Constantin VII Porphyrogénète

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Constantin VII Porphyrogénète
Empereur byzantin
Image illustrative de l'article Constantin VII Porphyrogénète
Follis de Constantin VII avec sa mère Zoé.
Règne
-
&&&&&&&&&&01695746 ans, 5 mois et 3 jours
Période Macédonien
Précédé par Alexandre
Co-empereur Romain Ier Lécapène (920-944)
Christophe Lécapène (921-931)
Étienne Lécapène (924-945)
Constantin Lécapène (924-945)
Suivi de Romain II
Biographie
Naissance
(Constantinople)
Décès (à 54 ans)
(Constantinople)
Père Léon VI le Sage
Mère Zoé Carbonopsina
Épouse Hélène Lécapène
Descendance Romain II
Zoé
Agathe
Théophano
Anne
Théodora
Liste des empereurs byzantins

Constantin VII Porphyrogénète (en grec Κωνσταντίνος Ζ΄ Πορφυρογέννητος, Kōnstantinos VII Porphyrogennētos ; né le à Constantinople, mort le dans la même ville) est empereur byzantin de 913 jusqu’à sa mort, bien qu’il n'exerce effectivement le pouvoir qu’à partir de 944[1]. Il appartient à la dynastie macédonienne.

Naissance et légitimation[modifier | modifier le code]

Constantin est le fils de l’empereur Léon VI le Sage et de sa maîtresse Zoé Carbonopsina. L’empereur n’ayant pas d’autre fils, il épouse Zoé, en quatrième mariage (une « tétragamie »), en violation autant des règles de l’Église que du code de lois qu'il avait lui-même promulgué et qui prohibait toute union au-delà de la deuxième. Pour l'Église orthodoxe, en effet, le premier mariage revêt un caractère sacré ; à la mort de l'épouse, un second mariage est autorisé afin de permettre la perpétuation de la famille ; le troisième et a fortiori le quatrième mariages sont considérés comme des fornications et condamnés, les enfants issus de ces unions étant regardés comme illégitimes. Issu d'une quatrième union, Constantin est donc regardé comme illégitime.

Léon lutte pendant plus d’un an pour imposer cette légitimation, forçant pour cela à l’abdication le patriarche Nicolas, et le remplaçant par Euthyme, qui accorde à Léon la dispense nécessaire pour épouser Zoé et légitimer Constantin.

Constantin y gagne son surnom de « Porphyrogénète » (« né dans la pourpre », la pourpre symbolisant l'empereur). Il signifie né dans la famille impériale — c'est loin d'être la règle générale pour les empereurs romains, dont la succession n'est pas réglée par des dispositions claires, sans parler des nombreux coups d'État — et implique donc la légitimité de la filiation.

À la mort de Léon, le , son frère lui succède sous le nom d’Alexandre. Peu avant sa mort en 913, il confirme Constantin, âgé de 7 ans, comme successeur, mais organise un conseil de régence avec Nicolas à sa tête, et en écartant, contre tous les usages, Zoé, la mère de l’empereur.

Empereur sous tutelle[modifier | modifier le code]

Nicolas envoie Zoé dans un couvent. Mais il se discrédite en concluant seul un accord trop défavorable avec le roi des Bulgares Syméon, et le conseil de régence impose le rappel en 914 de Zoé, à laquelle il reconnaît à nouveau le titre d’impératrice.

En 918, après des succès initiaux, ses armées sont à leur tour vaincues par les Bulgares. Constantin, encouragé par son précepteur, fait appel à l’amiral Romain Lécapène, pour éviter une probable prise du pouvoir par le général Léon Phocas, appelé par Zoé.

Romain Lécapène s’impose, fait épouser sa fille Hélène à Constantin et, en 920, il renvoie Zoé au couvent, puis le 17 décembre, se proclame lui même Basileus. Bien qu’exerçant tout le pouvoir, il respecte la personne de Constantin et son titre, le reconnaissant comme coempereur, mais à la seconde place. Il fait plus tard proclamer ses trois fils coempereurs, plaçant l’aîné, Christophe, à la deuxième place, et reléguant donc Constantin en troisième position. Cependant, après la mort de Christophe, le seul de ses fils qu'il estimait digne de lui succéder, Romain vieillissant confirme la deuxième place de Constantin et prépare la succession pour le fils de celui-ci, né en 939 et prénommé Romain, qui est aussi son propre petit-fils. En décembre 944, ses deux autres fils, Constantin et Étienne, le renversent et l'enferment dans un monastère ; mais une émeute populaire leur impose de partager le pouvoir avec le Porphyrogénète. En janvier 945, ils essaient de se débarrasser de lui mais échouent, et on les enferme aussi dans des monastères. Désormais, Constantin VII est seul empereur.

Empereur érudit[modifier | modifier le code]

Christ couronnant Constantin VII (ivoire, 945, Musée Pouchkine).

Confiné au palais impérial sous le règne de son beau-père Romain Ier, Constantin VII s'avère être un peintre de talent et se lance dans une grande entreprise de recherches érudites, qui le conduit à composer notamment trois ouvrages formant un triptyque sur la question du gouvernement de l'empire : d'une part, le De Ceremoniis Aulæ Byzantinæ (Le livre des cérémonies), vaste compilation de textes sur la vie et les rituels de la cour impériale, comprenant d'ailleurs aussi des informations sur l'armée et les campagnes militaires, et sur l'administration des finances ; d'autre part le De Administrando Imperio, qu'il destine à l'éducation de son fils Romain, futur Romain II, et qui est notamment consacré aux relations avec les peuples étrangers, sur lesquels sont données diverses informations ; enfin le De Thematibus, qui décrit la situation des « thèmes », c'est-à-dire des circonscriptions administratives et militaires de l'empire.

Il fait aussi rassembler un ensemble de récits historiques prenant la suite de la Chronique de Théophane le Confesseur, qui s'interrompt à la chute de l'empereur Michel Ier Rhangabé en 813. Ces récits, organisés par règnes d'empereur, couvrent la période allant de 813 à 961 ; l'ensemble est appelé la Continuation de Théophane (en latin Theophanes Continuatus). À l'intérieur de cet ensemble, le cinquième livre, qui est la Vie de Basile, est de Constantin lui-même, qui n'a laissé à personne le soin de célébrer le fondateur de sa dynastie.

Il fait aussi compiler ce qu'on appelle les Excerpta, un ensemble de cinquante-trois anthologies thématiques d'extraits d'œuvres littéraires anciennes autrement perdues, notamment historiques ; il en reste quatre, d'ailleurs incomplètes : Sur les ambassades, Sur les conjurations, Sur les vertus et les vices, Sur les incendies. C'est également à son initiative que sont compilés les Geoponica sur l'agriculture, les Iatrica sur la médecine, les Strategica sur l'art militaire, et qu'est réalisé le ménologe de Syméon Métaphraste. L'ensemble de ces travaux d'érudition revêt un caractère encyclopédique.

Règne personnel[modifier | modifier le code]

Ennemie de la famille Lécapène, la famille Phocas jouit des préférences de l'empereur : Bardas Phocas est ainsi nommé général des armées d'Orient, tandis que ses fils Nicéphore et Léon Phocas deviennent stratèges des Anatoliques et de Cappadoce.

Sur le plan intérieur, Constantin VII poursuit la politique mise en œuvre par Romain Ier et favorise les petits propriétaires paysans, ordonnant même en 947 que soient restituées sans compensation toutes leurs terres acquises par la grande aristocratie terrienne depuis le début de son règne, en 913. Les petits propriétaires paysans sont la base de la puissance militaire et surtout fiscale de l’empire, et les empereurs forts les protègent.

En 949, il tente de reprendre la Crète aux Arabes, mais comme son père en 911, il échoue. Il provoque une attaque arabe contre les territoires byzantins en Syrie, en Arménie, et en Italie. Les territoires à l’est sont reconquis par le général Jean Tzimiskès. En 957, une flotte arabe est détruite par le feu grégeois. En 958, il reçoit la visite d’Olga, une princesse russe de Kiev, qui est baptisée sous le nom d’Hélène et commence à convertir son peuple. La christianisation de la Russie ne se fait cependant que sous son petit-fils Vladimir.

À la mort de Constantin en 959, son fils Romain II lui succède.

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Constantin VII a épousé le Hélène (morte en 961), fille de Romain Lécapène, dont :

Les cinq filles de l'empereur sont enfermées par leur frère Romain II dans le monastère de Kanikleios puis transférées les unes au monastère d'Antiochos et les autres dans celui du Myrelaion et tondues moniales par l'abbé Jean de Stoudios. Romain II leur fait la même pension qu'au palais impérial mais elles rejettent l'habit monastique. Plus tard Jean Ier Tzimiskès épouse Théodora, qui n'avait sans doute pas prononcé de vœux.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Constantin Porphyrogénète, Le livre des cérémonies, texte traduit par Albert Vogt, Paris, Belles-lettres, 1967, 4 volumes.
  • Constantin Porphyrogénète, De Thematibus, non traduit.
  • Constantin Porphyrogénète, De Administrando Imperii, non traduit.
  • Constantin Porphyrogénète, Vita Basilii, inédit.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Jean-Claude Cheynet, Pouvoir et contestations à Byzance, 963-1210, Paris, 1996.
  • Jean-Claude Cheynet, Le monde byzantin, tome 2 : L'Empire byzantin, 641-1204, Paris, PUF, 2006.
  • John Julius Norwich, Histoire de Byzance, Paris, Perrin, 2002.
  • Jean Skylitzès, Empereurs de Constantinople, « Synopsis Historiôn » traduit par Bernard Flusin et annoté pat Jean-Claude Cheynet, éditions P. Lethilleux, Paris, 2003 (ISBN 2283604591), « Constantin, fils de Léon », p. 167-178, & « Second règne personnel de Constantin », p. 197-208.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Moyen Âge en Orient, M. Kaplan