Orient, décimée par les conquêtes arabes. Le thème des Anatoliques, qui couvre les régions antiques de Lycaonie, de Pisidie, d'Isaurie, ainsi que des parties de celles de Phrygie et de Galatie[2] abrite l'armée d'Orient (Άνατολῆ, Anatolē), qui lui donne son nom[3],[4]. Sa capitale est vraisemblablement Amorium, en tout cas jusqu'à son sac par les Arabes en 838[5],[6] .

Directement confronté au forces du Califat, le thème est très puissant : il regroupe 18 000 homme au VIIIe siècle et 15 000 au IXe, siècle au cours duquel 34 forteresses sont comptées. Son stratège, qui est récipiendaire des titres de patrice, d'anthypatos et de protospathaire, est le premier des stratèges en rang ; il s'agit d'une des plus hautes fonctions de l'empire, une des rares interdites aux eunuques[7],[8],[9]. Cette puissance en fait toutefois une menace pour l'empereur : une première révolte est rapportée en 681, et son commandant, Léon l'Isaurien, parvient à s'emparer du trône impérial en 717. Un autre stratège, Bardanès Tourkos, se révolte en 803[6]. À l'opposé, Constantin V y trouve refuge et soutien en 742 contre l'usurpateur Artabasde[6].

Cependant, au début du IXe siècle, sa turme orientale en est détachée pour former le commandement frontalier de Cappadoce ; en outre, sous l'empereur Théophile, sa partie sud-est devient un district militaire séparé, celui de Séleucie[6],[10]. Ce thème apparaît pour la dernière fois dans les sources en 1077, lorsque son stratège Nicéphore Botaniatès se proclame empereur[6]. Peu après, la région est envahie par les Seldjoukides.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Anatolic Theme » (voir la liste des auteurs)

  1. (en) Alexander Kazhdan (dir.), Oxford Dictionary of Byzantium, Oxford University Press, 1991 (ISBN 978-0-19-504652-6), p. 89.
  2. (en) John F. Haldon, Byzantium in the Seventh Century: The Transformation of a Culture, Cambridge University Press, 1997 (ISBN 978-0521319171), p. 157.
  3. (en) John F. Haldon, Warfare, state and society in the Byzantine world, 565-1204, Routledge, 1999 (ISBN 1-85728-494-1), p. 73.
  4. (en) Warren T. Treadgold, Byzantium and Its Army, 284-1081, Stanford University Press, 1998 (ISBN 978-0804731632), p. 23.
  5. (en) John F. Haldon, Byzantium in the Seventh Century…, op. cit., p. 113.
  6. a, b, c, d et e (en) Alexander Kazhdan (dir.), op. cit., p. 90.
  7. (en) Alexander Kazhdan (dir.), op. cit., p. 89–90.
  8. (en) Warren T. Treadgold, op. cit., p. 67.
  9. (en) John B. Bury, The Imperial Administrative System of the Ninth Century - With a Revised Text of the Kletorologion of Philotheos, Oxford University Publishing, 1911, p. 39–41.
  10. (en) John F. Haldon, Warfare, state and society…, op. cit., p. 114.