Grand Orient de Belgique

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Grand Orient de Belgique

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Cadre
Forme juridique Association sans but lucratif
But Obédience maçonnique
Fondation
Fondation 23 février 1833
Fondateur Goswin de Stassart
Origine Drapeau de la Belgique Belgique
Identité
Siège Rue de Laeken, 79 - 1000 Bruxelles
Structure Rassemble 127 loges
Personnages clés Théodore Verhaegen, Émile De Mot, Henri Bergé
Président Jef Asselbergh (grand maître depuis 2011)
Affiliation AMIL, GLB, CLIPSAS
Membres 10 125 (mars 2012)
Publication Logos, Editions du GOB
Site web www.gob.be

Le Grand Orient de Belgique (GOB ou G∴ O∴ B∴ en typographie maçonnique) est une obédience maçonnique nationale belge installée le 23 février 1833. Ayant aboli en 1854 l'article condamnant tout sujet politique ou religieux en loge et en 1872 l'obligation pour ses membres de se référer au « Grand Architecte de l'Univers », le Grand Orient de Belgique est une obédience dite « libérale » et « adogmatique ».

Fédération cosmopolite et progressive de loges maçonniques libres et souveraines où les membres sont « initiés », il n'en est pas moins une association sans but lucratif régie par des règles écrites, fondées sur le principe du suffrage universel qui s'exerce sur toutes ces structures.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un vitrail décorant l'immeuble siège de l'asbl «Union et Philantropie», rue de Laeken.

Débuts du Grand Orient[modifier | modifier le code]

Lors d'une tenue[N 1] le 16 janvier 1833 la « Grande Loge d'administration des Pays-Bas méridionaux » se mue, suite au rejet de l'autorité de l’obédience néerlandaise, en Grand Orient de Belgique. Elle bénéficie de la protection du roi Léopold Ier, qui est franc-maçon selon les règles de l'époque[1][N 2].

En 1854, le Grand Orient supprime l’article interdisant toute discussion en loge de sujets politiques ou religieux. L'obédience sort ainsi de la régularité maçonnique et du groupe dit : « des obédiences régulières ». Dix-huit ans plus tard, en 1872, après des discussions de plusieurs années, le GOB modifie ses statuts et règlements généraux et supprime la référence au Grand Architecte de l’Univers[2] - l'obligation d'invocation. Les préceptes et rituels maçonniques s'en trouvent déchristianisés. Quelques mois plus tard, la lutte pour le progrès social est inscrite au programme de l'obédience[3].

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Timbre du Grand Orient de Belgique commémorant en 1983 son 150e anniversaire

En 1959, le Grand Orient de Belgique connait une scission. Celle-ci conduit à la création de la Grande Loge de Belgique dont se séparent, en 1979, neuf loges qui créent la Grande Loge régulière de Belgique, seule obédience actuellement reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre.

En 1987, lors du 150e anniversaire du Grand Orient de Belgique, le maçonnologue Marcel De Schampheleire déclare :

« L’histoire nous montre l’apport important de la franc-maçonnerie belge à tout ce qui peut contribuer à la « construction du Temple de l’Humanité ». La réalisation de ces objectifs rencontre parfois des résistances, suscite d’autres fois des tensions, s’accompagne de réactions à ces actions […] Une attitude à l’origine religieuse fait place à une ouverture vers le libre examen et une pensée non-dogmatique, pour aboutir à la prédominance d’une laïcité prononcée chez les frères du Grand Orient[3]. »

Au début du XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En 2003, le Grand Orient de Belgique participe à la création de l'obédience « Souverän Gross Oriënt von Deutschland » (SGOvD), située à Frankfort/Offenbach[2]. Il est aujourd'hui majoritaire en Belgique. Au 1er mars 2012, l'obédience compte 110 loges bleues ou symboliques, qui regroupent 10 125 frères. Sur ces 110 loges, 29 sont situées en Flandre (au Nord), 34 à Bruxelles, 46 en Wallonie (au Sud) et une au Burundi (Bujumbura). Il n'existe pas, à l'heure actuelle, de loge germanophone travaillant sous ses auspices. La moyenne d'âge est de 61 ans. L'âge moyen des frères initiés est de 47 ans.

Le Grand Orient de Belgique entretient des relations fraternelles officielles avec la plupart des obédiences maçonniques présentes sur le territoire belge, notamment :

En 2014, l'obédience comprend 127 loges.

Principes[modifier | modifier le code]

  • Reconnaissance de la devise républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité comme des valeurs essentielles de nature à favoriser la vie dans un monde tolérant.
  • « L'obédience (...) requiert de ses membres probité, dévouement et désir d’apprendre. »
  • Respect de la laïcité, présenté par Bertrand Fondu comme le combat essentiel au XXIe siècle[4].
  • Les tenues sont basées sur les principes de la libre expression et du libre examen.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Loges[modifier | modifier le code]

Les loges sont souveraines et prennent ainsi la responsabilité de procéder à l'initiation maçonnique. La loge souveraine confère donc la qualité de maçon à ses membres et assure la régularité des travaux et le lieu de ses réunions. Au Grand Orient de Belgique la loge maçonnique est perçue comme une « structure évolutive résultant des réflexions de ses membres et des modifications de sa composition »[5].

Rites[modifier | modifier le code]

Tablier de Vénérable Maître du Rite Français Moderne (régulateur 1801)

La grande majorité des loges maçonniques du GOB travaillent - aux trois degrés d’apprenti, de compagnon et de maître - suivant deux rites[6] :

  • Le Rite français Moderne (RFM) : rite fondateur du Grand Orient de Belgique. Il est inscrit dans la filiation de la Grande Loge de Londres de 1717 dite « Grande Loge des Moderns ».
  • Le Rite écossais ancien et accepté (REAA) : Il fut fondé en 1804 à Charleston (États-Unis) et revendique sa filiation la Grande Loge anglaise des anciens. S'il est minoritaire au sein du Grand Orient de Belgique, il est l’un des rites maçonniques les plus pratiqués au monde.

Mixité[modifier | modifier le code]

Article connexe : Femmes en franc-maçonnerie.

Le Grand Orient de Belgique est exclusivement masculin ; ses loges n'initient que des hommes. Les loges peuvent cependant décider d'accueillir des sœurs selon des modalités décidées par chaque loge.

En septembre 2009, Betrand Fondu, alors grand maître de l'obédience déclare, en référence à une commission d'étude interne, que :

« Le GOB entend respecter l’avis de ses membres et c’est pourquoi cette consultation a été lancée. Mais entendons-nous bien : il s’agit bien ici de savoir si à terme on doit envisager la création de loges mixtes ou non mixtes voire masculines ou féminines. En fait, la maçonnerie que nous représentons a bien évidemment suivi l’évolution de la société et il ne faut plus lire les textes fondateurs de manière littérale. C’est ainsi que nos Loges qui n’initient que des hommes peuvent décider souverainement d’accueillir des sœurs comme visiteuses soit à tout moment, soit lors de circonstances particulières comme des initiations, la célébration des solstices ou encore des tenues anniversaires[7]. »

La réflexion juridique du Grand Collège du Grand Orient de Belgique se clôture un mois après. La conclusion parait dans la presse et annonce une position favorable à la mixité c'est-à-dire à la possibilité que l'obédience belge, qui compte alors 10 000 frères, initie des femmes[4]. La délibération finale s'est prononcée en mars 2011.

Pratique des « hauts grades maçonniques »[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Hauts grades maçonniques et Ordres de Sagesse.

Jusqu'en 1845, le GOB pratique le Rite des Modernes (nommé Rite écossais reformé) en sept étapes (trois degrés et quatre ordres) et effectue ses travaux aux grades bleus et capitulaires. En effet, une lettre adressée en 1845 à l'orient de Bruxelles par « Les Vrais Amis de l’union et du progrès réunis » demande la création d’une « chambre d’administration » au sein du GOB pour administrer les hauts grades du Rite Moderne. La demande ne sera pas traité par l'orient de Bruxelles, laissant intact le fonctionnement traditionnel de chapitres et loges souverain(ne)s[8]. Le Grand Orient de Belgique entretient néanmoins des liens fraternels avec certaines structures et organismes indépendants qui administrent les hauts gradesside degrees»). Ces corps fédérateurs sont entre autres le « Souverain Chapitre des amis philanthropes » depuis 1802 et le « Chapitre libre et souverain des amis philanthropes » (scission du premier) depuis 1961.

Direction de l'obédience[modifier | modifier le code]

Liste des dirigeants[modifier | modifier le code]

Théodore Verhaegen avec ses décors, XIXe siècle

Francs-maçons célèbres du GOB[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une tenue est une réunion rituelle dans une loge maçonnique.
  2. Si le GOB a pu bénéficier de la protection de Léopold 1er, il semble aujourd'hui admis qu'il n'a jamais mis les pieds dans une loge.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean van Win, Un roi franc-maçon : Léopold Ier de Belgique, Marcinelle,‎ 2006 (ISBN 9782804024581).
  2. a et b « Un jubilé maçonnique en pleine lumière », sur http://www.lalibre.be.
  3. a et b « 175 ans et plus », sur http://www.gob.be.
  4. a et b GUTIERREZ RICARDO, « « Le Grand Orient n’exclut plus la mixité » », Le Soir,‎ 21 octobre 2009, Page 18 (lire en ligne).
  5. « Nos loges », sur http://www.gob.be
  6. « Les rites du Grand Orient de Belgique », sur http://www.gob.be
  7. « La mixité a la loge en débat », sur http://www.lalibre.be.
  8. « Histoire d'hier ... et d'aujourd'hui. », sur http://www.johaben.be
  9. Dictionnaire historique de la laïcité en Belgique (lire en ligne), p. 76
  10. « Catalogue de brochures rationalistes », sur http://www.iev.be

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Lemaire, La Franc-maçonnerie en Belgique, les Loges symboliques, Paris, Editions maçonniques de France, coll. « Encyclopédie maçonnique »,‎ 2000 (ISBN 2-903846-64-2)
  • Robert Robbrecht (direction), Le Grand Orient de Belgique et la Loge « Les Amis philanthropes n°2 » face aux fascismes (1930-1945), Logos,‎ 2011 (ISBN 9782960109733)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]