Deutsches Heer

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50° 41′ 57″ N 7° 02′ 29″ E / 50.69904, 7.041485

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Deutsches Heer
Drapeau du Kaiser Guillaume II d'Allemagne
Drapeau du Kaiser Guillaume II d'Allemagne

Période 1871 – 1919
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand
Type Armée de terre
Commandant Guillaume II d'Allemagne

La Deutsches Heer était la composante terrestre des Forces armées de l'Empire allemand de 1871 à 1919. Après cette date, elle est devenue la (Heer) de l'armée allemande ( Reichswehr sous la République de Weimar puis Wehrmacht des Heeres (en abrégé WH) sous le Troisième Reich ).

Historique jusqu'en 1914[modifier | modifier le code]

Casque d'un officier des dragons entre 1860 et 1870
Division de cavalerie allemande en manœuvre en 1912; La réalité de la guerre moderne ne laissera à ces unités alors prestigieuses qu'un rôle marginal dans le cours des événements.
Photographie d'un des 10 42 cm kurze Marinekanone L/16. Un engin de siège d'un calibre de 420 mm utilisé durant la première puis seconde guerre mondiale.

Elle est créée officiellement le 29 juillet 1871 par le décret « Ordnung für Kriegsbundes Armee in Deutschland » ordonné par le Chancelier impérial Otto von Bismarck.

Son haut-commandement était la Oberste Heeresleitung.

Lors des guerres contre la France, l’Autriche et le Danemark, l’armée allemande était majoritairement constituée de soldats prussiens. La Prusse, État fondateur de l’Empire, était un pays à forte tradition militaire. Mirabeau n’a-t-il pas écrit à son propos : « La Prusse n’est pas un État qui possède une armée, c’est une armée qui a conquis une nation[1] » ?

De la bataille de Sadowa au siège de Paris (1870), l’armée allemande était reconnaissable à son uniforme de couleur « bleu prussien ». Son équipement, moderne, comporte un casque de cuir bouilli (appelé aussi « casque à pointe »), des effets faciles à enfiler, un équipement individuel qui s’enlève très rapidement quand on défait la boucle du ceinturon, un fusil Dreyse moderne fonctionnant par une culasse à un coup et une percussion à aiguille. L’état-major sait utiliser les chemins de fer, y compris au profit du ravitaillement et d'une mobilisation rapide, la télégraphie électrique et maîtrise bien leur interaction.

Après la période d’unification, la nouvelle Deutsches Heer ne combat plus en Europe jusqu’à la Grande Guerre : elle se déploie désormais à travers l’empire colonial allemand, notamment en Chine pour lutter contre la révolte des Boxers. Ou bien elle parade, comme à Damas, au Maroc et, bien sûr, à Berlin.

Mais la diminution de l’activité allemande permet son amélioration. En effet, les ingénieurs militaires améliorent les armes, les tenues et l’artillerie. Vers 1910, certains visionnaires parlent de nouveaux engins militaires comme les chars et les avions, et si elle ne s'intéresse aux véhicules blindés que trop tard, l'aviation militaire allemande, branche subordonnée à l'armée de terre, s'avérera redoutable.

Déjà la constitution de la Confédération d'Allemagne du Nord, prédécesseur immédiat de l'Empire Allemand, disposait l’incorporation des forces armées des petits états confédérés à l'armée prussienne. Seul le royaume de Saxe avait conditionné son adhésion à la Confédération par le maintien de sa propre armée autonome. Après la victoire sur la France en 1871, les états d'Allemagne méridionale groupèrent à leur tour leurs forces dans l'armée impériale, à savoir le grand-duché de Bade et de Hesse, ainsi que les royaumes de Bavière et de Wurtemberg ; ces deux derniers conservaient toutefois des forces de réserve, avec une organisation propre. L'armée bavaroise ne devait même se placer sous le commandement de l'armée impériale qu'en cas de mobilisation, c'est-à-dire en cas de guerre, alors que les troupes wurtembergeoises et saxonnes l'étaient de façon permanente (mais ces deux dernières restaient gérées par les ministères nationaux de Stuttgart et de Dresde).

Cette organisation confédérale explique les difficultés de mobilisation rencontrées par l'OHL au début de la Première guerre mondiale : les ministres des différents états, à Berlin, Stuttgart, Munich et Dresde n'avaient pas coordonné leurs efforts et, outre la disparité des matériels et de l'armement, l'incorporation des contingents prit plus de temps que prévu. Cette situation déplorable incita les autorités à normaliser le matériel : en 1917, le standard national allemand voyait le jour, comme Normenausschusses der deutschen Industrie, prédécesseur de la Norme DIN.

La loi militaire de février 1911, dite loi « quinquennale », fixe à environ 525 300 hommes, 90 000 sous-officiers, 25 000 officiers et 14 000 volontaires d'un an l'effectif du temps de paix de l'armée impériale à atteindre en 1916. La loi additive de mai 1912 augmente ces nombres de 29 000 hommes, 5 000 sous-officiers et 3 000 officiers et précise qu'ils doivent être immédiatement réalisés, ce qui porte l'armée allemande à plus de 680 000 hommes, non compris les fonctionnaires détachés et les employés des services.

L'armée est alors constituée de 25 corps d'armée (Garde, 19 corps prussiens, 3 corps bavarois, 2 corps saxons, 1 corps Badois) qui englobent 48 divisions (dont 10 à 3 brigades d'infanterie au lieu de 2), à peu près complets en infanterie, cavalerie et artillerie dès le temps de paix. En juin 1913, une nouvelle augmentation des effectifs est votée par le Reichstag : 4 000 officiers, 15 000 sous-officiers, 117 000 hommes, 4 000 volontaires d'un an et 27 000 chevaux doivent permettre de créer 18 nouveaux bataillons d'infanterie, 34 escadrons de cavalerie et 7 batteries d'artillerie, 11 bataillons du génie militaire et 13 des troupes de communication, marquant ainsi la prise en compte des caractéristiques de la guerre future. Dans le même temps, le contingent annuel qui était de 285 000 jusqu'en 1910 passe à 292 000 en 1911, pour atteindre 350 000 en 1914, et les grandes unités stationnées face à la France (8e, 14e, 15e, 16e et 21e corps prussiens, 2e corps bavarois et trois divisions de cavalerie indépendantes) ou sur la frontière russe (1er, 2e, 5e, 6e, 17e et 20e corps prussiens) sont dites « à effectifs forts », c'est-à-dire en permanence presque à leur effectif du temps de guerre.

Effectifs entre 1875 et 1914[modifier | modifier le code]

Effectifs de l'armée de terre avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale[2] :

Années 1875 1888 1891 1893 1899 1902 1906 1908 1911 1913 1914
Soldats 420 000 487 000 507 000 580 000 591 000 605 000 610 000 613 000 617 000 663 000 794 000

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pièce d'artillerie allemande en position sur le front de France en 1914.

Quand l’ordre de mobilisation générale est proclamé en 1914, l’armée a changé. Le fait que les unités de réservistes combattent en première ligne est une surprise pour ses adversaires, permettant à l'Allemagne d'avoir une supériorité numérique sur le front les premiers mois du conflit.

Les soldats ont alors perdu leur rigide élégance prussienne pour adopter une silhouette plus rustique. En 1916, il est bien équipé malgré la pénurie qui sévit au pays. Vêtu de gros drap vert pâle, idéal pour le camouflage, ainsi que de bonnes bottes, il est protégé par un casque d’acier et un masque à gaz. Son fusil Mauser 1898 calibre 7,92 mm est ultramoderne. Les fantassins possédaient aussi des lance-flammes, invention d’un capitaine de pompiers. Arme à tir très court, il cause de graves brûlures et terrorise les soldats.

Dans les tranchées à Arras en 1916.

Les chars, sous-estimés par les généraux allemands en 1914, ne sont fabriqués qu’en très faible quantité. Mais vers 1916-1917, ils sont améliorés et sont devenus de redoutables armes au sein des armées alliés. L’artillerie joue un rôle important dans la guerre. Extrêmement développée en Allemagne, elle fut redoutée par ses ennemis. Des canons énormes comme la Grosse Bertha font des ravages sur les champs de bataille. Mais il y avait des petits engins, les lance-mines qui sont des armes à bon marché qui servent d’artillerie légère. Leurs tirs sont courts et courbes. Enfin l’aviation, développée vers le début de la guerre, n’est encore qu’au stade expérimental. Ce sont des hommes qui au début des hostilités lancent de petites grenades à partir de l’appareil avant que des Zeppelin puis de véritable bombardiers stratégiques entrent en scène. La puissance du complexe militaro-industriel allemand combiné à une stratégie offensive permit au début des hostilités d'avoir l'armée allemande une puissance de feu supérieure à celle de ces adversaires.

Pour faire face aux lourdes pertes des premiers mois de guerre, un nouveau modèle de division d'infanterie à trois régiments, au lieu de quatre, est généralisé en 1915, processus facilité comme du côté allié par l'augmentation matérielle et de la puissance de feu. Les compagnies de soutien et les dépôts, comme du côté français, sont vidés des hommes valides et l'effectif de chaque bataillon réduit. Au printemps 1917, sur le front de l'Ouest, tout en se repliant à l'abri des positions de la ligne Hindenburg, l'armée allemande monte une nouvelle fois en puissance : une nouvelle classe est appelée et 13 divisions nouvelles sont créées. Les services de renseignements français évaluent alors sa puissance à 234 divisions d'infanterie (dont 155 sur le front du nord-est, 77 sur le front de l'Est, 2 dans les Balkans), 14 divisions de cavalerie (dont 2 sur le front occidental et 12 sur le front oriental), 9 000 pièces d'artillerie de campagne et 7 200 d'artillerie lourde (pour les deux tiers sur le front du nord-est).

Au 21 mars 1918, lorsque commence l'offensive Michael, l'armée allemande se compose de 248 divisions, dont 197 déployées sur le front occidental et parmi lesquelles 48 avaient pu être ramenées d'Europe orientale au cours des cinq derniers mois. Selon le Deuxième Bureau français, grâce sa position centrale et une utilisation intensive du réseau ferroviaire, Berlin compte sur le front de France 69 divisions disponibles le 25 avril, 70 le 10 mai et 81 le 19 mai. L'armée impériale doit néanmoins toujours entretenir des forces significatives sur d'autres théâtres : 39 divisions en Russie et en Ukraine, 8 en Roumanie, 2 en Macédoine, 1 en Turquie. Mais cet avantage numérique est fragile : la classe 1919 a été incorporée dans les unités et la classe 1920 commence à faire son apparition durant l'été. Il n'y a donc plus de réserves du côté des Empires centraux alors que du côté allié, la participation accrue des États-Unis va bientôt faire la différence.

En novembre 1918, elle ne dispose plus que 184 divisions en ligne et 17 en réserves dont 2 fraîches contre, coté Alliés, 205 divisions en ligne et 103 en réserves dont 60 fraîches[3].

Les chiffres des pertes militaires officielles allemandes durant la Première Guerre mondiale sont de 1 900 876 dans l'armée, 34 836 dans la marine impériale allemande, 1 185 dans les troupes coloniales. Il faut ajouter à ces chiffres 100 000 disparus ou présumés morts soit un total de 2 039 897 morts[4].
On trouve d'autres estimations des pertes allemandes : Le War Office en 1922 indique 1 808 545 morts sans compter 14 000 conscrits africains de l'empire colonial allemand tués[5] et le Département de la Guerre des États-Unis en 1919 compte 1 600 000 morts au combat[6].

On compte 24,7 % de tués parmi les officiers d'active et 15,7 % parmi les officiers de réserve ; 101 généraux sont considérés comme ayant été blessés au feu, parmi lesquels 64 Prussiens, 28 Bavarois, 7 Saxons et 2 Wurtembergeois[7].

1918-1919 : la fin des armées impériales[modifier | modifier le code]

Après l' Armistice du 11 novembre 1918 qui sanctionne la défaite allemande, la Deutsches Heer sera dissoute le 19 janvier 1919 et remplacée par la Reichswehr.

La révolution[modifier | modifier le code]

Les corps-francs[modifier | modifier le code]

La Reichswehr[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Reichswehr.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Honoré-Gabriel Riquetti de Mirabeau, De la monarchie prussienne sous Frédéric le Grand, vol. 1, Londres,‎ 1788
  2. Neugebauer/Ostertag: Grundzüge der deutschen Militärgeschichte, Band 2: Arbeits- und Quellenbuch, Rombachverlag, Freiburg 1993, 1. Auflage, Seite 212.
  3. Jacques Delarue, Histoire de la Gestapo, 1962
  4. Sanitaetsbericht über das deutsche Heer, p. 7-14.
  5. Statistics of the Military Effort of the British Empire During the Great War 1914-1920, p. 355.
  6. Ayers, p. 139
  7. Michel Leymarie, Rémy Porte, François Cochet, Dictionnaire de la Grande Guerre 1914-1918, Robert Laffont, 2008, (ISBN 2221107225)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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