Catubodua

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Catbodua est une déesse guerrière de la mythologie celtique gauloise, dont le nom signifie « corneille (bodu) de combat (catu)». Elle ne nous est connue que par une seule inscription, datant de la période gallo-romaine, retrouvée à Ley, commune de Mieussy, en Haute-Savoie (région Rhône-Alpes). Elle semble avoir été un équivalent gaulois de la déesse irlandaise Badb.

Selon une autre interprétation, dans leur Répertoire des dieux gaulois (voir bibliographie), Nicole Jufer et Thierry Luginbühl font le lien avec d’autres déesses guerrières telles que Boudina, Bodua, et Boudiga, dont les noms partagent la même racine qui cette fois signifierait « victoire ». Catubodua pourrait ainsi être comparable à la déesse romaine Victoria et à la déesse grecque Niké.

Mais l'association de la corneille et de la guerre est par ailleurs bien connue dans la mythologie nordique, avec les fameuses Walkyries qui viennent se saisir des guerriers morts sur les champs de bataille.

Une légende romaine[modifier | modifier le code]

Une anecdote de la guerre entre Romains et Gaulois au IVe siècle av. J.-C., rapportée par Tite-Live, Aulu-Gelle et Denys d'Halicarnasse, pourrait faire référence à cette déesse. Un officier romain du nom de Marcus Valerius, est défié par un champion gaulois qu’il doit affronter dans un combat singulier. Quand le duel commence, une corneille atterrit sur le casque de Valerius et attaque le soldat gaulois qui, terrorisé par cette intervention divine, est facilement vaincu. Valerius adopte le cognomen Corvus (Corneille) et devient un célèbre général et politicien de la République romaine. Cette histoire n’est pas sans rappeler la mort du héros irlandais d’Ulster Cúchulainn, à laquelle Morrigan assiste sous forme d’une corneille, juchée sur son épaule.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul-Marie Duval, Les Dieux de la Gaule, Paris, éditions Payot,‎ février 1993, 169 p. (ISBN 2-228-88621-1)
    Réédition augmentée d'un ouvrage paru initialement en 1957 aux PUF. Paul-Marie Duval distingue la mythologie gauloise celtique du syncrétisme dû à la civilisation gallo-romaine.
  • Albert Grenier, Les Gaulois, Paris, Petite bibliothèque Payot,‎ août 1994, 365 p. (ISBN 2-228-88838-9)
    Réédition augmentée d'un ouvrage paru initialement en 1970. Albert Grenier précise l’origine indo-européenne, décrit leur organisation sociale, leur culture et leur religion en faisant le lien avec les Celtes insulaires.
  • Christian-J. Guyonvarc'h, Magie, médecine et divination chez les Celtes, Bibliothèque scientifique Payot, Paris, 1997 (ISBN 2-228-89112-6).
  • Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux :
    • Les Druides, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1986 (ISBN 2-85882-920-9) ;
    • La Civilisation celtique, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1990 (ISBN 2-7373-0297-8) ;
    • Les Fêtes celtiques, Rennes, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire »,‎ avril 1995, 216 p. (ISBN 2-7373-1198-7)
      Ouvrage consacré aux quatre grandes fêtes religieuses : Samain, Imbolc, Beltaine, Lugnasad.
  • Philippe Jouët, Aux sources de la mythologie celtique, Yoran embanner, Fouesnant, 2007 (ISBN 978-2-914855-37-0).
  • Venceslas Kruta, Les Celtes, Histoire et Dictionnaire, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins » , Paris, 2000 (ISBN 2-7028-6261-6).
  • Claude Sterckx, Mythologie du monde celte, Paris, Marabout,‎ octobre 2009, 470 p. (ISBN 978-2-501-05410-2).
  • Consulter aussi la bibliographie sur la mythologie celtique et la bibliographie sur la civilisation celtique.
  • Nicole Jufer and Thierry Luginbühl, Répertoire des dieux gaulois Éditions Errance, Paris, 2001, (ISBN 2-87772-200-7).