Bataves

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Tombe d'un membre batave de la garde impériale de l'empereur Néron
La révolte batave conduite par Iulius Civilis (Gaius Julius Civilis, improprement appelé Claudius Civilis au XVIIe siècle), qui défait les légions romaines sur le Rhin en 69 (métaphore probable de la révolte des Néerlandais contre le roi d'Espagne), peint en 1613 par Otto van Veen (huile sur bois, 38 x 52 cm)

Les Bataves sont un peuple gaulois implanté à l'embouchure du Rhin. Ils sont désignés comme des Germains par les auteurs de l'Antiquité romaine classique. Avant et après la conquête romaine, ils peuvent être aussi décrits en tant que Belges des bords du Rhin, ainsi que le suggèrent leurs liens avec les Trévires lors de la révolte de Civilis ou leurs constantes implications dans le maintien de l'ordre en Bretagne romaine.

Leur germanisation culturelle est indéniable après le IIIe siècle.

Détail de la Conjuration des Bataves de Rembrandt, 1662.

Territoires[modifier | modifier le code]

Répartition des peuples germaniques au Ier siècle ap. J.-C.

Ils étaient établis sur les deux bras et îles de l’embouchure du Rhin, en particulier sur l'insula Batavorum (actuellement l'île de Betuwe). Selon Tacite[1], ils étaient établis là depuis longtemps et faisaient anciennement partie du peuple des Chattes. Des fouilles ont révélé un petit village de 6 à 12 maisons qui vivait probablement de cueillette (ramassage de coquillages) et agriculture et maîtrisaient l'usage du cheval. Le village comptait des écuries.

Un centre batave a aussi été trouvé sur la rive sud du Waal, qui semble avoir été rasé lors de la « révolte batave ».

Ce peuple établi sur la rive droite du Rhin a été déplacé vers l'actuelle Belgique et nord de la France par les Romains et aurait été chassé de la rive droite du Rhin par les Francs vers 300[2] après J.-C.

La Notitia Dignitatum signale encore une garnison romaine composée de Batavi à Bayeux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Bataves ont été des auxiliaires des Romains. Ils leur ont notamment fourni un contingent de cavaliers. Ils se révoltent cependant contre Rome en 69-70, sous la conduite de Gaius Julius Civilis, pour être finalement soumis sous le règne de l'empereur Vespasien.

La découverte d'écritures sur des tablettes en bois montre que certains d'entre eux maîtrisaient le latin.

Envahis par les Francs à la fin du IIIe siècle, ils se mélangent à eux.

Étymologie et usages du mot[modifier | modifier le code]

Le peuple des « Bataves », Batāvi en latin, a engendré Batāvia, soit la Batavie nom du territoire que les Romains donnaient à la région de l'estuaire du Rhin dont ils contrôlaient les meilleures passes. Leur nom pourrait s'expliquer par le superlatif bata, meilleur (beter en néerlandais) appliqué, soit à l'eau ou aux voies d'eaux de l'estuaire qu'ils habitent, soit à eux-mêmes en tant que navigateurs.

Les Bataves sont vus à tort comme les ancêtres des Néerlandais.

Au XVIIIe siècle, l'adjectif « batave » tend à supplanter le terme « néerlandais » chez les partisans des Lumières, en souvenir de ces lointains ancêtres. Après la chute de Guillaume V d'Orange-Nassau, les Provinces-Unies deviennent la République batave.

Lorsque l'Indonésie était une colonie des Pays-Bas, l'actuelle capitale, Jakarta, s'appelait « Batavia ».

Quand il est utilisé en référence aux Néerlandais actuels, ce mot est considéré comme familier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tacite, La Germanie, Livre XXIX, 1, édition de La Pléiade, p.52
  2. Grégoire de Tours, Histoires, Livre II

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]