Dumnorix

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Mannequin représentant Dumnorix au Musée de la civilisation celtique, Bibracte.

Dumnorix, chef éduen de haute naissance, frère de Diviciacos et gendre d'Orgétorix, roi des Helvètes. Il s'opposa à Jules César. Les seules informations connues sur Dumnorix proviennent de la Guerre des Gaules. À Bibracte, capitale des Éduens, on a retrouvé des monnaies à son effigie ainsi que quelques inscriptions à son nom.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Du gaulois dumnos ou dubnos, profond, noir, le monde d'en-bas, et de rix, roi. Son nom signifie littéralement le roi du monde d'en-bas[1].

Sa vie[modifier | modifier le code]

D'après les écrits de César, Dumnorix, qui avait alors le "principat" (un vergobret ?) des Éduens, conspira avec Orgétorix, le chef helvète qui préparait la migration de son peuple, et Casticus, chef séquane, pour prendre le contrôle respectif de leurs tribus puis s'emparer de la Gaule entière. Dumnorix épousa la fille d'Orgétorix pour sceller leur alliance. Les Helvètes découvrirent la conspiration et jugèrent Orgétorix. Ils poursuivirent cependant leurs plans de migration.

En -58, lors de la migration des Helvètes, il agit pour autoriser le passage des Helvètes sur les terres séquanes. Puis, il usa de son influence sur le peuple pour empêcher la livraison de blé que les Éduens avaient promis à César. Enfin, lors de la bataille des Romains contre les Helvètes, il s'enfuit avec sa cavalerie des rangs romains pour ne pas combattre ces derniers. Il fut dénoncé par le vergobret Liscus et son propre frère Diviciacos. César lui pardonna pour ne pas perturber les liens amicaux qu'il entretenait avec Diviciacos, mais le fit surveiller. Il continua cependant à comploter.

En -54, il complote contre César qui voulait l'obliger à le suivre dans son invasion de la (Grande) Bretagne pour le surveiller. En voici l'extrait de La Guerre des Gaules (5.6) :

Au nombre de ces chefs était l’Héduen Dumnorix, dont nous avons déjà parlé. Il était des premiers que César eût pensé à garder avec lui, car il savait son goût de l’aventure, sa soif de domination, sa hardiesse et l’autorité dont il jouissait parmi les Gaulois. De plus, Dumnorix avait dit dans une assemblée des Héduens que César lui offrait d’être roi de ce peuple, propos qui les inquiétait fort, sans qu’ils osassent députer à César pour dire qu’ils n’acceptaient pas son projet ou prier qu’il y renonçât. César avait connu le trait par ses hôtes. Dumnorix commença par user de toutes sortes de prières pour obtenir qu’on le laissât en Gaule : « Il n’avait pas l’habitude de naviguer et redoutait la mer ; il était retenu par des devoirs religieux. » Quand il vit qu’il se heurtait à un refus catégorique, n’ayant plus aucun espoir de succès, il se mit à intriguer auprès des chefs gaulois, leur faisant peur, les prenant chacun à part et les exhortant à rester sur le continent : « Ce n’était pas sans raison, disait-il, qu’on enlevait à la Gaule toute sa noblesse : le projet de César, qui n’osait pas la massacrer sous les yeux des Gaulois, était de la transporter en Bretagne pour l’y faire périr. » Aux autres, Dumnorix jurait et faisait jurer qu’ils exécuteraient d’un commun accord ce qu’ils croiraient utile aux intérêts de la Gaule. Bien des gens dénonçaient ces menées à César.

Dumnorix s'enfuit avec sa cavalerie. César ordonna qu'on le ramenât et qu'on le tuât s'il résistait. Dumnorix fut ainsi tué et sa cavalerie rejoignit les armées de César.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Delamarre, 2003, p. 151.

Source[modifier | modifier le code]


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