Bataille de Morhange (1914)

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Bataille de Morhange
Informations générales
Date
Lieu près de Morhange et de Dieuze, en Lorraine allemande
Issue victoire allemande
Belligérants
Drapeau français France Empire allemand Empire allemand
Commandants
Auguste Dubail
Édouard de Castelnau
Kronprinz Rupprecht
Forces en présence
1re et 2e armées 6e et 7e armées
Pertes
 ?  ?
Première Guerre mondiale
Batailles
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La bataille de Morhange, Schlacht bei Dieuze pour les Allemands, est l'une des batailles de la Première Guerre mondiale lors de sa première phase (la bataille des Frontières). Elle se déroule le près des villes de Morhange et de Dieuze, dans l'actuelle département de la Moselle, alors territoire allemand. Comme les batailles de Morhange et de Sarrebourg ont eu lieu en même temps, elles sont parfois regroupées sous le nom de bataille de Lorraine.

Cette bataille opposa les troupes françaises et allemandes et fut une victoire allemande.

Offensive française[modifier | modifier le code]

La principale offensive française au sud, connue sous le nom de bataille de Lorraine, commence le 14 août lorsque la 1re armée du général Dubail marche sur Sarrebourg alors que la 2e armée du général de Castelnau se dirige vers Morhange. Les Français y sont attendus par les 6e et 7e armées allemandes réunies sous le commandement du Kronprinz Rupprecht. Le Kronprinz doit engager le combat avec les forces françaises pour les fixer au centre, pendant que l'aile droite de l'armée allemande, dans le cadre du plan Schlieffen encercle ses adversaires. Les troupes allemandes qui ont une doctrine d'emploi des mitrailleuses beaucoup plus efficace que celle de l'adversaire, infligent de lourdes pertes à l'infanterie française. Celle-ci encore vêtue d'uniformes datant du XIXe siècle, avec des capotes bleues et des pantalons rouges, pratique la tactique d'« offensive à outrance » en vogue depuis le début du siècle et construite sur des charges en rangs serrés dès que le contact est établi avec l'ennemi. Après quelques succès initiaux qui permettent aux deux armées françaises de pénétrer d'une vingtaine de kilomètres à l'intérieur du territoire allemand, l'offensive française s'arrête. Deux soldats français notables sont tués dans la bataille de Morhange : Louis Laffitte, ancien secrétaire-général de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Meurthe-et-Moselle, et directeur de l'Exposition Internationale de l'Est de la France à Nancy en 1909 ; et Émile Toussaint, un des architectes de la Chambre de Commerce de Meurthe-et-Moselle, à Nancy.

Contre-offensive allemande[modifier | modifier le code]

Le Kronprinz Rupprecht, déçu par le rôle uniquement défensif qui lui a été assigné, demande à ses supérieurs la permission de contre-attaquer.

« Soldats de la VIe armée ! Des considérations d’ordre supérieur m’ont contraint de refréner votre ardeur guerrière. Le temps de l’attente et du recul est passé. Nous devons avancer maintenant, c’est notre heure. Il fait vaincre, nous vaincrons ! »

— Proclamation du Kronprinz de Bavière à son armée[1].

Le 20 août, la contre-offensive débute. Elle contraint Castelnau à ordonner à ses troupes de se retirer de Morhange et force la 1re armée française à évacuer Sarrebourg. Les Allemands ne s'arrêtent pas à la frontière et continuent leur progression pour essayer de prendre Nancy. Le 20e Corps de Ferdinand Foch parvient à défendre Nancy sur le Grand Couronné avec succès, mettant fin à l'offensive allemande.

L'issue de la bataille est incertaine jusqu'au 24 août, jour où la bataille de la trouée de Charmes, une offensive allemande d'ampleur réduite, est lancée. Les Français ont été alertés par des observations aériennes et la progression allemande est négligeable. Le jour suivant, une contre-attaque française récupère le terrain perdu la veille. Les combats continuent avec les batailles du Grand Couronné et de la Haute Meurthe jusqu'à la mi-septembre, lorsque les premières tranchées sont creusées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Yves Le Naour, Désunion nationale : La légende noire des soldats du Midi, Éditions Vendémiaire,‎ 2011, 190 p. (ISBN 978-2-36358-003-0).
  • Jean-Yves Le Naour, « Il en restera toujours quelque chose ? Solder les comptes de la rumeur du XVe corps », Cahiers de la Méditerranée, no 81,‎ 2010, p. 253-263 (lire en ligne).
  • Maurice Mistre, La légende noire du 15e Corps d'armée : l'honneur volé des Provençaux par le feu et par l'insulte, Saint-Michel-l'Observatoire, C'est-à-dire éd., coll. « Un territoire et des hommes »,‎ 2009, 239 p. (ISBN 978-2-9527564-7-1).
  • Jacques Didier, Échec à Morhange : août 1914, la bataille de Lorraine, Louviers, Ysec,‎ 2003, 240 p. (ISBN 2-84673-021-0).
  • Maurice Naërt, Lefranc, Gratien Laxague, Jean Courbis et J. Joubert, Les armées françaises dans la Grande guerre, Paris, Impr. nationale,‎ 1922-1934, 4 tomes divisés en 30 volumes :
    • Les armées françaises dans la Grande guerre, vol. 1, t. 1 : Les préliminaires, La bataille des frontières,‎ 1936, 602 p. (lire en ligne).
    • Les armées françaises dans la Grande guerre, vol. 1, t. 1 : annexes,‎ 1922, 1026 p. (lire en ligne).
  • (de) Rupprecht von Bayern (Kronprinz), Mein Kriegstagebuch : hrsg. von Eugen von Frauenholz, Munich, Deutscher Nationalverlag,‎ 1929, 3 volumes (LCCN 49055720).
  • Louis Picheral, De Lagarde à Dieuze : Étude sur les enseignements psychologiques du début de la Grande Guerre en Lorraine et sur les opérations de la 2e armée du XVe corps et de la 30e division, du 10 au 30 août 1914, Nîmes, Impr. régionale,‎ 1922, 32 p. (notice BnF no FRBNF34084398x) et (notice BnF no FRBNF31105089g).
  • Bataille de Morhange (août 1914) : Notice communiquée gracieusement à M. le maire de Morhange, par le général commandant le 20e corps d'armée, Metz, Impr. lorraine,‎ 1921, 40 p. (notice BnF no FRBNF340867317, lire en ligne).
  • Jules Belleudy (préf. colonel Gros Long), Que faut-il penser du 15e corps ?, Menton, Impr. coopérative,‎ 1921, 356 p. (notice BnF no FRBNF34075863p).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]