Trévires

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Carte des peuples gaulois.

Les Trévires (latinisé en Treveri) étaient un peuple celte du groupe belge, localisé dans l’est de Gaule (Gaule belgique ou Belgica selon la terminologie des auteurs romains). Leur nom est à l'origine de la ville de Trèves en Allemagne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le groupe des Belges orientaux, à savoir les Trévires (Treveri), les Médiomatriques (Mediomatrici) et les Leuques (Leuci), affirment par leur histoire légendaire être originaire des bords du Rhin. L'étude de leurs différentes capitales successives, par Stéphane Fichtl, montre une translation progressive vers l'ouest, retrouvant ainsi un éloignement lent et progressif des contrées rhénanes.

Avant et après la conquête romaine, les cavaliers trévires semblent détenir une hégémonie sur le groupe des Belges orientaux. La répression romaine à la suite de la révolte de Civilis en l'an 70 sonne le glas de cette domination. Le conservatisme des découpages administratifs gallo-romains est encore observable à l'époque carolingienne, où les entités territoriales ou diocèses nés des anciennes vastes cités des Belges orientaux épousent quelque temps l'espace de la Lotharingie supérieure ou Lorraine primitive, en voie de rétraction.

Localisation[modifier | modifier le code]

Denier d'argent “au personnage dansant” frappé par les Trévires.Date : c. 80-50 AC. Description avers : Personnage dansant à droite, la tête retournée, tenant un torque d’une main et un glaive de l’autre ; une ligne perlée entre la jambe et le bras ; grènetis.Description revers : Cheval à droite, retournant la tête en arrière ; grènetis ou listel chevronné.
Reconstitution d'un habitat trévire à Altburg.

Le territoire des Trévires couvrait approximativement l’actuel Luxembourg et les régions avoisinantes[1] ; il couvrait l'espace compris entre les Ardennes et le Rhin. Ils avaient pour voisins les Rèmes à l’ouest, les Médiomatrices au sud, les Vangions à l’est, les Ubiens et les Éburons au nord.

  • Leur capitale était l’oppidum de Titelberg (ou Tietelberg; Tëtelbierg en luxembourgeois), installé sur un mont dominant la vallée de la Chiers, près de l’actuelle frontière avec la France, et dont les premiers vestiges (un mur analogue au murus gallicus) pourraient remonter au Ve siècle av. J.-C. Des fouilles menées au XXe siècle ont révélé des matériaux d’époques hallstattienne, laténienne et, plus tardivement, gallo-romaine.
  • Les autres oppida (qui sont également des sanctuaires) seraient : Wallendorf, Kastel, le Martberg, le Donnersberg.
  • C’est sur le territoire des Trévires que se trouve le Hunnenring (improprement appelé le « rempart des Huns »), à Otzenhausen. Il s’agit d'une enceinte dont le début de la construction date de la fin de la période de Hallstatt (Ve - VIe siècle av. J.-C.) à vocation défensive contre les peuples germains[2].

Selon Tacite, « comme les Nerviens, ils affectionnaient hautement leur origine germanique, disant que ce sang noble les séparait de toute similitude [avec les Gaulois] et de la paresse gauloise » (Germania, paragr. 28).

La Guerre des Gaules[modifier | modifier le code]

La Guerre des Gaules.

Les Trévires sont mentionnés à de nombreuses reprises dans les Commentaires sur la Guerre des Gaules de Jules César.

Au début de l'intervention romaine en Gaule, les Trévires servent d'abord de cavalerie auxiliaire à César[3]. Ils deviennent peu à peu menaçants[4], en 54 av. J.-C.

Indutiomaros, chef du parti anti-romain, parvient à éliminer son rival pro-romain, Cingétorix, en 54 av. J.-C. et prend la tête de la résistance aux Romains. Indutiomaros meurt lors d'une escarmouche[5], puis ses troupes sont battues[6]. Cingétorix est raffermi sur le trône. Les Trévires ne participeront pas à l'armée de secours d'Alésia en 52 av. J.-C..

Quadrand de la tribus des Trévires.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Wikisource[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Venceslas Kruta, Les Celtes, Histoire et Dictionnaire, page 844.
  2. Les fortifications celtes du « Hunnenring » d'Otzenhausen.
  3. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre II, 24
  4. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre V, 2.
  5. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre V, 58.
  6. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre VI, 7-8.