Jules Romains

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Jules Romains

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Jules Romains photographié par Carl van Vechten (1936)

Nom de naissance Louis Henri Jean Farigoule
Activités Poète, écrivain, dramaturge
Naissance 26 août 1885
Saint-Julien-Chapteuil (Haute-Loire)
Décès 14 août 1972 (à 86 ans)
Paris
Langue d'écriture Français
Distinctions Membre de l'Académie française

Œuvres principales

Knock ou le triomphe de la médecine

Compléments

Il fut le créateur de l'Unanimisme

Louis Henri Jean Farigoule, dit Jules Romains, né à Saint-Julien-Chapteuil (Haute-Loire) le 26 août 1885 et mort à Paris le 14 août 1972, est un poète, écrivain et dramaturge français, membre de l'Académie française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maison natale de Jules Romains à Saint-Julien-Chapteuil, en Haute-Loire

Élève du lycée Condorcet et de l'École normale supérieure, rue d'Ulm, il est agrégé de philosophie en 1909. Ayant suivi des cours de physiologie à l'École normale supérieure, il effectue des expériences sur la vision extra-rétinienne qui seront publiées sous son nom de Louis Farigoule en 1919.

Il est proche du groupe de l'Abbaye de Créteil (Groupe de l'Abbaye) fondé en 1906 par Charles Vildrac et Georges Duhamel, qui réunit, entre autres, l'écrivain René Arcos, le peintre Gleizes et le musicien Albert Doyen. Avec eux, en 1912, il découvre la littérature de Jean-Pierre Brisset, qu'il fera couronner Prince des Penseurs.

Sa carrière universitaire l'emmène à Brest, Laon puis au lycée de Nice (aujourd'hui lycée Masséna) où il enseigne la philosophie de 1917 à 1919[1].

En 1927, il signe la pétition (parue le 15 avril dans la revue Europe) contre la loi sur l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre, qui abroge toute indépendance intellectuelle et toute liberté d’opinion. Son nom côtoie ceux de Lucien Descaves, Louis Guilloux, Henry Poulaille, Séverine… et ceux des jeunes normaliens Raymond Aron et Jean-Paul Sartre.

En 1929, il achète une propriété à Saint-Avertin, près de Tours. Il y possède une vigne dont il tire un vin blanc qu'il offre fièrement à ses visiteurs ou hôtes de passage. Il y séjournera tous les étés et y écrira une grande partie de son roman fleuve Les Hommes de bonne volonté.

Entre 1935 et 1939, il participe au comité France-Allemagne, animé par Otto Abetz et Fernand de Brinon, plus par pacifisme que par convictions politiques. Il adhère dans le même temps à la Ligue internationale des combattants de la paix. Ses efforts en faveur du rapprochement franco-allemand lui valurent d'être reçu par les personnalités nazies. Ses pièces étaient jouées en Allemagne et ses ouvrages traduits. Il rompra en 1939.

Pendant la Seconde Guerre mondiale il s'exile aux États-Unis, où il s'exprime parfois à la radio (Radio Boston ou Voice of America), puis à partir de 1941 au Mexique, où il participe avec d'autres réfugiés à la fondation de l'Institut français d'Amérique latine (IFAL) à Mexico.

Auteur polygraphe, il est élu à l'Académie française en 1946, au fauteuil 12, succédant à Abel Bonnard, lequel avait été radié l'année précédente pour indignité nationale. En 1964, Jules Romains est nommé citoyen d'honneur de Saint-Avertin. Après sa disparition, il est remplacé à l'Académie française, en 1973, par Jean d'Ormesson.

Il est à l'origine du concept d'unanimisme, dont il fut le principal représentant, et dont la gigantesque fresque Les Hommes de bonne volonté, odyssée de deux amis, Jallez et Jerphanion, l'écrivain et l'homme politique, racontée sur une période de vingt-cinq ans, constitue le plus remarquable exemple romanesque. Après la guerre, il collabore de 1953 à 1971 au quotidien L'Aurore que dirige Robert Lazurick.

Académie française[modifier | modifier le code]

Avec Paul Claudel, Maurice Garçon, Charles de Chambrun, Marcel Pagnol et Henri Mondor, il est une des six personnes élues le 4 avril 1946 à l'Académie française lors de la deuxième élection groupée de cette année visant à combler les très nombreuses places vacantes laissées par la période de l'Occupation. Il y remplace Abel Bonnard, toujours en vie mais radié de l'Académie pour faits de collaboration. Ainsi, quand il est reçu le 7 novembre 1946 par Georges Duhamel, il ne prononce pas dans son discours l'hommage de son prédécesseur.

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

Envoi de Jules Romains à Fernand Gregh
  • L'Âme des Hommes, poésie (Crès, 1904)
  • La Vie unanime, poésie (Abbaye, 1908 et Mercure de France, 1913)
  • Premier Livre de prières, (Vers et prose, 1909)
  • Un Être en marche, poésie (Mercure de France, 1910)
  • Mort de quelqu'un, roman (Eugène Figuière, 1911)
  • Puissances de Paris, récit (Eugène Figuière), 1911)
  • Odes et prières, poésie (Mercure de France, 1913 et N.R.F., 1923)
  • Les Copains, roman (1913)
  • Sur les Quais de la Villette, roman ( Eugène Figuière, 1914)
  • Europe, poésie (N.R.F., 1916)
  • Les Quatre Saisons, poésie (1917)
  • La Vision extra-rétinienne et le sens paroptique, traité (1920)
  • Knock ou le triomphe de la médecine, théâtre (1923)
  • Monsieur Le Trouhadec saisi par la débauche, théâtre (1923)
  • Psyché (Lucienne ; Le Dieu des corps ; Quand le navire…), trilogie romanesque (1922-1929)
  • Le Couple France Allemagne (1934)
  • Les Hommes de bonne volonté, cycle romanesque en 28 volumes (1932-1946)

Les Hommes de bonne volonté[modifier | modifier le code]

Fresque romanesque constituée de 27 volumes, publiés régulièrement entre 1932 et 1946, Les Hommes de bonne volonté démarre le 6 octobre 1908, par une présentation de Paris, et des principaux protagonistes, et se termine le 7 octobre 1933.

Article détaillé : Les Hommes de bonne volonté.

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Citation: l'hymne à l'amitié[modifier | modifier le code]

Son hymne à l'amitié demeure célèbre :

On ne sait pas ce que c'est que l'amitié.
On n'a dit que des sottises là-dessus. Quand je suis seul, je n'atteins jamais à la certitude où je suis maintenant. Je crains la mort. Tout mon courage contre le monde n'aboutit qu'à un défi.
Mais, en ce moment je suis tranquille.
Nous deux, comme nous sommes là, en bécane, sur cette route, avec ce soleil, avec cette âme, voilà qui justifie tout, qui me console de tout.
N'y aurait-il que cela dans ma vie, que je ne la jugerais ni sans but, ni même périssable.
Et n'y aurait-il que cela, à cette heure dans le monde, que je ne jugerais le monde ni sans bonté, ni sans Dieu.
Lorsqu'un fils de l'homme connait un seul jour cette plénitude, il n'a rien à dire contre son destin.

(extrait de Les copains)[2].

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Rue Jules-Romains », dans Marguerite Isnard, Roger Isnard, Per carriera : Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Nice, Nice, Serre, 2003 [lire en ligne]
  2. Pages chosies, Jules Romains, Éditeur Hachette, 1958

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Bourin, Jules Romains discuté par Jules Romains, 1961
  • Jean-Louis Loubet del Bayle, L'illusion politique au XXe siècle. Des écrivains témoins de leur temps, Economica, 1999.
  • Olivier Rony, Jules Romains, ou l'appel au monde, Robert Laffont, 1992
  • Dominique Viart, Jules Romains et les écritures de la simultanéité, Presses Universitaires du Septentrion, 1996.

Liens externes[modifier | modifier le code]