Rosmerta

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la déesse celte. Pour personnage de Harry Potter, voir Madame Rosmerta.
Rosmerta
Dieu de la mythologie celtique gauloise
Statue de Rosmerta et Mercure (Autun).
Statue de Rosmerta et Mercure (Autun).
Caractéristiques
Fonction principale Déesse de la fertilité et de l'abondance
Équivalent(s) par syncrétisme Mercure
Symboles
Attribut(s) Corne d'abondance, patère, panier de fruits, bourse

Rosmerta est une déesse de la religion celtique gauloise.

Son culte a été attesté par la découverte de statues et d'inscriptions portant son nom.

Parmi ses attributs on retrouve la fameuse Corne d'Abondance[1] ou Cornucopia.

Son culte était parfois associé au dieu Mercure.

Fonctions[modifier | modifier le code]

Rosmerta est une déesse de la fertilité et de l'abondance. Elle a pu symboliser la terre féconde[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un nom gaulois, pouvant être décomposé en ro-smert-a.

  • L'élément -smert- signifie « s'occupant de » ou « prodiguant » et se retrouve également dans des anthroponymes Gaulois tels que Ad-smerio, Smertu-litani, Smerius, Smertae, Smertus[2].
  • Ro- est un préfixe superlatif, au sens de « vraiment, très, beaucoup » comme dans Ro-bili (« Très Bon »), Ro-cabalus (« Grand Cheval »)[3].
  • Le suffixe -a étant le féminin singulier Gaulois typique.

Rosmerta est donc « La Grande Dispensatrice » ou encore « La Très Généreuse », ce qui s'accorde avec ses attributs.

Parèdre[modifier | modifier le code]

Rosmerta est la parèdre du Mercure gaulois[1]. Cependant on a également trouvé des témoignages de culte isolé.

Représentations[modifier | modifier le code]

Mercure et Rosmerta dans le bas-relief d'Eisenberg.
  • Dans Le bas-relief d'Autun, Rosmerta est assise et tient une corne d'abondance. À droite se tient Mercure, tenant la patera ou patère.
  • Un bas-relief d'Eisenberg[4] montre Mercure à droite et Rosmerta à gauche. Rosmerta tient une bourse dans la main droite et une patère dans la main gauche. L'inscription (AE 1905, #00058, voir ci-dessous) permet d'identifier avec certitude la figure se trouvant au côté de Mercure.
  • Dans une paire de statues venant de Paris, l'une représentant Mercure et l'autre Rosmerta, celle-ci tient une corne d'abondance et un panier de fruits.
  • Rosmerta est représentée seule dans un bronze de Fins d'Annency, assise sur un rocher et tenant une bourse, sa tête singulièrement couronnée par les ailes de Mercure.
  • Sur un bas-relief de pierre à Escolives-Sainte-Camille, elle tient à la fois une patère et une corne d'abondance[5].
  • Dans le bas-relief de Reims, elle se trouve au côté de Toutatis.

Attributs[modifier | modifier le code]

Outre le corne d'abondance, Rosmerta a pour attribut une patère, un panier de fruits, une bourse.

Inscriptions[modifier | modifier le code]

Carte montrant les différents lieux où l'on a retrouvé des inscriptions invoquant Rosmerta (en rouge), ainsi que Cantismerta (vert) et Atesmerta (bleu).

Jufer et Luginbühl (p. 60) ont répertorié 27 inscriptions mentionnant Rosmerta en France, Allemagne et Luxembourg, soit un secteur géographique correspondant approximativement aux anciennes provinces romaines de Gallia Belgica et Germania superior.

Deux inscriptions supplémentaires sont connues, dont une provenant de Dacie (AE 1998, #01100).

Les inscriptions suivantes sont typiques. La première est de Metz (CIL 13, #04311 ) et la seconde provient d'Eisenberg :

  • Deo Mercurio et Rosmertae / Musicus Lilluti fil(ius) et sui(s) ex voto
  • Deo Mercu(rio) / et Rosmer(tae) / M(arcus) Adiuto/rius Mem/{m}or d(ecurio) c(ivitatis) St() / [po]s(uit) l(ibens) m(erito)

Dans deux inscriptions (CIL 13, #04683 and CIL 13, 04705) provenant de la Gallia Belgica, Rosmerta se voit attribuer l'épithète sacrum (sacré).

Cette inscription plus détaillée (CIL 13, #04208; AE 1967, #00320; AE 1987 #00771) provient de Wasserbillig ('biliacum' en Gallia Belgica) :

  • Deo Mercurio [et deae Ros]/mertae aedem c[um signis orna]/mentisque omn[ibus fecit] / Acceptus tabul[arius VIvir] / Augustal[is donavit?] / item hospitalia [sacror(um) cele]/brandorum gr[atia pro se libe]/risque suis ded[icavit 3] / Iulias Lupo [et Maximo co(n)s(ulibus)]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Félix Guirand, Mythologie générale, éd. Larousse, Paris, 1994, p. 206 (ISBN 2-03-513006-9).
  2. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la Langue Gauloise, Éditions Errance, Paris, 2003, p. 277 (2e éd.) (ISBN 2-87772-237-6)
  3. Xavier Delamarre, Op. cit., p. 261-262.
  4. Simone Deyts, Images des dieux de la Gaule, Éditions Errance, Paris, 1992, p. 119 (ISBN 2-87772-067-5).
  5. Simone Deyts, Images des dieux de la Gaule, Éditions Errance, Paris, 1992, p. 120-121 (ISBN 2-87772-067-5).

Liens internes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Année épigraphique volumes 1967, 1987, 1998.
  • (de) Walburg Boppert, Skulpturenfragmente aus einem Mercur- und Rosmerta/Maia-Heiligtum in Rheinhessen in : Archäologisches Korrespondenzblatt, vol. 20, no 3, 1990, p. 333-44.
  • Corpus inscriptionum latinarum (CIL), volume 13, Tres Galliae.
  • Xavier Delamarre, Dictionnaire de la Langue gauloise, Éd. Errance, Paris, 2003 (2e éd.) (ISBN 2-87772-237-6).
  • Simone Deyts, Images des dieux de la Gaule, Éd. Errance, Paris, 1992 (ISBN 2-87772-067-5).
  • Simone Deyts et Christian Vernou, Mercure et Rosmerta, divinités gallo-romaines à Dijon, Archeologia (Paris), 2009, no 462.
  • N. Jufer et T. Luginbühl, Répertoire des dieux gaulois, Éditions Errance, Paris, 2001 (ISBN 2-87772-200-7).
  • Marie-Chantal Lhote-Birot (et al.), À propos du couple divin Mercure-Rosmerta : l'épigraphie et l'iconographie révèlent, dans un espace limité à la Gaule mosellane et à la Germanie supérieure, l'existence d'un couple divin Mercure-Rosmerta bienfaisant et protecteur, Association Lettres et Arts, Metz, 2001.