Mopsueste

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Misis.
Mopsueste
Misis, Yakapinar
Le pont romain de Mopsueste sur le Ceyhan Nehri
Le pont romain de Mopsueste sur le Ceyhan Nehri
Administration
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Région Région méditerranéenne
Province Adana
District Yüreğir
Indicatif téléphonique international +(90)
Plaque minéralogique 01
Démographie
Population 5 932 hab. (2009)
Géographie
Coordonnées 36° 57′ 28″ N 35° 37′ 26″ E / 36.957857, 35.623901 ()36° 57′ 28″ Nord 35° 37′ 26″ Est / 36.957857, 35.623901 ()  
Altitude 18 m
Localisation
Districts de la province de Adana
Districts de la province de Adana

Géolocalisation sur la carte : Turquie

Voir la carte administrative de Turquie
City locator 14.svg
Mopsueste

Géolocalisation sur la carte : Turquie

Voir la carte topographique de Turquie
City locator 14.svg
Mopsueste
Liens
Site du district http://www.yuregir.gov.tr
Site de la province http://www.adana.gov.tr
Sources
« Index Mundi/Turquie »

Mopsueste (en grec ancien Μοψουεστία) ou Mopsus ou Mamistra ou Mopsucrenae est une ville antique de Cilicia Campestris (plus tard la province de Cilicia Secunda) sur le Pyramos (l'actuel Ceyhan Nehri), un fleuve situé à 20 km de l'actuelle Adana (l'antique Antioche de Cilicie). La ville s'est appelée Misis, et depuis les années 1960, elle s'appelle Yakapinar.

Histoire[modifier | modifier le code]

Monnaie frappée en la cité de Mopsueste

La fondation légendaire de cette ville est attribuée au devin Mopsos qui vécut avant la Guerre de Troie, bien qu'il soit peu mentionné avant l'ère chrétienne. Pline l'Ancien l'appelle cité libre de Mopsos[1], mais son nom ordinaire est Mopsuestia, que l'on trouve chez Étienne de Byzance, les géographes et les chroniqueurs chrétiens. Sous l'empire séleucide, la ville prit le nom de Séleucie sur le Pyramos (grec ancien : Σελεύκεια πρός τόν Πύραμον ; latin: Seleucia ad Pyramum), mais l'abandonna après la conquête romaine. Les inscriptions et le monnayage de la cité montrent qu'elle prit le nom d'Hadriana sous Hadrien, Decia sous Dèce, etc[2]. Constance II, qui y mourut en 361 des suites d'une fièvre, y construisit un pont magnifique sur le Pyramos[3] restauré par la suite par Justinien[4]. Ce pont de Mopsueste se trouvait sur la grande route de Tarse à Antioche de Syrie, à soixante-dix kilomètres environ de la première et cent cinquante kilomètres de la seconde.

Le christianisme fut introduit très tôt à Mopsueste. Il y est fait mention d'un évêque au IIIe siècle, Théodore, adversaire de Paul de Samosate. Y résidèrent également saint Auxence (mort en 360), et l'évêque Théodore de Mopsueste (392-428), le maître de Nestorius.

La ville fut prise par les Arabes au tout début de l'islam, dès 636 : en 686, ils avaient occupé tous les forts autour de la cité, et en 700 fortifièrent la ville elle-même[5]. Néanmoins, en raison de sa position cruciale sur la frontière orientale de l'Empire byzantin, la ville fut reconquise par les Byzantins à plusieurs reprises. Jean Tzimiskès reprit la ville pour les Byzantins en 965 après un échec l'année précédente.

Entre 1097 et 1133, la ville passe aux mains des Croisés qui nomment un archevêque latin. Tancrède l'annexe à la Principauté d'Antioche, mais la ville est continuellement disputée entre Latins, Grecs et Arméniens. Jean II Comnène puis Manuel Ier la reconquièrent ainsi pour l'Empire byzantin respectivement en 1137 et 1159. Les Arméniens en gagnent le contrôle peu après, d'abord comme sujets byzantins puis de façon autonome après 1173.

Après un incendie dévastateur en 1266, Mamistra, selon le nom qu'elle a pris, devient en 1268 la capitale du royaume arménien de Cilicie.

En 1737, cinq arches du pont romain sont emportées par une crue. Le pont est restauré, En juillet 1832, l'armée turque dans sa retraite fait sauter les arches du pont. Après sa défaite à la bataille du col de Beylan, elle cherche à ralentir l'avance des l'armée égyptienne conduite par Ibrahim Pacha[6].

Archéologie[modifier | modifier le code]

Le monument le plus remarquable de l'époque byzantine est un édifice de culte dont l'identification est disputée : on y voit tantôt une église, tantôt une synagogue, construite au Ve siècle et possédant un cycle remarquable de mosaïques figurées.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1997 2000 2007 2009
4 383 5 453 5 765 5 932


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne], V, 22.
  2. Victor Langlois, Op. cit. (lire en ligne), « Cilicie orientale. », p. 448
  3. Jean Malalas, Chronographia, XIII; P.G., XCVII, 488
  4. Procope de Césarée, « Les édifices de Justinien, Livre V, chapitre v, 2. Pont réparé. », sur « L'antiquité grecque et latine »
  5. Théophane le Confesseur, Chronographie, A. M. 6178, 6193
  6. Victor Langlois, Op. cit. (lire en ligne), « Cilicie orientale. », p. 451

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Alexander Kazhdan (dir.), The Oxford Dictionary of Byzantium, Oxford University Press,‎ 1991, 3 vols. (ISBN 0195046528) vol. 2, 1408, s. v. Mopsuestia.
  • Victor Langlois, Voyage dans la Cilicie et dans les montagnes du Taurus: exécuté pendant les années 1851-1853., B. Duprat,‎ 1861 (présentation en ligne, lire en ligne)