Grand Orient de Belgique

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Le Grand Orient de Belgique (GOB ou G∴O∴B∴ en typographie maçonnique) est une obédience maçonnique nationale belge installée le 23 février 1833.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un vitrail décorant l'immeuble siège de l'asbl «Union et Philantropie», rue de Laeken.

Débuts du Grand Orient[modifier | modifier le code]

Lors d'une tenue[1] le 16 janvier 1833 la « Grande Loge d'administration des Pays-Bas méridionaux » se mue, suite au rejet de l'autorité de l’obédience néerlandaise, en Grand Orient de Belgique. Elle bénéficie de la protection du roi Léopold Ier, qui est franc-maçon selon les règles de l'époque, même s'il semble aujourd'hui admis qu'il n'a jamais mis les pieds dans une Loge[2].

En 1854, le Grand Orient supprime l’article interdisant toute discussion en loge de sujets politiques ou religieux. L'obédience sort ainsi de la régularité maçonnique et du groupe dit : « des obédiences régulières ». Dix-huit ans plus tard, en 1872, après des discussions de plusieurs années, le G.O.B modifie ses statuts et règlements généraux et supprime la référence au Grand Architecte de l’Univers[3] - l'obligation d'invocation. Les préceptes et rituels maçonniques s'en trouvent déchristianisés. Quelques mois plus tard, la lutte pour le progrès social est inscrite au programme de l'obédience[4].

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1959, le Grand Orient de Belgique connait une scission. Celle-ci conduit à la création de la Grande Loge de Belgique dont se séparent, en 1979, neuf Loges qui créent la Grande Loge régulière de Belgique, seule obédience actuellement reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre.

En 1987, lors du 150e anniversaire du Grand Orient de Belgique, le maçonnologue Marcel De Schampheleire déclare :

« L’histoire nous montre l’apport important de la franc-maçonnerie belge à tout ce qui peut contribuer à la « construction du Temple de l’Humanité ». La réalisation de ces objectifs rencontre parfois des résistances, suscite d’autres fois des tensions, s’accompagne de réactions à ces actions […] Une attitude à l’origine religieuse fait place à une ouverture vers le libre examen et une pensée non-dogmatique, pour aboutir à la prédominance d’une laïcité prononcée chez les frères du Grand Orient[4]. »

Au début du XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En 2003, le Grand Orient de Belgique participe à la création de l'Obédience « Souverän Gross Oriënt von Deutschland » (SGOvD), située à Frankfort/Offenbach[3]. Il est aujourd'hui majoritaire en Belgique. Au 1er mars 2012, l'obédience compte 110 loges bleues ou symboliques, qui regroupent 10 125 frères. Sur ces 110 loges, 29 sont situées en Flandre (au Nord), 34 à Bruxelles, 46 en Wallonie (au Sud) et une au Burundi (Bujumbura). Il n'existe pas, à l'heure actuelle, de loge germanophone travaillant sous ses auspices. La moyenne d'âge est de 61 ans. L'âge moyen des frères initiés est de 47 ans.

Le Grand Orient de Belgique entretient des relations fraternelles officielles avec la plupart des Obédiences maçonniques présentes sur le territoire belge, notamment :

En 2014, l'obédience comprend 127 loges.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

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Le Grand Orient de Belgique est exclusivement masculin ; ses loges n'initient que des hommes. Les loges peuvent cependant décider d'accueillir des sœurs selon des modalités décidées par chaque loge. Les loges sont souveraines et prennent ainsi la responsabilité de procéder à l'initiation maçonnique. La loge souveraine confère donc la qualité de maçon à ses membres et assure la régularité des travaux et le lieu de ses réunions. Au Grand Orient de Belgique la loge maçonnique est perçue comme une « structure évolutive résultant des réflexions de ses membres et des modifications de sa composition »[5]. Les tenues sont basées sur les principes de la libre expression et du libre examen.

Rites[modifier | modifier le code]

La grande majorité des Loges maçonniques du GOB travaillent - aux trois degrés d’apprenti, de compagnon et de maître - suivant deux rites[6] :

  • Le Rite français Moderne (RFM) : rite fondateur du Grand Orient de Belgique. Il est inscrit dans la filiation de la Grande Loge de Londres de 1717 dite « Grande Loge des Moderns ». Le rite est axé sur la quête de la raison et perçoit l'homme comme un maillon d'une chaîne sociétale.
  • Le Rite écossais ancien et accepté (REAA) : rite davantage spiritualiste. Il fut fondé en 1804 à Charleston (Etats-Unis) et revendique sa filiation la Grande Loge anglaise des Anciens. Le rite invite le maçon à élaborer son « temple intérieur ». Si il est minoritaire au sein du Grand Orient de Belgique, il est l’un des rites maçonniques les plus pratiqués au monde.

Jusqu'en 1845, le GOB pratique le Rite des Modernes (nommé Rite écossais reformé) en sept étapes (3 degrés et 4 ordres) et effectue ses travaux aux grades bleus et capitulaires. En effet, une lettre adressée en 1845 à l'Orient de Bruxelles par « Les Vrais Amis de l’union et du progrès Réunis » demande la création d’une « Chambre d’Administration » au sein du GOB pour administrer les Hauts grades du Rite Moderne. La demande ne sera pas traité par l'Orient de Bruxelles, laissant intact le fonctionnement traditionnel de Chapitres et Loges souverain(ne)s[7].

Francs-maçons célèbres du G.O.B.[modifier | modifier le code]

Grands Maîtres[modifier | modifier le code]

  • De 1833 à 1841: Goswin de Stassart (1780-1854). Homme politique et écrivain. Premier Grand Maître du GOB.
  • De ... à ... : Bruno Renard (1804-1879). Lieutenant-général, homme politique libéral et ministre.
  • De 1854 à 1862 : Théodore Verhaegen (1796-1862). Fondateur de l'Université libre de Bruxelles en 1834.
  • De ... à ... : Henri Bergé (1835-1911). Homme politique, scientifique et recteur de l'U.L.B.
  • De ... à ... : Émile De Mot (1835-1909). Homme politique libéral et bourgmestre de Bruxelles.
  • De 1937 à 1939 : Jules Hiernaux (1881-1944). Homme politique socialiste.
  • De 1945 à 1947 : Leonce Mardens. Honoris causa
  • De 1947 à 1950 : Edmond Troch
  • De 1950 à 1953 : Walther Bourgeois
  • De 1954 à 1957 : Robert Hamaide (1907-1979). Juriste, fondateur de La Pensée et les Hommes.
  • De 1957 à 1959 : Leopold Remouchamps
  • De ... à ... : Victor-Gaston Martiny (1916-1996). Architecte et historien de l'architecture.
  • De 1999 à 2001 : Adolphe Adolphy. Commercial
  • De 2005 à 2008 : Henri Bartholomeeusen. Avocat et président du Centre Action Laïque.
  • de 2008 à 2011 : Bertrand Fondu. Avocat
  • Depuis 2011 : Jef Asselbergh.

Membres[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une tenue est une réunion rituelle dans une loge maçonnique.
  2. Jean van Win, Un roi franc-maçon : Léopold Ier de Belgique, Marcinelle,‎ 2006 (ISBN 9782804024581).
  3. a et b « Un jubilé maçonnique en pleine lumière », sur http://www.lalibre.be.
  4. a et b « 175 ans et plus », sur http://www.gob.be.
  5. « Nos loges », sur http://www.gob.be
  6. « Les rites du Grand Orient de Belgique », sur http://www.gob.be
  7. « Histoire d'hier ... et d'aujourd'hui. », sur http://www.johaben.be

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Lemaire, La Franc-maçonnerie en Belgique, les Loges symboliques, Paris, Editions maçonniques de France, coll. « Encyclopédie Maçonnique »,‎ 2000 (ISBN 2-903846-64-2)
  • Robert Robbrecht (direction), Le Grand Orient de Belgique et la loge « Les amis philanthropes n°2 » face aux fascismes (1930-1945), Logos,‎ 2011 (ISBN 9782960109733)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]