Anastase II (empereur byzantin)

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Anastase II
Empereur byzantin
Image illustrative de l'article Anastase II (empereur byzantin)
Anastase II a gardé son nom, Artemius, même sur sa monnaie ; ce solidus porte la légende « APTEMIUS ANASTASIUS ».
Règne
-
Période Usurpateur
Précédé par Philippicos
Suivi de Théodose III
Biographie
Décès
Liste des empereurs byzantins

Anastase II (grec : Ἀναστάσιος Β΄), ou Artémios (en grec Άρτέμιος), mort le , est empereur byzantin de 713 à 715.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son véritable nom était Artémios, et il exerçait la fonction de protasekretis (chef de la chancellerie impériale) sous son prédécesseur Philippicos. Le , veille de la Pentecôte, celui-ci fut victime d'un attentat qui entraîna une incapacité de régner : des soldats envoyés par Georges Bouraphos, comte de l'Opsikion, et un patrice nommé Théodore Myakios s'introduisirent dans le Palais, surprirent Philippicos à l'heure de sa sieste et l'entraînèrent vers l'hippodrome où ils lui crevèrent les yeux. Il est probable que le but était de le remplacer par Georges Bouraphos, mais les conspirateurs perdirent apparemment le contrôle des événements : le lendemain, jour de la Pentecôte, une foule rassemblée à Sainte-Sophie acclama le protasekretis Artémios, qui prit le nom impérial d'Anastase II, probablement en l'honneur d'Anastase Ier, resté dans les mémoires comme un fonctionnaire prudent et capable devenu empereur.

Le premier souci du nouveau souverain fut de punir les conspirateurs en appliquant la loi du talion : il fit aveugler Georges Bouraphos et Rouphos, l'officier qui avait commandé le groupe des exécuteurs, et il les exila en Thessalie. Quant à Philippicos, il le plaça dans un monastère de la capitale. Sans délai, il abrogea la décision la plus controversée de Philippicos : l'annulation du concile œcuménique de 680 et la restauration du monothélisme. Mais le patriarche mis en place par Philippicos, Jean VI, fut maintenu à son poste moyennant un changement total de position, et une lettre au pape pour l'assurer de son orthodoxie. Du reste, la majorité de l'épiscopat, dans le concile organisé en 712, avait adhéré au monothélisme, et donc il aurait fallu changer tout le monde.

Anastase II remplaça en revanche de nombreux responsables militaires en place sous le règne précédent : il choisit comme stratège des Anatoliques Léon III l'Isaurien, qui avait montré sa capacité en récupérant l'Asbagie pour le compte de Justinien II en 711. Il nomma aussi Artavasde stratège des Arméniaques, et Scholastique exarque de Ravenne.

Mais il fut surtout absorbé par la menace arabe. Au printemps 714, alors que le général Maslama ben Abd al-Malik envahissait la région d'Ancyre, il envoya une ambassade auprès du calife Walid Ier pour demander une trève ou plutôt pour sonder ses intentions. Les ambassadeurs revinrent en annonçant que le calife planifiait minutieusement une grande attaque, par terre et par mer, de Constantinople. Anastase s'attacha alors à préparer la capitale pour un long siège : travaux de restauration et d'extension des fortifications (avec sans doute l'achèvement des fortifications complètes du côté de la mer) ; constitution de réserves de nourriture ; fabrication d'armes de siège, et notamment du feu grégeois. Il fit aussi partir des habitants qui ne seraient pendant le siège que des bouches à nourrir.

Au printemps 715, Anastase fut averti qu'une flotte arabe avait débarqué près de Phoenix, en Lycie, pour couper du bois destiné à la construction navale. Il ordonna le rassemblement sur l'île de Rhodes d'une armée dont le logothète général, Jean le Diacre, devait prendre le commandement. Mais les soldats venant du thème de l'Opsikion se soulevèrent et tuèrent Jean le Diacre. Ensuite, ayant dispersé l'armée, ils retournèrent vers le nord et débarquèrent à Adramyttion, où ils proclamèrent empereur le percepteur d'impôts Théodose III (mai 715). Anastase, confiant Constantinople à des officiers fidèles, prit à la tête de troupes la direction de Nicée. Mais la majorité des soldats de l'Opsikion se rallièrent à la rébellion. Ce mouvement avait peut-être un rapport avec la destitution et l'aveuglement de Georges Bouraphos en juin 713.

Les mutins, installés à Chrysopolis avec Théodose III, menèrent des attaques navales contre Constantinople. Passés bientôt en Thrace, ils pénétrèrent dans la capitale en août grâce à des complicités, capturèrent les officiers laissés par Anastase, et se livrèrent au pillage. Anastase, bloqué à Nicée, était réduit à l'impuissance. Après une médiation du nouveau patriarche Germain Ier (intronisé le 11 août), il accepta en novembre d'abdiquer et de se retirer dans un monastère à Thessalonique.

Au début de 719, il ressortit de son monastère et se fit reproclamer empereur à Thessalonique, avec l'appui des Bulgares qui s'étaient apparemment temporairement brouillés avec Léon III l'Isaurien. Il avait aussi conservé des soutiens parmi les responsables byzantins, mais l'armée et la flotte avec lesquelles il se dirigea vers Constantinople étaient avant tout fournies par les Bulgares. Malheureusement pour lui, quand il arriva à Héraclée de Thrace, Léon III l'Isaurien parvint à se réconcilier avec les Bulgares, qui abandonnèrent alors le terrain. Anastase fut capturé et décapité le 1er juin. Ceux qui s'étaient révélés comme ses partisans furent destitués et punis. Parmi eux, il y avait le comte de l'Opsikion, dont la charge passa à Artavasde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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