Fort Niagara

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Fort Niagara
Image illustrative de l'article Fort Niagara
Présentation
Date de construction XVIIe XVIIIsiècle
Destination initiale Fort militaire
Propriétaire État
Protection inscrit Monument historique par arrêté du 4 juillet 1963
Géographie
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Région New York
Localité Niagara
Localisation
Coordonnées 43° 08′ 44″ N 78° 50′ 58″ O / 43.145622, -78.84944443° 08′ 44″ Nord 78° 50′ 58″ Ouest / 43.145622, -78.849444  
"Le Château"
Fort Niagara à l'époque de la Nouvelle-France.

Le fort Niagara est une fortification du XVIIe siècle construite à l'origine pour défendre les intérêts de la Nouvelle-France en Amérique du Nord. Il se situe près de Youngstown dans l'État de New York sur la rive droite de la Niagara à son embouchure dans le lac Ontario. La première structure, appelée Fort Conti, fut bâtie en 1678 par René Robert Cavelier de La Salle.

Origine française[modifier | modifier le code]

Parti du Fort Frontenac avec une trentaine d'hommes, dont le récollet Louis Hennegin, que le sieur de La Salle fit construire le fort Conti et un brigantin, le Griffon, et c'est le 7 août 1679 que le petit navire s'éloigna de Niagara en direction de Michillimakinac, où il arriva 20 jours plus tard.

Suite à une grande campagne militaire au pays des Tsonnontouans ou nommé aussi Sénécas (Iroquois), l'armée française, accompagnée de miliciens, au nombre de 2200 hommes, abandonnent le 25 juillet 1687 le fortin situé sur le lac Ontario au bord de la rivière des Sables (Genesse). Le petit fort est brûlé et l'armée du gouverneur Denonville quitte le pays dévasté des Tsonnontouans. Le 26 juillet la flottille hisse les voiles pour cette fois en longeant la rive ouest et nord du lac Ontario. Le 30 juillet l'armée arrive à l'embouchure de la rivière Niagara. Denonville choisit l'emplacement du fort à construire au bord du lac, sur une éminence escarpée.

Deux grandes barques de provisions arrivent du Fort Frontenac. Il y a même des bestiaux,... et les pioches, les pelles, les scies, les haches et autres outils nécessaires pour la construction du fort. Pendant ce moment de dépit pour les troupes, plusieurs officiers avec leurs escortes en profitent pour remonter les 25 kilomètres de la rivières Niagara pour admirer ses fameuses chutes, «cette effroyable cataracte» selon le baron Lahontan, «le plus grand sault qui soit au monde» selon La Salle.

Le 31 juillet 1687, le gouverneur de Nouvelle-France, le marquis de Denonville, fait ériger un nouveau fort sur cet emplacement. Baptisé Fort Denonville. Denonville désigne le commandant du Fort Niagara qui est le chevalier Pierre de Troyes et nomme le capitaine Raymond Blaise des Bergères, ayant avec lui sa chienne «Vingt-Sols», pour commander la garnison. Ce fort, ils le construiront selon les plans conçus et dessinés par l'ingénieur militaire du Roi, Robert de Villeneuve.

L'hiver de 1687-1688 fut vécu tragiquement au Fort Niagara. Le scorbut s'étant déclaré parmi la garnison, presque tous les hommes y succombèrent, dont le Chevalier de Troyes le 8 mai 1688. Seuls 12 soldats et leur officier le capitaine Des Bergères, survécurent. Il devint le nouveau commandant du fort, mais pas pour longtemps.

Le fort ne durera que jusqu'en août 1689, lorsqu'il est abandonné, puis brûlé par les Sénécas ou par le commandant des Bergères (selon d'autres sources). Car Denonville ordonna le démantèlement du fort pour favoriser les négociations de paix avec le gouverneur de New York, Dongan. Le commandant du fort, des Bergères, rentre à Montréal avec sa garnison et son chien «Niagara».

En 1726, un nouveau fort est construit sur le même emplacement, malicieusement nommé poste de traite afin d'apaiser les Hodenosaunee, ou Iroquois. Toujours en 1726, il est remplacé par une bâtisse en pierre baptisée "La Maison de la Paix". Son nom courant de "Château français" ne sera pas usité avant le XIXe siècle. De plus, un magasin à deux étages nommé «Maison à Machicoulis» fut construit par l'ingénieur français Gaspard-Joseph Chaussegros de Lery. Précisons que trois ans auparavant, les Tsonnontouans n'étaient pas opposés à ce que le poste de traite fut transformé en un fort assez vaste pour abriter 300 soldats. Toujours est-il qu'il fut un important poste militaire et de traite qui contrôlait la route vers la vallée de l'Ohio.

Fort Niagara vu du côté canadien

Chabert de Joncaire est le nouveau commandant en 1726 au fort Niagara.

Le fort sera agrandi jusqu'à sa taille actuelle en 1755 en raison de la guerre de Sept Ans, appelée aussi la guerre franco-indienne, entre la France et la Grande-Bretagne.

Le capitaine-ingénieur Pierre Pouchot, avec le Régiment de Béarn et le 2e bataillon du Régiment de Guyenne, est envoyé en juillet 1755 à fort Niagara. En octobre 1757, on lui retire son commandement. En mars 1759, on le retrouve encore une fois pour commander le fort. Il nous a laissé un mémoire sur cette guerre désastreuse pour la France.

En juillet 1759, le fort est cédé aux Britanniques après un siège et la terrible bataille de La Belle-Famille.

Article détaillé : Bataille de Fort Niagara.

En effet, l'attaque réussie du fort Niagara fut un engagement militaire d'importance pour l'Irlandais d'origine le commandant Johnson. Sous la conduite de John Prideaux, les Britanniques, ayant échappé à la vigilance de la garnison du commandant Pierre Pouchot, concentrèrent autour du fort, au début juillet une force armée composée d'environ 3 300 réguliers et de provinciaux, Johnson, commandant en second, était responsable d'un contingent de quelque 940 Amérindiens. Après moins de deux semaines de siège, Prideaux fut tué et Johnson devint le nouveau commandant.

Sous contrôle britannique[modifier | modifier le code]

Reconstitution des uniformes britannique en 1812 au vieux fort Niagara

Le fort est resté entre les mains des Britanniques pour les prochains trente-sept ans.

Au cours de la guerre d'Indépendance américaine, le Fort Niagara sert de principal dépôt de ravitaillement et de base loyaliste pour les troupes britanniques dans l'État de New York. Les Rangers de John Butler (un milicien conservateur dans le commandement de l'armée britannique) et leurs alliés les Sénécas, y faisaient des incursions sur les voies de ravitaillement des troupes rebelles. Le lieutenant-colonel William Stacy, un officier de haut rang de l'Armée continentale, fut capturé lors de l'attaque de Cherry Valley dans l'État de New York, par les Rangers de Butler. Il fut détenu en captivité au Fort Niagara au cours de l'été 1779.

Niagara est devenu tristement célèbre pour la boisson, la bagarre, la prostitution et la tricherie. Des tavernes, des magasins et des bordels ont germés sur «le fond», des rives du bord de l'eau, au-dessous de la forteresse.

Bien que le Fort Niagara fût cédé aux États-Unis après le traité de Versailles qui mit fin à la guerre d'Indépendance américaine en 1783, la région reste effectivement sous contrôle britannique pendant treize ans. C'est seulement après la signature du traité de Jay que les forces américaines occupent le fort en 1796. Dans l'intervalle, les Loyalistes qui fuient la persécution dans les nouveaux États-Unis ont reçu des terres, généralement de 200 acres par habitant dans le Haut-Canada (et dans les cantons de l'Est au Québec) et certaines personnes furent soutenues dans les premières années, en partie avec l'aide des magasins de l'armée du fort.

Lors de la guerre Américano-britannique de 1812, le fort est toujours lieu stratégique pour les Anglais. Ainsi les Britanniques capturent le fort durant la nuit du 19 décembre 1813. Les forces britanniques ont renoncé aux États-Unis avec le traité de Gand. Il appartient aux États-Unis depuis.

Possession américaine[modifier | modifier le code]

À partir du traité de Gand, le 24 décembre 1814, il est occupé par l'US Army jusqu'à sa désaffectation en 1963. Fort Niagara a servi à l'entraînement des troupes lors de la guerre hispano-américaine et de la Première Guerre mondiale et a été transformé en camp de prisonniers pendant la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Fort Niagara a été rénové et est maintenant un parc et un musée.

Source[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Mémoires sur la dernière guerre de l'Amérique septentrionale entre la France et l'Angleterre, par Pierre Pouchot, Éditions du Septentrion, 2003, ISBN 2-8944-8303-1

Autres lectures[modifier | modifier le code]

  • Journal d'une expédition contre les Iroquois en 1687 par le chevalier Louis de Baugy, Ernest Louis, Éditeurs, 1883
  • Niagara 1814: The final invasion, par Jon Latimer, Osprey Publising, 2009, (ISBN 978-184603439-8)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]