Abbaye de Froidmont

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Abbaye Notre-Dame de Froidmont
Image illustrative de l'article Abbaye de Froidmont
Vue de l'abbaye au XVIIIe siècle
dessin de Tavernier de Jonquières

Diocèse Diocèse de Beauvais
Patronage Vierge
Numéro d'ordre (selon Janauschek) CLIII
Fondation 1134
Dissolution 1791
Abbaye-mère Abbaye Notre-Dame d'Ourscamp
Période ou style ?
Protection  Inscrit MH (1988, communs, porche et bergerie)
Logo monument historique Classé MH (1995, grange)

Coordonnées 49° 22′ 44″ N 2° 15′ 43″ E / 49.37891, 2.2620849° 22′ 44″ Nord 2° 15′ 43″ Est / 49.37891, 2.26208  [1]
Pays Drapeau de la France France
Commune Hermes

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Abbaye Notre-Dame de Froidmont

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Abbaye Notre-Dame de Froidmont

L'abbaye de Froidmont est une ancienne abbaye cistercienne située au bord de la forêt de Hez-Froidmont près de Froidmont et Hermes dans l'Oise[2]. L'ensemble des bâtiments religieux ont été détruits à la Révolution. L'ensemble constitué des bergeries, du porche et du mur d'enceinte fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 27 décembre 1988[3]. La grange fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 4 décembre 1995[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation de l'abbaye[modifier | modifier le code]

En 1134, Alix, dame d'Achy et de Bulles, fille de Hugues de Dammartin, à la mort de son époux Lancelin de Beauvais, fait don de ses terres situées sur le mont de Hermes, en forêt de Hez-Froidmont pour la fondation d'une communauté cistercienne. Une douzaine de religieux venus de l'abbaye Notre-Dame d'Ourscamp, dirigés par le moine Manasses s'installent dans un petit ermitage sur la butte du mont César en attendant les travaux menés sur les bords de la rivière Trye, au pied du mont de Hermes. Dès 1136, les travaux sont achevés et l'église est consacrée par Odon, évêque de Beauvais. Le monastère prend le nom de Notre-Dame de Trye. Elle ne prend le nom de Froidmont que dans les années 1150. L'ermitage abandonné sur le mont César prend le nom de Vieille abbaye et est transformé en ferme[4].

Dans une charte de 1137, le roi Louis VI le Gros met sous sa protection l'abbaye et l'exempte de tout pouvoir séculier. Une bulle du pape Eugène III datée d'août 1147 confirme la fondation, l'exempte de toute les dîmes sur ses terres et menace d'excommunication toute personne attentant à la communauté et à ses biens[4].

Évolution de l'abbaye au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'abbaye bénéficie de nombreuses donations des seigneurs des environs. En 1164, d'après la bulle du pape Alexandre III, elle est propriétaire de sept granges agricoles : la Vieille Abbaye (actuelle commune de Bailleul-sur-Thérain), Gouy (Noyers-Saint-Martin), Mauregard (Reuil-sur-Brêche, acquise en 1147), Grand Mesnil (Campremy, acquise en 1142), Brunvillers-la-Motte (acquise en 1156), La Verrière (Thury-sous-Clermont) et Porfondeval (Montreuil-sur-Thérain), toutes exploitées par des frères convers[4]. L'état des granges de 1224 dénombre 255 vaches, 5 000 ovins, 134 chevaux de charrue et 227 domestiques. L'abbaye compte alors 150 religieux environs dont une centaine de frères convers[5]. Parmi les moines de chœur, se trouve le poète Hélinand de Froidmont.

Le 4 mai 1204, une nouvelle bulle papale signée Innocent III vient confirmer les biens de l'abbaye et leur protection. Un diplôme de saint Louis, signé à La Neuville-en-Hez, confirme les biens de l'abbaye en 1258. L'abbaye subit un incendie à l'occasion de la Grande Jacquerie en 1358, ses terres sont détruites et son bétail volé. Réfugiés dans leur hôtel de Beauvais, les moines ne reviennent qu'au bout de deux ans. L'abbaye subit ensuite les Chevauchées anglaises. Pour s'en protéger, des fossés sont creusés autour des bâtiments abbatiaux. Suite à ces désordres, l'abbaye décline, la règle est de moins en moins respectée, et les vocations baissent, sans faire baisser le train de vie de l'abbé[6].

Le Régime de la commende[modifier | modifier le code]

En 1528, François Ier nomme Claude de Beze, oncle de Théodore de Bèze, premier abbé commendataire. Celui-ci fait reconstruire une grande partie des bâtiments dont l'abbatiale, consacrée le 5 juin 1534. Une chapelle, dédiée à sainte Marguerite, est construite à l'entrée de l'abbaye pour desservir les serviteurs et habitants des environs. Odet de Coligny lui succède, sans venir à l'abbaye. Le monastère doit faire face à des difficultés financières importantes avec les contributions exceptionnelles demandées par le roi de France. Les moines doivent de nouveau fuir à plusieurs reprises à l'occasion des guerres de religions. Henri IV leur accorde des lettres de sauvegarde en 1598[7].

Les relations restent difficiles avec l'abbé commendataire au cours du XVIIe siècle. Les moines obtiennent, suite à un procès contre leur abbé en 1646, une meilleure répartition des revenus de l'abbé notamment pour entretenir les bâtiments. En 1666, Louis XIV fonde six messes basses pour le repos de l'âme de sa mère, Anne d'Autriche. Charles-Joachim Colbert de Croissy est nommé abbé en 1684. Futur évêque de Montpellier, il participe au retour de la règle dans l'abbaye. Il est alors connu pour ses idées jansénistes. Étienne-Charles de Loménie de Brienne, nommé abbé en 1769 d'un monastère mal entretenu. Il obtient du roi en 1774 l'autorisation de détruire les bâtiments les plus en ruine : la chapelle Saint-Marguerite, une partie du mur de clôture et plusieurs fermes. En 1781, un arrêt du Parlement de Paris interdit la distribution de l'aumône par l'abbaye le Jeudi Saint car elle attire trop de personnes[7].

Suppression de l'institution et destinée des bâtiments[modifier | modifier le code]

L'inventaire révolutionnaire des biens de l'abbaye a lieu le 5 mai 1790. Il ne reste alors que dix religieux et quatre domestiques dans le monastère. La bibliothèque contient 950 ouvrages et 20 manuscrits. Les moines sont expulsés des lieux le 1er janvier 1791 et les bâtiments mis en vente en septembre puis en octobre. Les nouveaux acquéreurs commencent par vendre les jardins et les boiseries et autres décors de l'église. Viennent ensuite la destruction des bâtiments et leur vente en matériaux de construction. En 1870, il ne reste plus que la ferme dite de la Basse-Cour et la grange[8].

Liste des abbés de Froidmont[modifier | modifier le code]

Abbés réguliers[modifier | modifier le code]

  • Manassès (1136-1166)
  • Pierre Ier (1166-1175 ?)
  • Robert Ier (1177-1180)
  • Guillaume Ier (1180-1193)
  • Salicius (1193-1207)
  • Henri Ier (1207-1214)
  • Hugues (1214-1218)
  • Albert (1218-1222)
  • Guillaume II (1222-1224)
  • Bernard (1224-1256)
  • Josbert ou Hubert (1256-1265)
  • Jean Ier (1265-1269)
  • Jean II (1269-1274)
  • Pierre II (1274-1288)
  • Guillaume III (1288-1294)
  • Hubert (1294-1295)
  • Renaud (1295)
  • Robert II de Pierrefonds (1295-1300)
  • Pierre III (1300-1320 ?)
  • Jean III de Hermes (1320 ?-1340)
  • Jean IV de Chiry (1340-1365)
  • Jean V de Lérins (1365-1393)

Description[modifier | modifier le code]

Plan de l'abbaye de Froidmont réalisé par Louis Jacques Daudibert de Lussan en 1758.

L'abbaye comprend actuellement les bâtiments de la grange, des communs, et un colombier. Le mur d'enceinte du XIIe siècle est en bon état et la grange à charpente de chêne date des XIIIe et XIVe siècles.

Le colombier[modifier | modifier le code]

Le colombier est une tour haute et étroite datée de 1870 en briques de deux couleurs formant assises horizontales alternées. Il repose sur un soubassement plus ancien de pierre calcaire. Des chaînes harpées verticales, entrecoupées d'un cordon en partie haute, sont des pierres claires. Les ouvertures, la porte de soubassement, la porte du rez-de-chaussée, la porte du premier étage et la fenêtre d'envol donnant sur la cour de la ferme sont situées sur un même axe. Elles sont entourées (sauf la fenêtre) de pierre en harpes irrégulières. On observe d'autres fenêtres d'envol à l'arrière, ouvertes une travée sur deux. La toiture conique de tuiles plates est terminée par un épi de faîtage avec un pigeon d'arrêt[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées relevées sur Google Maps
  2. Situation de l'abbaye de Froidmont sur carte IGN sur Géoportail. Consulté le 16 avril 2011.
  3. a et b « Ancienne abbaye cistercienne de Froidmont », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. a, b et c Charpentier et Daugy 2008, p. 165
  5. Deladreue, op. cit., p. 466-467
  6. Charpentier et Daugy 2008, p. 166-167
  7. a et b Charpentier et Daugy 2008, p. 167
  8. Charpentier et Daugy 2008, p. 168
  9. Les Colombiers de l'Oise, GEMOB, p. 97

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Florence Charpentier et Xavier Daugy, Sur le Chemin des abbayes de Picardie : Histoire des abbayes picardes des origines à nos jours, Amiens, Encrage, coll. « Hier »,‎ septembre 2008, 286 p. (ISBN 978-2-911576-83-6), p. 165-168
  • Louis-Eudore Deladreue, « Notice sur l'abbaye de Froidmont : 1re partie », Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise, Beauvais, Imprimerie départementale de l’Oise, vol. 7,‎ 1868, p. 469-624 (ISSN 12805343, lire en ligne)
  • Louis-Eudore Deladreue, « Notice sur l'abbaye de Froidmont : 2e partie », Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise, Beauvais, Imprimerie départementale de l’Oise, vol. 8,‎ 1871, p. 11-78 (ISSN 12805343, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]