Manuel II Paléologue

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Manuel II Paléologue
Empereur byzantin
Image illustrative de l'article Manuel II Paléologue
Manuel II Paléologue, monnaie
Règne
16 février 1391 - 22 juillet 1425
34  an s, 5 mois et 6  jours
Période Paléologue
Précédé par Jean V Paléologue
Co-empereur Andronic V Paléologue (1403-1407)
Jean VIII (1421-1448)
Suivi de Jean VIII Paléologue
Biographie
Naissance 17 juin 1350
Décès 22 juillet 1425 (75 ans)
(Constantinople)
Père Jean V Paléologue
Mère Hélène Cantacuzène
Épouse Hélène Dragas
Descendance Jean VIII
Constantin
Théodore
Andronic
Constantin XI Dragasés
Michel
Démétrios
Thomas Paléologue
Liste des empereurs byzantins

Manuel II Paléologue (grec : Μανουήλ Β΄ Παλαιολόγος), empereur byzantin de 1391 à 1425, né le 17 juin 1350, mort le 22 juillet 1425. Second fils de Jean V Paléologue, empereur byzantin, et d'Hélène Cantacuzène.

Avant son avènement[modifier | modifier le code]

Quand son père part pour Rome, en 1369, il se voit confier le gouvernement de Thessalonique tandis que son frère aîné Andronic exerce le pouvoir à Constantinople. En 1370, Jean V négocie à Venise un traité impliquant, contre annulation de ses dettes, la cession aux Vénitiens de l'île de Ténédos; Andronic refuse de l'exécuter, provoquant la détention de Jean V à Venise. C'est Manuel qui parvient à réunir la somme lui permettant de libérer son père.

En septembre 1371, à la suite de la bataille de la Maritsa, le sultan ottoman Murad Ier réduit les Serbes de Macédoine à la vassalité. Manuel profite de la défaite des Serbes pour s'emparer de la ville de Serrès et organise la défense de sa principauté de Thessalonique contre les Turcs: il réduit de moitié les exemptions fiscales des domaines monastiques pour la financer. Mais la volonté de résistance de Manuel n'est guère partagée par son père, qui accepte de se reconnaître vassal du sultan en 1374. Andronic, le fils aîné, s'étant révolté et ayant été vaincu et emprisonné, Manuel est proclamé à sa place héritier du trône.

Mais en 1376, Jean V ayant resigné le traité de 1370 cédant Ténédos à la République de Venise, les Gênois du comptoir de Pera réagissent en faisant évader Andronic et en s'entendant avec le sultan pour le placer sur le trône. Jean V et Manuel sont incarcérés jusqu'en 1379; étant parvenus à s'évader, ils se rendent auprès de Murad Ier à Andrinople et obtiennent son soutien contre la promesse de lui livrer Philadelphie, ville d'Asie Mineure non encore tombée aux mains des Turcs. Avec également l'aide des Vénitiens, Andronic est délogé de Constantinople et Jean V rétabli sur le trône.

En 1381, la paix est conclue entre Vénitiens et Gênois et à l'intérieur de la famille Paléologue: Andronic, le fils aîné, redevient héritier du trône et obtient Sélymbrie en apannage; Manuel se voit à nouveau attribuer Thessalonique. Il réussit à établir son autorité en Thessalie et en Épire et prend le titre de despote; il organise une armée de volontaires pour défendre sa principauté contre les Turcs. Mais en 1383, ceux-ci réagissent: ils s'emparent de la ville de Serrès et assiègent Thessalonique. Tous les appels à l'aide de Manuel en direction de son père Jean V, du Despotat de Morée, de Venise ou du pape restent vains: en 1387, Thessalonique tombe aux mains du sultan après un siège de trois ans et demi.

Au printemps 1390, le prince Jean, fils d'Andronic, ayant obtenu l'appui de Bayezid Ier, qui vient de succéder à Murad, s'empare de Constantinople et réduit son grand-père l'empereur à se barricader dans une forteresse. Manuel réussit à rassembler une armée dans les quelques îles qui restent sous contrôle byzantin, et au mois de septembre il parvient à chasser son neveu de la capitale. Jean VII se réfugie auprès du sultan, qui le renvoie dans son apannage de Sélymbrie, mais exige que Manuel se rende auprès de lui pour qu'ils exécutent ensemble les termes de l'accord de 1379 avec Murad Ier: en effet, Philadelphie a refusé de se livrer aux Turcs. Manuel obéit et participe à la prise de la ville par le sultan. Mais il est retenu à Brousse et traité comme un prisonnier ou un otage.

Après son avènement[modifier | modifier le code]

Avant la bataille d'Ankara[modifier | modifier le code]

En février 1391, Jean V meurt. Craignant que son neveu Jean VII ne profite de son absence pour s'emparer de Constantinople, Manuel s'évade de Brousse et traverse le Bosphore pour se faire couronner empereur en mars. Ensuite il s'efforce de se réconcilier avec le sultan Bayezid; celui-ci l'accepte comme vassal, mais augmente le tribut des Byzantins et exige que Manuel l'accompagne dans une campagne militaire contre des émirats rivaux dans le sud et l'est de l'Asie Mineure. Manuel doit donc abandonner la régence à sa mère Hélène Cantacuzène et reste absent pendant près d'un an.

De retour à Constantinople au début 1392, il s'empresse de se marier pour assurer sa lignée; auparavant, il avait eu plusieurs enfants illégitimes, mais n'avait jamais pris d'épouse. Cette année 1392, l'Église de Russie cesse de commémorer dans sa liturgie l'empereur romain d'Orient, devenu un trop petit sire et un humble vassal du sultan; la protestation solennelle du patriarche Antoine IV n'y change rien. En 1393, soupçonnant le tsar bulgare Ivan Chichman de vouloir s'entendre avec le roi de Hongrie pour échapper à sa suzeraineté, Bayezid Ier fait envahir son territoire et l'annexe; il fera décapiter Ivan Chichman en 1395. Ensuite il convoque à Serrès tous ses autres vassaux chrétiens des Balkans, y compris l'empereur Manuel et le tsar serbe Stefan Lazarević, et se livre à un exercice d'intimidation très humiliant, annonçant même à un moment qu'il va tous les faire exécuter un par un, avec des intervalles d'une heure.

De retour à Constantinople, Manuel décide que son honneur de souverain ne lui permet plus d'accepter cette situation. En 1394, il ignore une nouvelle convocation du sultan et se prépare à la guerre. À partir de l'automne de cette année, les Turcs assiègent Constantinople. L'empereur envoie des ambassades en Occident demander de l'aide. Sigismond, roi de Hongrie, organise une armée de volontaires chrétiens venant de toute l'Europe qui se dirige vers Constantinople pendant l'été 1396, mais est vaincue par les Turcs à la bataille de Nicopolis; le roi Sigismond parvient à peine à s'échapper sur le Danube grâce à un bateau vénitien. Constantinople parvient à tenir bon grâce à ses murailles imprenables et à la maîtrise des mers qu'exercent les flottes vénitienne et gênoise, qui ravitaillent la ville.

L'empire byzantin en 1403

Pendant l'été 1399, le maréchal Boucicaut, envoyé par le roi de France Charles VI à la tête d'une troupe de douze cents hommes, débarque à Constantinople; lui-même a participé à la bataille de Nicopolis, a été fait prisonnier par les Turcs, mais a été libéré contre rançon. Regalvanisant les énergies, il incite l'empereur Manuel à se rendre personnellement en Occident pour demander l'organisation d'une croisade.

Laissant le pouvoir dans la capitale à son neveu Jean VII, Manuel embarque en décembre en compagnie du maréchal. Ayant débarqué à Venise en avril 1400, il rencontre Charles VI de France, venu au devant de lui, en juin, et Henri IV d'Angleterre à Londres à la fin de l'année 1400; revenu à Paris en 1401, il y séjourne plus d'un an; il envoie également des ambassadeurs auprès des rois de Castille et d'Aragon, et auprès du pape Boniface IX. Mais cette grande tournée est vaine, étant donné que les Occidentaux sont trop occupés par le conflit franco-anglais, par le Grand Schisme d'Occident, ainsi que par les problèmes internes de chaque État. Manuel revient finalement bredouille à Constantinople en juin 1403

Mais la ville a été sauvée de manière inattendue pendant son absence: au printemps 1402, Jean VII, qui avait perdu Sélymbrie et tout ce qui, en Thrace, se trouvait en dehors des murailles de la capitale, s'apprêtait à capituler; la situation est brusquement modifiée par la victoire écrasante de Tamerlan sur les Turcs à Ankara en juillet 1402, et la capture de Bayezid Ier, qui meurt entre les mains de son vainqueur. Sa succession donnant lieu à une guerre civile entre ses fils, la puissance ottomane subit une éclipse momentanée, et l'Empire byzantin bénéficie d'un sursis tout à fait inespéré. Averti de ces événements, Manuel, revenu au début de 1402 de France en Italie du nord, a d'ailleurs différé son retour dans sa capitale pour négocier, d'abord à Gênes, ensuite à Venise, l'envoi de troupes occidentales, arguant de l'occasion qui se présentait de se débarrasser définitivement des Ottomans. L'argument n'a guère eu plus d'effets.

Après la bataille d'Ankara[modifier | modifier le code]

Manuel II Paléologue

Suleyman Bey, le fils aîné de Bayezid Ier, qui se trouve à Andrinople et contrôle les possessions européennes des Ottomans, parvient à diviser les chrétiens en faisant indépendamment de larges concessions aux Byzantins, aux Vénitiens, aux Gênois, à l'Ordre des Hospitaliers. Au début 1403, un traité est conclu avec Jean VII, avant le retour de Manuel, aux termes duquel les Byzantins sont libérés de leur vassalité et de leur tribut et se voient restituer Thessalonique, le Mont Athos et les îles de la Mer Égée, ainsi que toute la côte de la Thrace sur la Mer Noire jusqu'à Mésembrie au nord. À son retour, Manuel avalise ce traité malgré ses défauts: Gallipoli, essentielle pour Constantinople, n'a pas été récupérée, et le domaine de la capitale est réduit à une frange côtière, tandis que la région de Thessalonique a visiblement été prévue comme apannage pour Jean VII, qui va s'y installer.

En juin 1407, Théodore Ier, despote de Morée, frère de Manuel, meurt sans héritier, permettant à l'empereur d'installer à sa place son propre fils Théodore, encore un enfant. De même, quand Jean VII, son neveu, meurt lui aussi sans laisser d'héritier, en août 1408, Manuel peut récupérer Thessalonique pour son autre fils Andronic. En pratique, il réunit sous son autorité trois petits États byzantins jusque là indépendants, ce qui renforce un peu sa position.

En 1409, la guerre entre les fils de Bayezid Ier entre dans une phase aiguë quand Musa débarque en Europe, prend Gallipoli et envahit le domaine de Suleyman. En 1410, Manuel essaie de profiter de la situation pour reprendre Gallipoli, mais échoue. En 1411, Suleyman est vaincu et tué par Musa, qui se retourne contre les Byzantins et assiège Constantinople et Thessalonique. Pour se défendre, Manuel fait alors alliance avec un troisième frère, Mehmet, dont il organise le transport des troupes depuis l'Anatolie à travers les détroits. En 1413, Musa est vaincu et capturé par Mehmet, qui le fait étrangler.

Reconnu comme seul sultan, Mehmet Ier récompense Manuel de son appui en confirmant le traité signé en 1403 par Suleyman, et une paix s'établit entre Byzantins et Turcs jusqu'en 1421. Cependant la situation de l'Empire byzantin est redevenue très précaire, puisqu'il est réduit à trois lambeaux de territoire difficilement défendables enclavés dans les vastes domaines du sultan.

En 1414, Manuel confie le pouvoir à Constantinople à son fils aîné Jean et se rend par mer à Thessalonique; il repousse une attaque des Gênois sur l'île de Thasos et passe l'hiver 1414-1415 dans la ville. Au printemps, il se rend dans le Péloponnèse, la partie la plus consistante de son État, et ordonne d'importants travaux de restauration des fortifications antiques de l'isthme de Corinthe, le Mur de l'Hexamilion. L'impôt spécial qu'il décide de lever provoque une révolte qu'il doit mater. Il veut rendre le Péloponnèse imprenable comme Constantinople et Thessalonique.

En 1416, Manuel regagne sa capitale et envoie son fils Jean à Thessalonique. Pendant ce temps, Mustafa, dernier frère survivant de Mehmet Ier, s'est révolté dans les Balkans. À l'automne 1416, il est vaincu par les troupes du sultan près de Thessalonique et se réfugie dans la ville. Le prince Jean le fait interner sur l'île de Lemnos, et le sultan se montre disposé à payer 20 000 hyperpera par an pour qu'il y soit maintenu sous bonne garde.

Au début de l'année 1421, le prince Jean est couronné coempereur sous le nom de Jean VIII. Le sultan Mehmet Ier meurt la même année, et Jean VIII est d'avis de jouer la carte Mustafa en l'aidant à s'imposer comme sultan contre son neveu Murad II, et en gagnant ainsi de nouveaux avantages. Le vieux Manuel est très hostile à une politique aussi aventureuse, et la dispute fait rage au Palais pendant plusieurs mois. Finalement Manuel cède, et Jean fait transporter Mustafa de Lemnos à la presqu'île de Gallipoli, l'une des nombreuses villes que le prétendant promet de rendre à l'Empire. Bien accueilli en Europe, Mustafa s'empare facilement de Gallipoli et d'Andrinople. Mais quand il passe en Asie Mineure et marche sur Brousse, au début de 1422, ses troupes sont écrasées par celles de son neveu. Celui-ci le fait poursuivre dans les Balkans et le fait pendre. Puis écartant les tentatives de Manuel de l'apaiser, il fait assiéger Constantinople et Thessalonique (printemps 1422). Mais à l'automne, un autre Mustafa, le frère cadet de Murad II, avec qui Manuel a noué contact, se révolte, et le sultan doit lever le siège de Constantinople. Le nouveau prétendant s'empare de Nicée avec l'aide des Byzantins, mais au début de 1423, Murad II parvient à se rendre maître de lui et le fait étrangler.

Pendant ce temps, à Constantinople, Manuel a été victime d'une attaque qui l'a laissé à demi paralysé. Murad II, pensant que la capitale byzantine est imprenable, décide de s'emparer des deux autres parties de l'État de Manuel: il fait accentuer la pression sur Thessalonique, poussant le jeune prince Andronic, dont c'est l'apannage, à offrir la ville aux Vénitiens pour qu'ils la défendent; d'autre part une armée turque se rue sur le Péloponnèse, démolit sans difficulté le Mur de l'Hexamilion et met la péninsule au pillage. Le coempereur Jean VIII s'embarque pour Venise afin d'y quémander une fois de plus de l'aide. Pendant son absence, durant l'hiver 1424-1425, le sultan accorde la paix au vieux Manuel paralysé, assisté de son quatrième fils Constantin. Les conditions sont très dures: les seules villes laissées sur le continent, en dehors du Péloponnèse, sont Constantinople, Sélymbrie, Thessalonique, Mésembrie et Anchialos, et un tribut annuel de 20 000 hyperpera est exigé. Au printemps 1425, Jean VIII, passé par la Hongrie, revient les mains vides.

En juin, Manuel, grabataire, prononce ses vœux de moine en adoptant le nom de Matthieu ; il meurt le 22 juillet. À sa mort, l'Empire byzantin est presque revenu à son état dramatique de 1391, à cause de l'imprudence de Jean VIII, qui a voulu miser sur Mustafa et qui a perdu. Mais la situation était de toute façon désespérée, et Manuel mérite le crédit d'avoir fait survivre l'Empire à l'agonie pendant encore quelques décennies.

Œuvre écrite[modifier | modifier le code]

Manuel II était un homme de culture, qui fut constamment entouré d'un cercle de lettrés, comme Démétrios Cydonès, avec qui il était très lié, et les cousins Manuel et Démétrios Chrysoloras. On conserve de lui plusieurs Discours et plusieurs Dialogues, notamment sur les rapports du christianisme et de l'islam, sur la politique et sur des sujets moraux comme le mariage ou l'éducation, un traité sur les sept conciles œcuméniques, un poème sur la manière de convertir les incroyants, une réfutation de la doctrine catholique sur la procession du Saint-Esprit. On garde aussi 68 de ses lettres.

Éditions:

  • Correspondance, éd. E. Legrand, Paris, 1893, reprise 1962; éd. George T. Dennis (= Corpus Fontium Historiae Byzantinae 8), Washington, 1977.
  • Dialoge mit einem « Perser », éd. Erich Trapp, Wiener Byzantinistischen Studien 2, Vienne (Autriche), 1966.
  • Entretiens avec un musulman, 7e Controverse, coll. Sources chrétiennes n°115, Éditions du Cerf, Paris, 1966.
  • Dialogus de matrimonio, éd. C. Bevegni, Catane, 1989 / Dialogue with the Empress-Mother on Marriage, éd. A. Angelou, Vienne (Autriche), 1989.

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Il épouse le 10 février 1392 Hélène Dragas (1376 † 1450), fille de Constantin Dragas, un noble serbe. Il a comme descendance légitime :

  • Jean VIII Paléologue (1392 † 1448), son successeur immédiat
  • Constantin (1394 † 1402)
  • Théodore, despote d'Achaïe (1396 † 1448)
  • Andronic (1400, † 1428), despote de Thessalonique, puis entré dans les ordres
  • Constantin XI Dragasés (1405 † 1453), qui succédera à son frère aîné et sera le dernier empereur romain d'Orient ("byzantin")
  • Michel (1405 † 1410)
  • Démétrios (1407 † 1470), despote de Mistra
  • Thomas Paléologue (1409 † 1465), despote de Morée
  • Au moins deux filles mortes en bas âge.

Controverse de Benoît XVI[modifier | modifier le code]

Le pape Benoît XVI dans un discours prononcé à Ratisbonne en septembre 2006 sur le thème de la foi et de la raison, cite[1], sans se les approprier, des paroles de Manuel II Paléologue à un érudit persan : « Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme son ordre de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait... (Parce que) Dieu ne saurait se plaire dans le sang, et (que) ne pas agir raisonnablement est étranger à Dieu ». C'est le départ d'une controverse, certains commentateurs avançant que le pape s'est livré à une critique du Jihad.

Références[modifier | modifier le code]

  1. §§2c et 3b de l'Entretien avec un Musulman (7e controverse) de Manuel II Paléologue.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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