Abbaye Saint-Vincent de Senlis

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Abbaye Saint-Vincent de Senlis
Vue d'ensemble depuis le nord-est
Vue d'ensemble depuis le nord-est
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Rattachement Chanoines réguliers de saint Augustin
Début de la construction vers 1138
Fin des travaux XVIIe siècle
Style dominant roman, baroque
Protection Logo monument historique Classé MH (1862)
 Inscrit MH (1933, 1945)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Oise
Commune Senlis (Oise)
Coordonnées 49° 12′ 09″ N 2° 35′ 22″ E / 49.2024, 2.58944 ()49° 12′ 09″ Nord 2° 35′ 22″ Est / 49.2024, 2.58944 ()  [1]

L'abbaye Saint-Vincent de Senlis est une ancienne abbaye de chanoines réguliers de saint Augustin à Senlis (Oise), désaffectée à la Révolution française, et abrite une institution d'enseignement catholique depuis 1837.

Localisation[modifier | modifier le code]

L'ancienne abbaye Saint-Vincent est située à l'extrémité sud-est du centre-ville ancien, rue de Meaux, jouxtant le rempart médiéval et plus précisément le rempart Bellevue. Lors de la fondation de l'abbaye, elle se trouvait en-dehors de l'enceinte fortifiée, dans un faubourg appelé bourg Vietel.

Historique[modifier | modifier le code]

La fondation[modifier | modifier le code]

Statue d'Anne de Kiev, XIXe siècle, à gauche de l'entrée.

Les origines de l'abbaye ne sont pas claires. Selon M. Durand et Ph. Bonnet-Laborderie (2004), l'abbaye prend le relais d'une église reconstruite en 1060 à l'emplacement d'une chapelle ruinée, et dédiée à cette occasion à saint Jean Baptiste. L'abbaye proprement dite aurait été fondée en 1065. Selon E. Müller (1881), ce n'est pas seulement une chapelle, mais une abbaye fondée à une date inconnue qui est relevée de ses ruines en 1065 par Anne de Kiev. Müller ignore la dédicace à saint Jean Baptiste, tout comme par ailleurs le chroniqueur Nicolas Quesnel, sous-prieur de l'abbaye, dont le manuscrit de 1670 environ a servi de base à la publication de F. Magne (1860). Quesnel ne mentionne pas d'abbaye antérieure à 1065, mais seulement une église. Quoi qu'il en soit, l'association de la fondation ou refondation de Saint-Vincent à Anne de Kiev ne fait aucun doute, ni l'existence antérieure d'un sanctuaire au même endroit.

La veuve du roi Henri Ier avait fait vœu de bâtir un monastère en honneur de Vincent de Saragosse si Dieu bénissait son union (en accordant des enfants au couple royal). Elle attend toutefois quatorze ans après la naissance de son fils aîné, le futur roi Philippe Ier et cinq ans après son veuvage ; entre temps, elle s'est remariée avec Raoul IV de Vexin pour qui elle est la troisième épouse. Ce mariage entre une reine et un vassal débouche sur l'excommunication du couple en 1064. Il n'a pas été étudié comment, dans ses conditions, Anne de Kiev a pu fonder une abbaye, mais l'on a le droit de supposer qu'elle ait voulu se racheter en face des évêques. Le 29 octobre 1065, l'église est toutefois consacrée à la sainte Trinité, à Marie, à Saint Jean-Baptiste et à Saint-Vincent. L'abbaye est peuplée de chanoines réguliers de saint Augustin, et Philippe Ier l'a déclarée libre au même titre que les autres églises abbayes royales. Elle n'est donc soumise à aucune juridiction ecclésiastique ou laïque. Dès le début, elle est généreusement dotée, recevant un moulin à Gouvieux, la terre du Blanc-Mesnil, une propriété à Crépy-en-Valois, et un peu plus tard le domaine royal de Barbery donné par Philippe Ier. Rien n'est cependant connu sur les bâtiments primitifs de l'abbaye Saint-Vincent, sauf que les moines firent construire une grange dîmière[2],[3],[4].

La prospérité de l'abbaye pendant son premier siècle[modifier | modifier le code]

D'après un manuscrit que les moines de Saint-Vincent avaient conservé, Anne de Kiev aurait vécu à l'abbaye et parmi les moines pendant quelques années. La liaison avec Raoul de Vexin y est placée dans cette période. Vers 1074 en tout cas, Anne de Kiev quitte Senlis, peut-être pour regagner sa patrie, et demande à son fils Philippe Ier de prendre le titre de fondateur de l'abbaye. Le roi accepte, et le patronage devient héréditaire dans sa famille. Philippe confie cette charge à son fils Louis VI ou le Gros dès 1100, mais le jeune prince ne parvient pas à protéger efficacement l'abbaye contre les convoitises des autres puissances laïques et des religieux. C'est surtout l'ordre de Cluny qui souhaite s'emparer de Saint-Vincent, mais heureusement pour elle, une alliance locale contre les clunisiens se forme, avec les trois chapitres de Senlis en tête. Pour permettre à l'abbaye Saint-Vincent de résister, on la dote de revenus supplémentaires. Louis VI parvient par la suite à lui faire restituer les biens usurpés par de différents seigneurs, et l'abbaye ressort donc renforcée de ces épreuves du début du XIIe siècle. Il aura fallu également une bulle du pape Calixte II pour rappeler les chanoines à l'observance de la règle.

Saint-Vincent redevient prospère, et l'abbé Baudouin instaure une école, mentionnée pour la première fois en 1124. Après la mort de Baudouin, les chanoines cherchent une stratégie pour s'assurer de la pérennité de leur situation favorable, et décident ainsi de s'associer à l'abbaye Saint-Victor de Paris, qui bénéficie d'une très bonne réputation. Pour ce faire, ils choisissent leur nouvel abbé parmi les chanoines de Saint-Victor. Un acte d'union entre les deux abbayes est signé ; approuvé par Louis VII en 1138, il ne donne à Saint-Victor aucun droit sur l'administration ou les revenus de Senlis. Saint-Vincent conserve sa réputation de grande vertu et attire ainsi les legs et dons de nombreux seigneurs et habitants de toutes les conditions, qui espèrent ainsi racheter leurs fautes. Si les donateurs se démettent de leurs biens de leur vivant, ils en gardent l'usufruit et peuvent continuer vivre dans leur maison, ou bien choisir de devenir chanoine auxiliaire ou convers, pour partager ainsi la vie au monastère. L'abbaye accepte aussi des sœurs converses, et privilège des reines, Isabelle de Hainaut, s'y retire pendant un certain temps[5].

Avec cette augmentation du nombre d'occupants, l'agrandissement s'impose, et l'abbaye est en fait entièrement construite à neuf selon le témoignage des anciennes archives de Saint-Vincent. Les archives ne contiennent cependant aucune description détaillée des nouveaux bâtiments, et ne fournissent qu'une énumération de ce qui a été construit, en louant notamment le grand réfectoire de douze travées, pouvant accueillir facilement quatre-vingts convives. Aux XIIe et XIIIe siècles, l'abbaye fonde en outre huit prieurés, le plus souvent réunis à des paroisses, dont le rôle de curé fut assumé par des chanoines. Ces prieurés sont en partie fort éloignés de Senlis : trois se situent dans le diocèse de Rouen et deux dans le diocèse d'Arras. Saint-Vincent nomme aussi aux cures de Fontaine-Chaalis et Gouvieux. Finalement, de différentes abbayes et chapitres signent des contrats d'association avec Saint-Vincent pour partager la bonne réputation de cette maison ; en premier lieu, les trois chapitres de Senlis (Notre-Dame, Saint-Frambourg et Saint-Rieul, et ensuite, l'abbaye de la Victoire, l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris, l'abbaye de Juilly et l'abbaye d'Eu (Seine-Maritime)[6].

Conflits d'intérêts et désordres[modifier | modifier le code]

Statue de dom Leclerc du XIXe siècle, à droite du portail.

La position forte et indépendante de l'abbaye suscite la jalousie de l'évêque de Senlis, et donne lieu à une série de différends. À la fin du XIIe siècle, Saint-Vincent doit faire quelques concessions d'une valeur plutôt symbolique, et à partir de 1277, l'abbé prend la précaution de faire signer un papier à l'évêque chaque fois qu'il assiste à un repas au monastère. L'évêque doit ainsi attester que sa présence au repas n'est pas un droit de sa dignité ou une prérogative de son titre. Autre précaution, Saint-Vincent ne relevant que du pape, elle fait souvent ordonner ses prêtres et bénir ses prieurs par des évêques d'autres diocèses. Cette pratique provoque encore un litige porté devant le pape Innocent VIII, qui confirme les privilèges de Saint-Vincent par une bulle. Par la suite, ne craignant plus la remise en question de ses acquis, l'abbaye ne demande désormais les bénédictions à l'évêque de Senlis. D'autre part, l'abbaye accepte de céder son droit de justice seigneuriale à la commune de Senlis pour le faubourg Saint-Vincent et les maisons qu'elle possède en ville, moyennant une redevance annuelle. Après la suppression de la commune, au XIVe siècle, le bailli conteste plusieurs fois le droit de justice à l'abbaye et fait abattre ses fourches patibulaires en 1375, mais est aussitôt obligé de les rétablir[7].

Au XVe siècle, la guerre de Cent Ans apporte son lot de désordres. L'abbaye tente de conserver sa neutralité, ce qui ne la préserve pas d'être spoliée simultanément par le roi et par le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, qui saisit les dîmes que Saint-Vincent touche en Flandre. L'abbé Guillaume Leclerc, s'y trouvant par hasard en 1418, est même fait prisonnier, mais dissimulant son rang, il est délivré moyennant une modique rançon. Vers la même époque, l'abbaye perd une partie de ses registres. Sous l'abbé Jean IV vers 1435, l'observance de la règle relâche ; de différents membres de sa famille l'entourent au monastère, et il célèbre le mariage de sa sœur à l'église abbatiale. L'abbé se met aussi à courtiser le puissant seigneur Jean II de Montmorency, auquel il prête de l'argent et du blé, mais en guise de remerciement, le sieur de Motnmorency vient enfoncer les portes de l'abbaye avec ses gens d'armes. En même temps, l'abbaye doit supporter des charges de plus en plus lourdes, devant s'acquitter de la taxe sur le clergé imposée par le concile de Bâle et payer des impôts toujours plus élevés, pour que le roi puisse faire face à l'effort de guerre. Les chanoines sont alors au nombre de seize. Ils abandonnent quelques principes fondamentaux, n'obéissent plus à l'abbé et oublient le vœu de pauvreté, revenant à la propriété individuelle. Les successeurs de Jean IV, Jean V puis Pierre Richevillan, renouent avec l'ancienne habitude se faire confirmer par le pape tout en ignorant l'évêque de Senlis. Vers 1465, ce dernier engage un procès à l'abbaye, et la longue lutte de pouvoir qui s'engage ne reste pas toujours dans les limites de la légalité[8].

Tentatives d'usurpation de la fonction d'abbé[modifier | modifier le code]

Galerie nord du cloître.

En 1491 et 1505, deux conseillers ecclésiastiques au Parlement de Paris, proches de l'entourage du roi, tentent consécutivement de s'emparer de la fonction d'abbé régulier de l'abbaye par des subterfuges. En 1491, Nicolas Foulon meurt après avoir officié comme abbé pendant cinquante ans. Conformément à la règle, les chanoines élisent son successeur parmi leurs rangs, et choisissent Nicolas Barbe. Se présente alors Charles du Bec, qui dénonce l'élection pour motif de nullité en cour de Rome, car les suffrages des religieux auraient été captés par promesse d'argent et par intimidation. Du Bec prend possession de l'abbaye muni d'un arrêt du parlement, rencontrant bien entendu une vive opposition de la part des chanoines, qui doivent faire garder l'abbaye par des soldats suite aux vols répétés commis par le prétendant. Cependant, Nicolas Barbe ne bénéficie dans un premier temps pas de l'appui de l'évêque de Senlis, et c'est seulement après avoir sollicité une autorisation écrite du parlement que l'évêque consente à le bénir. Mais du Bec n'est pas encore écarté, et quand la sentence en faveur de Nicolas Barbe est prononcée en 1494, l'abbaye a perdu presque toutes ses richesses, et la discipline n'y règne plus. Pendant son abbatiat qui durera jusqu'en 1505, l'abbé parvient à se faire restituer les biens spoliés, avec l'appui du pape.

Après la mort de Nicolas Barbe, le scénario de 1491 se répète, le prétendant à la fonction d'abbé étant cette fois-ci Bernardin de Vaudray, conseiller au Parlement, protonotaire apostolique, aumônier du roi, écuyer et seigneur de Moisier. Il bénéficie de l'appui des officiers royaux en poste à Senlis, et devant le refus des chanoines d'accepter Vaudray comme abbé, leur prieur est emprisonné. Pour garder l'apparence des formes, il est toutefois libéré afin de pouvoir assister à la réunion du chapitre du lendemain. Les religieux obtiennent la présence des abbés de la Victoire, de l'official de Senlis et de deux notaires pour surveiller l'élection, que Vaudray tente d'empêcher d'entrer. Mais l'élection du nouvel abbé peut ainsi se faire dans les règles, et c'est Jean Thibaud qui est élu à l'unanimité. Pour autant, Vaudray ne se donne pas pour vaincu et, utilisant mensonges et calomnies, parvient à gagner l'archevêque de Reims pour sa cause. Il faudra que les chanoines aient recours au Parlement pour écarter définitivement l'usurpateur. Jean Thibaud est béni par l'évêque de Beauvais, Louis II de Villers, en décembre 1505, et gouvernera l'abbaye pendant près de trente ans jusqu'à son décès en octobre 1535. Il aura été le dernier abbé élu par les chanoines[9].

L'instauration du régime de la commende en 1536[modifier | modifier le code]

Le concordat de Bologne instaure le régime de la commende. Guillaume Thibaud, neveu de François Thibaud, est déclaré abbé de Saint-Vincent par ordonnance royale en 1536. Pour s'attirer la faveur des chanoines, Thibaud respecte dans un premier temps les usages anciens et les règles établies. Mais bientôt, il ne verse plus assez d'argent aux chanoines, qui se plaignent devant le lieutenant-général. Il fait juger le différend par les prieurs de Saint-Maurice et Bray. Leur sentence est même approuvée par le Parlement de Paris, mais la paix ne se rétablit pas dans l'abbaye. Les religieux ont donc recours à une autre stratégie, qui consiste à se rapprocher de nouveau de l'abbaye Saint-Victor. Un nouveau prieur est réclamé à cette abbaye, et quelques-uns de ses chanoines s'installent provisoirement à Senlis. Tous les chanoines renouvellent leurs vœux, et ils parviennent à trouver un accord avec leur abbé sur le partage des revenus, sur la base d'un nombre de douze chanoines plus un précepteur pour les novices. La situation s'arrange pour quelques années, jusqu'à ce que l'abbaye souffre indirectement de la guerre de la Ligue : la reconstruction et renforcement des remparts la coupe d'une partie de son domaine comportant bâtiments, vignes, prés et jardins.

Jean de Bertier, né à Toulouse en 1556, originaire d'une puissante famille parlementaire, chanoine et archidiacre de Toulouse, fut abbé commendataire de Saint-Pierre de Mas-Garnier[10], Saint-Sever de Rustan, Saint-Vincent de Senlis et de l'Abbaye Notre-Dame de Lieu-Restauré, aussi évêque de Rieux entre 1602 et sa mort survenue en 1620. Il est aussi attesté comme prieur de Saint-Tutuarn en 1605[11].

À la fin du XVIe siècle, la décadence s'est installé dans l'abbaye, et les chanoines ne vivent pour la plupart plus à l'abbaye, si bien qu'il est question de la donner aux capucins. Fin 1613, son futur réformateur Charles Faure, âgé de dix-neuf ans, s'y présente comme novice, peu après le décès de son père. Guidé spirituellement par Antoine Ransson, prêtre extérieur à l'ordre, il risque d'abandonner au bout de quelques mois, dégoûté par la vie légère des chanoines. Mais finalement ce seront les deux ennemis déclarés du pieux prêtre, deux jeunes chanoines qui ne savent même pas pourquoi ils sont entrés dans l'ordre, qui vont demander d'être guidés par lui pour suivre l'exemple de Faure. Robert Baudouin et Claude Branche se mettent à l'œuvre pour réformer l'abbaye, Faure étant encore novice. Ils dissuadent des jeunes hommes désireux de devenir novices de le faire à Saint-Vincent, et le prieur craint le dépeuplement de l'abbaye. Des événements similaires se déroulent à l'abbaye de la Victoire. Le père Ransson attire la haine sur lui et doit fuir pour ne pas être jeté en prison. Or, quelques chanoines de Saint-Vincent ne l'abandonnent pas et font part de l'affaire à l'évêque de Senlis, le cardinal François de La Rochefoucauld. Celui-ci réclame Ransson comme prêtre de son diocèse, et le réhabilite bientôt sous la faveur des témoignages des novices qu'il avait accompagnés[12].

La réforme de l'abbaye en 1615-20[modifier | modifier le code]

Peu après le départ de Ransson en 1615, Faure est institué chanoine de Saint-Vincent, malgré sa santé fragile, et se joint à Baudouin et Branche dans leur combat pour la réforme. Les trois rencontrent alors des difficultés résultant de leur manque d'instruction, et Baudouin et Faure obtiennent d'être envoyés à Paris pour suivre des cours de philosophie et théologie, en octobre 1616. Le prieur y est en principe opposé, mais y consent comme il est ainsi débarrassé de leur présence. Toutefois, quand il apprend que les deux chanoines vivent dans une communauté religieuse dans le collège du Mans, il coupe la pension, et c'est la famille de Faure qui pourvoit désormais aux charges. Baudouin ne reste qu'un an à Paris et rentre à Senlis pour s'occuper comme chambrier de la gestion du temporel de l'abbaye, dilapidé par ses confrères. Le long conflit entre le petit nombre de réformateurs, soutenus par La Rochefoucauld, et la majorité de chanoines, rassemblés derrière le prieur, reprend incessamment. Baudouin est plusieurs fois victime de calomnies. Le sort semble alors s'abattre sur les chanoines vivant dans la débauche : le neveu du prieur est condamné à mort à Paris, où il a fui ; un second, pris d'une maladie vénérielle, décède des suites de fortes hémorragies et d'une chute ; un troisième, joueur excessif, meurt en proférant des blasphèmes ; un quatrième décède subitement dans une maison close ; et un cinquième, ayant perdu la raison à force d'abuser de l'alcool, est « subitement enseveli dans le vin ». Ces disparitions se succèdent dans le délai d'un an. Le prieur est ensuite pris d'une fluxion qui lui fait sortir un œil de la tête, et meurt dans la folie.

Vue sur l'abbaye depuis le rempart Bellevue. Le mur est l'enceinte de l'abbaye.

Les opposants à la réforme sont désormais décimés, et Charles Faure rentre à Senlis. Le chapitre se réunit le 30 juillet 1618 et élit Robert Baudouin comme nouveau prieur. Le jour même, la communauté des biens est rétablie au bout de deux siècles d'interruption, et l'abbaye se met de nouveau à vivre dans la règle de saint Augustin. Par ailleurs, les chanoines habitant alors l'abbaye Saint-Vincent ignorent tout de cette règle, et Faure organise une série de conférences pour leur expliquer en quoi consiste la vie monastique. Il mise surtout sur l'unique novice de l'abbaye, et son espoir n'est pas déçu : bientôt les novices affluent, si bien que plusieurs sont envoyés vers d'autres abbayes pour y propager la réforme. Fin 1618, Faure est ordonné prêtre à vingt-trois ans seulement. Suivant l'exemple de Vincent de Paul, il instaure la pratique des retraites spirituelles, à peu près inconnue à l'époque, et utile pour la réforme. Mais à l'extérieur de l'abbaye, le nouveau mode de vie des chanoines paraît inattendu voire suspect pour plus d'un, et au moment que les rumeurs dans la ville ont pris une certaine ampleur, en 1619, un jeune religieux fuit l'abbaye. Il escalade les murs et tombe mal, et pour ne pas avouer la vérité, il dit aux passants que les réformateurs l'auraient ainsi maltraité. Le peuple s'ameut et envahit le monastère, pillant tout et insultant les chanoines. Le lendemain, le cardinal de La Rochefoucauld est en ville et promet d'inspecter lui-même l'abbaye, et ne trouve rien à redire. Au contraire, il estime qu'il serait bien si les religieux de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris y passaient tous quelque temps. Saint-Vincent devient en quelque sorte le centre de la réforme monastique en France. Tous les abbés commendataires qui s'intéressent encore au destin de leurs abbayes décident de prendre exemple sur Saint-Vincent[13].

Le rattachement à l'abbaye Sainte-Geneviève[modifier | modifier le code]

Le roi Louis XIII investit le cardinal de La Rochefoucauld comme réformateur des abbayes françaises, et obtient dans ce sens un bref apostolique de la part de Grégoire XV, daté du 8 avril 1622. Le cardinal s'assure tout d'abord de la coopération de Charles Faure, et convoque ensuite une réunion de savants et religieux dans l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris, dont il est l'abbé commendataire. La première idée de La Rochefoucauld est de faire partir la démarche de réforme des abbayes ayant jadis dépendu de l'abbaye Saint-Victor de Paris, mais ce projet est vite abandonné pour une approche plus pragmatique. On décide de commencer par la réforme des quarante abbayes les plus proches de Paris, et de les soumettre à Sainte-Geneviève, et donc à l'autorité du cardinal réformateur. Faure et Baudouin sont chargés de la visite des quarante abbayes retenues, pour reconnaître les abus qui s'y étaient introduits, et indiquer les moyens de les faire cesser.

Vue sur le clocher depuis le cloître.

Cette visite, parsemée de maintes difficultés, se termine le 12 octobre 1623, et les résultats d'enquête servent à La Rochefoucauld à la rédaction de la nouvelle congrégation des Génovéfains, appelée bientôt congrégation de France. Le chapitre de Saint-Vincent élit Charles Faure comme supérieur de cette congrégation. Pour mettre en œuvre la réforme, des chanoines de Saint-Vincent sont envoyés dans chacune des quarante abbayes rattachées, à commencer par Sainte-Geneviève lui-même. L'on constate donc que ce n'est pas cette dernière abbaye qui est à la véritable origine de la congrégation de France et de la réforme, mais bien l'abbaye Saint-Vincent de Senlis. Sainte-Geneviève a été retenue pour sa position géographique centrale, et pour sa dépendance du cardinal La Rochefoucauld, plus haut défenseur de la réforme. Faure ne s'arrête pas là ; il instaure également des collèges d'enseignement religieux dans chacune des abbayes génovéfains, où des enfants répondant à certains critères de sélection sont formés en vue d'une future vie monastique[14].

En 1624, la Picardie est envahie par les Espagnols, et l'on craint que Senlis ne soit assiégé. Le gouverneur de la ville, dont l'attitude est hostile à l'abbaye, veut profiter de la situation pour raser le dortoir afin d'améliorer les fortifications, et pour transformer l'abbaye en prison. Ces projets ne sont pas mis en exécution, mais l'abbaye est fortement taxée, et pendant six semaines, tout son effectif se met à l'abri à Paris.

Le 10 août 1628, se tient à Saint-Vincent le premier chapitre général de la nouvelle congrégation de France. Les différentes résolutions sont généralement adoptées à l'unanimité. Charles Faure prononce la volonté de démissionner de sa fonction de gouverneur de l'ordre, proposition qui n'est pas acceptée. Il continue ainsi d'exercer cette fonction jusqu'à sa mort en 1652. Les chapitres généraux ne se tiendront cependant plus jamais à Senlis, mais à l'abbaye Sainte-Geneviève. Par contre, pour distinguer Saint-Vincent, Senlis est déclaré siège des chapitres de la province de France, qui se déroulent tous les trois ans, en septembre. Quarante-trois de ces chapitres auront lieu à Senlis jusqu'en 1786. Pendant que la vie religieuse à Saint-Vincent est pleine de vigueur, l'abbé commendataire Jean-Philippe Berthier, en poste de 1620 à 1667, gaspille les biens amassés par l'abbaye pendant des siècles, mais fait également construire à neuf toute l'abbaye, à l'exception de l'église, qui subit toutefois de lourds remaniements. Ces travaux ne sont pas achevés au départ de Berthier, mais se poursuivent jusqu'en 1689, peut-être avec des interruptions.

Son successeur, Louis Armand de Simiane de Gordes, a trop de fonctions pour s'occuper de Saint-Vincent. Il est chanoine de la cathédrale de Lyon, abbé de la Roë, prieur de Saint-Lô à Rouen, duc et évêque de Langres, pair de France et premier aumônier de la reine. Simiane de Gordes prend toutefois des arrangements favorables pour la gestion de l'abbaye, en cédant nombre de droits relevant de sa mense abbatiale au prieur. Un arrêt du 4 août 1670 oblige en effet l'abbé commendataire de prendre en charges les réparations et autres frais. Mais quand Laurent de Bergerat obtient le poste d'abbé commendataire en échange, il annule tous les arrangements conclus par son prédécesseur. Le différend avec les chanoines qui en résulte est porté devant le Parlement, et de telles situations se répètent jusqu'à la fin de l'abbaye[15],[16].

La fin de l'abbaye et le changement de vocation des bâtiments[modifier | modifier le code]

En 1791, l'abbaye est supprimée avec l'ensemble des établissements religieux de Senlis. Pendant des courts épisodes, elle accueille successivement un hôpital militaire, une caserne et une prison pour prisonniers de guerre, avant d'être louée à un manufacturier en 1804. Alors que le bail avait été signé pour une durée de soixante ans, la filature de coton, ayant occupé jusqu'à cinq cents personnes, cesse de fonctionner en 1826. L'abbaye vacante est acquise par le grand entrepreneur M. Puissant en 1835, qui envisage de la démolir. Mais à peine un an plus tard, trois chanoines de Beauvais (dont le futur évêque Gignoux) rachètent les bâtiments en 1836 pour y fonder une maison d'éducation pour garçons. Elle ouvre le 3 octobre 1836 sous la direction de l'abbé Poullet. Commence alors une longue restauration de l'église et de l'ancien monastère[17],[18], qui est toujours un lycée privé de nos jours[19]. L'église et le cloître sont ouverts à la visite les week-ends et pendant les vacances scolaires[20].

Abbés de Saint-Vincent[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

L'ancienne abbaye se compose de deux bâtiments bien distincts, l'église abbatiale bâtie autour de 1138, et le grand et massif bâtiment conventuel autour du cloître, édifiée pendant les années 1660. Les autres bâtiments sur le même site, plus à l'ouest, faisaient tous partie du couvent Notre-Dame de la Présentation, jadis séparé de l'abbaye par une muraille et doté d'une entrée séparée.

L'église abbatiale[modifier | modifier le code]

La façade nord de l'église, depuis l'entrée au domaine de l'ancienne abbaye.
Façade orientale de l'abbaye.

De la chapelle reconstruite et dédiée initialement à saint Jean Baptiste en 1060 ne restent que quelques motifs architectoniques au nord-est du transept, dont un chapiteau très dégradé. Sinon, l'église actuelle consacrée en second lieu à saint Vincent de Saragosse date pour l'essentiel du XIIe siècle. Sa construction a commencée autour de 1138, le clocher a été édifié vers la fin du même siècle, et les voûtes de la nef et du transept ont été refaites vers 1670. Ce remaniement avait comme but de donner à l'église des formes plus impressionnantes afin qu'elle ne paraisse pas écrasée par le nouveau bâtiment conventuel haut de quatre niveaux (voir ci-dessous), mais l'esthétique de l'église a souffert de cette opération.

L'église suit un plan cruciforme, avec une nef de quatre travées et un transept largement saillant, et avec un chœur de deux travées à chevet plat. La longueur totale à l'intérieur est de quarante-sept mètres, dont vingt-sept mètres pour la nef, et la largeur est de 8,4 m dans la nef et de 7,8 m au chœur. Lors du rehaussement de l'église, l'on a toutefois traité sa toiture de la manière d'un chœur pentagonal, si bien qu'une étrange transition s'opère entre la corniche d'origine et la gouttière du toit. Le chevet est percé d'un triplet de baies plein cintre) sans remplage, à l'instar des fenêtres du transept. Celles de la nef sont par contre ogivales, sans remplage également. À l'intérieur, il garde ses voûtes sur croisées d'ogives d'origine. Le transept présente des hauts pignons terminant les croisillons nord et sud. La nef a perdu ses bas-côtés, dont témoignent encore des arcades bouchées au nord. Leurs petites fenêtres en lancettes sont modernes.

Le clocher de quarante-et-un mètres de haut est implanté au nord de la quatrième travée de la nef, à l'angle entre nef et transept. Sa base jusqu'aux gouttières de la nef est aveugle ; s'ensuivent deux très hauts étages percés de baies geminées de chaque côté. Elles sont imperceptiblement ogivales et sans décor au premier étage, mais en tiers-point et ornées de pointe-de-diamant au second étage. À chaque angle, deux contreforts bien structurées appuient le clocher, et les colonnes d'angle au second étage lui confèrent une certaine élégance. Sinon, les façades de l'église restent très sobres et sont dépourvues d'éléments décoratifs. Quand l'église avait été divisée en plusieurs étages par des planchers superposés pour sa transformation en filature au début du XIXe siècle, de nombreuses mutilations en furent les conséquences. Cependant, les contreforts entre les deux travées du chœur ainsi que la moitié des contreforts du transept prennent une physionomie particulière et s'apparentent à des arc-boutants pleins, faisant deux mètres de saillie.

La façade occidentale dans l'ombre du mur septentrional du bâtiment conventuel a perdu son caractère et porte les traces des réfections maladroites du XVIIe siècle et des tentatives d'embellissement de 1869, quand le portail en tiers-point, son pignon et la rosace ont été refaits. Le portail de style classique a alors été démoli. En 1912, le toit pyramidal à forte pente du clocher a été refait. Il est couvert d'ardoises, comme l'ensemble des toitures. - L'intérieur ne conserve plus son mobilier d'origine perdu depuis longtemps et est meublé dans le goût néogothique. La nef et le transept sont voûtes d'arêtes en brique reposant sur des culots[23],[24].

Le cloître[modifier | modifier le code]

Le cloître, galeries ouest et nord.

Le cloître n'occupe pas exactement la position habituelle au sud de l'église, mais est légèrement déplacé vers l'ouest. Ainsi, seule la nef de l'église donne sur le cloître. De plan rectangulaire, il mesure environ quarante-trois sur vingt-huit mètres et est une partie intégrante du bâtiment conventuel pour ses galeries est, sud et ouest. La galerie nord s'intercale entre les ailes est et ouest de ce bâtiment et supporte un étage au toit plat, laissant ouverte la vue sur les fenêtres du mur septentrional de la nef de l'église. Les galeries sont voûtées en berceau et larges de trois mètres, mais également sombres. Les ouvertures sur le jardin du cloître sont restreintes par les larges piliers carrés ornés de bossage, au nombre de trois pour les galeries est et ouest, et au nombre de six pour les deux autres galeries, sans compter les piliers aux quatre angles.

Sont ainsi délimitées des travées, au nombre de vingt-deux, plus les quatre aux angles. Sauf ces dernières, chaque travée présente par côté deux pilastres accolés aux piliers, ainsi que deux colonnes aux chapiteaux doriques très simples, et sans cannelure. Ces colonnes sont rapprochées du pilastre, de sorte de laisser une ouverture plus large au centre. Les colonnes et les pilastres supportent des architraves ornés seulement de triglyphes. Face aux ouvertures sur le jardin du cloître, des grandes niches sont pratiquées dans les parois, abritant chacune un grand cube en pierre nue, évoquant vaguement des autels. En somme, l'architecture est d'une certaine lourdeur et manque de grâce, faisant appel à des formes massives tout en renonçant à un décor en finesse. Se dégage ainsi du cloître une impression de majesté et de rigueur[25],[26].

Le bâtiment conventuel[modifier | modifier le code]

Façade sud, vue partielle.
Façade principale nord.

Le bâtiment conventuel dans le style baroque français date des années 1660 et se compose de deux massives ailes à l'est et à l'ouest, ainsi que d'une aile méridionale d'un unique haut étage, au toit à faible pente. L'ensemble du bâtiment est construit sur un sous-sol cryptique, relié à une poterne dans le rempart Bellevue, aujourd'hui bouchée. L'aile orientale et occidentale ont une allure particulièrement impressionnante avec leurs deux étages, leur toit mansardé, et la façade représentative côté nord. Cette dernière est en effet plus large que le corps de l'aile occidentale qu'elle termine, et la profondeur du bâtiment est très faible à la gauche, devant le cloître. L'entrée se situe au milieu de cette façade nord, mais en recul derrière un vestibule ouvert, s'ouvrant par quatre colonnes dont celles aux extrémités engagées. Elles se poursuivent au-delà comme pilastres aux chapiteaux doriques. Les deux statues à côté de l'entrée sont modernes et représentent Anne de Kiev et dom Le Clerc. Au niveau du premier étage, l'entrée est surmontée par une statue de la Vierge à l'enfant. - Les deux travées aux extrémités de la façade nord font légèrement saillie, et les trois travées centrales de la façade sont couronnées d'un fronton circulaire. Sans fenêtre, sa partie centrale rectangulaire est encadrée par des motifs floraux. Des pots à feu sont placés sur la corniche du toit.

Hormis la façade principale nord, les autres façades sans toutes agencées de la même façon, très régulière, scandées verticalement par des bossages aux angles et entre les fenêtres, et horizontalement par des bandeaux et des corniches. L'austérité est seulement rompue par l'alternance entre lucarnes simples et doubles aux frontons triangulaires, une lucarne à deux fenêtres suivant deux lucarnes à une fenêtre. Des pots à feu sont disposés irrégulièrement sur la corniche entre les lucarnes ; l'on peut supposer qu'ils ont en majorité disparu. Par contre, les façades intérieures ne présentent que des lucarnes simples.

Le rez-de-chaussée abrite deux salles digne d'intérêt, ayant conservé partiellement leur décoration d'avant la suppression de l'abbaye. Il s'agit de l'ancien réfectoire, au bout de l'aile occidentale, et de l'ancienne salle capitulaire, dans l'aile orientale. L'ancien réfectoire est richement décoré. Le linteau en bois est sculpté d'instruments de musique. La très belle cheminée est surmontée par un panneau conforté par des volutes avec des motifs floraux, sur lequel est posé un Christ en croix. En face, l'on peut voir le blason de l'abbaye avec les crosses abbatiales, des encensoirs ou des brûle-parfums, et d'autres objets. - La salle capitulaire contient également des décors sculptés. Ainsi, dans chaque angle, une niche sous une voûté en forme de coquille Saint-Jacques a été aménagée, dépourvues cependant des statues de saints qu'elles devaient accueillir. Le plafond arqué est décoré de caissons, et les deux tympans sont ornés de bas-reliefs. L'un représente l'« agneau » aux sept sceaux, et l'autre l'alpha et l'oméga[27],[28].

L'ancienne abbaye comme décor de film[modifier | modifier le code]

L'ancienne abbaye Saint-Vincent et notamment son cloître ont servi de décor à plusieurs œuvres cinématographiques et téléfilms[29] :

Protection[modifier | modifier le code]

L'église abbatiale Saint-Vincent a été classée Monument historique par liste de 1862. La façade du bâtiment conventuel sur le jardin et le cloître ont été inscrits par arrêté du 23 juin 1933, puis les autres façades, deux salles du rez-de-chaussée ainsi que les toitures ont été inscrits par arrêté du 17 août 1945[30] .

La totalité du site de l'ancienne abbaye avec les cours et jardins qui l'entourent, en tant que composant du site des « promenades, remparts et leurs abords », a été inscrite par arrêté du 17 décembre 1948 au titre de la loi du 2 mai 1930 relative à la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées trouvées sur Google Maps
  2. Durand et Bonnet-Laborderie 2004, p. 113
  3. Müller 1881, p. 241 et 245
  4. Magne 1860, p. 2-8
  5. Magne 1860, p. 9-15
  6. Magne 1860, p. 15-18
  7. Magne 1860, p. 19-24
  8. Magne 1860, p. 25-31
  9. Magne 1860, p. 31-36
  10. http://www.mauristes.org/spip.php?article123&PHPSESSID=538bc34ca38b4798533319c335917e32
  11. Henri Bourde de La Rogerie, Le prieuré de Saint-Tutuarn ou de l'Île Tristan, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1905, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207673q/f292.image
  12. Magne 1860, p. 36-47
  13. Magne 1860, p. 41-61
  14. Magne 1860, p. 62-69
  15. Magne 1860, p. 69-73
  16. Müller 1881, p. 248
  17. Magne 1860, p. 73-74
  18. Félix Louat, Histoire de la ville de Senlis, op. cit., p. 176-177.
  19. Pour voir le site du lycée privé : « Lycée Saint-Vincent » (consulté le 28 mars 2011).
  20. « Histoire et patrimoine » (consulté le 28 mars 2011) sur le site « Office de tourisme de Senlis ».
  21. Magne 1860, p. 123-124
  22. Magne 1860, p. 124
  23. Durand et Bonnet-Laborderie 2004, p. 114
  24. Magne 1860, p. 75-90. Magne ignore le rehaussement de la nef et du transept, et situe la construction de l'église en 1065, tout en reconnaissant les formes du XIIe siècle.
  25. Durand et Bonnet-Laborderie 2004, p. 115
  26. Magne 1860, p. 90-91
  27. Durand et Bonnet-Laborderie 2004, p. 115-116
  28. Magne 1860, p. 91-95
  29. Cf. Ville de Senlis, programme des journées du Patrimoine 2010.
  30. « Notice no PA00114880 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  31. Cf. « Senlis - promenades, remparts et leurs abords » sur le site « DREAL Picardie » (consulté le 13 septembre 2011).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Durand et Philippe Bonnet-Laborderie, Senlis et son patrimoine : La ville en ses forêts, Beauvais, GEMOB,‎ 2004, 170 p. (ISSN 1255-078), p. 113-116 ;
  • Roger Hallu, « Histoire de l'abbaye St-Vincent de Senlis : 1re et 2de partie », Société d'Histoire et d'Archéologie de Senlis, Comptes-rendus et mémoires, Senlis, s.n.,‎ 1960-1961, p. 18-19 ([Cet article n'est qu'un résumé d'un mémoire inédit. résumé])
  • Abbé Fortuné Magne, Abbaye royale de Saint-Vincent à Senlis : Histoire et description, Paris, Zodiaque,‎ 1860, 142 p. (lire en ligne)
  • Eugène Müller, « Essai d'une monographie des rues, places et monuments de Senlis : 4e partie », Comité archéologique de Senlis, Comptes-rendus et Mémoires, Senlis, Imprimerie de Ernest Payen, 2e série, vol. VII,‎ 1881, p. 121-330 (lire en ligne) ; p. 241-248.