Belenos

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Belenos (homonymie).
Belenos
Dieu de la mythologie celtique

Belenos est un dieu gaulois dont de nombreuses inscriptions ont été mises au jour en Gaule cisalpine, en Gaule transalpine, en Illyrie et en Norique. Cette divinité brillante, brûlante, resplendissante a des correspondants évidents dans la mythologie celtique, à commencer par Grannos, Grannus en latin, chez les autres peuples celtes du continent. Il est parfois désigné par le théonyme de Maponos, c'est-à-dire le grand fils, qui rappelle le Mabon gallois. Il a les mêmes pouvoirs curatifs que le Diancecht irlandais. Sa parèdre continentale est la déesse Belisama, « la très brillante ou très rayonnante».

Belenos, en latin Belenus, a été assimilé précocément à l’Apollon du panthéon classique gréco-romain, à l'instar de Grannus.

Mythologie[modifier | modifier le code]

La racine indo-européenne bhel* signifie « brillant », « brûlant », « resplendissant », « éclatant ». Belenos doté de ces attributs est un dieu lumineux complémentaire de Lug. Belenos représente la lumière solaire ou les rayons solaires qui parviennent à la surface terrestre, alors que Lug, sorte de petit père de la création, représente la lumière stellaire, celle venant de l'ensemble des autres étoiles. Belenos est en quelque sorte diurne, laissant à Lug un rôle plutôt nocturne ou de support caché.

Dieu de l'harmonie et de la beauté, mais aussi de l'intuition, de l'invention et du raisonnement, ses fonctions principales restent la médecine et les arts. Il patronne les beaux-arts et guérit par la méditation.

Belenos était honoré le 1er mai, lors de la fête de Beltaine, qui marque une rupture dans l'année, le passage de la saison sombre à la saison claire, lumineuse. Lors de cette fête, les druides accomplissaient un rituel consistant à faire passer le bétail entre des feux, en récitant des incantations, pour le purifier et le protéger des épizooties. Tous les feux rituels lui étaient en partie associés, à commencer par les feux de la Saint Jean au solstice d'été et les bures préservés par la paysannerie à l'époque mérovingienne en période de carnaval (nuit veille du Mercredi des Cendres). Lors de cette dernière occasion, les sauts vigoureux des danseurs au-dessus du foyer collectif annonçaient la hauteur des récoltes (céréales, lin...) à engranger. Notons que la grandeur de la tige (donc de la paille) était attribuée à Lug ou à la Lune, alors que la grosseur du grain était conférée à Belenos/Grannos.

Tous les sanctuaires consacrés à la lumière ou au culte solaire étaient de son domaine, même lorsque leurs élaborations n'étaient point de l'initiative celte, comme par exemple Stonehenge. Son culte semble avoir été important dans l'ensemble du monde celtique puisque des inscriptions ont été retrouvées en Gaule cisalpine, en Gaule transalpine, en Illyrie et en Norique.

Son équivalent irlandais est Bile, le père de Mile, roi des Milesiens, le dernier peuple à envahir l’Irlande. Son équivalent gallois est Beli. Il faut aussi rapprocher Belenos du germanique Baldr (de même racine IE *bhel- « brillant, lumineux »).

L'irlandais Bile apparaît à la fin de la seconde bataille de Mac Tureadh (Cath Maighe Tuireadh), ainsi que Baldr dans la mythologie scandinave : les dieux sont affaiblis et une nouvelle génération assure le renouveau du monde. Ce passage du Lebor Gabála Érenn représente la version irlandaise de l'eschatologie indo-européenne (cf. Ragnarök, Mahābhārata). La retranscription chrétienne des mythes irlandais a simplement brouillé les pistes, faisant de l'arrivée des hommes mortels le but de l'histoire.

Le Belenos gaulois s'est fondu dans le gréco-romain Apollon, ne conservant qu'un aspect solaire tronqué. Ce rôle de sauveur que possède encore son équivalent irlandais n'a pas résisté au syncrétisme gallo-romain.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Son nom est très probablement à l'origine des toponymes du type Beaune (nom de plusieurs communes françaises (Beaune en Côte-d'Or et Beaune en Savoie, Beaune-d'Allier dans l'Allier, Beaune-la-Rolande dans le Loiret, Beaune-sur-Arzon en Haute-Loire ; et de villages ou lieux-dits : Beaune-le-Froid à Murol dans le Puy-de-Dôme. C'est aussi probablement l'origine du nom Beaunay, dont le principal bourg de la commune de Beauval-en-Caux (Seine-Maritime), également hameau à Contremoulins (Seine-Maritime) et aux Hogues (Eure), la commune de Beaunay dans la Marne.
On peut citer aussi les toponymes dérivés comme Bligny (Bligny-sur-Ouche, en Côte-d'Or, s'appelait Beligny au IXe siècle) ou Bellenot (Bellenot-sous-Pouilly en Côte-d'Or), et tous les dérivés de ces noms. Les toponymes Bel air, Belmont peuvent découler de la même racine, de même que Belenton, Barenton.

En ces endroits a pu exister un culte de Belenos, lié sans doute à son activité de guérisseur et à l'existence de sources sacrées. De telles sources sont attestées à Beaune (Côte-d'Or), où celle de l'Aigue a donné des ex-votos ; à Beaune-d'Allier, la fontaine Saint-Agnan, source sacrée gauloise christianisée, était connue pour ses vertus curatives. Mais la plupart des lieux de culte importants ont été christianisés et renommés par un saint ou un archange.

Divers[modifier | modifier le code]

Fondé en décembre 1995, Belenos est un groupe de celtic black metal dont l'unique membre est Loïc Cellier. Néanmoins ce groupe français a accueilli de nombreux musiciens talentueux dont David Foulon (basse), Gilles Delecroix (batterie), Yohann Mahé (basse) Guillaume Dallery (guitare), Marc Devillers (batterie), Raphaël Fontaine (guitare), Yann Desaulty (basse), Denis Sokowicz (batterie), et Nathalie Leblanc

Le nom de Belenos a également été repris dans celui des Terres de Belenos, jeu de rôle grandeur nature à thématique médiévale qui se déroule chaque année à Sainte-Clotilde-de-Horton au Québec. L'événement a toutefois peu à voir avec le dieu gaulois, mais les costumes d'inspiration gauloise y sont quand même populaires.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]