René Hérault

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René Hérault

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Portrait gravé par Jean-Étienne Liotard

Naissance 23 avril 1691
Rouen
Décès 2 août 1740 (à 49 ans)
Paris
Nationalité Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Profession Magistrat
Activité principale Lieutenant général de police (1725-1739)
Autres activités
Ascendants
Louis Hérault (1645-1724) (père)
Conjoint
Marguerite Durey de Vieuxcourt (1719)
Hélène Moreau de Séchelles (1732)
Famille

René Hérault, seigneur de Fontaine-l'Abbé et de Vaucresson, né à Rouen le 23 avril 1691 et mort à Paris le 2 août 1740, est un magistrat français. Il fut lieutenant général de police (1725-1739) et conseiller d'État.

Biographie[modifier | modifier le code]

Début de carrière[modifier | modifier le code]

D’une ancienne famille de Normandie, fils de Louis Hérault (1645-1724), collecteur d'impôt, et de sa femme, Jeanne Charlotte Guillard de La Vacherie, René Hérault fut d’abord avocat du roi au Châtelet de Paris (1721), puis procureur général au Grand Conseil (3 février 1718), avant de devenir maître des requêtes et intendant de la généralité de Tours (23 mars 1722).

En 1725, la disette ayant occasionné une émeute dans cette ville, Hérault s’empressa de faire approvisionner les marchés et donna, dans ces circonstances difficiles, des preuves d’une si haute capacité administrative, qu’il fut appelé à Paris et nommé lieutenant général de police (28 août 1725), en remplacement de Nicolas Ravot d'Ombreval, qui le remplaça lui-même comme intendant de Tours.

Lieutenant général de police[modifier | modifier le code]

Comme lieutenant général de police, René Hérault ordonna que les décharges publiques soient installées en banlieue, à l'extérieur de Paris, et introduisit la pratique d'arroser les rues pendant les vagues de chaleur estivales afin de prévenir les incendies.

En 1728, il ordonna que, pour la première fois, les noms des rues soient inscrits sur des panneaux. Son ordonnance du 30 juillet 1729 généralisa cette pratique et prescrivit que tous les propriétaires de maisons au début et à la fin de chaque rue y apposent des plaques de pierre gravées du nom de la rue. Il tenta également d'introduire un système de numérotation des maisons et des immeubles mais il dut reculer devant l'opposition de la noblesse qui refusait de voir les portails de ses hôtels particuliers défigurés par l'apposition de plaques numérotées, selon une pratique alors jugée égalitaire dans la mesure où elle devait s'appliquer de manière identique aux hôtels aristocratiques et aux logements des classes populaires.

Il usa de sévérité envers les Jansénistes, persécutés à cette époque, ce qui lui valut de ne pas être ménagé dans les Nouvelles Ecclésiastiques, organe du parti janséniste fondé en 1728 et dirigé contre les Jésuites. Il fit procéder à des perquisitions dans Paris afin de découvrir les auteurs, les imprimeurs et les distributeurs de cette gazette, lacérée et brûlée par la main du bourreau en 1731 et qui, cependant, s’imprimait encore clandestinement. Hérault trouvait souvent dans son hôtel et jusque dans son carrosse des feuilles fraîchement imprimées, que des mains qui restèrent toujours invisibles se plaisaient à y déposer.

Ce magistrat prit des mesures rigoureuses contre les convulsionnaires du cimetière de Saint-Médard (1732).

Il lutta également contre la franc-maçonnerie, qui avait été récemment introduite en France. Il interdisait aux aubergistes et aux restaurateurs d'héberger ou de servir les loges maçonniques sous peine de fermeture pour 6 mois et d'une amende de 3 000 livres. Ayant obtenu d'une prostituée une copie du rituel maçonnique, il le fit publier dans des journaux satiriques en 1737, afin de discréditer la franc-maçonnerie. La révélation du rituel suscita les rires et ralentit significativement les progrès de la franc-maçonnerie en France pour plusieurs années.

Hérault parvint également à établir un vaste réseau d'espions et d'informateurs à Paris et dans les provinces et, comme bien d'autres lieutenants généraux de police du XVIIIe siècle, il était particulièrement détesté pour sa police secrète.

Le 21 décembre 1739, René Hérault quitta la lieutenance générale de police où il fut remplacé par son gendre Claude Henry Feydeau de Marville. Il fut alors nommé conseiller d'État et intendant de la généralité de Paris. Il mourut en charge le 2 août 1740 à l'âge de 49 ans.

Famille[modifier | modifier le code]

En 1719, René Hérault épousa Marguerite Durey de Vieuxcourt (1700-1729). De ce premier mariage, il eut deux filles :

En 1732, René Hérault se remaria avec Hélène Moreau de Séchelles (1715-1798), fille de Jean Moreau de Séchelles (1690-1760), alors intendant du Hainaut et qui devait devenir ultérieurement contrôleur général des finances.

Hélène Moreau de Séchelles eut un fils, Jean-Baptiste Martin Hérault de Séchelles (1737-1759), reconnu par René Hérault, mais dont le père biologique était Louis Georges Érasme de Contades (1704-1793), maréchal de camp et futur maréchal de France, dont Hélène Hérault était alors la maîtresse.

Jean-Baptiste Martin Hérault de Séchelles épousa Marguerite-Marie Magon de La Lande, petite-fille de l'armateur malouin François-Auguste Magon de La Lande. Elle lui donna un fils, le conventionnel Marie-Jean Hérault de Séchelles.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Roger Dachez, « Le lieutenant de police René Hérault et sa famille », in Renaissance Traditionnelle (Revue d’études maçonniques et symboliques), no 72, octobre 1987, p. 264-268
  • Théodore-Éloi Lebreton, Biographie rouennaise, Rouen, Le Brument, 1865, p. 185-186
  • Suzanne Pillorget, « René Hérault de Fontaine, procureur général au Grand Conseil (1718-1722) et lieutenant général de police de Paris (1725-1739). Histoire d'une fortune », in Actes du 93e congrès national des Sociétés savantes (Tours, 1968), II, Paris 1971, p. 287-311