Martin Chambiges

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La superbe façade flamboyante du bras sud du transept de la cathédrale Notre-Dame de Senlis, chef-d'œuvre du XVIe siècle fut exécutée par Pierre Chambiges, fils de Martin Chambiges, en 1530. Elle a longtemps passé, à tort, pour une création de Martin Chambiges qui avait expertisé la croisée en 1504. Elle reflète cependant l'héritage du maître de Sens et de Beauvais recueilli par son fils Pierre.
L'impressionnante façade du bras sud du transept de la cathédrale de Beauvais dont la construction ne se termina qu'après son décès.

Martin Chambiges ou Cambriche, est un illustre architecte français de la fin du XVe et du début du XVIe siècle, né à Paris vers 1460 et mort à Beauvais en 1532. Il est le père de l'architecte Pierre Chambiges Ier, et le premier membre connu d'une lignée d'architectes et de constructeurs.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1489, Martin Cambriche, maître-maçon habitant à Paris, est appelé par les chanoines de la cathédrale Saint-Étienne de Sens, où il se voit confier les importants travaux décidés pour la cathédrale, en l'occurrence la construction d'un transept doté de deux façades comportant chacun un portail. En 1497, il est nommé maistre de l'entreprise et conducteur de la croisée de l'édifice. Il revient à Paris en 1499, tout en continuant à superviser de loin les travaux qui continuent à Sens d'après ses plans. À partir de cette date, il apparaît moins comme conducteur de travaux que comme architecte-consultant.

Le 25 octobre 1499, à Paris, le pont Notre-Dame s'écroule lors d'une crue de la Seine. Les magistrats municipaux de Paris engagent de vastes consultations pour déterminer le type de pont que l'on doit reconstruire, et pour ce faire, les plus grands architectes de France et même d'Italie sont amenés à donner leur avis. Martin Cambriche, également consulté, se range dans le camp minoritaire des novateurs lors des longues délibérations d'avril 1500, menées à l'Hôtel de Ville de Paris. La solution novatrice consiste en la construction d'un pont en pierres de taille, jointes avec de la chaux et du ciment, et reposant sur des fondations faites de cailloux et de pierres dures. Les architectes conservateurs défendent la construction sur pilotis.

En 1506, il dirige les travaux du transept de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais. La même année, il est consulté à Troyes pour la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, visite le chantier de Sens toujours en cours et revient à Beauvais pour y diriger l'énorme entreprise.

En 1512, il se rend à la Troyes pour y visiter les travaux, alors en cours sous la direction de Jean de Soissons. À ce moment, les fondations des deux tours sont achevées et on estime son avis nécessaire pour évaluer et inspecter les travaux, et ainsi assurer avec succès l'édification de ces deux énormes tours (dont seule la tour nord sera totalement construite ultérieurement). Suite à cette consultation, Jean de Soissons est maintenu dans ses fonctions. Quant à Martin, il reçoit pour cette consultation d'une durée de deux semaines franches la somme de 14 livres tournois (une livre tournois valait 16,5 francs germinal du XIXe siècle, soit approximativement 180 à 200 euros 2008).

En 1520, il entreprend l'édification de la façade du transept sud de la cathédrale Notre-Dame de Senlis. Mais il ne peut voir son œuvre totalement terminée. Il meurt le 29 août 1532, et le superbe portail de cette façade sera terminé par son fils Pierre Chambiges en 1538.

Il ne peut voir non plus l'achèvement de la construction du transept de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais. Après sa mort, le vaste chantier de cette cathédrale se poursuivra cependant suivant ses plans. Il se terminera seulement en 1550 par la fin de la construction des voûtes du bras sud du transept.

Martin Chambiges est inhumé dans la cathédrale de Beauvais.

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

Il participa, entre autres, aux projets suivants :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arbois de Jubainville, Documents rellatifs aux travaux de construction faits à la cathédrale de Troyes pendant les XIIIe, XIVe et XVe siècles, Bibliothèque de l'école des cartes, tome 23, 1862, pp 214-248 & 393-423.
  • Léon Pigeotte, Etude sur les travaux d'achèvement de la cathédrale de Troyes. 1450 à 1630., Paris, 1870.
  • Stephen Murray, Buildings Troyes cathedral. The Late Gothic Campaigns, Bloomington-Indiannapolis, 1987.
  • Denis Cailleaux :
    • 1990 la pierre de Tonnerre dans la construction médiévale, Lithiques, N°7, pp7-14,
    • 1999, la cathédrale en chantier. La construction du transept de St-Etienne de Sens d'après les comptes de a fabrique. 1490-1517., édition du Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris.
  • Florian eunier, Martin Chambriges (v. 1490-1532). L'architecte des cathédrales flamboyantes, Position des thèses de l'Ecole nationale des chartes, Paris, 1999, pp 297-304.

Liens externes[modifier | modifier le code]