Bataille de Bibracte

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Bataille de Bibracte
Campagne de César contre les Helvètes en 58 av. J.-C.
Campagne de César contre les Helvètes en 58 av. J.-C.
Informations générales
Date 58 av. J.-C.
Lieu Environs de Bibracte
Issue Victoire romaine
Belligérants
République romaine
Celtes éduens
Celtes (Helvètes, Boïens, Tulinges, Rauraques et Latobices)
Commandants
César Divico
Forces en présence
• 6 Légions romaines - 36 000 hommes théoriquement
• Armée des Éduens
92 000 hommes maximum
Pertes
inconnues très importantes
Guerre des Gaules
Batailles
Magetobriga (60) · Arar (58) · Cavillonum (58) · Bibracte (58) · Ochsenfeld (58) · L'Aisne (57) · Le Sabis (57) · Octodure (57) · Morbihan (navale) (56) · Vernix (56) · Expédition de Bretagne (55 et 54) · Aduatuca (54) · Avaricum (52) · Gergovie (52) · Lutèce (52) · Alésia (52) · Uxellodunum (51)

La bataille de Bibracte met fin à la migration des Helvètes au début de la Guerre des Gaules (58 av. J.-C.).

Si l'historiographie suisse relève souvent le courage helvète (« personne ne put voir un ennemi tourner le dos » selon César), Bibracte et Divico n'ont pas eu en Suisse la valeur emblématique d'Alésia et de Vercingétorix en France : une tentative d'émigration hors du territoire national ne se prête guère au discours patriotique.[évasif]

Contexte[modifier | modifier le code]

Jules César relate le début de son intervention en Gaule contre les Helvètes, les Rauraques, les Boïens, les Latobices et les Tulinges qui, sous la conduite de Divico, tentent d'émigrer en Saintonge. Après un premier affrontement à Genève, où les Helvètes ne peuvent enfoncer les lignes romaines, les émigrants se dirigent vers la Loire, suivis par les six légions de César[1].

Le premier affrontement se produit sur l'Arar (aujourd'hui la Saône) début juin[2], que les Helvètes traversent alors. César, par l'intermédiaire de son lieutenant Labienus[2], tombe alors sur ceux qui n'ont toujours pas traversé, les prenant par surprise en désordre, et en tuant un grand nombre, le reste de l'armée helvète étant à l'abri sur l'autre rive[2]. Après ce combat, César fait construire ou terminer un pont sur la Saône pour poursuivre le gros de l'armée helvète épargné[3]. Les deux chefs négocient tout d'abord (pour les Hélvètes : Divico des Tigurins, le célèbre vainqueur des Romains en 107 av. J.-C. selon César et Carcopino[4], bien que cela est aujourd'hui remis en doute). Il lui dit, sans s'assujettir, qu'ils sont prêts à suivre l'attribution des terres que César souhaite en échange de la paix. Le proconsul demande pour sa part des otages et que les Helvètes réparent les dommages causés chez les alliés de Rome, ce que Divico est contraint de rejeter[5],[6],[7],[4].

Prémices[modifier | modifier le code]

Pendant deux semaines, César, rejoint par Labienus, suit les Helvètes vers le nord, et quelques accrochages ont lieu entre les cavaleries des deux camps. Le premier de ces accrochages oppose 4 000 Romains et alliés à 500 Helvètes, qui les repoussent. Les alliés de Rome, notamment les Éduens qui sont la cause de la poursuite, mettent une mauvaise volonté à aider César[7],[4]. Le vergobret Liscos soupçonne à raison Dumnorix de vouloir prendre le pouvoir parmi son peuple, d'avoir une influence anti-romaine sur son peuple et de garder des liens étroits avec les Helvètes. César ne l'épargne qu'en compassion pour son frère Diviciacos, le Vergobret des Éduens et allié de poids, qu'il ne veut pas s'aliéner. Il le met néanmoins sous étroite surveillance[4]. Après ces quatorze jours de poursuites et d'intrigues, et d'un projet d'attaque raté[4], César et Labienus se dirigent vers Bibracte, la capitale de leurs alliés éduens, pour y chercher les vivres promises par leurs alliés, laissant les Helvètes poursuivre leur chemin, mais ces derniers rebroussent alors chemin et attaquent[8].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Engagée vers midi, la bataille de Bibracte se déroule en plusieurs phases, et oppose environ 40 000 Romains et auxiliaires à maximum 92 000 Gaulois, peut-être moitié moins : dans un premier temps, la phalange helvète repousse la cavalerie romaine, puis les légionnaires repoussent les ennemis, qui se réfugient sur une montagne. C'est alors que Boïens et Tulinges arrivent sur le champ de bataille. Le combat dure jusque tard dans la nuit, les Gaulois se réfugiant alors autour de leurs charriots. 130 000 Helvètes se replient et gagnent le pays lingon (région de Langres) où, faute de soutien, ils capitulent, les autres sont massacrés jusqu'aux derniers[7]. Selon Appien, ce serait Titus Labienus qui commandait les troupes romaines lors de la bataille et Jules César aurait quant à lui vaincu les Tricures et leurs alliés[9],[5]. Carcopino rapporte la bataille décisive menée par César, qui laisse selon lui fuir les Helvètes et se rendre, ne souhaitant pas les massacrer[10].

Bataille de Bibracte en trois phases, opposant les Romains commandés par Jules César et Titus Labienus aux Helvètes, Boïens et Tulinges.

Conséquences[modifier | modifier le code]

César renvoie les Helvètes dans leur territoire pour éviter qu'un pays près de Rome reste désert et que les Germains s'en emparent[6],[7],[11],[12] ainsi que pour gagner une renommée de clémence[13], sauf les Boïens (env. 20 000 personnes) qu'il place en bordure de Loire, à Gorgobina, sous la dépendance des Éduens[10]. Selon César, sur 368 000 migrants, il n'en recense que 110 000 qui parviennent à rentrer en Helvétie, bien que ces chiffres peuvent être divisés de moitié[14].

Lieu de la bataille[modifier | modifier le code]

Le champ de bataille se situe sans doute à Montmort (Saône-et-Loire), où des fouilles ont mis au jour un fossé vraisemblablement creusé par les légionnaires de César.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J. Carcopino, op. cit., pp. 240-242
  2. a, b et c J. Carcopino, op. cit., p. 243
  3. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre XXXVIII, 32
  4. a, b, c, d et e J. Carcopino, op. cit., p. 244
  5. a et b Appien d'Alexandrie, Celtique, frag. 15
  6. a et b Plutarque, Vies parallèles, César, 18
  7. a, b, c et d Dion Cassius, Histoire romaine, Livre XXXVIII, 33
  8. J. Carcopino, op. cit., pp. 244-245
  9. Appien d'Alexandrie, Celtique, frag. 1,3
  10. a et b J. Carcopino, op. cit., p. 245
  11. Strabon, Géographie, Livre IV, 3
  12. Tacite, Mœurs des Germains, 28
  13. J. Carcopino, op. cit., pp. 245-246
  14. J. Carcopino, op. cit., p. 235

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]