Nicéphore III Botaniatès

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Nicéphore III Botaniatès
Empereur byzantin
Image illustrative de l'article Nicéphore III Botaniatès
Nicephore Botaniatès
Règne
24 mars 1078 - 4 avril 1081
3 ans, 0 mois et 11 jours
Période Doukas par mariage
Précédé par Michel VII Doukas
Suivi de Alexis Ier Comnène
Biographie
Naissance v. 1001
Décès 10 décembre 1081 (~80 ans)
Épouse Bebdene
Marie d'Alanie
Liste des empereurs byzantins

Nicéphore III Botaniatès (grec: Νικηφόρος Βοτανειάτης), né v. 1001 et mort en 1081, est empereur byzantin du 24 mars 1078 au 4 avril 1081. Nicéphore III est un général de qualité et un personnage relativement indulgent envers ses adversaires mais il arrive au pouvoir alors que l'empire est en pleine déliquescence et n'a pas les moyens de combattre celle-ci.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nicéphore Botaniatès sert comme général sous le règne de Constantin IX. Attiré par la politique, il est un participant actif dans le soulèvement qui amène Isaac Ier sur le trône en 1057[1], et a un rôle éminent dans la bataille de Petroe. Bien que considéré comme un général compétent, il subit un certain nombre de revers humiliants tout au long de sa carrière[2]. En 1064, il a, avec Basile Apokapès, archonte (magistros et dux) de Paradounavon, défendu les frontières des Balkans contre l'invasion des Oghouzes, mais il est battu et subit l'humiliation d'être emmené en captivité[2]. Cependant, une épidémie décime bientôt les Turcs et les prisonniers sont récupérés, tandis que les survivants sont rapidement recrutés dans l'armée byzantine[3].

En 1067, il est considéré comme un mari possible pour l'impératrice Eudocie Makrembolitissa, veuve de Constantin X, mais elle choisit finalement Romain IV Diogène[2]. Exclu de la campagne de Romain à Manzikert, il se retire dans ses terres en Anatolie[4]. Finalement, sous Michel VII Doukas, il est devenu stratège du thème des Anatoliques et commandant des troupes d'Asie Mineure[4].

Il se révolte contre Michel VII le 10 octobre 1077. Quelques mois plus tôt, le duc de Dyrrachium, Nicéphore Bryenne, a lancé une autre révolte contre Michel VII mais du côté européen de l'empire. Nicéphore Botaniatès est un représentant de l'aristocratie militaire anatolienne qui s'oppose depuis plusieurs décennies à l'aristocratie civile pour l'obtention du pouvoir. En mars 1078, il s'empare de Nicée avec seulement 300 hommes ce qui entraîne une révolte populaire à Constantinople soutenue par l'Église. Michel VII est contraint d'abandonner le pouvoir au profit de son frère Constance qui confie le trône impérial à Nicéphore. Pour renforcer sa légitimité, Nicéphore proclame être un descendant de la famille des Doukas et épouse la femme de Michel VII.

Toutefois, Nicéphore III n'échappe pas aux révoltes qui caractérisent la vie politique de l'Empire byzantin depuis la défaite de Mantzikert en 1071. Dès lors, il n'est pas en mesure de combattre la décomposition de l'empire dont le signe le plus grave est l'invasion progressive de l'Asie mineure par les Seldjoukides. Celle-ci est facilitée par les Byzantins eux-mêmes car de nombreux prétendants au trône s'assurent avant leur rébellion du soutien des dirigeants turcs quand ils ne leur demandent pas de l'aide directement. Nicéphore III lui-même s'est assuré du soutien de Soliman, le cousin d'Alp Arslan.

Histamenon nomisma sous Nicéphore III Botaniatès

Dès son accession au pouvoir, Nicéphore III charge le général Alexis Comnène de mater la rébellion de Nicéphore Bryenne avec l'aide de trois corps turcs puis celle de Nicéphore Basilakios, le nouveau duc de Dyrrachium. Un frère de Michel VII envoyé par Nicéphore III combattre les Turcs tente de prendre le pouvoir mais Nicéphore parvient à se le faire livrer après avoir acheté les officiers rebelles. Peu après, c'est Nicéphore Mélissènos qui se révolte et se proclame empereur à Nicée. Alexis reste à l'écart de cette nouvelle rébellion car il a déjà en tête son propre soulèvement. La situation de l'Empire byzantin est alors catastrophique car en plus de l'écroulement de la souveraineté byzantine en Asie mineure, la situation de sa monnaie est de plus en plus inquiétante et les empereurs sont contraints de dévaluer la nomisma pour la première fois depuis sept siècles. De plus, Nicéphore III abandonne la politique d'alliance matrimoniale avec les Normands. Ces derniers conduits par Robert Guiscard se proclament alors les défenseurs de l'ancien empereur Michel VII et font peser une menace non négligeable sur l'empire.

Face à Alexis Comnène, Nicéphore III se trouve rapidement dépourvu de toute solution car Alexis s'est allié aux opposants de Nicéphore III. Ainsi, il promet le titre de césar à Nicéphore Mélissènos si celui-ci abandonne son projet d'un partage de l'empire. De surcroît il réussit à obtenir le soutien des troupes allemandes qui font partie de la garnison de la capitale et lui permettent d'y pénétrer. Convaincu par le patriarche d'abandonner le pouvoir, Nicéphore III abdique le 4 avril 1081 (Louis Bréhier cite la date du 1er avril). Nicéphore III finit sa vie dans un monastère.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Alexander Kazhdan, Oxford Dictionary of Byzantium, Vol. III, Oxford University Press, 1991, (ISBN 978-0-19-504652-6) p. 1479
  2. a, b et c Alexander Canduci, Triumph & Tragedy: The Rise and Fall of Rome's Immortal Emperors, Pier 9, 2010, (ISBN 978-1741965988), p. 276
  3. Florin Curta Southeastern Europe in the Middle Ages, 500-1250, p. 298. Cambridge University Press, (ISBN 0521815398)
  4. a et b John Julius Norwich, Byzantium: The Apogee, Penguin, (ISBN 0-14-011448-3), p. 360

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, Paris, Albin Michel, coll. « L'évolution de l'humanité »,‎ 2006, 632 p. (ISBN 2-226-17102-9).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Georges Ostrogorsky (trad. J. Gouillard), Histoire de l'État byzantin, Paris, Payot,‎ 1996, 647 p. (ISBN 9782228902069).Document utilisé pour la rédaction de l’article