Roc-de-Sers

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Le Roc-de-Sers
Image illustrative de l'article Roc-de-Sers
Plateforme d'interprétation en 2015
Coordonnées 45° 34′ 30″ nord, 0° 19′ 46″ est
Pays Drapeau de la France France
Département français Charente (Nouvelle-Aquitaine)
Vallée Échelle
Localité voisine Sers
Voie d'accès D.87
Altitude de l'entrée 130 m
Type de roche Calcaire
Signe particulier grotte ornée
Occupation humaine Paléolithique supérieur, 25 000 av. J.-C.
Protection classé

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Le Roc-de-Sers

Géolocalisation sur la carte : Charente

(Voir situation sur carte : Charente)
Le Roc-de-Sers

Le Roc-de-Sers est un site archéologique regroupant plusieurs grottes ornées et abris-sous-roche, situé sur la commune de Sers, en Charente, au sud-est d'Angoulême.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le Roc-de-Sers est situé sur la commune de Sers, à 15 km au sud-est d'Angoulême et à 2 km au sud du bourg de Sers, au lieu-dit le Roc, d'où son nom.

Le gisement est constitué d'une suite de grottes et d'abris situés dans la paroi d'une falaise de calcaire crétacé supérieur (Turonien supérieur) d'environ 20 m de haut creusée par un affluent de l'Échelle, dans la forêt d'Horte.

La grotte principale se trouve sur le flanc de la falaise, à une altitude d'environ 130 m ; elle fait face au sud et elle est située à 200 m à l'est de l'Échelle et de la D87 qui emprunte cette vallée.

Histoire[modifier | modifier le code]

La grotte de la Vierge a été fouillée au XIXe siècle, la grotte Est a été fouillée par A. Favraud, la grotte de la Fontaine par Thuret puis par Léon Henri-Martin vers 1909. En 1950, une fouille de contrôle a été conduite par Germaine Henri-Martin.

La grotte du Roc a été découverte en 1907, fouillée par Favraud en 1908. Le préhistorien Léon Henri-Martin a repris les fouilles en 1927.

Topographie[modifier | modifier le code]

Le gisement est constitué de la grotte de la Fontaine, la grotte de la Vierge, la grotte du Roc et la grotte Est.

Stratigraphie[modifier | modifier le code]

À partir des stratigraphies relevées par Léon Henri-Martin et Germaine Henri-Martin, Sophie Tymula a élaboré une corrélation qui donne une couche 1 de calcaire en place, une couche 2 solutréenne, une couche 3 paléolithique à feuilles de laurier[pas clair] et une couche 4 de terre végétale[1].

Restes humains[modifier | modifier le code]

Le gisement a livré en 1923 une sépulture contenant trois squelettes ensevelis côte-à-côte recouverts de pierres et de trois dalles. Initialement rattachée au Solutréen ou au Magdalénien, cette sépulture date en réalité de 3020 ± 110 av. J.-C. et appartient donc à l'âge du Bronze.

Faune antique[modifier | modifier le code]

Le Roc-de-Sers fait partie des sites ayant livré de l'antilope saïga (Saiga tatarica)[2].

Outils et objets[modifier | modifier le code]

Industrie lithique[modifier | modifier le code]

L'Aurignacien n'est représenté que dans le grotte de la Fontaine par des grattoirs, des burins et des lamelles.

La grotte Est a livré des pointes à dos rabattu. Dans la grotte du Roc, l'industrie lithique du Périgordien est très riche, feuilles de laurier, pointes à crans, grattoirs doubles, grattoirs burins et grattoirs en éventail[1].

Industrie osseuse[modifier | modifier le code]

Elle comprend des pointes en bois de Renne aurignaciennes, des perçoirs périgordiens, des aiguilles, des lissoirs, des ciseaux en bois de renne certains décorés, des armatures de sagaie elles aussi en bois de renne[1].

Art pariétal[modifier | modifier le code]

Il se présente sous la forme de 14 blocs sculptés attribués au Solutréen final. Ces blocs constituaient une frise sur une paroi qui s'est effondrée ce qui rend la reconstitution difficile. Un bloc présentait encore des traces de colorant. La gravure associe les techniques du champ-levé et de la ronde bosse[1].

Sur trois blocs sont représentés des frises sculptées de chevaux et sur deux des petits chevaux, sur deux des bouquetins, et aussi un bison, un bison à tête de suidé, des cervidés. Le plus remarquable présente un humain portant un bâton sur l'épaule poursuivi par un bovidé[3].

La frise sculptée est conservée au musée d'archéologie de Saint-Germain-en-Laye mais une reproduction est présentée sur place.

Reproduction de la frise (11 morceaux)
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Art mobilier[modifier | modifier le code]

Les éléments de parure datés du Solutréen sont des pendeloques en calcaire poli, des dents percées.

Le Roc-de-Sers a aussi livré des plaquettes gravées[1].

Mesures de préservation[modifier | modifier le code]

Le site est classé monument historique depuis 1979[4].

Depuis mai 2015, il a été aménagé pour le public avec plateforme et espace d'interprétation ; il est en accès libre. Une reproduction de la frise est exposée[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e André Debénath, Néandertaliens et Cro-Magnons, les temps glaciaires dans le bassin de la Charente, Le Croit Vif, 2006 (ISBN 2-916104-00-3)
  2. Tymula 2005
  3. Jean Airvaux, Louis Duport, Francis Lévêque, Un siècle de recherches préhistoriques en Charente. La Charente Paléolithique dans son contexte régional. Association pour la valorisation du patrimoine préhistorique de la Charente
  4. « Roc de Sers », notice no PA00104515, base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. Bernadette Chassain, « Le Roc de Sers est ouvert au public », Sud Ouest,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Debénath, Néandertaliens et Cro-Magnons, les temps glaciaires dans le bassin de la Charente, Le Croît Vif, 2006, (ISBN 2-916104-00-3).
  • Sophie Tymula, L'art solutréen de Roc-de-Sers, Maison des sciences de l'Homme, 2002, (ISBN 2-735108-082).