Claude II le Gothique

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Claude II le Gothique
Empereur romain
Image illustrative de l'article Claude II le Gothique
Pièce à l'effigie de Claude le Gothique.
Règne
septembre 268 - août 270 (~2 ans)
Période Empereurs illyriens
Précédé par Gallien
Usurpé par Fin des Trente Tyrans
Empereurs des Gaules
Empereurs de Palmyre
Suivi de Quintillus
Biographie
Nom de naissance Marcus Aurelius Claudius
Naissance 10 mai 213/4 - Sirmium (Pannonie)
Décès août 270 (56/57 ans) - Rome
Liste des empereurs romains

Claude II (Marcus Aurelius Claudius Gothicus) (10 mai 214 - août 270), dit Claude le Gothique, est un empereur romain de septembre 268 à sa mort en 270.

Biographie[modifier | modifier le code]

Claude II est nommé maître de cavalerie (magister equitum) après la tentative d'usurpation d'Auréolus puis participe vraisemblablement à la conspiration des généraux illyriens qui éliminent Gallien, son prédécesseur, en septembre 268. Avec l'appui de ces militaires, il prend le pouvoir pour mettre fin à l'anarchie militaire et aux sécessions qui déchirent l'Empire romain. Il offre l'exemple-type de l'empereur-soldat dont Maximin le Thrace fut l'ébauche trente ans plus tôt : une naissance modeste, une carrière exclusivement militaire et un avancement dû à ses seules qualités personnelles.

Ayant promis la vie sauve à Auréolus après la mort de Gallien, Claude le laisse néanmoins massacrer par ses troupes après la reddition de Milan où ce dernier s'est réfugié après sa défaite contre Gallien.

Le nouvel empereur démontre alors ses qualités de stratège en écrasant près du lac de Garde des Alamans qui menaient des incursions en Italie du Nord (269).

Fort de ce succès, il se rend ensuite à Rome pour recevoir l'investiture du Sénat de la Ville. Cette formalité accomplie, Claude rassemble toutes les forces disponibles et marche sur les Balkans, menacés par une invasion de Goths qui sévissent déjà dans les provinces danubiennes. Il remporte en 269[1] à Naïssus en Mésie supérieure (aujourd'hui Nish en Serbie) une victoire très difficilement acquise et peu décisive. Mais elle est fort habilement exploitée par la propagande impériale, ce qui permet à l'empereur Claude de gagner son glorieux surnom de Gothique. La colonne des Goths, toujours visible à Istanbul, commémorerait cette victoire. Cependant, il faut encore aux légions romaines plusieurs mois de dures campagnes et d'escarmouches sanglantes pour liquider les bandes errantes de barbares et détruire la flotte avec laquelle les Goths ravageaient les côtes de Grèce et d'Asie Mineure. Ce n'est finalement que vers l'année 270 que les Goths sont refoulés à l'est du Danube.

Il ne parvient cependant pas à mettre un terme aux séditions : l’empire « romain » des Gaules passe de Postume à Marius puis à Victorin (assassiné en 271) mais l'Espagne et la Gaule lyonnaise se rallient à lui. À la fin de son règne, Palmyre, dirigé par Zénobie ne rompt pas officiellement avec Rome, mais étend sa domination vers l'Égypte, la Syrie et l'Asie Mineure.

Mais au mois d'août de cette année 270, et alors qu'il semble voué à un règne long et glorieux, Claude le Gothique s'éteint à Sirmium (aujourd'hui Sremska Mitrovica en Serbie), victime de l'épidémie de peste qui décime son armée. Son frère cadet, Quintillus est proclamé empereur par la troupe et accepté par le Sénat mais l'armée du Danube lui préfère Aurélien. Une fois encore, c'est une armée qui impose son choix face à l'élu du Sénat.

Il est divinisé après sa mort et un important monnayage de restitution est frappé par Aurélien en 270, puis par Constantin Ier, qui prétend descendre de la famille de Claude II. Son père Constance Chlore aurait été le petit-neveu de l'empereur Claude II[2],[3]. En fait, ce lien n’a pas été revendiqué du vivant de Constance Chlore, il n’apparait qu’en 310 dans le Panégyrique de Constantin, une œuvre de propagande, et est reproduit dans des inscriptions officielles. Cette parenté fictive est reprise par l'Histoire Auguste, ouvrage postérieur et de valeur historique douteuse, qui fait de Constance Chlore le fils d'Eutropius et de Claudia, elle-même fille de Crispus, le dernier frère de Claude II[4].

Noms successifs[modifier | modifier le code]

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  • Naît Marcus Aurelius Claudius
  • 268, accède à l'Empire : Imperator Caesar Marcus Aurelius Claudius Pius Felix Invictus Augustus
  • gagne les surnoms Germanicus Maximus Gothicus Maximus Persicus Maximus
  • 270, titulature à sa mort : Imperator Caesar Marcus Aurelius Valerius Claudius Pius Felix Invictus Augustus Germanicus Maximus Gothicus Maximus Persicus Maximus, Pontifex Maximus, Tribuniciae Potestatis III, Imperator II, Consul I, Pater Patriae

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'Europe avant l'an mil, par Jacques Bloeme
  2. François Chausson, Stemmata aurea : Constantin, Justine, Théodose. Revendications généalogiques et idéologie impériale au IVe siècle, Rome, Erma di Bretschneider, 2007.
  3. Vincent Puech, Constantin, le premier empereur chrétien, éd. Ellipses, p. 23-25.
  4. Histoire Auguste, traduction et commentaires d’André Chastagnol, éditions Robert Laffont, collection « Bouquins », 1994, (ISBN 2-221-05734-1), p. 920-921

Bibliographie[modifier | modifier le code]