Hervé Hasquin

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Hervé Hasquin C.M.W. est un professeur d'université, historien et homme politique belge né à Charleroi le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est petit-fils de mineurs et fils de René-Pierre Hasquin, directeur commercial du quotidien Journal-l'Indépendance (propriété des syndicats socialistes FGTB) et fondateur du magazine carolorégien Le Métropolitain. Hervé Hasquin signera un bon nombre d'éditoriaux de ce journal sous un pseudonyme.

Docteur en philosophie et lettres, il enseigne depuis 1970 à l'université libre de Bruxelles (ULB) dont il fut également le recteur (1982-1986) et le président du conseil d'administration (1986-1995). En 1983, il y créa la chaire Théodore Verhaegen de maçonnologie.

Spécialiste du XVIIIe siècle (il fut cofondateur, avec Roland Mortier, du Groupe d'étude du XVIIIe siècle à l'université libre de Bruxelles), ainsi que de l'histoire des religions et des problèmes de nationalités à l'époque contemporaine, il est, depuis 1987, président de l'Institut d'étude des religions et de la laïcité.

Dès le milieu des années 1970, Hervé Hasquin s'engage en politique, en participant, en 1976, à la constitution du Parti réformateur libéral wallon (PRL), une formation au sein de laquelle il gravit les échelons avant d'en devenir le vice-président (1986 à 1990), ainsi que le secrétaire général (1990-1992). C'est aussi à cette époque qu'il dirige les deux tomes historiques de La Wallonie, le Pays et les Hommes (cinq tomes parus). Son action wallonne lui vaut une importante rubrique dans l'Encyclopédie du Mouvement wallon (tome II, p.786-787).

Par ailleurs, en 1987, il est élu sénateur avant de siéger au Parlement bruxellois dès sa création en 1989. Une carrière qui l'amènera également à être, dans le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, le seul membre de gouvernement libéral de l'ensemble du pays, de 1995 à 1999. Il siégera également comme président de la Commission communautaire française durant cette période.

De juillet 1999 à juillet 2004, Hervé Hasquin est ministre-président de la Communauté française de Belgique, chargé des Relations internationales et de l'Égalité des chances. Par ailleurs, depuis janvier 2001, il siège en tant que conseiller communal à Silly, où il occupe également la fonction de président du Centre public d'action sociale.

Il est aussi à l'origine du débat, parlementaire d'abord puis largement public par les remous provoqués, en 2000 sur l'introduction d'un cours de philosophie en Communauté française.

De 2004 à 2007, il occupe à nouveau la fonction de député à la Chambre des Représentants (mandat obtenu lors des élections législatives de 2003). En date du , Hervé Hasquin a été nommé Administrateur délégué du Centre d'études et de recherches Jean Gol, centre d'études du Mouvement réformateur.

Hervé Hasquin renonce à se présenter aux élections législatives du 10 juin 2007, ce qui est considéré comme la fin de sa carrière politique au niveau national. Bien qu'il collabore encore avec le centre Jean Gol, il a remis son mandat d'administrateur délégué qui est désormais assuré par l'ancien recteur de l'université de Liège, Arthur Bodson.

Depuis le 1er janvier 2008, il exerce les fonctions de secrétaire perpétuel de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. Il y fonde une quatrième Classe (Technologie et société) en 2009 ainsi que le Collège Belgique et le Collège des Alumni.

En date du 27 juin 2008, il a été nommé par le gouvernement fédéral en qualité de président du conseil d'administration du Centre pour l'égalité des chances. Il démissionne en 2011.

Critiques[modifier | modifier le code]

La carrière de Hervé Hasquin suscite la controverse au sein du milieu intellectuel wallon. En comparaison avec la plupart des autres scientifiques ou politiciens francophones belges le nombre des distinctions qui ont été accordées à Hervé Hasquin est particulièrement élevé, alors que paradoxalement le nombre de ses réalisations politiques ou publications scientifiques, tout comme leur reconnaissance internationale, sont comparativement limités[réf. à confirmer] [1].

La présence d'Hervé Hasquin au côté de la controversée Caroline Fourest [2] [3] lors d'une conférence à l'Université Libre de Bruxelles (ULB) en 2012 a renforcé les critiques concernant la rigueur scientifique de l'ancien recteur de l'ULB[4].[non neutre]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Fidèle à ses idéaux, son œuvre est empreinte d'un libéralisme laïque. À travers des dizaines d'ouvrages et des centaines d'articles publiés en Belgique comme à l'étranger, Hervé Hasquin traite ses sujets de prédilection qui touchent tout à la fois à l'histoire économique, à celle des idéologies et mouvements nationaux, et à la Wallonie. Il assure aussi la coordination et la direction scientifique de nombreuses publications (ouvrages de référence).

Livres en tant qu'auteur ou coauteur[modifier | modifier le code]

  • Une mutation : le « Pays de Charleroi » aux XVIIe et XVIIIe siècles. Aux origines de la Révolution industrielle en Belgique, Bruxelles, Editions l'Institut de sociologie, ULB, 1971 (publié avec le concours de la Fondation universitaire).
  • L'Intendance du Hainaut en 1697, Édition critique du Mémoire « pour l'instruction du duc de Bourgogne », Paris (Bibliothèque nationale), 1975 (Comité des travaux historiques et scientifiques).
  • Les "Réflexions sur l'état présent du commerce, fabriques et manufactures des Pays-Bas autrichiens" (1765) du négociant bruxellois Nicolas Bacon (1710-1779), Conseiller député aux affaires du Commerce, Bruxelles, Commission royale d'histoire, 1978.
  • Historiographie et politique. Essai sur l'histoire de Belgique et la Wallonie, Charleroi, 1981 (éd. Institut Jules Destrée); 2e éd. revue, 1982.
  • Historiographie et politique en Belgique, 3e éd. revue et augmentée, Bruxelles-Charleroi, 1996 (Éd. Univ. Bruxelles - Institut J. Destrée).
  • Églises et Sociétés d'aujourd'hui, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles (col. Laïcité, série Actualités n° 4, 1986.
  • La Wallonie. Son histoire, Bruxelles, éd. Luc Pire, 1999.
  • Les Séparatistes wallons et le gouvernement de Vichy (1940-1943). Une histoire d’Omerta, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2004.
  • Louis XIV face à l'Europe du Nord, Bruxelles, Racine, 2005.
  • Joseph II, catholique anticlérical et réformateur impatient, Bruxelles, Racine, 2007.
  • Population, commerce et religion au siècle des Lumières, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles (Etudes sur le XVIIIe siècle, HS 12), 2008.
  • Les Catholiques belges et la franc-maçonnerie, Waterloo, Belgique, Avant-Propos, 2011.
  • Les pays d'Islam et la franc-maçonnerie, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2013.

Livres en tant que directeur ou codirecteur[modifier | modifier le code]

  • La Wallonie. Le Pays et les hommes. Histoire, économies, sociétés, Bruxelles, 1979-1980, 2 tomes.
  • Histoire de la laïcité, principalement en Belgique et en France, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1979; 2e éd. revue, Editions de l'Université de Bruxelles, 1981.
  • Communes de Belgique. Dictionnaire d'Histoire et de géographie administrative, Crédit Communal de Belgique et Renaissance du Livre, Bruxelles, 1980-1982, 2 vol. (aussi en version néerlandaise)
  • Histoire et historiens depuis 1830 en Belgique, Revue de l'Université de Bruxelles, Bruxelles, 1981 (nos 1-2); 2e éd. revue, 1982.
  • Hommages à la Wallonie, Mélanges d'histoire, de littérature et de philologie wallonnes offerts à Maurice A. Arnould et Pierre Ruelle, Editions de l'Université de Bruxelles, Bruxelles, 1981.
  • Visages de la franc-maçonnerie belge du XVIIIe au XXe siècle, Editions de l'Université de Bruxelles, Bruxelles, 1983.
  • Magie, sorcellerie, parapsychologie, Editions de l'Université de Bruxelles, Bruxelles, 1984.
  • La Belgique autrichienne, 1713-1794 : les Pays-Bas méridionaux sous les Habsbourg d’Autriche, Crédit communal, Bruxelles, 1987. (aussi en version néerlandaise)
  • Dictionnaire d'Histoire de Belgique : Vingt siècles d'institutions. Les hommes. Les faits, Didier Hatier, Bruxelles, 1988; 2e éd. revue et augmentée : Dictionnaire d'histoire de Belgique. Les hommes, les institutions, les faits, le Congo belge et le Ruanda-Urundi, Namur, 2000.
  • Le Libéralisme en Belgique. Deux cents ans d'histoire, Delta et Centre Paul Hymans, Bruxelles, 1989. (aussi en version néerlandaise)
  • La Belgique française 1792 - 1815, Crédit Communal, Bruxelles, 1993 (aussi en version néerlandaise).
  • Histoire de la laïcité en Belgique, Bruxelles, Espace de Libertés, coll. "Laïcité", 364 p., ISBN 2-930001-14-3. (page consacrée au livre sur le site de l'éditeur)
  • L'Académie impériale et royale de Bruxelles. Ses académiciens et leurs réseaux intellectuels au XVIIIe siècle, Académie royale de Belgique, Bruxelles, 2009.
  • Aedes Academiarum. Les Académies et leur palais, Racine, Bruxelles, 2010.


Articles[modifier | modifier le code]

Pour la liste des articles, voir son CV

Distinctions scientifiques et honorifiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Archives vidéos et sonores[modifier | modifier le code]

Vidéos[modifier | modifier le code]

Audio[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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2004-2008