Abbaye de Saint-Riquier

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Abbaye de Saint-Riquier
Saint-Riquier, l'abbaye, gravure publiée en 1613 par Paul Petau
Saint-Riquier, l'abbaye, gravure publiée en 1613 par Paul Petau

Ordre Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur à partir du XVIIe siècle
Abbaye mère Abbaye Saint-Germain-des-Prés
Fondation 625
Fermeture 1790
Diocèse Diocèse d'Amiens
Fondateur Riquier de Centule
Localisation
Emplacement Saint-Riquier (Somme)
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 50° 08′ 03″ N 1° 56′ 55″ E / 50.13417, 1.9486150° 08′ 03″ Nord 1° 56′ 55″ Est / 50.13417, 1.94861  

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Abbaye de Saint-Riquier
Page d'aide sur l'homonymie L'abbaye de Saint-Riquier ne doit pas être confondue avec l'abbatiale de Saint-Riquier, qui est l'église principale de l'abbaye

L'abbaye de Saint-Riquier se trouve à Saint-Riquier dans la Somme. Fondée vers 625 par Riquier (Richarius), fils du gouverneur de la ville de Centula (actuellement Saint-Riquier), elle fut embellie par Dagobert Ier et sous l'abbé laïc Angilbert, gendre de Charlemagne. Elle fut rattaché à l'ordre bénédictin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Période carolingienne : l'apogée[modifier | modifier le code]

La période de splendeur de l'abbaye se situe sous le règne de Charlemagne. L’abbaye carolingienne est entièrement financée par Charlemagne lui-même. Les travaux sont engagés dès 789 ou 790 et achevés en 799. Elle serait la première à comporter un westwerk ou massif occidental. En cela, elle fait figure de précurseur et sert de modèle pour de nombreuses abbayes construites par la suite (Corvey).

L'abbaye est alors une entité administrative de l'empire et elle exerce son autorité administrative sur la ville entière, riche à la fois d'une population civile et d'une garnison militaire regroupant plus de 100 chevaliers.

En 845 puis 881, les Normands dévastent Saint-Riquier. L'abbaye est ensuite restaurée, mais vers l'an mille elle menace de tomber en ruine et est entièrement reconstruite.

Entre ruines et restaurations[modifier | modifier le code]

En 1131 elle est incendiée par Hugues III de Campdavaine, comte de Saint-Pol.

Entre 1257 et 1292, d'importants travaux sont entrepris à l'initiative de l'abbé Gilles de Machemont, qui fait élever notamment les arcades du chœur et une partie du transept actuel.

Au XVe siècle, elle est ruinée successivement par les Bourguignons et par les Armagnacs en 1421, puis incendiée en 1554. Un immense bâtiment de style classique, accolé à l’abbatiale, lui succède.

Au XVIe siècle, le roi Philippe II d'Espagne, fils de Charles Quint, se charge à son tour de prendre et d'incendier l'abbaye lors de sa guerre contre la France, ce qui provoque la dispersion des moines. C'est un coup terrible pour l'abbaye qui menace de disparaître définitivement.

Cependant elle est presque entièrement restaurée dans la seconde moitié du XVIIe siècle par l’abbé Charles d'Aligre qui fit adopter aux moines la réforme de la Congrégation de Saint-Maur.

Vendue et en partie démolie à la Révolution, progressivement reconstruite, elle est rachetée par le diocèse d'Amiens qui en fait un petit séminaire[1]. Elle sert aussi d’hôpital militaire avant d’accueillir en 1953 la congrégation des Frères auxiliaires du clergé.

Les différents éléments subsistants de l’abbaye font l'objet de protections au titre des monuments historiques[2] :

  • l'église abbatiale est classée au titre des monuments historiques par liste de 1840 ;
  • dans l'aile occidentale des bâtiments, le salon décoré situé au rez-de-chaussée de l'angle sud-ouest fait l'objet d'un classement par arrêté du 9 janvier 1960
  • les façades et toitures de la maison abbatiale et du bâtiment entourant le cloitre ainsi que l'escalier intérieur de la maison abbatiale et les parties anciennes du mur d'enceinte font l'objet d'un classement par arrêté du 22 octobre 1965.

Centre Culturel de Rencontre[modifier | modifier le code]

L’ancienne abbaye bénédictine de Saint-Riquier, fondée dans la première moitié du VIIe siècle, propriété départementale, abrite depuis 2012 un Centre Culturel de Rencontre dédié aux écritures.

Renouant ainsi avec son passé prestigieux -elle fut, entre 790 et 1131, l’un des tout premiers lieux de culture en Europe occidentale- l’Abbaye de Saint-Riquier se propose de soutenir la création artistique et les échanges intellectuels, de diffuser les savoirs et de s'ouvrir largement à la dimension internationale. L'ensemble des disciplines concernées s'articule autour d'un thème annuel qui structure la programmation du Centre.

Les monuments labellisés Centres Culturels de Rencontre sont localisés dans des monuments historiques ayant perdu leur fonction originelle. Ils bénéficient d'une restauration afin de servir de cadre à des projets artistiques pluridisciplinaires (lectures, musique, expositions, théâtre…). Cette réappropriation du lieu offre l’opportunité d’allier sauvegarde du patrimoine et développement culturel afin de l’insérer dans de nouveaux projets et réflexions en lien avec la culture.

Le label « Centre culturel de rencontre » distingue donc la force d’un projet artistique, culturel, intellectuel en synergie avec un site patrimonial majeur qui se met au service de la création, de la transmission, de la recherche et de l’innovation, tissant un lien étroit entre des publics variés, des territoires. L’Association des Centres Culturels de Rencontre (ACCR), créée dès janvier 1973 pour animer et coordonner leur action, a été reconnue d’utilité publique en 1983.

http://www.ccr-abbaye-saint-riquier.fr/

Le Festival de Saint-Riquier - Baie de Somme[modifier | modifier le code]

Tous les ans, au mois de juillet, Saint-Riquier accueille un festival de musique classique. Créé en 1985 sur une idée originale d'Hugues Hairy (conservateur) et de Christian de La Simone (chargé de mission) pour le Conseil Général de la Somme, ce festival est devenu un temps fort de la vie musicale du nord de la France. À la suite de Mikhaïl Rudy et François-Charles Lebettre, Sandra Moubarak et Anthony Leroy, Hervé Niquet en est aujourd'hui le directeur artistique.

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

Abbaye de st riquier jardin 01.jpg
Abbatiale de Saint-Riquier.
Intérieur de l'église abbatiale.
Vue de la nef.
  • 625-645 : Riquier de Centule (Saint-Riquier)
  • 645-687 : Ociald
  • 687-724 : Cochin
  • 724-765 : Guimaire (Saint-Guimaire)
  • 765-7?? : Aldéric
  • 7??-791 : Symphorien
  • 791-814 : Angilbert de Ponthieu
  • 814-831 : Eric
  • 831-837 : Elisachar
  • 837-8?? : Ribold
  • 8??-8?? : Louis I Charles de France
  • 843-844 : Nithard de Ponthieu
  • 856-860 : Rodolphe de Bavière
  • 860-864 : Helgauld de Ponthieu
  • 864-870 : Guelf I de France
  • 870-877 : Carloman de France
  • 877-881 : Guelf II
  • 881-9?? : Herbert
  • 9??-939 : Cébert
  • 939-9?? : Hédevold
  • 9??-9?? : Hugues I
  • 9??-9?? : Gérard
  • 9??-950 : Gerbert
    Abbaye de st riquier jardin 02.jpg
  • 950-981 : Foulques
  • 981-1022 : Ingélard
  • 1022-1045 : Enguerrand le Sage
  • 1045-1071 : Gervin, I Gervin abbé de Saint-Riquier, (Saint-Gervin)
  • 1071-1097 : Gervin II
  • 1097-1138 : Anscher de La Ferté le Vieux
  • 1138-1142 : Jean I
    Abbaye de st riquier jardin 03.jpg
  • 1142-1143 : Guilduin
  • 1143-1160 : Pierre I
  • 1160-1170 : Geoffroy
  • 1170-1176 : Riquier II
  • 1176-1184 : Laurent
  • 1184-1192 : Ursé
  • 1192-1207 : Riquier III
  • 1207-1210 : Gérold
  • 1210-1211 : Matthieu
  • 1211-1237 : Hugues II de Chevincourt
  • 1237-1245 : Gautier I
  • 1245-1248 : Hervé
  • 1248-1257 : Gautier II de Guessant
  • 1257-1292 : Gilles de Marchemont
  • 1292-1297 : Eudes
  • 1297-1303 : Eustache I
  • 1303-1312 : Jean II de Foucaucourt
  • 1312-1343 : Baudouin de Gaissart
  • 1343-1361 : Pierre II d’Allouenges
  • 1361-1374 : Philippe du Fossé
  • 1374-1393 : Hugues III de Roigny
  • 1393-1410 : Guichard de Salles
  • 1410-1411 : Jean III de Bouquetot
  • 1411-1457 : Hugues IV Caillerel
  • 1457-1479 : Pierre III Le Prêtre
  • 1479-1511 : Eustache II Le Quieux
  • 1511-1538 : Thibaud de Bayencourt

Abbés commendataires

Source : Gallia Christiana

Église abbatiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abbatiale de Saint-Riquier.

Construite à l’emplacement de l’église carolingienne détruite par les invasions normandes et les incendies, cet édifice du XIIIe siècle est l’œuvre de restauration de quatre abbés entre 1257 et 1536 et a connu les différentes étapes du gothique. Longue de 96 mètres, large de 27 mètres et haute de 50 mètres, elle possède une façade de style gothique flamboyant du XVe siècle.

À l’intérieur, le style est plutôt classique, dans les boiseries, les grilles et la décoration en marbre du XVIIe siècle sous l’influence de l’abbé Charles d’Aligre.

On peut également y admirer les tableaux de peintres du XVIIe siècle (Jouvenet, Bon Boullongne, Hallé…), un Christ de Girardon, ainsi que la salle du Trésor, où est contée (lors de visites guidées) l’une des plus extraordinaires légendes du Moyen Âge : le Dit des trois morts et des trois vifs.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]