Guerre des Cimbres

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Migration des teutons, des Cimbres et des Ambrons.
Battle icon gladii red.svg Défaites cimbres et teutonnes.
Battle icon gladii green.svg Victoires cimbres et teutonnes.

Vers -120, Cimbres,Teutons et Ambrons, vraisemblablement poussés par la famine et peut-être par la migration des Germains scandinaves vers le sud, se déplacent vers l'Europe centrale. Lors de leur périple initial en Germanie ils sont rejoints par une partie des Helvètes et probablement des Boïens.

Premières défaites romaines[modifier | modifier le code]

Vers -115 les Cimbres et leurs alliées sont aux prises avec les Taurisques en Norique. À la demande du consul romain Gnaeus Papirius Carbo pressentant la défaite de ces derniers, Rome décide d'intervenir.

Les Romains exigent que les Cimbres et leurs alliés quittent la Norique, effectuent une démonstration de force puis le consul Carbo prend une position défensive. Les Cimbres obtempèrent mais, découvrant une embuscade tendue par les Romains, décident de les attaquer à Noreia en -113 et défont sévèrement les légions. Ce premier important revers militaire de Rome depuis la deuxième Guerre punique eut pour conséquence immédiate le renforcement du pouvoir militaire dans la République romaine.

Alors que la route de l'Italie leur est ouverte, les Cimbres et leurs alliés se déplacent vers les champs Décumates et pénètrent en Gaule transalpine. Après un premier périple en Gaule transalpine et Celtibérie, il défont en -109 l'armée du consul Marcus Junius Silanus en Narbonnaise puis celle de Lucius Cassius Longinus Ravilla qui est tué près de Burdigala. En -107 les Tigurins défont les légions à la Bataille d'Agen. En -105 les Cimbres remportent la Bataille d'Orange contre les Romains et s'engagent dans la Péninsule Ibérique d'où ils sont expulsés par les Celtibères.

Défaites des Cimbres et Teutons[modifier | modifier le code]

Lors de leur périple en Gaule transalpine, Ambrons, Tigurins et Boïens se séparent des Cimbres. Il est probable que les Boïens se soient installés en Gaule aquitaine et les Ambrons en Gaule belgique (Éburons ?), quant aux Tigurins ils réintègrent le Wurtemberg au côte des autres Helvètes avant d'en être expulsés par les Suèves. Ces mêmes Tigurins seront défaits par Jules César sur le territoire des Ambarres lors de la tentative de migration des Helvètes vers l'ouest de la Gaule transalpine...

Teutons[modifier | modifier le code]

Marius réussit à les défaire lors de la bataille d'Aix-en-Provence (Aquæ Sextiæ) en 102 av. J.-C.. Le roi des Teutons Teutobod y est fait prisonnier. On raconte que les femmes prisonnières se suicident en masse.[réf. souhaitée]

Cimbres[modifier | modifier le code]

La défaite des cimbres, par Alexandre-Gabriel Decamps.

En 101 av. J.-C., les Cimbres arrivent en Italie et se retrouvent face à 10 légions romaines dirigées par Marius, le vainqueur des Teutons. À la bataille de Verceil, les troupes cimbres sont décimées et leur roi Boiorix meurt ; selon la rumeur, les derniers survivants (femmes et enfants inclus) se suicident plutôt que de devenir esclaves[1]. D'autres auteurs supposent qu'ils se sont peut-être rendus pour rester en Gaule, terre plus hospitalière que leurs régions d'origine.

Une victoire romaine en combat singulier (tel qu'habituellement pratiquée par les peuples germaniques) a peut-être provoqué la capitulation du groupe tout entier. Aujourd'hui, on estime que ce sont les famines et le climat défavorable qui poussèrent ces peuples à émigrer. Grâce au contenu de l'estomac de corps momifiés conservées dans la tourbe, ainsi qu'à leur ADN, il a été possible de reconstituer le régime alimentaire des Cimbres, ainsi que leurs carences, lesquelles trahissent de très nombreuses famines, particulièrement pendant les hivers.

L'invasion des Cimbres et des Teutons, qui menaça même Rome, est ainsi décrite par Théophile Lavallée :

« Les hordes de Kimris[2] qui habitaient sur les bords de la Baltique se déplacèrent tout à coup, entraînant avec elles des hordes de Teutons ; elles remontèrent l'Elbe, traversèrent le Danube, ravagèrent la Norique et l'Illyrie pendant trois ans, entrèrent dans l'Helvétie, dont les peuples se joignirent à elles, pénétrèrent chez les Belges qui leur résistèrent, se retournèrent sur la Gaule centrale qu'elles ravagèrent de fond en comble et attaquèrent la Provence. Déjà six armées romaines avaient été détruites et l'Italie tremblait, quand ces Barbares se jetèrent sur l'Espagne, la pillèrent pendant deux ans, revinrent dans la Gaule et se décidèrent à attaquer l'Italie par deux bandes, les Teutons par les Alpes maritimes, les Kimris par les Alpes centrales. Mais Rome avait envoyé son plus grand capitaine, Marius, en Provence. (...) Il détruisit les Teutons dans une bataille si terrible que le champ fut engraissé pendant plusieurs siècles et porte encore le nom de Pourrières [en 102 avant Jésus-Christ]; de là, il passa en Italie, et quand les Kimris descendirent des Alpes, il les anéantit près de Verceil [en 101 avant Jésus-Christ], dans une bataille encore plus terrible, où il fallut exterminer jusqu'aux femmes et jusqu'aux chiens des Barbares[3]. »

Jules Michelet décrit ainsi la Guerre des Cimbres :

« Des peuples jusque-là inconnus aux Romains, des Cimbres et des Teutons des bords de la Baltique, (...) étaient descendus vers le midi. Ils avaient ravagé toute l'Illyrie, battu, aux portes de l'Italie, un général romain[4], et tourné les Alpes vers l'Helvétie dont les principales populations, Ombriens ou Ambrons, Tigurins (Zurich) et Tughènes (Zug) grossirent leur horde. Tous ensemble pénétrèrent dans la Gaule, au nombre de trois cent mille guerriers ; leurs familles, vieillards, femmes et enfans, suivaient dans des chariots. Au nord de la Gaule, ils trouvèrent d'anciennes tribus cimbriques et leur laissèrent, dit-on, en dépôt une partie de leur butin. Mais la Gaule centrale fut dévastée, brûlée, affamée sur leur passage. Les populations des campagnes se réfugièrent dans les villes pour laisser passer le torrent et furent réduites à une telle disette, qu'on essaya de se nourrir de chair humaine. (...) Les Barbares, enhardis, voulaient franchir les Alpes. Ils agitaient seulement pour savoir si les Romains seraient réduits en esclavage ou exterminés[5]. »

Conséquences[modifier | modifier le code]

La Guerre des Cimbres et la Guerre de Jugurtha ont eu une influence particulière, tant sur la carrière de Marius que sur les importantes réformes des institutions et les réformes de l'armée qu'il a introduites. C'est le début de la rivalité entre Marius et Sylla, qui allait conduire à la Grande guerre civile de -88 à -87.

En réalité, suite à ces victoires, Rome récoltera de ces tribus vaincues plus d'esclaves qu'il ne lui en faut. Cette masse servile sera l'un des facteurs de nombreux troubles et révoltes serviles, dont la plus connue menée par Spartacus.

Quelques villages du nord de l'Italie sont connus pour avoir été d'ascendance Cimbre[réf. nécessaire].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jérôme, lettre 123, 8, 409 et Florus, Epitome rerum Romanarum, III, IV, partim
  2. Les Kimris-Teutons sont un aure nom des Cimbres
  3. Théophile Lavallée, "Histoire des Français depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1830", tome 1, 1841, consultable http://www.octonovo.org/RlC/Fr/biblio/Boudet/hbolc_ch1.htm
  4. Gnaeus Papirius Carbo (consul en -113)
  5. Jules Michelet, "Histoire romaine", première partie, 1883, consultable http://books.google.fr/books?id=TdUIS6cceK4C&pg=PA191&lpg=PA191&dq=Tugh%C3%A8nes&source=bl&ots=_5whX9H9vl&sig=unbGWJuBMwrQxA0DBscZPVMhIhQ&hl=fr&sa=X&ei=7JtIT5vFE8KB8gOso9iTDg&ved=0CCUQ6AEwAQ#v=onepage&q=Tugh%C3%A8nes&f=false

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire de Hainaut, tome III,, traduite en français, avec le texte latin en regard, et accompagnée de notes (le texte est publié la première fois sur deux manuscrits de la bibliothèque du Roi) [by marq. Fortia d'Urban. With] Suppl. Annales de Hainaut, par Jacques de Guyse, Jean Lefevre, Imprimerie de H Fournier, rue de Seine, n°14. À Paris, chez A. Sautelet et Cie, Libraires, Place de la Bourse. A bruxelles, chez Arnold Lacrosse, Imprimeur-Libraire, M DCCC XXVII (période couverte : depuis la guerre du consul Fabius contre les Arvernes, l'an 121 avant notre ère jusqu'à, la défaite de Quintilius Varus, l'an 9 de notre ère.)

Liens externes[modifier | modifier le code]